Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
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Sommaire

Électricité – Gaz naturel

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

La production d’électricité en France métropolitaine est relativement stable depuis le milieu des années 2000, son niveau fluctuant principalement avec la disponibilité du parc nucléaire et l’activité des barrages hydrauliques. Nette de la consommation des auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des centrales, elle s’établit à 558 térawatt-heure (TWh) en 2018, en hausse de 3,7 % par rapport à 2017. Le nucléaire représente 70 % de la production totale d’ électricité en métropole, devant l’hydraulique (13 %), le thermique classique (10 %), l’éolien (5 %) et le photovoltaïque (2 %).

Après avoir baissé en 2017 (– 0,5 %), la consommation totale d’électricité – nette des pertes de transport et de distribution et de l’électricité absorbée par le pompage – recule à nouveau de 0,7 % en 2018, pour atteindre le niveau de 449 TWh. Corrigée des variations climatiques , la consommation totale d’électricité est stable entre 2017 et 2018. Depuis 2012, elle a baissé de 0,7 %.

La dépense d’électricité s’élève à 52,1 milliards d’euros (Md€) en 2018. Elle augmente de 1,2 % par rapport à l’année précédente, en euros constants, en raison de la hausse relative du prix moyen de l’électricité.

Le résidentiel représente 36 % de la consommation finale physique, devant le tertiaire (32 %), l’industrie (28 %), le transport (2 %) et l’agriculture (2 %). Comme le prix de l’électricité pour les ménages, tenant compte de coûts d’acheminement et de commercialisation différents, est en moyenne supérieur au prix payé par les entreprises, le résidentiel pèse encore davantage dans la dépense (53 %). À l’inverse, l’industrie, bénéficiant des prix les plus bas, ne représente que 15 % de cette dernière. Les entreprises tertiaires, dont les prix sont proches de la moyenne des consommateurs, acquittent 29 % de la dépense.

La consommation finale énergétique de gaz naturel décroît de 1,4 % en 2018, à 360 TWh. Corrigée des variations climatiques, elle progresse néanmoins de 1,0 % sur un an. Le résidentiel représente 39 % de la consommation finale énergétique de gaz naturel, devant l’industrie (34 %) et le tertiaire (26 %).

Les importations françaises reposent à plus de 80 % sur des contrats de long terme négociés de gré à gré, principalement avec la Norvège, la Russie et l’Algérie. Les évolutions des prix sont très dépendantes des cours du pétrole, sur lesquels ils sont historiquement indexés. Après avoir atteint en cours d’année 2016 son plus bas niveau depuis le début de la décennie, le prix du gaz naturel est remonté en 2017, tiré par les tensions sur le marché de l’électricité et la hausse des cours du charbon. Cette tendance à la hausse s’est poursuivie sur les trois premiers trimestres 2018 avant de baisser fortement et de manière quasi continue depuis. La conjonction d’une offre plus abondante que prévue, avec la mise en route de nouvelles capacités de production de gaz naturel liquéfié, et d’une demande mondiale moins forte explique cette chute.

Tableaux et graphiques

Figure 1Production brute et consommation d'électricité

en TWh
Production brute et consommation d'électricité (en TWh)
1973 1985 2000 2018 18/17 en %
Production nationale 183 344 540 582 3,6
   Hydraulique, éolien et photovoltaïque 49 64 72 110 22,7
   Thermique nucléaire 15 224 415 413 3,7
   Thermique classique 120 56 53 59 -20,3
Solde des échanges -3 -23 -69 -63 56,9
   Importations 5 6 4 14 -35,8
   Exportations -8 -29 -73 -77 25,0
   Pompages -1 -3 -7 -7 4,1
   Consommation des auxiliaires -8 -16 -24 -24 0,1
Consommation intérieure 171 303 440 488 -0,6
  • Champ : France métropolitaine pour les années 2000 et antérieures.
  • Source : SDES.

Figure 2Production et consommation de gaz naturel

en TWh pouvoir calorifique supérieur
Production et consommation de gaz naturel (en TWh pouvoir calorifique supérieur)
1990 2000 2010 2018 18/17 en %
Production totale1 33 19 8 0 -45,2
Consommation totale2 345 477 512 498 -2,3
   Branche énergie2 3 29 49 118 102 -13,3
   Consommation finale énergétique2 292 398 381 379 1,0
         Industrie2 (y c. construction) 120 161 140 128 4,6
         Résidentiel-tertiaire2 171 233 238 246 -1,0
         Agriculture, transports et divers 2 4 3 5 14,7
   Usage non énergétique 25 30 13 17 2,0
  • 1. Biométhane exclus.
  • 2. Corrigé des variations climatiques.
  • 3. Consommation nette de gaz naturel de la branche énergie (y c. pertes et écart statistique).
  • Champ : France métropolitaine pour les années 2010 et antérieures.
  • Source : SDES.

Figure 3Consommation finale d'électricité par secteur

en TWh
Consommation finale d'électricité par secteur (en TWh)
1990 2000 2010 2018 18/17 en %
Résidentiel-tertiaire1 181 242 297 303 0,4
Industrie1 115 135 116 124 0,2
Transports 7 9 10 10 -4,6
Agriculture 2 3 8 9 -3,2
Total1 305 389 431 447 0,1
  • 1. Corrigée des variations climatiques.
  • Champ : France métropolitaine pour les années 2010 et antérieures.
  • Source : SDES.

Figure 4Importations de gaz naturel par origine

en TWh pouvoir calorifique supérieur
Importations de gaz naturel par origine (en TWh pouvoir calorifique supérieur)
Norvège Russie Pays-Bas Algérie Autres¹
1990 63,1 108,9 42,3 104,4 0,0
2000 140,3 133,6 55,5 112,9 28,8
2010 182,5 77,1 80,5 73,9 130,3
2015 243,8 66,1 62,1 44,6 92,4
2018 219,2 113,8 55,2 40,0 137,6
  • 1. Inclut les importations d'origine indéterminée (e.g. contrats à court terme).
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 4Importations de gaz naturel par origine

  • 1. Inclut les importations d'origine indéterminée (e.g. contrats à court terme).
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SDES.

Figure 5Production nette et consommation d'électricité dans quelques pays de l'OCDE en 2018

en TWh
Production nette et consommation d'électricité dans quelques pays de l'OCDE en 2018 (en TWh)
Production nette Consommation intérieure
Totale dont nucléaire dont hydraulique
Allemagne 622,8 72,3 22,7 566,0
Australie 243,5 /// 17,9 243,0
Autriche 65,0 /// 39,5 73,9
Belgique 71,8 27,1 1,3 87,8
Canada 650,1 97,4 369,3 601,5
Danemark 28,7 /// 0,0 33,9
Espagne 263,9 53,3 36,7 272,7
États-Unis 4 224,0 806,7 312,2 4 242,3
Finlande 67,6 21,9 13,2 87,5
France 559,1 393,6 69,1 492,7
Grèce 53,2 /// 5,8 59,7
Irlande 29,7 /// 0,9 29,2
Italie 279,1 /// 49,3 321,2
Japon 1 042,3 47,3 88,5 1 032,5
Luxembourg 2,2 /// 1,4 6,4
Mexique 307,8 13,1 30,1 310,3
Norvège 146,4 /// 139,1 136,3
Pays-Bas 112,1 3,3 0,1 120,0
Portugal 58,4 /// 14,0 55,8
Royaume-Uni 317,6 59,1 7,6 332,5
Suède 156,1 63,2 61,2 138,7
Suisse 68,1 24,6 37,7 65,7
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Note : données provisoires ou estimées.
  • Source : Agence internationale de l'énergie.

Figure 6Production et consommation de gaz naturel dans quelques pays de l'OCDE

en milliards de m3
Production et consommation de gaz naturel dans quelques pays de l'OCDE (en milliards de m3 )
Production Consommation
2017 2018 2017 2018
Allemagne 7,0 5,9 92,5 85,3
Australie 112,6 130,5 44,0 45,2
Autriche 1,3 1,1 9,5 9,0
Belgique /// /// 17,3 17,7
Canada 184,2 190,9 124,5 133,3
Danemark 4,8 4,1 3,1 3,0
Espagne 0,0 0,1 31,0 30,9
États-Unis 774,7 863,8 767,7 848,3
Finlande /// /// 2,3 2,6
France 0,1 0,1 42,9 40,9
Grèce /// 0,0 4,9 4,8
Irlande 3,4 3,4 5,3 5,4
Italie 5,5 5,5 75,2 72,7
Japon 4,7 4,4 121,4 121,9
Luxembourg /// /// 0,8 0,8
Mexique 36,2 33,0 54,6 46,7
Norvège 127,7 126,4 5,6 5,2
Pays-Bas 43,9 38,6 46,4 43,0
Portugal /// /// 6,2 5,7
Royaume-Uni 41,9 40,7 79,6 80,9
Suède /// /// 0,8 1,1
Suisse 0,0 0,0 3,6 3,4
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Source : Agence internationale de l'énergie.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Consommation d’énergie corrigée des variations climatiques : la consommation d’énergie pour le chauffage est plus forte quand l’hiver est plus rigoureux. C’est une évidence qui ne présente pas un grand intérêt pour l’analyse dans la mesure où elle ne traduit pas un changement des comportements. Pour mieux analyser les évolutions, on calcule des consommations « corrigées des variations climatiques » (primaire et finale). C’est-à-dire qu’on évalue ce qu’aurait été la consommation si les températures avaient été conformes à la moyenne de référence 1986-2015. On obtient un résultat théorique, qui dépend de la méthode utilisée, et qui complète la consommation « réelle », celle qui est observée.

Consommation finale d’énergie : quantité d’énergie disponible pour l’utilisateur final. C’est la consommation primaire d’énergie, moins la consommation de la branche énergie (pertes de transformation, de transport et de distribution d’énergie, consommation propre des entreprises de la branche). À l’intérieur de la consommation finale totale, on distingue la consommation finale non énergétique et la consommation finale énergétique, que l’on répartit entre les secteurs consommateurs (transports, industrie, agriculture et résidentiel-tertiaire).

Consommation intérieure d’électricité : quantité d’énergie électrique mise à disposition de la consommation française. Cette énergie est soit consommée par les usagers, soit perdue dans les réseaux de transport et de distribution. Elle est également désignée par l’expression « énergie électrique appelée » et correspond à l’électricité qu’on injecte dans le réseau. Elle diffère légèrement de la consommation intérieure brute qui comprend les pompages et la consommation des auxiliaires.

Consommation primaire d’énergie : consommation de tous les acteurs sur le territoire national, égale à la somme de la consommation finale (i.e. de la consommation des utilisateurs finals) et de la consommation nette du secteur de l’énergie.

Contrats d’importation de gaz naturel : historiquement les contrats d’importation de gaz naturel sont des contrats à long terme dont les prix sont indexés sur celui des produits pétroliers. Il existe également des marchés de court terme, dont les prix sont établis en fonction de l’offre et de la demande.

Électricité : vecteur d’énergie ayant de multiples usages. L’électricité peut être produite à partir de diverses sources primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables, géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque, etc.).

Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la combustion complète d’une unité de combustible. Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) donne le dégagement maximal théorique de la chaleur lors de la combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur d’eau. Le pouvoir calorifique inférieur (PCI) n’inclut pas la chaleur de condensation de l’eau supposée restée à l’état de vapeur à l’issue de la combustion.

Production brute d’électricité : production mesurée aux bornes des groupes de centrales. Elle inclut par conséquent la consommation des services auxiliaires et les pertes dans les transformateurs des centrales.

Tonne équivalent pétrole (tep) : quantité d’énergie contenue dans une tonne de pétrole brut, soit 41,868 gigajoules. Cette unité est utilisée pour exprimer dans une unité commune la valeur énergétique des diverses sources d’énergie. Selon les conventions internationales, une tonne d’équivalent pétrole équivaut par exemple à 1 616 kg de houille, 1 069 m3 de gaz d’Algérie ou 954 kg d’essence moteur. Pour l’électricité, 1 tep vaut 11,6 MWh.

Unité de mesure d’énergie : les statistiques de production et de consommation d’énergie sont généralement exprimées en kilowatt-heure (1 kWh ou 103 Wh), en mégawatt-heure (1 MWh ou 103 kWh), en gigawatt-heure (1 GWh ou 106 kWh), en térawatt-heure (1 TWh ou 109 kWh).

Définitions