Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
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Sommaire

Union européenne

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

L’activité au sein de l’ Union européenne (UE) ralentit en 2018. Le produit intérieur brut (PIB) progresse de 2,0 % en volume, après + 2,6 % en 2017. L’Allemagne (+ 1,5 % en 2018, après + 2,5 % en 2017), l’Italie (+ 0,8 %, après + 1,7 %), le Royaume-Uni (+ 1,3 %, après + 1,9 %) et la France (+ 1,7 %, après + 2,3 %) contribuent le plus à ce ralentissement. L’UE, dont le PIB représente 22,1 % du PIB mondial, se maintient en 2e position du classement des ensembles économiques, derrière les États-Unis (24,2 %) et devant la Chine (15,7 %). La production industrielle européenne augmente de 1,2 % en 2018 et de 6,2 % depuis 2015. Toutefois, cette croissance reste relativement lente par rapport à certains pays membres du G20 : au Canada, la production industrielle a progressé de 9,9 % entre 2015 et 2018 et de 4,3 % entre 2017 et 2018 ; en Russie, ces évolutions sont respectivement de + 7,6 % et + 2,8 %.

En 2018, le solde des échanges de biens et services de l’UE s’établit à 3,2 % de son PIB. En effet, les exportations représentent 46,2 % du PIB et les importations 43,0 %. Cependant, ces résultats masquent d’importantes disparités nationales. Par exemple, la balance des biens et services est excédentaire aux Pays-Bas (+ 11,0 %) et en Allemagne (+ 6,1 %), mais demeure déficitaire en France (– 0,8 %) et au Royaume-Uni (– 1,8 %). Aux Pays-Bas, les exportations et les importations représentent plus de 70 % du PIB, tandis qu’au Royaume-Uni, les poids respectifs sont de l’ordre de 30,0 %. L’UE consacre 20,4 % du PIB à l’ investissement en 2018. Parmi les pays membres, la Suède est celui qui consacre le plus de dépenses à l’investissement (25,9 % du PIB), suivi de la République tchèque (25,5 %). À l’inverse, la Grèce (11,1 %) est le pays qui en consacre le moins, suivi du Luxembourg (16,8 %) et du Royaume-Uni (17,0 %).

La structure démographique de l’UE est celle d’une économie développée. En particulier, la part de la population âgée de 65 ans ou plus (19,7 % de la population totale en 2018) dépasse celle des moins de 15 ans (15,6 %). Le PIB par habitant de l’UE, de 43 561 dollars exprimé en parité de pouvoir d’achat (PPA) en 2018, est proche de celui du Japon (42 823 dollars PPA par habitant), mais très inférieur à celui des États-Unis (62 853 dollars PPA par habitant). Au sein de l’UE, le PIB par habitant, mesuré en standard de pouvoir d’achat (SPA) , souligne de fortes disparités entre les États. En effet, il est supérieur à la moyenne de l’UE (30 900) dans les pays nordiques (2,6 fois plus au Luxembourg par exemple), au Benelux, en Allemagne, en Autriche, en France, en Irlande et au Royaume-Uni tandis qu’en Bulgarie ou en Croatie, il est près de deux fois plus faible que la moyenne de l’UE.

La situation du marché du travail est également hétérogène au sein de l’UE. Ainsi, si la valeur moyenne du taux de chômage dans l’UE s’établit à 6,8 % de la population active âgée de 15 à 74 ans en 2018, les taux nationaux s’échelonnent de 2,2 % en République tchèque à 19,3 % en Grèce. Le taux de chômage a baissé de 0,8 point par rapport à 2017 dans l’UE. Il a diminué au sein de chaque pays à des rythmes variables selon les pays. Les disparités entre pays s’observent aussi pour le taux d’emploi . Celui-ci s’établit en moyenne à 68,6 % dans l’UE en 2018, mais il se situe à des niveaux inférieurs à 60 % en Grèce ou en Italie alors qu’il est supérieur à 75 % en Suède, aux Pays-Bas, en Allemagne ou au Danemark.

Tableaux et graphiques

Figure 1Pays membres de l'UE en 2018

Pays membres de l'UE en 2018
Part de la population ayant moins de 15 ans en % Part de la population ayant 65 ans ou plus en % Taux d'emploi des 15 à 64 ans en % Taux de chômage1 des 15 à 74 ans en % PIB total en millions de SPA2 PIB par habitant en SPA2 Solde des échanges de biens et services en % du PIB Formation brute de capital fixe en % du PIB Variation annuelle des prix à la consommation3 en %
Allemagne 13,5 21,4 75,9 3,4 3 117 276 37 600 6,1 21,2 1,9
Autriche 14,4 18,7 73,0 4,9 347 476 39 300 3,8 23,9 2,1
Belgique 17,0 18,7 64,5 6,0 407 450 35 700 - 0,1 23,8 2,3
Bulgarie 14,2 21,0 67,7 5,2 (p) 109 252 (p) 15 500 2,6 18,8 2,6
Chypre 16,2 15,9 68,6 8,4 (p) 23 733 (p) 27 300 (p) 0,8 (p) 19,1 0,8
Croatie 14,5 20,1 60,6 8,4 79 663 19 400 (p) -0,9 (p) 20,1 1,6
Danemark 16,6 19,3 75,4 5,1 226 265 39 100 6,0 22,0 0,7
Espagne 15,0 19,2 62,4 15,3 (p) 1 314 274 (p) 28 100 (p) 2,7 (p) 19,4 1,7
Estonie 16,3 19,6 74,8 5,4 33 654 25 500 3,6 23,9 3,4
Finlande 16,2 21,4 72,1 7,4 189 222 34 300 - 0,7 23,7 1,2
France (p) 18,1 (p) 19,7 65,4 9,1 (p) 2 151 220 (p) 32 000 (p) -0,8 (p) 22,9 2,1
Grèce 14,4 21,8 54,9 19,3 (p) 224 838 (p) 21 000 (p) -0,3 (p) 11,1 0,8
Hongrie 14,5 18,9 69,2 3,7 215 191 22 000 4,3 25,2 2,9
Irlande 20,8 13,8 68,6 5,8 286 013 58 800 33,1 23,4 0,7
Italie 13,4 22,6 58,5 10,6 1 790 370 29 600 2,5 17,7 1,2
Lettonie 15,8 20,1 71,8 7,4 41 356 21 500 - 0,2 22,5 2,6
Lituanie 15,0 19,6 72,4 6,2 70 061 25 000 1,9 20,5 2,5
Luxembourg 16,1 14,3 67,1 5,5 48 783 80 100 36,1 16,8 2,0
Malte 13,9 18,8 71,9 3,7 14 582 30 200 20,9 19,0 1,7
Pays-Bas 16,1 18,9 77,2 3,8 (p) 687 436 (p) 39 900 (p) 11,0 (p) 20,3 1,6
Pologne 15,2 17,1 67,4 3,9 842 904 21 900 3,4 18,2 1,2
Portugal 13,8 21,5 69,7 7,0 (p) 243 334 (p) 23 700 (p) 0,1 (p) 17,6 1,2
Rép. tchèque 15,7 19,2 74,8 2,2 299 099 28 100 6,4 25,5 2,0
Roumanie 15,6 18,2 64,8 4,2 (p) 389 036 (p) 20 000 - 3,3 21,2 4,1
Royaume-Uni 17,9 18,2 74,7 4,0 2 142 129 32 200 - 1,8 17,0 2,5
Slovaquie 15,6 15,5 67,6 6,5 130 848 24 000 2,0 21,2 2,5
Slovénie 15,0 19,4 71,1 5,1 55 712 26 900 8,3 19,2 1,9
Suède 17,7 19,8 77,5 6,3 383 747 37 700 2,4 25,9 2,0
UE (p) 15,6 (p) 19,7 68,6 6,8 15 848 564 30 900 3,2 20,4 1,9
  • p : donnée provisoire.
  • 1. Moyenne annuelle.
  • 2. Standard de pouvoir d'achat, unité de mesure facilitant les comparaisons internationales.
  • 3. Taux de variation entre 2017 et 2018 de la moyenne annuelle de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) global.
  • Source : Eurostat (extraction du 14 octobre 2019).

Figure 2Situation de l'UE dans le monde

Situation de l'UE dans le monde
PIB1 2018 en dollars par habitant2 Part du PIB mondial 2018 en % Commerce de biens et services3 2018 en % du PIB Dépenses intérieures de R&D4 2017 en % du PIB Production industrielle 2018 en base 100 en 2015 Consommation intérieure brute d'énergie 2017 en M de tonnes équivalent pétrole Taux de chômage des 15 ans et plus5 Taux de chômage des 15 à 24 ans6 Variation annuelle des prix à la consommation7 18/17 en %
2018 en %
Afrique du Sud 13 550 0,4 0,3 0,8 ns 132,2 27,0 52,9 4,5
Arabie saoudite 54 379 0,9 12,8 ns ns 211,3 5,9 25,8 2,5
Argentine 21 064 0,6 -2,0 0,5 ns 85,4 9,5 25,2 34,3
Australie (e) 54 144 1,7 0,4 1,9 106,5 127,0 5,4 12,2 1,9
Brésil (e) 15 651 2,2 0,5 ns 96,9 290,2 12,5 28,6 3,7
Canada 48 107 2,0 -2,1 1,6 109,9 289,1 5,9 11,6 2,3
Chine 16 633 15,7 0,8 2,1 ns 3 063,4 4,4 10,6 2,1
Corée du Sud (e) 40 096 2,0 5,0 4,6 106,1 282,3 3,8 10,1 1,5
États-Unis 62 853 24,2 -3,1 2,8 104,3 2 155,2 3,9 8,2 2,4
Inde 6 701 3,2 -3,7 ns 114,5 881,9 2,6 10,4 4,9
Indonésie 12 381 1,2 -1,1 ns ns 244,1 4,3 15,8 3,2
Japon (e) 42 823 5,9 0,9 3,2 103,9 432,0 2,4 3,7 1,0
Russie 24 081 2,0 10,0 1,1 107,6 732,16 4,7 15,3 2,9
Turquie 28 384 0,9 -1,2 1,0 114,0 146,8 10,9 20,0 16,3
UE 43 561 22,1 3,0 2,0 106,2 1 674,9 6,8 17,1 1,9
  • e : donnée estimée.
  • ns : donnée non significative.
  • 1. Données 2017 pour l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Brésil, la Chine, l'Indonésie ; données 2016 pour l'Arabie saoudite, l'Inde et la Russie.
  • 2. Calculé sur la base des parités de pouvoir d’achat.
  • 3. Donnée 2017 pour le Japon.
  • 4. Dépenses intérieures brutes ; donnée 2016 pour l'Afrique du Sud ; donnée 2015 pour l'Australie. Source : OCDE (extraction le 18 novembre 2019) ; Eurostat à la date du 8 novembre 2019 donne une part de 2,1 % pour l’UE.
  • 5. Données pour les principales villes et aires métropolitaines en Argentine ; personnes de 16 ans et plus enregistrées et vivant en aires urbaines en Chine.
  • 6. Principales villes et aires métropolitaines pour l'Argentine ; personnes sans emploi et cherchant un emploi pour le Brésil ; 16 à 24 ans pour les États-Unis.
  • 7. Taux de variation annuel ; les données de l’Argentine ne sont pas disponibles actuellement suite à un état d’urgence décrété par le gouvernement argentin sur le système statistique national le 7 janvier 2016.
  • Sources : Banque Mondiale ; Eurostat (extraction du 18 novembre 2019) ; FMI ; International Energy Agency ; OCDE.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Dépense intérieure de recherche et de développement (DIRD) : travaux de recherche et développement (R&D) exécutés sur le territoire national quelle que soit l'origine des fonds. Une partie est exécutée par les administrations (DIRDA), l'autre par les entreprises (DIRDE). Elle comprend les dépenses courantes (masse salariale des personnels de R&D et dépenses de fonctionnement) et les dépenses en capital (achats d'équipements nécessaires à la réalisation des travaux internes à la R&D et opérations immobilières réalisées dans l'année). Voir aussi dans la rubrique « Définitions » en annexe : Recherche et Développement (R&D).

Indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) : indicateur permettant d'apprécier le respect du critère de convergence portant sur la stabilité des prix, dans le cadre du traité de l'Union européenne (UE), traité de Maastricht. Pour la France, le territoire national économique comprend la France métropolitaine et les départements d’outre-mer (DOM), à l’exclusion des collectivités d’outre-mer. Cet indice est conçu expressément à des fins de comparaison internationale. Les méthodes utilisées par les États membres de l’Union européenne pour calculer leur indice de prix national peuvent être différentes. Elles ne permettent donc pas, de comparer correctement la hausse des prix de ces pays. C’est pourquoi, les indices de prix à la consommation harmonisés sont calculés avec des méthodes et un contenu assurant une meilleure comparabilité. La différence essentielle avec l’indice des prix à la consommation national français tient dans le traitement de la protection sociale et de l’enseignement. En effet, dans l’IPCH, seule la part à la charge du consommateur (après remboursement) est prise en compte.

Investissement ou formation brute de capital fixe (FBCF) : acquisitions moins cessions d'actifs fixes réalisées par les producteurs résidents. Les actifs fixes sont les actifs corporels ou incorporels issus de processus de production et utilisés de façon répétée ou continue dans d'autres processus de production pendant au moins un an.

Parité de pouvoir d’achat (PPA) : taux de conversion monétaire qui permet d'exprimer dans une unité commune les pouvoirs d'achat des différentes monnaies. Ce taux exprime le rapport entre la quantité d'unités monétaires nécessaire dans des pays différents pour se procurer le même « panier » de biens et de services. Ce taux de conversion peut être différent du « taux de change » ; en effet, le taux de change d'une monnaie par rapport à une autre reflète leurs valeurs réciproques sur les marchés financiers internationaux et non leurs valeurs intrinsèques pour un consommateur.

Produit intérieur brut (PIB) : agrégat représentant le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes. Il peut se définir de trois manières : la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité) ; la somme des emplois finals intérieurs de biens et de services (consommation finale effective, formation brute de capital fixe, variations de stocks), plus les exportations, moins les importations ; la somme des emplois des comptes d’exploitation des secteurs institutionnels (rémunération des salariés, impôts sur la production et les importations moins les subventions, excédent brut d’exploitation et revenu mixte).

Standard de pouvoir d’achat (SPA) : unité monétaire artificielle qui élimine les différences de niveaux de prix entre les pays. Ainsi, un SPA permet d’acheter le même volume de biens et de services dans tous les pays. Cette unité permet des comparaisons en volume significatives des indicateurs économiques entre les pays. Les agrégats exprimés en SPA sont calculés en divisant les agrégats à prix courants et en monnaie nationale par les parités de pouvoir d’achat (PPA) respectives. Le niveau d’incertitude caractérisant les prix et les données de comptabilité nationale de base ainsi que les méthodes utilisées pour calculer les PPA impliquent que les différences entre des pays ayant des indices d’une valeur proche ne doivent pas être sur-interprétées.

Taux d’emploi : rapport entre le nombre de personnes ayant un emploi et la population totale correspondante. Il peut être calculé sur l’ensemble de la population d’un pays, mais on se limite le plus souvent à la population « en âge de travailler » (la convention retenue est le plus souvent celle âgée de 15 à 64 ans), ou à une sous-catégorie de la population (femmes de 25 à 29 ans par exemple).

Taux de chômage : rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d'actifs (actifs occupés et chômeurs).

Traité de Maastricht : traité constitutif de l’Union européenne qui affirme les objectifs de l’Union. Il a été signé par les douze États membres de la Communauté économique européenne à Maastricht (Pays-Bas) le 7 février 1992. Il impose notamment aux États membres de satisfaire simultanément à cinq critères de convergence pour participer à la monnaie unique : stabilité des prix, maîtrise des déficits publics et de la dette publique, stabilité des changes et caractère durable de la convergence mesuré par le niveau du taux d’intérêt nominal à long terme. Voir aussi dans la rubrique « Définitions » en annexe : Critères de convergence du Traité de Maastricht.

Union européenne (UE) : association volontaire, économique et politique, de 28 États européens, visant à assurer le maintien de la paix en Europe et à favoriser le progrès économique et social. Sans équivalent dans le monde, l’UE est dotée d’institutions communautaires auxquelles les États membres délèguent ou transmettent l’exercice de certaines compétences. L’UE dispose ainsi de compétences propres dans des domaines comme la politique agricole commune, la pêche ou la politique commerciale. L’un des objectifs majeurs de la construction européenne, le marché intérieur, constitue un marché unique au sein duquel les biens, les services, les capitaux et les personnes doivent pouvoir circuler librement. L’euro est la monnaie commune de 19 États membres.

Définitions