Tableaux de l'économie françaiseÉdition 2019

Les Tableaux de l'économie française s'adressent à tous ceux qui souhaitent disposer d'un aperçu rapide et actuel sur la situation économique, démographique et sociale de la France.

Insee Références
Paru le : Paru le 26/03/2019
Tableaux de l'Économie Française - mars 2019
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Sommaire

Catégories d'entreprises

Présentation

La loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 a introduit une définition de l’ entreprise et de sa taille (décret n° 2008-1354) à partir de critères économiques qui conduit à une meilleure vision du tissu productif. Approchée par la notion de groupes , cette définition est, depuis 2013, affinée par un travail de profilage pour les plus grands d’entre eux. En 2016, on dénombre ainsi 4 millions d’entreprises dans les secteurs marchands non agricoles, dont 3,9 millions correspondent à une seule unité légale indépendante.

Cette définition économique de l’entreprise révèle la forte concentration du tissu productif. Sur ces 4 millions d’entreprises, 292  grandes entreprises (GE) emploient 3,9 millions de salariés en équivalent temps plein (EQTP), soit 29 % du total. À l’opposé, 3,9 millions, soit 96 %, sont des microentreprises  ; elles emploient 2,5 millions de salariés en EQTP (19 % du total). Par-delà ce dualisme se dessine une partition assez équilibrée de la valeur ajoutée et de l’emploi : 5 800  entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 135 000  petites et moyennes entreprises (PME) non microentreprises emploient respectivement 25 % et 27 % des salariés (EQTP). Le secteur le plus concentré est celui des activités financières et assurances : 27 grandes entreprises y emploient 74 % des salariés. Dans les secteurs non financiers, les grandes entreprises dégagent près d’un tiers de la valeur ajoutée, les ETI un quart, les deux autres catégories en réalisent le reste à parts à peu près égales. En 2016, 57 % de la valeur ajoutée est ainsi produite par près de 6 000 entreprises (GE et ETI) qui réalisent aussi 86 % des exportations.

Les ETI se distinguent des autres catégories par leur orientation vers l’industrie manufacturière et par le poids des implantations étrangères. Parmi les 2,7 millions de salariés (EQTP) de l’industrie manufacturière, 37 % sont employés par des ETI. Compte tenu de leur orientation industrielle, les ETI jouent un rôle essentiel dans le commerce extérieur, réalisant 32 % du chiffre d’affaires à l’export des secteurs marchands non agricoles et non financiers.

Dans les services, qu’ils soient destinés aux particuliers ou orientés vers les activités spécialisées scientifiques et techniques, la majorité des salariés travaillent dans les PME, y compris les microentreprises. Dans la construction, en dépit de la présence d’une dizaine de grandes entreprises, la surreprésentation des PME (y c. microentreprises) est encore plus forte. Les microentreprises comptent 71 % de leurs effectifs salariés dans les activités tertiaires. Les PME hors microentreprises comptent en moyenne 27 salariés (EQTP). La majorité (60 %) ont moins de 20 salariés. Les activités exercées sont plus diversifiées que pour les autres catégories. De ce fait, leur structure d’emploi est assez proche de celle de l’ensemble. Les PME hors microentreprises sont néanmoins surreprésentées dans la construction, les industries de type traditionnel, la réparation et l’installation de machines et d’équipements.

Tableaux et graphiques

Figure 1Principales caractéristiques des entreprises par catégorie en 2016

Principales caractéristiques des entreprises par catégorie en 2016 ( ) -
Catégories d'entreprises Total
Grandes entreprises (GE) Entreprises de taille intermédiaire (ETI) Petites et moyennes entreprises (PME) hors microentreprises Microentreprises (MIC)
Entreprises, y c. activités financières et assurances
Nombre d'entreprises 292 5 776 135 056 3 865 510 4 006 634
Effectif salarié en EQTP1 (en milliers) 3 890 3 323 3 687 2 504 13 404
Nombre d'unités légales situées en France 29 946 58 451 267 086 3 919 419 4 274 902
  • 1. Équivalent temps plein.
  • Champ : secteurs marchands non agricoles.
  • Lecture : dans ce tableau, l'entreprise désigne « le groupe y c. ses filiales financières » ou « l'unité légale indépendante ». Ce concept nouveau se rapproche de celui d'« acteur économique ».
  • Note : les effectifs des grandes entreprises sont révisés par rapport aux données figurant dans l'Insee Références « Les entreprises en France » édition 2018.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Figure 2Caractéristiques selon la catégorie d’entreprise en 2016

en %
Caractéristiques selon la catégorie d’entreprise en 2016 (en %) -
GE ETI PME hors MIC MIC
Nombre d'entreprises 0,0 0,1 3,4 96,5
Nombre d'unités légales 0,5 1,4 6,3 91,9
Effectif salarié en EQTP1 26,2 25,6 28,7 19,6
Immobilisations corporelles 45,6 27,3 15,9 11,1
Chiffre d'affaires export 53,6 31,9 11,8 2,7
VA HT 31,4 25,8 22,5 20,3
  • 1. Équivalent temps plein.
  • Champ : secteurs marchands non agricoles, hors activités financières et assurances.
  • Note : les effectifs des grandes entreprises sont révisés par rapport aux données figurant dans l'Insee Références « Les entreprises en France » édition 2018.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Figure 2 Caractéristiques selon la catégorie d'entreprise en 2016

  • 1. Équivalent temps plein.
  • Champ : secteurs marchands non agricoles, hors activités financières et assurances.
  • Note : les effectifs des grandes entreprises sont révisés par rapport aux données figurant dans l'Insee Références « Les entreprises en France » édition 2018.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Figure 3Effectifs salariés selon la catégorie d'entreprise et le type de contrôle en 2016

en milliers
Effectifs salariés selon la catégorie d'entreprise et le type de contrôle en 2016 (en milliers) -
Unités légales hors groupes Groupes français Sous contrôle d'un groupe étranger
GE 7 3 339 545
ETI 157 2 313 853
PME hors MIC 1 423 2 003 261
MIC 2 317 172 15
  • Champ : secteurs marchands non agricoles.
  • Note : effectifs en équivalent temps plein. Les effectifs des grandes entreprises sont révisés par rapport aux données figurant dans l'Insee Références « Les entreprises en France » édition 2018.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Figure 3Effectifs salariés selon la catégorie d'entreprise et le type de contrôle en 2016

  • Champ : secteurs marchands non agricoles.
  • Note : effectifs en équivalent temps plein. Les effectifs des grandes entreprises sont révisés par rapport aux données figurant dans l'Insee Références « Les entreprises en France » édition 2018.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Figure 4Effectifs salariés par secteur et catégorie d'entreprises en 2016

en milliers
Effectifs salariés par secteur et catégorie d'entreprises en 2016 (en milliers) -
Catégories d'entreprises Total
Grandes entreprises (GE) Entreprises de taille intermédiaire (ETI) Petites et moyennes entreprises (PME) hors microentreprises Microentreprises (MIC)
Industrie 1 003,1 1 035,5 761,8 260,5 3 060,8
Construction 192,4 152,6 459,0 459,6 1 263,7
Commerce, transports, hébergement et restauration 1 395,7 1 086,7 1 280,8 998,9 4 762,1
Information et communication 261,4 191,7 169,6 64,7 687,4
Activités financières 546,6 100,6 46,2 43,4 736,8
Activités immobilières 29,8 64,3 51,9 52,5 198,5
Act. spéc., scient. et tech. et act. de serv. adm. et de soutien 330,5 458,1 595,9 348,6 1 733,1
Enseig., santé humaine et act. soc. ; autres act. de services 130,9 233,2 321,8 275,8 961,6
Total 3 890,4 3 322,8 3 687,0 2 504,0 13 404,1
  • Champ : secteurs marchands non agricoles.
  • Note : effectifs en équivalent temps plein. Les effectifs des grandes entreprises sont révisés par rapport aux données figurant dans l'Insee Références « Les entreprises en France » édition 2018.
  • Source : Insee, Ésane, Clap et Lifi.

Avertissement

Sauf mention contraire, les données nationales se réfèrent à la France métropolitaine et aux cinq départements d’outre-mer (sauf mention contraire Mayotte est inclus dans les données de la France).

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d’une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Les comparaisons internationales s’appuient en général sur les données issues d’organismes internationaux (Eurostat, ONU, etc.) qui peuvent diverger des sources produites par les instituts nationaux de statistiques, notamment pour l’Insee, pour les données françaises. En effet, ces organismes effectuent souvent des ajustements de champ ou de méthode, d’ampleur souvent réduite, afin de produire des données comparables d’un pays à l’autre.

Sauf précision contraire, les indicateurs relatifs à l’Union européenne (UE) figurant dans cet ouvrage portent sur l’UE à 28.

Définitions

Catégorie d’entreprise : quatre catégories d’entreprises sont définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l’économie) pour les besoins de l’analyse statistique et économique. Pour déterminer la catégorie à laquelle une entreprise appartient, on utilise les données suivantes, afférentes au dernier exercice comptable clôturé et calculées sur une base annuelle : l’effectif, le chiffre d’affaires et le total du bilan. On distingue :

les microentreprises (MIC) ;

les petites et moyennes entreprises (PME) ;

les entreprises de taille intermédiaire (ETI) ;

les grandes entreprises (GE).

Entreprise : plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes (décret n°2008-1354 du 18 décembre 2008 de la Loi de modernisation de l’économie -LME).

Entreprise de taille intermédiaire (ETI) : entreprise qui a entre 250 et 4 999 salariés, et soit un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 1,5 milliard d'euros, soit un total de bilan n’excédant pas 2 milliards d’euros. Une entreprise qui a moins de 250 salariés, mais plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 43 millions d’euros de total de bilan est aussi considérée comme une ETI. Les ETI constituent une catégorie d'entreprises intermédiaire entre les PME et les grandes entreprises. Il s’agit de l’une des quatre catégories d'entreprises définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l'économie) pour les besoins de l'analyse statistique et économique.

Grande entreprise (GE) : entreprise ayant au moins 5 000 salariés. Une entreprise qui a moins de 5 000 salariés mais plus de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires et plus de 2 milliards d'euros de total de bilan est aussi considérée comme une grande entreprise. Il s’agit de l’une des quatre catégories d'entreprises définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l'économie) pour les besoins de l'analyse statistique et économique.

Groupe : ensemble de sociétés liées entre elles par des participations au capital et parmi lesquelles l’une exerce sur les autres un pouvoir de décision. Considérer un groupe de sociétés comme une seule entreprise quelle que soit sa taille est une approximation. En effet, certains conglomérats diversifiés sont formés de branches quasi autonomes qui devraient en toute rigueur être considérés comme autant d’entreprises. Identifier au sein des groupes de telles entreprises au sens du décret de 2008 et reconstituer les variables économiques au niveau de ces entreprises est un travail de grande ampleur, dit de profilage. Pour les données 2016 est intégré le résultat du profilage de 52 grands groupes. En identifiant plusieurs entreprises au sein de groupes diversifiés, ce profilage génère 110 entreprises : 64 grandes entreprises (GE), 39 entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 7 petites et moyennes entreprises (PME).

Microentreprise (MIC) : entreprise occupant moins de 10 personnes, et qui a un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan n'excédant pas 2 millions d'euros. Cette notion, utilisée à des fins d'analyse statistique et économique, diffère de celle du régime fiscal de la microentreprise et ne s'apparente pas non plus au statut de micro-entrepreneur, appelé auto-entrepreneur avant le 19 décembre 2014. Il s’agit de l’une des quatre catégories d'entreprises définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l'économie) pour les besoins de l'analyse statistique et économique.

Petite et moyenne entreprise (PME) : cette catégorie est constituée des entreprises qui occupent moins de 250 personnes, et qui ont un chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 millions d'euros ou un total de bilan n'excédant pas 43 millions d'euros. Il s’agit de l’une des quatre catégories d'entreprises définies par la loi (article 51 de la loi de modernisation de l'économie) pour les besoins de l'analyse statistique et économique.

Profilage : profiler un groupe de sociétés consiste à en définir une ou des entreprises disposant d’une certaine autonomie opérationnelle au sens de la LME 2008 et à reconstituer les variables économiques à ce niveau d’observation. Ces unités statistiques intermédiaires, autonomes d’un point de vue opérationnel, peuvent être les « divisions opérationnelles » du groupe, des sous-groupes, ou des découpages ad hoc définis alors en collaboration avec le groupe lui-même ou encore le groupe lui-même. Cette opération, appelée «profilage» (terme traduit de l'anglais « profiling »), définit ainsi des unités, restreintes au territoire économique français dans le cas d'un groupe multinational, qui seront appelées entreprises issues du profilage ou par abus de langage « entreprises profilées », et qui constituent des entreprises. Celles-ci réunissent généralement plusieurs sociétés du groupe, de une à quelques centaines. Ces opérations de profilage des groupes français, qui nécessitent des échanges personnalisés avec les groupes (profilage « manuel ») s'étalent sur plusieurs années ; elles se limitent aux plus grands groupes présents sur le territoire français. Les autres groupes sont supposés former une seule entreprise ; leurs variables économiques sont constituées par algorithme (profilage automatique).

Unité légale : entité juridique de droit public ou privé. Cette entité juridique peut être une personne morale, dont l’existence est reconnue par la loi indépendamment des personnes ou des institutions qui la possèdent ou qui en sont membres, ou une personne physique, qui, en tant qu’indépendant, peut exercer une activité économique. Elle est obligatoirement déclarée aux administrations compétentes (Greffes des tribunaux, Sécurité sociale, DGFiP, etc) pour exister. L’existence d’une telle unité dépend du choix des propriétaires ou de ses créateurs (pour des raisons organisationnelles, juridiques ou fiscales). L’unité légale est l’unité principale enregistrée dans Sirene. Cette définition de l’unité légale ne doit pas être confondue avec celle de l’entreprise, considérée comme unité statistique.

Valeur ajoutée : solde du compte de production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.