L'économie et la société à l'ère du numériqueÉdition 2019

Cet ouvrage inédit rassemble les données de la statistique publique rendant compte des transformations de l’économie et de la société par le numérique.

Insee Références
Paru le : Paru le 04/11/2019
Aurore Desjonquères, Claire de Maricourt, Christophe Michel (Dares)
L'économie et la société à l'ère du numérique - novembre 2019
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Data scientists, community managers… et informaticiens : quels sont les métiers du numérique ?

Aurore Desjonquères, Claire de Maricourt, Christophe Michel (Dares)

Insee Références

Paru le : 04/11/2019

Résumé

En 2017, en France, environ 3 % des personnes en emploi exercent un métier dans les domaines du support informatique et des systèmes d’information, de la programmation, du management et de la stratégie numériques, de la communication numérique, de l’expertise et du conseil numériques, des télécommunications ou de l’analyse de données. Cette part a augmenté au cours de la dernière décennie, en particulier dans la programmation et le développement, qui représentent aujourd’hui 14 % de ces métiers. Les emplois du numérique essaiment ainsi bien au-delà des secteurs d’activité de l’informatique ou des télécommunications : la moitié d’entre eux se situent dans d’autres secteurs du tertiaire. Ces derniers représentent même 76 % des métiers de l’analyse de données et 69 % de ceux de la communication. Les emplois du numérique sont en très grande majorité des postes salariés, en contrat à durée indéterminée et à temps complet. Dans deux cas sur trois, ce sont des emplois de cadres. Huit travailleurs du numérique sur dix sont des hommes, la moitié d’entre eux ont moins de 38 ans, quatre travailleurs sur dix ont un bac +5 ou plus et, sur dix emplois numériques, quatre sont localisés en Île-de-France.

Une typologie des métiers du numérique

Afin de quantifier et caractériser les métiers du numérique, une typologie en sept grandes familles est construite : support informatique et systèmes d’information ; programmation et développement ; management et stratégie numériques ; communication numérique ; expertise et conseil numériques ; télécommunications ; analyse de données et intelligence artificielle. Elle se fonde sur un référentiel issu des récents travaux menés dans le cadre de la rénovation de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) de l’Insee [Cnis, 2019]. Le périmètre des métiers du numérique est ainsi directement déterminé en comparant les libellés de profession recueillis auprès des enquêtés lors de la collecte du recensement et des enquêtes Emploi de l’Insee à des libellés du référentiel des professions du numérique du Cnis. Ce procédé a nécessité de mettre en œuvre une méthode innovante d’appariement, le matching, entre les libellés de profession du référentiel d’une part, et ceux recueillis dans ces deux sources d’autre part (sources).

Mieux cerner les métiers du numérique est l’objectif de ce dossier : quel est leur poids dans l’emploi total actuel et leur évolution au cours de la dernière décennie ? Quelles sont les principales caractéristiques de ces emplois et celles des personnes qui les occupent ? Quels sont les métiers numériques émergents ?

En 2017, environ 3 % des emplois dans les métiers du numérique

Data scientist (scientifique des données) ou Community manager (animateur de communauté en ligne) , le numérique fait émerger de nouveaux métiers et, à ce titre, est considéré comme un gisement d’emplois. Ainsi, 40 % des emplois créés dans les pays de l’OCDE entre 2006 et 2016 l’ont été dans le quart des secteurs où le numérique tient la place la plus grande [OCDE, 2019]. Dans ce contexte, les études sur les emplois du secteur d’activité du numérique ou sur les professions des secteurs de l’informatique et des télécommunications sont nombreuses [Godonou et al., 2016 ; Rodriguez, 2016 ; Carif-Oref Pays de la Loire, 2016 ; Schlechter et al., 2016]. D’autres travaux analysent l’utilisation du numérique par l’ensemble des salariés [Mauroux, 2018 ; Lambert, 2019]. Mais les métiers du numérique sont beaucoup moins étudiés [Cigref, 2018 ; France Stratégie et Céreq, 2017 ; Opiiec], alors qu’ils se diffusent bien au-delà du secteur informatique ou des télécommunications.

Selon les enquêtes annuelles du recensement (EAR), environ 800 000 personnes exercent un métier du numérique en 2017 : cela représente 3,0 % des actifs occupés. Cette part était de 2,7 % en 2009 (figure 1). Cette mesure converge avec celle obtenue avec les enquêtes Emploi en continu (EEC) : la part de l’emploi numérique y atteint 3,2 % en 2017 (sources). Cette part diffère selon l’ancienneté : entre 2,7 % pour ceux qui ont 10 ans ou plus d’ancienneté chez leur employeur et 4,1 % pour ceux qui ont moins d’un an d’ancienneté. L’écart peut s’expliquer par un nombre plus important d’emplois récents ou des mobilités dans ces métiers.

Figure 1 - Part des métiers du numérique dans l’emploi total

en %
Figure 1 - Part des métiers du numérique dans l’emploi total (en %) - Lecture : 3 % des personnes en emploi occupent un métier du numérique en 2017.
Part des métiers du numérique dans l'emploi total
2009 2,73
2010 2,69
2011 2,74
2012 2,81
2013 2,80
2014 2,86
2015 2,90
2016 2,90
2017 3,03
  • Note : la part des métiers du numérique dans l'emploi total pour les enquêtes annuelles du recensement est ici corrigée de la non-réponse partielle, contrairement au tableau Comparaison entre les sources dans l'onglet documentation.
  • Lecture : 3 % des personnes en emploi occupent un métier du numérique en 2017.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population de 2009 à 2017, traitement Dares.

Figure 1 - Part des métiers du numérique dans l’emploi total

  • Note : la part des métiers du numérique dans l'emploi total pour les enquêtes annuelles du recensement est ici corrigée de la non-réponse partielle, contrairement au tableau Comparaison entre les sources dans l'onglet documentation.
  • Lecture : 3 % des personnes en emploi occupent un métier du numérique en 2017.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
  • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population de 2009 à 2017, traitement Dares.

La programmation et le développement : des métiers en croissance

Ces 800 000 emplois du numérique recouvrent une très grande variété de métiers. Environ 820 intitulés types différents peuvent être identifiés dans l’EAR 2017 (figure 2). En 2017, les métiers du support informatique et des systèmes d’information, qui comprennent en particulier des intitulés génériques comme « informaticien » ou « ingénieur informatique », sont prépondérants. Représentant encore 38 % de l’ensemble des métiers du numérique, leur part recule toutefois de 6 points par rapport à 2009 (figure 3). La baisse est marquée notamment pour les informaticiens (– 3 points, figure 4).

Au sein du numérique, la part des métiers des infrastructures réseaux et télé-communications décroît également entre 2009 et 2017. À l’opposé, la plus petite famille des métiers du numérique, celle de l’analyse de données, voit sa part presque doubler sur la période, portée notamment par l’essor des data analysts (analystes de données) (+ 1 point, encadré).

Ce sont les métiers des programmeurs et des développeurs (14 % de l’emploi du numérique en 2017) qui se sont le plus développés ces dernières années (+ 2 points depuis 2009). Viennent ensuite les métiers de la communication (+ 2 points) : ils représentent désormais 13 % des métiers du numérique en 2017, les métiers de l’animation des sites web, ainsi que ceux de l’élaboration de plans média et du marketing digital, ayant particulièrement augmenté.

Dans une moindre mesure, les métiers du management et de la stratégie, ainsi que ceux de l’expertise et du conseil (respectivement 14 % et 9 % des emplois du numérique en 2017) alimentent aussi la progression de l’emploi dans le numérique. C’est le cas notamment des postes de chief digital officers (responsables de la transformation numérique) et de consultants. Cette augmentation de l’emploi dans les entreprises de service numérique [Heck, 2018] peut en partie traduire un glissement de certains postes de support informatique et de système d’information vers des emplois de consultant.

Figure 2 - Les principaux libellés des sept familles de métiers du numérique

    Figure 3 - Répartition en 2009 et 2017 des emplois numériques par familles de métiers

    en %
    Figure 3 - Répartition en 2009 et 2017 des emplois numériques par familles de métiers (en %) - Lecture : la part d’emplois de la famille de métiers « support informatique et systèmes d’information » dans l’emploi numérique est passée de 43,4 % en 2009 à 37,9 % en 2017.
    2017 2009
    Support informatique et systèmes d'information 37,9 43,4
    Programmation et développement informatique 14,2 12
    Management, stratégie du numérique 13,5 12,4
    Communication, interface utilisateur et création numérique 13,1 11,6
    Expertise et conseil 9,4 8,4
    Infrastructures réseaux et télécommunications 9,2 10,7
    Analyse de données et intelligence artificielle 2,6 1,4
    • Lecture : la part d’emplois de la famille de métiers « support informatique et systèmes d’information » dans l’emploi numérique est passée de 43,4 % en 2009 à 37,9 % en 2017.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi exerçant un métier du numérique.
    • Source : Insee, enquêtes annuelles du recensement de la population de 2009 et 2017, traitement Dares.

    Figure 3 - Répartition en 2009 et 2017 des emplois numériques par familles de métiers

    • Lecture : la part d’emplois de la famille de métiers « support informatique et systèmes d’information » dans l’emploi numérique est passée de 43,4 % en 2009 à 37,9 % en 2017.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi exerçant un métier du numérique.
    • Source : Insee, enquêtes annuelles du recensement de la population de 2009 et 2017, traitement Dares.

    Figure 4 - Décomposition par familles et sous-familles de l’évolution de la répartition entre 2009 et 2017 des emplois numériques

    en points de pourcentage
    Figure 4 - Décomposition par familles et sous-familles de l’évolution de la répartition entre 2009 et 2017 des emplois numériques (en points de pourcentage) - Lecture : la part des métiers de support informatique et des systèmes d’information dans l’emploi numérique atteint 38 % en 2017 et diminue de 6 points depuis 2009. Les métiers de la saisie informatique contribuent à hauteur de – 1,5 point à cette baisse.
    Évolution de la part dans l'emploi numérique
    Analyse de données et intelligence artificielle 1,2
    Infrastructure, réseaux et télécommunications -1,5
    Expertise et conseil 1,1
    Communication, interface utilisateur et création numérique 1,6
    Management et stratégie 1,1
    Programmation et développement informatique 2,2
    Support informatique et systèmes d'information -5,5
    • Lecture : la part des métiers de support informatique et des systèmes d’information dans l’emploi numérique atteint 38 % en 2017 et diminue de 6 points depuis 2009. Les métiers de la saisie informatique contribuent à hauteur de – 1,5 point à cette baisse.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi exerçant un métier du numérique.
    • Source : Insee, enquêtes annuelles du recensement de la population de 2009 et 2017, traitement Dares.

    Figure 4 - Décomposition par familles et sous-familles de l’évolution de la répartition entre 2009 et 2017 des emplois numériques

    • Lecture : la part des métiers de support informatique et des systèmes d’information dans l’emploi numérique atteint 38 % en 2017 et diminue de 6 points depuis 2009. Les métiers de la saisie informatique contribuent à hauteur de – 1,5 point à cette baisse.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi exerçant un métier du numérique.
    • Source : Insee, enquêtes annuelles du recensement de la population de 2009 et 2017, traitement Dares.

    Un essaimage bien au-delà des secteurs d’activité de l’informatique ou des télécommunications

    Les métiers du numérique ne se cantonnent toutefois pas aux entreprises appartenant au secteur d’activité de l’informatique (36 %) ou des télécommunications (6 %). Près de six sur dix s’exercent dans d’autres secteurs d’activité (figure 5). Les métiers de l’analyse de données et de la communication sont ceux qui essaiment le plus en dehors de ces deux secteurs. À l’opposé, les métiers de l’expertise et du conseil émanent sept fois sur dix d’une entreprise du secteur de l’informatique ou des télécommunications.

    Figure 5 - Les métiers du numérique par secteur d’activité de l’employeur en 2017

    en %
    Figure 5 - Les métiers du numérique par secteur d’activité de l’employeur en 2017 (en %) - Lecture : en 2017, 36 % des personnes exerçant un métier du numérique travaillent dans le secteur informatique (activités informatiques et services d'information).
    Activités informatiques et services d'information Télécommunications Autres services tertiaires Industrie (et agriculture)
    Expertise et conseil 68 4 25 2
    Infrastructure réseaux, télécommunications 15 40 39 6
    Management et stratégie 37 8 47 8
    Programmation et développement informatique 43 1 45 11
    Support informatique et systèmes d'information 40 1 50 9
    Communication, interface utilisateur et création numérique 14 2 69 16
    Analyse de données et intelligence artificielle 12 1 76 10
    Ensemble des métiers du numérique 36 6 49 9
    • Lecture : en 2017, 36 % des personnes exerçant un métier du numérique travaillent dans le secteur informatique (activités informatiques et services d'information).
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi exerçant un métier du numérique.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, traitement Dares.

    Figure 5 - Les métiers du numérique par secteur d’activité de l’employeur en 2017

    • Lecture : en 2017, 36 % des personnes exerçant un métier du numérique travaillent dans le secteur informatique (activités informatiques et services d'information).
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi exerçant un métier du numérique.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, traitement Dares.

    Des cadres comme les autres ?

    Les emplois du numérique sont particulièrement qualifiés. Pour plus de 60 % d’entre eux, il s’agit de postes de cadre (alors que ces derniers représentent 18 % de l’ensemble des emplois), et pour 32 % d’entre eux de professions intermédiaires (contre 26 % dans l’ensemble). Ces emplois, à l’instar de ceux de cadres, sont le plus souvent salariés, à plus de 90 % (figure 6 ) ; ce sont très majoritairement des contrats à durée indéterminée (CDI), à 84 %, contre 80 % sur l’ensemble des emplois de cadres, et à temps complet (92 % contre 90 %) . Par rapport aux emplois de cadres, les emplois du numérique sont nettement moins souvent dans le secteur public  : 6 % seulement d’entre eux contre 21 % pour les cadres.

    Les conditions d’emploi varient toutefois selon les métiers du numérique. Ceux de la communication et de l’interface utilisateur se distinguent particulièrement : près d’un tiers des personnes qui les occupent sont non salariées, 15 % sont à temps partiel et, quand elles sont salariées, elles sont plus souvent en contrat à durée déterminée (14 %). Les métiers de l’expertise et du conseil, qui incluent les consultants, comptent également davantage de non salariés. De leur côté, les emplois de l’analyse de données et de l’intelligence artificielle sont plus souvent salariés, à durée indéterminée du secteur public (13 % contre 5 % des emplois du numérique).

    Figure 6 - Les emplois du numérique, par famille de métier et type de contrat en 2017

    en %
    Figure 6 - Les emplois du numérique, par famille de métier et type de contrat en 2017 (en %) - Lecture : en 2017, 7 % des personnes exerçant un métier du support informatique et des systèmes d'information sont non salariées.
    Non-salarié Salarié en CDD du privé Salarié en CDD du public Salarié en CDI du privé Salarié en CDI du public ou fonctionnaire Temps complet Temps partiel
    Support informatique et systèmes d'information 7 6 1 81 5 93 7
    Programmation et développement informatique 2 9 1 86 2 93 7
    Management et stratégie 1 3 0 90 5 94 6
    Communication, interface utilisateur et création numérique 32 13 1 51 3 85 15
    Expertise et conseil 15 3 0 81 2 94 6
    Infrastructure réseaux, télécommunications 1 10 1 80 7 94 6
    Analyse de données et intelligence artificielle 3 10 2 72 13 90 10
    Métiers du numérique 9 7 1 79 5 92 8
    Ensemble des cadres 12 6 2 61 19 90 10
    Ensemble des actifs occupés 12 12 2 60 15 83 17
    • Lecture : en 2017, 7 % des personnes exerçant un métier du support informatique et des systèmes d'information sont non salariées.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, traitement Dares.

    Quatre emplois du numérique sur dix sont franciliens

    Les emplois du numérique sont très concentrés en Île-de-France, davantage même que les postes de cadre : 40 % des postes du numérique se situent dans cette région (contre 36 % des emplois de cadres et 21 % de l’ensemble des emplois). Pour les emplois du management, de l’analyse de données ou encore de l’expertise, c’est même la moitié ou plus des emplois qui y sont présents (56 % pour les emplois d’expertise).

    Ainsi, la part du numérique dans l’emploi, qui atteint 3 % en 2017 au niveau national, est de 5 % en Île-de-France, où les pôles d’emplois du numérique se reconfigurent depuis une dizaine d’années au profit du nord parisien (jusqu’à Saint-Denis et Saint-Ouen), du sud (Boulogne et Issy-les-Moulineaux) et de l’ouest de la capitale (Puteaux, Levallois-Perret et Nanterre) [Godonou et al., 2016]. Dans cette région, si les Hauts-de-Seine comptent plus de 10 % d’emplois dans le numérique (figure 7), la moitié des départements ont un taux inférieur à 1,2 %. En-dehors de l’Île-de-France, quelques départements atteignent ou dépassent toutefois le seuil des 3 % : l’Ille-et-Vilaine (3,6 %), la Loire Atlantique (4,4 %), où de grandes entreprises des services numériques sont implantées (Thales Communication, Capgemini, Sigma informatique, Orange, etc.) [Deroin et Féfeu, 2018], mais aussi le Rhône (4,3 %), l’Isère (3,3 %), la Haute-Garonne (5,4 %) ou encore les Alpes-Maritimes (4,0 %), qui bénéficient de l’attractivité de zones d’emploi ayant des entreprises de haute technologie (avec notamment l’aéronautique à Toulouse et la technopole de Sophia Antipolis).

    Cette forte concentration francilienne des emplois du numérique se traduit dans le lieu de résidence des personnes qui les occupent : 66 % habitent dans l’agglomération parisienne ou dans des unités urbaines de 200 000 habitants ou plus, à comparer à 62 % des cadres. L’expertise et le conseil (80 %), l’analyse de données (76 %), la programmation et le développement informatique, ainsi que le management et la stratégie (69 %) se concentrent encore davantage dans les grandes agglomérations urbaines.

    Figure 7 - Part de l’emploi numérique dans l’emploi total selon le département de travail en 2017

    en %
    Figure 7 - Part de l’emploi numérique dans l’emploi total selon le département de travail en 2017 (en %) - Lecture : en 2017, la part des personnes en emploi qui exercent un métier du numérique dans le Pas-de-Calais est comprise entre 0 % et 1,5 % ; entre 6 % et 10,2 % des personnes en emploi dans les Hauts-de-Seine exercent un métier du numérique.
    Département de travail Part de l'emploi numérique
    Ain 1 1,2
    Aisne 2 0,7
    Allier 3 0,8
    Alpes-de-Haute-Provence 4 0,6
    Hautes-Alpes 5 0,8
    Alpes-Maritimes 6 4,0
    Ardèche 7 0,9
    Ardennes 8 0,7
    Ariège 9 0,8
    Aube 10 1,2
    Aude 11 0,7
    Aveyron 12 1,1
    Bouches-du-Rhône 13 2,5
    Calvados 14 1,5
    Cantal 15 0,7
    Charente 16 1,3
    Charente-Maritime 17 1,0
    Cher 18 1,1
    Corrèze 19 0,6
    Côte-d'Or 21 1,7
    Côtes-d'Armor 22 1,5
    Creuse 23 0,9
    Dordogne 24 0,7
    Doubs 25 1,3
    Drôme 26 1,4
    Eure 27 1,1
    Eure-et-Loir 28 1,4
    Finistère 29 1,6
    Corse-du-Sud 2A 1,0
    Haute-Corse 2B 0,9
    Gard 30 1,1
    Haute-Garonne 31 5,4
    Gers 32 1,0
    Gironde 33 3,0
    Hérault 34 2,7
    Ille-et-Vilaine 35 3,6
    Indre 36 0,9
    Indre-et-Loire 37 1,9
    Isère 38 3,3
    Jura 39 0,5
    Landes 40 1,0
    Loir-et-Cher 41 1,3
    Loire 42 1,4
    Haute-Loire 43 0,9
    Loire-Atlantique 44 4,4
    Loiret 45 2,2
    Lot 46 1,2
    Lot-et-Garonne 47 0,7
    Lozère 48 0,7
    Maine-et-Loire 49 2,1
    Manche 50 1,1
    Marne 51 1,3
    Haute-Marne 52 0,7
    Mayenne 53 1,2
    Meurthe-et-Moselle 54 1,9
    Meuse 55 0,8
    Morbihan 56 1,3
    Moselle 57 1,4
    Nièvre 58 0,6
    Nord 59 2,9
    Oise 60 1,2
    Orne 61 0,5
    Pas-de-Calais 62 1,0
    Puy-de-Dôme 63 2,5
    Pyrénées-Atlantiques 64 1,6
    Hautes-Pyrénées 65 0,6
    Pyrénées-Orientales 66 0,9
    Bas-Rhin 67 2,6
    Haut-Rhin 68 1,2
    Rhône 69 4,3
    Haute-Saône 70 0,6
    Saône-et-Loire 71 0,9
    Sarthe 72 1,6
    Savoie 73 1,3
    Haute-Savoie 74 1,6
    Paris 75 5,4
    Seine-Maritime 76 1,3
    Seine-et-Marne 77 1,7
    Yvelines 78 4,4
    Deux-Sèvres 79 2,2
    Somme 80 1,2
    Tarn 81 1,4
    Tarn-et-Garonne 82 1,1
    Var 83 1,2
    Vaucluse 84 1,3
    Vendée 85 1,0
    Vienne 86 1,3
    Haute-Vienne 87 1,4
    Vosges 88 0,8
    Yonne 89 0,8
    Territoire de Belfort 90 2,2
    Essonne 91 3,3
    Hauts-de-Seine 92 10,2
    Seine-Saint-Denis 93 4,6
    Val-de-Marne 94 4,1
    Val-d'Oise 95 2,1
    Guadeloupe 971 1,0
    Martinique 972 1,2
    Guyane 973 0,8
    La Réunion 974 1,1
    Saint Barthélémy 977 0,5
    Saint Martin 978 0,7
    Etranger 99 4,6
    Total 2,7
    • Lecture : en 2017, la part des personnes en emploi qui exercent un métier du numérique dans le Pas-de-Calais est comprise entre 0 % et 1,5 % ; entre 6 % et 10,2 % des personnes en emploi dans les Hauts-de-Seine exercent un métier du numérique.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, traitement Dares.

    Figure 7 - Part de l’emploi numérique dans l’emploi total selon le département de travail en 2017

    • Lecture : en 2017, la part des personnes en emploi qui exercent un métier du numérique dans le Pas-de-Calais est comprise entre 0 % et 1,5 % ; entre 6 % et 10,2 % des personnes en emploi dans les Hauts-de-Seine exercent un métier du numérique.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, traitement Dares.

    Le portrait-robot d’un travailleur du numérique : un homme, très diplômé, plutôt jeune

    Les personnes qui exercent un métier du numérique présentent un profil socio-démographique très spécifique : ce sont plus souvent des hommes jeunes et diplômés.

    Les hommes occupent ainsi 77 % des emplois du numérique (à comparer aux 58 % d’hommes parmi l’ensemble des cadres), et même 91 % des emplois des infrastructures réseaux et télécommunications (figure 8). Seulement deux familles de métiers du numérique sont mixtes : la communication et l’analyse de données, avec un peu moins d’un emploi sur deux occupé par une femme. La part des femmes s’est d’ailleurs réduite dans le domaine professionnel de l’informatique et des télécommunications depuis les années 1980 : elle est passée de 31 % en 1982-1984 à 20 % en 2012-2014 [Gemelgo et al., 2017] ; en particulier, cette part a fortement chuté (de 85 % à 46 %) au sein de la famille professionnelle des employés et opérateurs en informatique, du fait du déclin des professions de « dactylos » et d’opératrices de saisie [Babet, 2017].

    Les personnes qui travaillent dans le numérique sont souvent plus jeunes que dans les autres métiers : 22 % ont moins de 30 ans (contre 13 % chez les cadres) et seulement 20 % ont 50 ans ou plus (contre 32 %). Au total, elles ont en moyenne 39 ans (contre 43 ans pour les cadres) et la moitié a moins de 38 ans (contre 43 ans). La part des moins de 30 ans frôle voire dépasse parfois 30 % dans les métiers de la programmation, de la communication et de l’analyse de données ; à l’opposé, les responsabilités des métiers du management sont confiées à des personnes plus âgées que l’ensemble des métiers du numérique.

    Comme les cadres, les personnes employées dans les métiers du numérique sont pour la plupart diplômées du supérieur (83 %, contre 85 % des cadres). Les métiers les plus qualifiés, de l’analyse de données et de l’expertise ou encore du management, exigent logiquement les niveaux de formation les plus élevés : deux tiers des personnes travaillant dans l’analyse de données ont un niveau supérieur ou égal à bac+5. À l’opposé, dans les métiers des infrastructures réseaux et de la communication, respectivement 37 % et 25 % des personnes ont au plus le bac (contre 17 % sur l’ensemble des métiers du numérique).

    Figure 8a- Les actifs occupés dans les métiers du numérique par sexe en 2017

    en %
    Figure 8a- Les actifs occupés dans les métiers du numérique par sexe en 2017 (en %) - Lecture : en 2017, 77 % des salariés exerçant un métier du numérique sont des hommes.
    Femmes Hommes
    Support informatique et systèmes d'information 17 83
    Programmation et développement informatique 17 83
    Management et stratégie 27 73
    Communication, interface utilisateur et création numérique 47 53
    Expertise et conseil 24 76
    Infrastructure réseaux, télécommunications 9 91
    Analyse de données et intelligence artificielle 45 55
    Métiers du numérique 23 77
    Ensemble des cadres 42 58
    Ensemble des actifs occupés 48 52
    • Lecture : en 2017, 77 % des salariés exerçant un métier du numérique sont des hommes.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, traitement Dares.

    Figure 8a- Les actifs occupés dans les métiers du numérique par sexe en 2017

    • Lecture : en 2017, 77 % des salariés exerçant un métier du numérique sont des hommes.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, traitement Dares.

    Des métiers plus ouverts aux immigrés

    Les immigrés sont un peu plus nombreux dans les métiers du numérique que parmi les cadres (respectivement 11 % et 8 %) (figure 9). Les métiers du numérique semblent constituer un moyen plus ouvert pour certains immigrés d’occuper un poste de cadre : en effet, 73 % des emplois du numérique occupés par les immigrés sont des postes de cadre, contre 60 % de l’ensemble des emplois du numérique. Cela ne tient pas seulement à la forte concentration des actifs immigrés, et/ou des emplois du numérique en Île-de-France, puisque la plus grande ouverture aux métiers du numérique reste significative à région de résidence donnée. Ainsi, en Île-de-France, 18 % des personnes exerçant un métier du numérique sont immigrées, contre 12 % des cadres de cette région. Par ailleurs, les immigrés travaillant dans un métier du numérique sont plus souvent nés en dehors de l’Union européenne (UE) que l’ensemble des immigrés qui ont une position de cadre. Un tiers est né en Afrique du Nord (contre un quart des cadres immigrés), un sur six dans un autre pays d’Afrique (contre un dixième) et un dixième en Asie (contre un seizième). En Afrique du Nord, les étudiants s’orientent en effet davantage dans les filières qui peuvent mener à des emplois du numérique que la moyenne des étudiants des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : les jeunes tunisiens sont particulièrement diplômés des filières des technologies de l’information et des télécommunications ; avec les jeunes algériens et marocains, ils s’orientent aussi davantage vers les sciences naturelles, mathématiques et statistiques [OCDE, 2018 ; UIS, 2019]. De façon plus générale, les immigrés étudient davantage dans les filières scientifiques que le reste de la population [Domergue, 2015]. Parmi les différents métiers du numérique, ceux de l’expertise (19 %) et des infrastructures réseaux (15 %) comptent le plus d’immigrés. A contrario, ces derniers sont moins présents dans les métiers de la communication (6 %), du management et de l’analyse de données (7 % chacun).

    Figure 9a - Immigrés parmi les actifs occupés, les cadres et les métiers du numérique en 2017

    en %
    Figure 9a - Immigrés parmi les actifs occupés, les cadres et les métiers du numérique en 2017 (en %) - Lecture : en 2017, 11 % des personnes exerçant un métier du numérique sont immigrées, dont 2 % nées au sein de l’Union européenne.
    Union européenne Afrique du Nord Autres pays d'Afrique Asie du Sud et du Sud-Est Autres pays Tous pays d'origine
    Ensemble des actifs occupés 3 3 2 1 2 10
    Ensemble des cadres 3 2 1 0 2 8
    Métiers du numérique 2 4 2 1 2 11
    • Lecture : en 2017, 11 % des personnes exerçant un métier du numérique sont immigrées, dont 2 % nées au sein de l’Union européenne.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
    • Source : Insee, enquêtes Emploi 2016, 2017, 2018, traitement Dares.

    Figure 9a - Immigrés parmi les actifs occupés, les cadres et les métiers du numérique en 2017

    • Lecture : en 2017, 11 % des personnes exerçant un métier du numérique sont immigrées, dont 2 % nées au sein de l’Union européenne.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
    • Source : Insee, enquêtes Emploi 2016, 2017, 2018, traitement Dares.

    Encadré – Les métiers émergents et déclinants du numérique

    Les évolutions des effectifs des métiers du numérique depuis 2009 reflètent l’émergence ou le déclin de certains d’entre eux, ou parfois, le changement d’appellation d’un même métier.

    Certaines sous-familles de métiers comme chief digital officer (responsable de la transformation numérique), data scientist (scientifique des données), UI/UX designer (concepteur d’interfaces utilisateur / concepteur d’expérience utilisateur), manager de contrat, data analyst (analyste de données), géomaticien, responsable marketing de la DSI, expert en cybersécurité, ou encore technicien fibre optique ont vu leurs effectifs au moins doubler entre 2009 et 2017.

    Plus d’un tiers des métiers numériques émergents font ainsi partie du management et de la stratégie, et, près de trois sur dix, de l’analyse de données et de l’intelligence artificielle (figure). Un peu plus d’un tiers de ces emplois sont occupés par des femmes. Deux fois sur trois, il s’agit d’emplois de cadres et une fois sur trois dans une entreprise de moins de 50 salariés.

    À l’opposé, les effectifs baissent dans d’autres métiers du numérique depuis 2009 : gestionnaire d’applications, administrateur réseau de télécommunications, technicien informatique, ingénieur réseaux et cloud, technicien d’exploitation informatique, technicien réseaux-télécoms/cloud, informaticien, administrateur de bases de données, informaticien des télécoms, pilote d’exploitation, responsable des systèmes applicatifs, chef de produit/services informatiques ou agent/opérateur de saisie informatique. 90 % de ces métiers déclinants se situent dans l’infrastructure réseaux et les télécommunications (cinq sur dix), ainsi que dans le support informatique et les systèmes d’information (quatre sur dix). Ces emplois sont occupés dans plus de huit cas sur dix par des hommes ; sept fois sur dix, ce ne sont pas des postes de cadre et la moitié des salariés concernés travaillent dans des entreprises de 500 salariés ou plus.

    Caractéristiques des métiers émergents ou déclinants du numérique

    en %
    Caractéristiques des métiers émergents ou déclinants du numérique (en %) - Lecture : 35 % des personnes exerçant un métier du numérique dont les effectifs ont au moins doublé entre 2009 et 2017 sont des femmes (contre 23 % dans l'ensemble des métiers du numérique).
    Métiers qui doublent entre 2009 et 2017 Métiers en baisse entre 2009 et 2017 Ensemble des métiers du numérique
    Par sexe 100 100 100
    Femmes 35 17 23
    Hommes 65 83 77
    Par famille de métiers numériques 100 100 100
    Support informatique et systèmes d'information 2 40 38
    Programmation et développement informatique 5 7 14
    Management et stratégie 35 2 14
    Communication, interface utilisateur et création numérique 15 0 13
    Expertise et conseil 4 2 9
    Infrastructure réseaux, télécommunications 11 49 9
    Analyse de données et intelligence artificielle 28 0 3
    Par catégorie socioprofessionnelle 100 100 100
    Cadres et professions intellectuelles supérieures 64 30 61
    Professions intermédiaires 27 59 32
    Autres : employés, ouvriers, artisans et agriculteurs 8 12 6
    Par statut 100 100 100
    Salariés 96 98 91
    Non-salariés 4 2 9
    Par taille d'entreprise (sur le champ des salariés) 100 100 100
    Moins de 10 salariés 5 5 7
    10 à 49 salariés 28 12 17
    50 à 499 salariés 30 33 29
    500 salariés ou plus 37 48 45
    Non renseigné 0 1 1
    • Lecture : 35 % des personnes exerçant un métier du numérique dont les effectifs ont au moins doublé entre 2009 et 2017 sont des femmes (contre 23 % dans l'ensemble des métiers du numérique).
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, enquêtes Emploi empilées 2016, 2017, 2018, traitement Dares.

    Définitions


    Intelligence artificielle (IA) : discipline scientifique, avec de nombreuses méthodes théoriques et techniques différentes, dont la finalité est la reproduction de fonctions cognitives par l’informatique.

    Sources et méthodes pour définir et compter les métiers du numérique

    Les principales sources utilisées sont les enquêtes annuelles du recensement (EAR) de la population de l’Insee de 2009 à 2017, contenant les libellés de la profession principale déclarés par les enquêtés.

    L’EAR a pour objectifs le dénombrement des logements et de la population résidant en France, ainsi que la connaissance de leurs principales caractéristiques. Un agent recenseur dépose les questionnaires dans les logements et les personnes recensées les remplissent elles-mêmes sur papier ou par Internet. L’échantillon des actifs occupés de l’EAR 2017 compte 1,56 million d’observations, dont 48 200 correspondent à un métier du numérique.

    Lorsque l’information n’est pas disponible dans les EAR, l’analyse est complétée par une exploitation des enquêtes Emploi en continu (EEC), contenant les libellés de métiers. Ces dernières sont empilées sur trois années pour obtenir des résultats plus robustes sur la population réduite des métiers du numérique. L’EEC, réalisée auprès des ménages par l’intermédiaire d’enquêteurs, permet de mesurer l’emploi, le chômage et l’inactivité au sens du Bureau international du travail (BIT).

    L’échantillon des actifs occupés en 2017, construit par l’empilement des vagues entrantes des enquêtes de 2016 à 2018, compte 98 400 observations, dont 2 800 dans un métier du numérique.

    Définir les métiers du numérique

    Le numérique peut être décomposé en trois segments [Schlechter et al., 2016] : un segment « cœur », qui regroupe les métiers de l’informatique et des télécommunications ; un segment « périphérique » constitué des métiers nouveaux ou profondément transformés par le numérique, qui nécessitent une adaptation des compétences ; un segment « diffus », où les outils numériques sont utilisés sans changer le métier mais constituent un support incontournable à l’activité. Dans le but de repérer les métiers cœur et périphériques du numérique, trois des répertoires professionnels existants sont mobilisés : ceux du Club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref), de France Stratégie/Céreq et de l’Observatoire paritaire des métiers de l’informatique, de l’ingénierie, des études et du conseil (Opiiec). Ces répertoires ont été confrontés puis enrichis par les libellés recueillis dans les EAR. Au total, sept familles et 69 sous-familles de métiers du numérique sont définies. Elles s’appuient sur le référentiel de l’agrégat ad hoc des professions du numérique [Cnis, 2019]. Cet agrégat s’inscrit dans une démarche initiée dans le cadre de la rénovation de la nomenclature PCS de l’Insee afin de permettre l’analyse de domaines – les professions numériques, les enseignants, les professions « vertes », les professions de « l’élite » socioprofessionnelle – qui ne sont pas ou plus identifiés par la nomenclature socioprofessionnelle. La famille des métiers de l’informatique, des systèmes d’information de l’agrégat des professions du numérique a été détaillée ici en deux familles distinctes : « Support informatique et systèmes d’information » et « Programmation et développement informatique ».

    Compter les emplois du numérique

    Dans les deux sources retenues (EAR et EEC), les répondants sont invités à indiquer leur métier dans un champ libre. Afin de déterminer si un libellé observé fait partie du référentiel des métiers du numérique, il est comparé à chaque libellé du référentiel. Si l’observation contient tous les mots d’un libellé de référence, elle est alors retenue.

    Cette méthode présente l’avantage de retenir des observations très précises (« employée contractuelle data scientist »). Toutefois, elle laisse de côté des verbatims trop vagues : une observation telle qu’« architecte », qui peut faire référence à « architecte web » ou « architecte d’intérieur », ne sera pas incluse. C’est la raison pour laquelle l’approche est enrichie par la prise en compte du secteur d’activité de l’employeur, qui permet de discriminer des libellés ambigus : parmi ceux-ci, seuls ceux appartenant aux secteurs des télécommunications, de l’informatique, des logiciels, du traitement de données ou des portails internet sont retenus, les autres non.

    Le parti inverse est retenu pour les libellés ambigus relevant de la gestion des réseaux (par exemple, « technicien réseau ») : seules les observations appartenant aux secteurs des transports ou à ceux de la gestion d’électricité, de gaz ou d’eau sont rejetées, les autres sont conservées. Cette approche se justifie par le fait que les réseaux désignent plus fréquemment ceux liés aux communications, très importants pour les entreprises.

    Pour ne pas écarter à tort certaines observations, les libellés sont standardisés en enlevant majuscules et accents avant d’être comparés. Les noms de métier sont aussi harmonisés au masculin singulier (« informaticienne » devient « informaticien ») et certains synonymes sont pris en compte (« SI » devient « systèmes d’informations »). Par ailleurs, seules les fautes d’orthographe les plus fréquentes sont corrigées, ce qui incite à penser que le champ est légèrement sous-estimé.

    En particulier, les emplois du numérique du secteur public peuvent être sous-évalués car le référentiel ne comprend pas certains grades de la fonction publique. Un fonc-tionnaire qui déclarerait son grade plutôt que son poste pourrait ainsi ne pas être inclus dans le champ. Par exemple, un « attaché d’administration webmaster sera bien compté comme « webmaster », puisque ce métier fait partie du référentiel. En revanche, « attaché d’administration » ne sera pas reconnu.

    La méthode décrite ci-dessus a d’abord été testée de manière manuelle sur une année, puis a été étendue automatiquement au reste des données. Le premier test manuel a notamment permis de repérer des synonymes, d’éventuelles variantes en anglais et en français, et des variantes orthographiques.

    La comparaison entre les enquêtes annuelles de recensement et les enquêtes Emploi

    Dans l’EAR, l’effectif du numérique est spontanément évalué à 730 000 personnes en 2017 (figure). Il est sous-estimé d’au moins 10 % en raison de la non-réponse partielle : l’ordre de grandeur de ces effectifs atteindrait donc plutôt 800 000 personnes, soit 3,0 % de l’emploi total, en faisant l’hypothèse que la proportion de non-réponses du libellé est la même entre l’emploi numérique et les autres emplois. Dans l’EEC, le nombre estimé de personnes exerçant un métier du numérique serait de 850 000 personnes en 2017 (soit 3,2 % de l’emploi total).

    Les ordres de grandeur de la part des emplois du numérique sont ainsi très proches dans les deux sources. Toutefois, les deux sources diffèrent sur deux points. Tout d’abord, en nombre d’emplois, en 2017 le volume d’emploi numérique mesuré par l’EAR est significativement inférieur à celui mesuré par l’enquête Emploi ; l’écart entre le nombre d’emplois mesuré à partir du recensement de la population et celui comptabilisé dans les sources administratives a augmenté à partir de l’enquête annuelle de recensement de 2015.

    Ensuite, la répartition par famille diffère significativement. Cela peut s’expliquer par des modes de collecte très différents. Dans l’enquête Emploi, le remplissage du libellé de profession se fait par l’intermédiaire d’un enquêteur, alors que le formulaire de recensement est directement complété par l’enquêté, en l’absence d’enquêteur. Ainsi, les métiers plus rares, peut-être moins connus des enquêteurs, comme ceux de l’analyse de données et de l’intelligence artificielle sont nettement moins représentés dans l’EEC. Les libellés saisis par les enquêteurs dans l’enquête Emploi apparaissent en définitive moins diversifiés que ceux spontanément fournis par les enquêtés dans les EAR : en 2017, 69 sous-familles de métiers numériques peuvent être identifiées dans l’EAR, contre seulement 51 dans l’EEC. À un niveau encore plus fin, il est possible de distinguer environ 820 intitulés types différents de métiers du numérique dans l’EAR, soit quasiment deux fois plus que dans l’EEC (430).

    Comparaison entre les sources

    Comparaison entre les sources - Lecture : en 2017, d’après l’EAR, 270 000 personnes travaillent dans un métier du support informatique et des systèmes d’information, ce qui représente 38 % des effectifs du numérique. 730 000 personnes exercent un métier du numérique, ce qui représente 2,7 % des actifs occupés.
    Enquête annuelle du recensement (EAR) Enquête Emploi en continu (EEC)
    Effectifs Part des métiers du numérique (en %) Effectifs Part des métiers du numérique (en %)
    Support informatique et systèmes d'information 270 000 38 430 000 51
    Programmation et développement informatique 100 000 14 90 000 11
    Management et stratégie 100 000 14 60 000 7
    Communication, interface utilisateur et création numérique 100 000 13 100 000 12
    Expertise et conseil 70 000 9 80 000 10
    Infrastructure réseaux, télécommunications 70 000 9 70 000 8
    Analyse de données et intelligence artificielle 20 000 3 10 000 2
    Ensemble des métiers du numérique 730 000 100 850 000 100
    Actifs occupés hors numérique 25 960 000 /// 25 990 000 ///
    Ensemble des actifs occupés 26 680 000 /// 26 840 000 ///
    Part de personnes exerçant un métier du numérique sur l'emploi total 2,7 /// 3,2 ///
    • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
    • Note : les données ne sont pas corrigées de la non-réponse ; elles sont arrondies et les résultats arrondis d'une combinaison de chiffres peuvent être différents.
    • Lecture : en 2017, d’après l’EAR, 270 000 personnes travaillent dans un métier du support informatique et des systèmes d’information, ce qui représente 38 % des effectifs du numérique. 730 000 personnes exercent un métier du numérique, ce qui représente 2,7 % des actifs occupés.
    • Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi exerçant un métier du numérique.
    • Source : Insee, enquête annuelle du recensement de la population 2017, enquêtes Emploi empilées 2016, 2017, 2018, traitement Dares.

    Ces deux intitulés de métier sont extraits du répertoire des métiers « cœur du numérique » du rapport du Réseau Emploi Compétences [France Stratégie, 2017].

    Dans l’approche de l’OCDE, les secteurs à haute intensité numérique correspondent au dernier quartile des secteurs classés selon l’intensité numérique. Cette intensité synthétise sept indicateurs. Cette approche sectorielle inclut ainsi des métiers non numériques ; elle est de facto beaucoup plus extensive que l’approche « métiers » retenue dans l’étude.

    La significativité des spécificités des emplois du numérique a été vérifiée par une analyse « toutes choses égales par ailleurs », à l’aide d’une régression logistique. La variable expliquée correspond au fait d’avoir un métier du numérique au sein de l’ensemble des personnes en emploi. Les variables explicatives sont les caractéristiques de la personne en emploi (sexe, âge, niveau de diplôme) et de son emploi (catégorie socioprofessionnelle, type d’emploi, temps de travail, région du lieu de travail).

    Globalement, le poids de l’emploi public dans les emplois du numérique peut être sous estimé (sources).

    L’Ille-et-Vilaine a été, avec les Yvelines, l’un des deux départements pilotes pour le développement du minitel au début des années 1980 à la suite du rapport Nora-Minc sur l’informatisation de la société [Billard et Daladoire, 2004].

    Grenoble est le deuxième pôle de recherche publique sur le numérique après Paris et avant Rennes [Audiar et French Tech Rennes St-Malo, 2017].

    Pour en savoir plus

    Audiar, French Tech Rennes St-Malo, « L’écosystème numérique de Rennes et de l’Ille-et-Vilaine – principaux éléments de diagnostic », Observatoire Économie, décembre 2017.

    Babet C. « Comment ont évolué les métiers en France depuis 30 ans ? Forte progression des métiers du tertiaire et des métiers les plus qualifiés », Dares Analyses n° 003, janvier 2017.

    Billard J., Daladoire A., « Le Minitel en Bretagne », Actes du septième Colloque sur l’Histoire de l’Informatique et des Transmissions, novembre 2004.

    Carif-Oref Pays de la Loire, « Les métiers du numérique recrutent et recruteront ! », Études et enquêtes, janvier 2016.

    Cigref (Club informatique des grandes entreprises françaises), Nomenclature Cigref des métiers du système d’information, juillet 2018.

    Cnis (Conseil national de l’information statistique), Rénovation de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS 2018-2019), Groupe de travail, 2019.

    Deroin V., Féfeu L., « Forte croissance des métiers du numérique, tirée par les secteurs au cœur du monde digital », Insee Analyses Pays de la Loire n° 63, septembre 2018.

    Domergue F., « Des études aux métiers, un ajustement qui prend du temps », Infos migrations n° 75, février 2015.

    France Stratégie, Céreq, « Vision prospective partagée des emplois et des compétences – la filière numérique », Rapport du Réseau Emploi Compétences, juin 2017.

    France Stratégie, Dares, « Les métiers en 2022 », Rapport du groupe Prospective des métiers et qualifications, avril 2015.

    Gemelgo P., du Mesnil du Buisson M.-A., Wacheux F., « Évaluation des actions publiques en faveur de la mixité des métiers », Rapport IGAS et IGAENR, avril 2017.

    Godonou C., Renouvel S., Roger S., Camors C., Soulard O., Dezenaire F., « Économie numérique en Île-de-France : une dynamique d’emploi portée par les non-salariés », Insee Analyses Île-de-France n° 31, mars 2016.

    Heck S., « Les sociétés de services informatiques sont toujours en vive expansion », Insee Première n° 1713, octobre 2018.

    Lambert M., « La formation des salariés 2.0 : l’effet levier des TIC », Céreq Bref n° 376, avril 2019.

    Mauroux A., « Quels liens entre les usages professionnels des outils numériques et les conditions de travail ? », Dares Analyses n° 029, juin 2018.

    Muro M., Liu S., Whiton J., Kulkarni S., “Digitalization and the American work force”, Brookings Metropolitan Policy Program, novembre 2017.

    OCDE, Measuring the Digital Transformation – A roadmap for the future, mars 2019.

    OCDE, Education at a Glance 2019: OECD Indicators, OECD Publishing, Paris, September 2019.

    Opiiec (Observatoire paritaire des métiers de l’informatique, de l’ingénierie, des études et du conseil), Référentiel des métiers du numérique.

    Pôle emploi, Enquête Besoin en Main-d’œuvre (BMO), 2018.

    Rodriguez O., Le secteur du numérique et ses métiers - Pôle Emploi - Statistiques et indicateurs, avril 2016.

    Schlechter F., Bergmann C., Gaubert-Macon C., Azéma A., Christmann P., Castellazi M., Laval D., « Les besoins et l’offre de formation aux métiers du numérique », Rapport IGAS, IGEN, IGAENR, CGE, avril 2016.

    Unesco Institute for Statistics (UIS), Indicateurs sur le thème Éducation, février 2019.

    Définitions

    Ces deux intitulés de métier sont extraits du répertoire des métiers « cœur du numérique » du rapport du Réseau Emploi Compétences [France Stratégie, 2017].

    Dans l’approche de l’OCDE, les secteurs à haute intensité numérique correspondent au dernier quartile des secteurs classés selon l’intensité numérique. Cette intensité synthétise sept indicateurs. Cette approche sectorielle inclut ainsi des métiers non numériques ; elle est de facto beaucoup plus extensive que l’approche « métiers » retenue dans l’étude.

    La significativité des spécificités des emplois du numérique a été vérifiée par une analyse « toutes choses égales par ailleurs », à l’aide d’une régression logistique. La variable expliquée correspond au fait d’avoir un métier du numérique au sein de l’ensemble des personnes en emploi. Les variables explicatives sont les caractéristiques de la personne en emploi (sexe, âge, niveau de diplôme) et de son emploi (catégorie socioprofessionnelle, type d’emploi, temps de travail, région du lieu de travail).

    Globalement, le poids de l’emploi public dans les emplois du numérique peut être sous estimé (sources).

    L’Ille-et-Vilaine a été, avec les Yvelines, l’un des deux départements pilotes pour le développement du minitel au début des années 1980 à la suite du rapport Nora-Minc sur l’informatisation de la société [Billard et Daladoire, 2004].

    Grenoble est le deuxième pôle de recherche publique sur le numérique après Paris et avant Rennes [Audiar et French Tech Rennes St-Malo, 2017].

    Pour en savoir plus