Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2020

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/02/2020
Tableaux de l'Économie Française - février 2020
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Sommaire

Maladies – Accidents

Insee Références

Paru le : 27/02/2020

Présentation

En 2018, l’ espérance de vie en bonne santé , c’est-à-dire le nombre d’années qu’une personne peut compter vivre sans être limitée dans ses activités quotidiennes, s’élève en France à 64,5 ans pour les femmes et 63,4 ans pour les hommes. Au cours des dix dernières années, elle a légèrement augmenté pour les hommes (+ 8 mois), mais est restée globalement stable pour les femmes. Entre 2008 et 2018, l’espérance de vie à la naissance a, en revanche, augmenté pour les hommes (+ 1 an et 10 mois) comme pour les femmes (+ 1 an) pour s’établir respectivement à 79,4 ans et 85,3 ans. Si les femmes conservent encore leur avantage, l’écart avec les hommes s’atténue au fil du temps. Depuis 1947, l’ espérance de vie à la naissance a très fortement augmenté mais croît à un rythme plus modéré depuis quelques années. En revanche, l’espérance de vie aux âges élevés, peu dynamique avant les années 1980, augmente à un rythme plus soutenu depuis.

Sur les 579 200 décès observés en France métropolitaine en 2016, les cancers et les maladies cardio-vasculaires constituent les causes les plus fréquentes (respectivement 29,0 % et 24,2 %), suivies par les maladies de l’appareil respiratoire (autres que les cancers), les maladies du système nerveux et des organes des sens et, enfin, les morts violentes (suicides, accidents…). Ces cinq groupes de maladies rassemblent un peu moins des trois quarts des décès.

La forte baisse de la mortalité toutes causes observées depuis plusieurs décennies se poursuit. En effet, les taux de mortalité standardisés sur l’âge ont, pour 1 000 habitants, diminué entre 2000 et 2016 : de 14,7 décès à 10,9 chez les hommes et de 8,4 à 6,5 chez les femmes. Au sein de l’Union européenne (UE), ces taux restent supérieurs en 2016 : 12,5 décès chez les hommes et 8,2 chez les femmes.

En 2018, la dépense de prévention institutionnelle , financée ou organisée par des fonds et des programmes de prévention nationaux ou départementaux, s’élève à 6,2 milliards d’euros (Md€), quasiment stable par rapport à 2017. Elle représente environ 93 euros par habitant et 2,2 % de la dépense courante de santé. Elle ne contribue quasiment pas à la croissance de cet agrégat.

En 2018, les accidents du travail avec arrêt du régime général s’élèvent à 651 100, en progression de 2,9 % par rapport à 2017. Ils représentent 82 % des 794 400 sinistres ayant donné lieu à un arrêt en 2018. Les autres sinistres concernent les accidents de trajet (12 %) et les maladies professionnelles (6 %).

En 2018, sur les routes de France métropolitaine, 3 248 personnes sont décédées. La mortalité routière est en baisse (– 5,8 %) par rapport à l’année 2017. Les accidents corporels et le nombre de blessés sont également en baisse (respectivement – 4,9 % et – 4,8 %). Parmi ces derniers, le nombre de blessés dont l’état a nécessité une hospitalisation de plus de 24 heures a fortement diminué (– 23,4 %). Entre 2010 et 2018, la mortalité routière diminue de 18,6 %, soit 744 vies épargnées.

Tableaux et graphiques

Figure 1Causes de décès par sexe

en milliers
Causes de décès par sexe (en milliers)
1990 2000 2016
Femmes Hommes Total Femmes Hommes Total Femmes Hommes Total
Tumeurs 55,4 85,9 141,3 59,8 89,6 149,4 72,7 95,3 168,1
Maladies de l’appareil circulatoire 94,9 78,8 173,7 86,6 74,8 161,3 75,4 65,0 140,4
Maladies de l’appareil respiratoire 18,2 19,8 38,0 17,3 18,3 35,6 20,2 20,4 40,5
Maladies du système nerveux et des organes des sens 5,9 5,4 11,3 11,3 8,7 20,0 23,3 14,9 38,2
Troubles mentaux et du comportement 7,4 5,5 12,9 10,3 7,0 17,3 15,6 10,0 25,6
Maladies de l’appareil digestif 12,6 14,4 27,0 11,1 12,5 23,7 11,0 12,7 23,6
Maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques 8,3 5,0 13,3 11,1 7,9 19,0 11,3 9,2 20,4
Maladies infectieuses et parasitaires 3,9 5,7 9,6 5,1 5,4 10,5 5,4 4,8 10,2
Maladies de l'appareil génito-urinaire 3,6 3,6 7,2 3,6 3,6 7,3 5,1 4,8 9,9
Autres maladies 23,4 18,3 41,7 25,3 18,5 43,8 35,1 29,6 64,8
Causes externes 19,0 28,6 47,6 16,5 24,4 40,9 15,3 22,2 37,5
   dont suicides 3,2 8,1 11,4 2,9 7,9 10,8 2,0 6,4 8,4
Total 252,6 271,0 523,6 258,1 270,7 528,8 290,3 288,9 579,2

Figure 2 Prévalence des maladies dans les affections de longue durée en 2017

Prévalence des maladies dans les affections de longue durée en 2017
Au 31 décembre Taux de prévalence pour 100 000 personnes Part des femmes en % Âge moyen en années
Diabète de type 1 et 2 4 356 47 67
Tumeur maligne 3 460 55 68
Affections psychiatriques de longue durée 2 261 56 51
Maladie coronaire 1 956 29 72
Insuf. cardiaque, tr. du rythme, cardiopathies valvulaires, congénitales graves 1 826 49 74
Artér. chr. avec manif. ischémiques 901 34 72
Hypertension artérielle sévère 758 57 76
Accident vasculaire cérébral invalidant 737 48 70
Insuf. respiratoire chronique grave 637 51 63
Maladie d'Alzheimer et autres démences 583 72 84
  • Source : Cnam.

Figure 3Dépenses de prévention institutionnelle

en millions d'euros
Dépenses de prévention institutionnelle (en millions d'euros)
2010 (r) 2017 (r) 2018
Prévention individuelle primaire 2 894 3 174 3 164
    Vaccins 72 87 114
   PMI - Planning familial1 828 804 772
   Médecine du travail 1 512 1 690 1 689
   Médecine scolaire 482 593 589
Prévention individuelle secondaire 556 706 722
   dont : dépistage des tumeurs 156 157 148
             dépistage VIH/Sida, hépatites, tuberculose et autres maladies infectieuses 152 274 306
             examens de santé 173 173 161
Prévention collective 2 383 2 370 2 355
   Prévention à visée comportementale 361 300 328
   Prévention à visée environnementale 2 022 2 070 2 027
         Hygiène du millieu2 676 717 673
         Prévention des risques professionnels 249 272 216
         Prévention et lutte contre la pollution 225 176 183
         Surveillance, veille, recherche, expertise, alerte 319 392 400
         Urgences et crises -28 6 4
         Sécurité sanitaire de l'alimentation 582 507 552
Total des dépenses de prévention institutionnelle 5 833 6 250 6 241
  • r : données révisées.
  • 1. PMI : protection maternelle et infantile.
  • 2. Y c. lutte anti-vectorielle.
  • Source : Drees.

Figure 4Insécurité routière

Insécurité routière
2005 2010 2018 18/17 en %
Accidents corporels 84 525 67 288 55 766 -4,9
Tués1 5 318 3 992 3 248 -5,8
Blessés 108 076 84 461 69 887 -4,8
   dont hospitalisés2 3 39 811 30 393 21 238 -23,4
  • 1. Décès survenus dans les 30 jours suivant l'accident.
  • 2. Victimes blessées dont l'état nécessite plus de 24 heures d'hospitalisation.
  • 3. En 2018, il semble que certains départements (dont les Bouches-du-Rhône) aient modifié leur process de validation de la qualité de blessé hospitalisé vs blessé léger. Ceci expliquerait pour partie la forte baisse du nombre de blessés hospitalisés entre 2017 et 2018.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : ONISR.

Figure 5Victimes d'accidents de la route dans quelques pays de l'UE en 2017

en nombre de décès par million d'habitants
Victimes d'accidents de la route dans quelques pays de l'UE en 2017 (en nombre de décès par million d'habitants)
Nombre de décès
Roumanie 99
Croatie 80
Pologne 75
Grèce 69
Portugal 58
Italie 56
France 51
UE 49
Allemagne 39
Espagne 39
Irlande 33
Danemark 30
Royaume-Uni 28
Suède 25
  • Note : décès survenus dans les 30 jours suivants l'accident.
  • Source : Commission européenne.

Figure 5Victimes d'accidents de la route dans quelques pays de l'UE en 2017

  • Note : décès survenus dans les 30 jours suivants l'accident.
  • Source : Commission européenne.

Figure 6Répartition sectorielle des accidents de travail

en milliers de salariés
Répartition sectorielle des accidents de travail (en milliers de salariés)
2008 2018
Accidents du travail en 1er règlement en % Accidents du travail en 1er règlement en %
Métallurgie 75,7 10,8 50,0 7,7
BTP 129,2 18,4 88,5 13,6
Transports, EGE, etc. 94,1 13,4 97,0 14,9
Alimentation 118,2 16,8 113,6 17,5
Chimie, caoutchouc, plasturgie 14,7 2,1 10,2 1,6
Bois, ameublement, etc. 30,2 4,3 17,8 2,7
Commerce non alimentaire 57,0 8,1 48,8 7,5
Activités de services 185,0 26,3 225,2 34,6
Total 704,0 100,0 651,1 100,0
  • Champ : comités techniques nationaux, non compris bureaux, sièges sociaux et autres catégories professionnelles particulières.
  • Source : Cnam.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Accident corporel de la circulation : accident impliquant au moins un véhicule routier en mouvement, survenant sur une voie ouverte à la circulation publique, et dans lequel au moins une personne est blessée ou tuée. Sont exclus les actes volontaires (homicides volontaires, suicides) et les catastrophes naturelles. Sont comptées comme « tuées » les victimes d'accidents décédées sur le coup ou dans les trente jours qui suivent l'accident. Avant le 1er janvier 2005, le délai retenu n'était que de six jours. Sont comptées comme « blessées » les victimes d'accidents ayant subi un traumatisme nécessitant un traitement médical (avec ou sans hospitalisation).

Accident du travail : accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise.

Affection de longue durée (ALD) : le dispositif des affections de longue durée (ALD) a été mis en place dès la création de la sécurité sociale afin de permettre la prise en charge des patients ayant une maladie chronique comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse. Une liste établie par décret fixe trente affections (ALD30) ouvrant droit à une exonération du ticket modérateur (tumeurs malignes, diabète, maladies psychiatriques de longue durée, maladie coronaire, etc.). Son obtention est subordonnée à une demande à la caisse d'affiliation de l'assuré et à l'accord du service médical. En pratique, la quasi-totalité des affections ayant un caractère habituel de gravité (cancers, maladies cardiovasculaires, infection par le VIH, diabète, troubles graves de la santé mentale, etc.) est couverte par le champ des ALD.

Dépense de prévention institutionnelle : fraction des dépenses totales de prévention sanitaire, résultant principalement de programmes organisés. Elle n’inclut pas la prévention réalisée lors de consultations médicales ordinaires, incluses par ailleurs dans la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM).

Espérance de vie à la naissance : l’espérance de vie à la naissance ou espérance de vie, représente la durée de vie moyenne (autrement dit l'âge moyen au décès) d'une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l'année. Elle caractérise la mortalité indépendamment de la structure par âge.

Espérance de vie en bonne santé (à la naissance), ou années de vie en bonne santé (AVBS) : nombre d'années en bonne santé qu'une personne peut s'attendre à vivre (à la naissance). Une bonne santé est définie par l'absence de limitations d'activités (dans les gestes de la vie quotidienne) et l'absence d'incapacités. L'AVBS est un indicateur d'espérance de santé qui combine des informations sur la mortalité et la morbidité. Les informations utilisées pour son calcul sont des mesures de prévalence (proportions) de la population d'un âge spécifique étant dans des conditions de bonne ou mauvaise santé et des informations de mortalité par âge. Il est aussi appelé espérance de vie sans incapacité (EVSI).

Évènement (d’état civil) domicilié / Lieu de domicile : le lieu de domicile est celui du domicile conjugal pour les mariages, du domicile de la mère pour les naissances et du domicile du défunt pour les décès.

Morts violentes : causes externes de décès dans la classification internationale des maladies (CIM 10).

Prévalence d’une maladie : nombre de cas de maladies enregistrés pour une population déterminée et englobant aussi bien les nouveaux cas que les anciens cas. Le taux de prévalence est calculé comme le rapport entre le nombre de personnes souffrant d’une maladie particulière à un moment donnée, par la population exposée au risque de cette maladie.

Taux de mortalité standardisé : taux de mortalité d’une population présentant une distribution standard par âge. Il permet la comparaison entre périodes et entre pays, ces taux visant à chiffrer les décès indépendamment des différences entre les pyramides des âges des populations.

Vaccins : seuls les vaccins financés par les collectivités locales et le fonds national de prévention d'éducation et d'information sanitaires (FNPEIS) font partie de la prévention au sens des comptes de la santé ; le solde, financé par l’assurance maladie et les ménages, est inclus dans la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM).

Définitions