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Insee Analyses Martinique · Octobre 2026 · n° 85
Insee Analyses MartiniqueHuit entreprises créées en 2018 sur dix restent actives cinq ans plus tard en Martinique

Romain Deng-Gueret, Clémence Mocquet, Fernando Zavala (Insee)

En Martinique, huit entreprises créées au premier semestre 2018 sur dix sont toujours actives cinq ans plus tard, contre sept sur dix en Hexagone. Les sociétés atteignent plus fréquemment leur cinquième anniversaire que les entreprises individuelles. Les créations d'entreprises individuelles ont fortement diminué en 2018 par rapport à 2014, alors que celles des sociétés ont considérablement augmenté. La pérennité des entreprises diffère également selon le secteur d’activité : le commerce figure parmi les activités où elle est la plus faible.

L’emploi salarié des entreprises toujours actives a pratiquement triplé en cinq ans, une progression portée par une minorité d’entre elles. La génération 2018 a été rapidement exposée à la crise économique liée à la pandémie de Covid-19 : deux entreprises sur trois encore actives en 2021 déclarent une baisse d’activité sur la période et deux tiers ont pu bénéficier d’au moins une mesure de soutien. Malgré ce choc, la plupart des entreprises qui ont survécu à la crise, sont encore actives en 2023.

Insee Analyses Martinique
No 85
Paru le :Paru le08/10/2026
Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Romain Deng-Gueret, Clémence Mocquet, Fernando Zavala (Insee)

Les entreprises nées en 2018 sont plus pérennes en Martinique qu’en Hexagone

En 2018, plus de 4 300  en Martinique dans le secteur marchand non agricole, hors régime du micro-entrepreneur. Parmi celles créées au premier semestre, près de 1 000 unités entrent dans le champ de cette étude (sources). Trois ans après leur création, 88 % sont toujours actives et 80 % atteignent leur cinquième anniversaire (figure 1). La de cette génération progresse ainsi par rapport à la précédente : parmi les entreprises créées en 2014, 80 % étaient encore actives après trois ans et 72 % après cinq ans.

La pérennité des entreprises martiniquaises est également supérieure à celle observée dans l’Hexagone : cinq ans après leur création, 69 % des entreprises hexagonales créées en 2018 sont encore actives. La Martinique figure ainsi parmi les régions françaises où la pérennité des entreprises est la plus élevée, aux côtés de Mayotte, de la Guyane et de la Corse.

Figure 1 – Taux de pérennité des entreprises créées en 2018 par catégorie juridique

(en %)
Taux de pérennité des entreprises créées en 2018 par catégorie juridique ((en %)) - Lecture : En Martinique, 86 % des sociétés et 58 % des entreprises individuelles créées en 2018, sont toujours actives cinq ans plus tard.
Année Ensemble des entreprises Martinique Sociétés Martinique Entreprises individuelles Martinique Ensemble des entreprises France métropolitaine Sociétés France métropolitaine Entreprises individuelles France métropolitaine
2018 100 100 100 100 100 100
2019 95 98 79 95 97 87
2020 92 97 74 88 90 79
2021 88 94 66 81 83 74
2022 86 93 61 74 75 68
2023 80 86 58 69 70 64
  • Lecture : En Martinique, 86 % des sociétés et 58 % des entreprises individuelles créées en 2018, sont toujours actives cinq ans plus tard.
  • Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2018, hors micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, enquête Sine 2018.

Figure 1 – Taux de pérennité des entreprises créées en 2018 par catégorie juridique

  • Lecture : En Martinique, 86 % des sociétés et 58 % des entreprises individuelles créées en 2018, sont toujours actives cinq ans plus tard.
  • Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2018, hors micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, enquête Sine 2018.

Les sociétés sont plus pérennes que les entreprises individuelles

Les sociétés représentent 80 % des créations d’entreprises en 2018, une proportion proche de celle observée dans l’Hexagone. Cinq ans après leur création, 86 % d’entre elles sont encore actives en Martinique, contre 58 % des entreprises individuelles. Notons qu’une entreprise qui cesse d’être active administrativement peut toutefois continuer d’exister sous une autre forme, parce qu’elle aura été rachetée ou absorbée par une autre ou encore parce que l’entreprise individuelle aura changé de catégorie pour devenir société. Néanmoins, en limitant la responsabilité des dirigeants, le statut de société en tant que est plus fréquemment associé à des projets mobilisant davantage de moyens financiers et de personnels, ce qui peut expliquer une pérennité relativement plus élevée. À l’inverse, outre leur faible capitalisation initiale les rendant plus fragiles financièrement, les entreprises individuelles martiniquaises évoluent plus fréquemment dans un secteur atomisé, composé d’une multitude de petites unités au sein duquel la concurrence peut être intense et conduire à une forte instabilité à long terme des unités. En effet, elles sont notamment surreprésentées dans le commerce, qui constitue l’activité principale d’une entreprise individuelle créées en 2018 sur trois [Figure complémentaire 1 ; données].

La pérennité à cinq ans des sociétés martiniquaises dépasse celle de Guadeloupe et de l’Hexagone, tandis qu’elle est moindre concernant les entreprises individuelles. L’écart de taux de pérennité entre catégories juridiques est par conséquent bien plus élevé en Martinique (+28 points) qu’en Guadeloupe (+17 points) ou dans l’Hexagone (+6 points). Ces différences s’expliquent notamment par une répartition sectorielle différente des créations d’entreprises.

Enfin, en Martinique, le taux de pérennité à cinq ans des sociétés reste stable entre les cohortes 2014 et 2018. En revanche, il s’améliore de 5 points pour les entreprises individuelles sur la même période. Ces comparaisons doivent cependant prendre en compte plusieurs évolutions statutaires qui ont bouleversé la structure par catégorie juridique des créations d’entreprises. En effet, les conditions d’accès au régime du ont été élargies au 1er janvier 2018 par l’augmentation des plafonds du chiffre d’affaires. Exclus de cette analyse, des entrepreneurs qui auraient probablement créé une entreprise individuelle en 2014 se sont tournés vers le statut de micro-entrepreneur en 2018 (encadré 1). En outre, des évolutions fiscales (impôt à taux unique, suppression progressive de l’impôt sur les sociétés) entre 2017 et 2018 ont pu rendre le statut des sociétés (notamment celui des sociétés par actions simplifiées SAS) plus attractif pour les créateurs, au détriment des entreprises individuelles. Ainsi, si le nombre de créations d’entreprises est resté stable entre 2014 et 2018 en Martinique, il a dans les faits, fortement diminué pour les entreprises individuelles (-50 %) et en revanche bondi pour les sociétés (+32 %). En France métropolitaine aussi, la structure des créations d’entreprises s’est modifiée sur la période.

Les entreprises du commerce sont les moins pérennes

En 2018, une entreprise martiniquaise sur cinq est créée dans le commerce. Il s’agit du secteur le plus dynamique en matière de créations d’entreprises, en particulier un tiers des créations d’entreprises individuelles y sont concentrées [Figure complémentaire 1 ; données]. En revanche, il présente le taux de pérennité le plus faible (figure 2). Ainsi, cinq ans après leur création, 86 % des sociétés et 47 % des entreprises individuelles opérant dans le secteur du commerce sont toujours actives [Figure complémentaire 2 ; données]. Les autres activités de services représentent 17 % des créations, devant la construction (14 %), les activités spécialisées, scientifiques et techniques (12 %) et l’hébergement-restauration (10 %).

Ce dernier secteur affiche une pérennité plus faible entre les cohortes 2014 et 2018. Les entreprises de la deuxième génération ont subi la crise sanitaire de la Covid-19 et ses conséquences économiques durant leurs premières années de vie, ce qui peut expliquer des cessations précoces plus nombreuses. L’ensemble des entreprises de l’hébergement-restauration ont en effet enregistré un recul moyen de 26 % de leur chiffre d’affaires annuel en 2020 [Clarenc, 2023 ; pour en savoir plus (4)].

Figure 2 – Taux de pérennité à 5 ans des entreprises martiniquaises selon les 5 premiers secteurs d’activité en 2018

(en %)
Taux de pérennité à 5 ans des entreprises martiniquaises selon les 5 premiers secteurs d’activité en 2018 ((en %)) - Lecture : En Martinique, 72 % des entreprises du secteur du commerce et réparation d’automobiles créées en 2018 sont toujours actives 5 ans plus tard. Elles étaient 63 % de la génération 2014.
Secteur d’activité 2018 2014
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 90 78
Construction 88 81
Activités de services 79 67
Hébergement et restauration 74 78
Commerce et réparation d'automobiles 72 63
  • Lecture : En Martinique, 72 % des entreprises du secteur du commerce et réparation d’automobiles créées en 2018 sont toujours actives 5 ans plus tard. Elles étaient 63 % de la génération 2014.
  • Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2014 et 2018 en Martinique, hors micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, enquêtes Sine 2014 et 2018.

Figure 2 – Taux de pérennité à 5 ans des entreprises martiniquaises selon les 5 premiers secteurs d’activité en 2018

  • Lecture : En Martinique, 72 % des entreprises du secteur du commerce et réparation d’automobiles créées en 2018 sont toujours actives 5 ans plus tard. Elles étaient 63 % de la génération 2014.
  • Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2014 et 2018 en Martinique, hors micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, enquêtes Sine 2014 et 2018.

L’effectif salarié progresse nettement, porté par une minorité de sociétés

Les entreprises martiniquaises créées au premier semestre 2018 employaient 420 salariés à leur début. Cinq ans plus tard, l’effectif salarié est multiplié par 2,7. Cette hausse intervient malgré la destruction d’une partie des emplois initiaux (7 %), du fait des cessations au cours de la période, et est portée par un nombre réduit d’entreprises.

Cette croissance reste néanmoins très concentrée. Après cinq ans, 28 % des entreprises martiniquaises ont augmenté leur effectif, tandis que 65 % l’ont maintenu et 7 % l’ont réduit [Figure complémentaire 3 ; données]. La pérennité ne va donc pas nécessairement de pair avec le développement de l’entreprise : la majorité conserve une taille proche de celle du démarrage, tandis qu’un peu plus d’un quart concentre l’essentiel des créations d’emplois.

Comme dans le reste de la France, les sociétés sont à l’origine de la quasi-totalité de la création d’emplois. Dès leur démarrage, elles concentrent 97 % des emplois créés. Cinq ans plus tard, près d’un quart des sociétés encore actives ont augmenté leur effectif, contre seulement une entreprise individuelle sur vingt. Cette différence tient notamment aux caractéristiques de l’entreprise individuelle, souvent organisée autour de l’activité du seul créateur et, par conséquent, moins tournée vers l’embauche.

L’activité de deux jeunes entreprises sur trois a diminué pendant la crise sanitaire

Deux ans après leur création, les entreprises nées en 2018 sont confrontées à la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19. Certaines ont pu ne pas y survivre. Parmi celles toujours actives en 2021, deux tiers déclarent avoir subi une diminution de leur activité au cours de cette période. En particulier, trois entreprises sur dix déplorent une réduction d’au moins la moitié de leur chiffre d’affaires et une sur dix la suspension totale de son activité (figure 3). En Hexagone, 6 % des entreprises ont dû arrêter complètement leur activité.

La principale difficulté rencontrée est d’ordre financier : sept entreprises ayant subi une perte d’activité sur dix ont dû y faire face ; plus d’un tiers d’entre elles ont également ressenti un manque de débouchés ou de commandes [Figure complémentaire 4 ; données]. Enfin, le contexte insulaire de la Martinique a amplifié les problèmes d’approvisionnement (24 % déclarent cette difficulté, 4 points de plus qu’en Hexagone). En effet, l’île est fortement dépendante de l’acheminement des marchandises depuis l’extérieur et les chaînes logistiques ont été perturbées durant la crise.

Inversement, 22 % des entreprises encore actives en 2021 déclarent que la crise sanitaire n’a pas affecté leur chiffre d’affaires et 11 % ont bénéficié d’une progression de leur activité. Près de la moitié des entreprises créées dans les secteurs de la construction sont dans cette situation : elles déclarent ne pas avoir été pénalisées par la crise. En revanche, les entreprises du commerce ont davantage subi cette période avec seulement 15 % d’entre elles ne déclarant aucun préjudice voire un effet positif.

Figure 3 – Effet de la crise sanitaire de la Covid-19 sur le chiffre d’affaires des entreprises créées en 2018

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Effet de la crise sanitaire de la Covid-19 sur le chiffre d’affaires des entreprises créées en 2018 ((en %)) - Lecture : En Martinique,10 % des entreprises créées en 2018 déclarent avoir complètement arrêter leur activité au cours de la crise sanitaire.
Effet de la crise sanitaire Martinique France métropolitaine
Activité complètement arrêtée 10 6
Perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 50 % 29 20
Perte de chiffre d'affaires inférieure à 50 % 28 29
Pas d'impact sur le chiffre d'affaires 22 33
Chiffre d'affaires augmenté 11 13
  • Lecture : En Martinique,10 % des entreprises créées en 2018 déclarent avoir complètement arrêter leur activité au cours de la crise sanitaire.
  • Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2018 et encore actives en 2021, hors micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, enquête Sine 2018 (interrogation 2021).

Figure 3 – Effet de la crise sanitaire de la Covid-19 sur le chiffre d’affaires des entreprises créées en 2018

  • Lecture : En Martinique,10 % des entreprises créées en 2018 déclarent avoir complètement arrêter leur activité au cours de la crise sanitaire.
  • Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2018 et encore actives en 2021, hors micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, enquête Sine 2018 (interrogation 2021).

La plupart des entreprises ayant résisté à la crise sanitaire sont encore actives en 2023

Face aux risques économiques et financiers de la crise sanitaire, plusieurs dispositifs publics de soutien aux entreprises ont été mis en place. Deux tiers des jeunes entreprises martiniquaises encore actives en 2021 déclarent avoir bénéficié d’au moins une mesure de soutien, une proportion comparable à celle observée dans l’Hexagone. Parmi les entreprises créées en 2018 ayant atteint leur 3e anniversaire, plus de neuf sur dix sont encore en activité en 2023, qu’elles aient ou non bénéficié d’au moins un dispositif de soutien.

Le recours aux aides est naturellement plus fréquent dans les secteurs d’activité davantage touchés par la crise, notamment dans l’hébergement-restauration, et le commerce, dans lesquels plus des trois quarts des jeunes entreprises en ont bénéficié. Les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les activités de services en ont au contraire relativement moins bénéficié (figure 4).

En Martinique, les dispositifs les plus mobilisés sont le fonds de solidarité pour les indépendants (27 %), l’allocation d’activité partielle (ou chômage partiel) (21 %) et le report des échéances sociales ou fiscales (19 %). Tandis que dans l’Hexagone, les aides les plus sollicitées ont été le report des échéances sociales ou fiscales (29 %), le fonds de solidarité (25 %) et le prêt garanti par l’État (PGE) (22 %). Enfin, les jeunes entreprises martiniquaises ont particulièrement bénéficié des aides accordées par une collectivité locale (9 % contre 3 % dans l’Hexagone).

Figure 4 – Part des entreprises créées en 2018 ayant déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État en lien avec la crise sanitaire

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Part des entreprises créées en 2018 ayant déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État en lien avec la crise sanitaire ((en %)) - Lecture : En Martinique, 78 % des entreprises créées en 2018 dans le secteur de l’hébergement et de la restauration ont déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État durant la crise sanitaire.
Secteur d’activité Martinique France métropolitaine
Hébergement et restauration 78 87
Commerce et réparation d'automobiles 77 81
Enseignement, santé humaine et action sociale 68 68
Construction 68 64
Industries 66 58
Ensemble 65 64
Transports et entreposage 59 82
Activités spécialisées, scientifiques et techniques 59 51
Activités de services 52 66
  • Lecture : En Martinique, 78 % des entreprises créées en 2018 dans le secteur de l’hébergement et de la restauration ont déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État durant la crise sanitaire.
  • Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles, créées au cours du premier semestre 2018 et encore actives en novembre 2021, hors micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, enquête Sine 2018 (interrogation 2021).

Figure 4 – Part des entreprises créées en 2018 ayant déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État en lien avec la crise sanitaire

  • Lecture : En Martinique, 78 % des entreprises créées en 2018 dans le secteur de l’hébergement et de la restauration ont déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État durant la crise sanitaire.
  • Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles, créées au cours du premier semestre 2018 et encore actives en novembre 2021, hors micro-entrepreneurs.
  • Source : Insee, enquête Sine 2018 (interrogation 2021).

Encadré 1 : En Martinique, 15 % des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 sont encore actifs cinq ans plus tard sous cette forme juridique

En Martinique, un peu plus de 600 micro-entrepreneurs se sont immatriculés au premier semestre 2018. Deux tiers des créateurs sont âgés de 30 à 54 ans et la moitié sont des femmes. Créer leur activité constitue une première expérience entrepreneuriale pour plus de trois quarts d’entre eux. Avant leur immatriculation, près de quatre sur dix étaient salariés et un tiers demandeurs d’emploi. Ils opèrent principalement dans les secteurs des services (20 %) et l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale (17 %) ainsi que dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (17 %).

Cinq ans après leur création, 85 % de ces unités ne sont plus administrativement actives : l’activité peut perdurer sous une autre forme juridique ou avoir été cessée. À l’inverse 15 % des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 continuent d’opérer en 2023, après avoir notamment traversé la crise économique liée à la pandémie de Covid-19.

Plus de la moitié des créateurs toujours actifs en 2021 déclare avoir subi une baisse de chiffres d’affaires supérieure à 50 % durant cette période. Environ six sur dix ont bénéficié d’un des dispositifs d’aide proposé. En particulier, trois quarts des micro-entrepreneurs ayant bénéficié de mesures de soutien l’ont mobilisé.

Avec une pérennité inférieure à l’Hexagone (28 %), la phase de démarrage reste une étape délicate pour les micro-entrepreneurs en Martinique : 82 % d’entre eux indiquent avoir éprouvé des difficultés pour concrétiser leurs projets.

Pour répondre à cette problématique, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la Martinique, en partenariat avec le Centre de gestion agrée (CGA) de Martinique, propose un dispositif d’accompagnement dédié aux micro-entrepreneurs. Associant ateliers collectifs, accompagnement personnalisé et outils pratiques, ce programme vise à professionnaliser la gestion de l’entreprise dès son lancement, à prévenir les difficultés de démarrage et à favoriser sa pérennité.

Encadré 2 : Une entreprise sur six est créée suite à une reprise ou une transmission

En Martinique, 14 % des créations d'entreprises en 2018 correspondent à des . Celles-ci offrent aux porteurs de projets une opportunité de créer leur activité en s'appuyant sur une structure existante, disposant d'une clientèle, et d'un savoir-faire. Cinq ans après leur reprise, trois quarts de ces entreprises sont toujours en activité.

L’accès à l’information, l'évaluation de l'entreprise à reprendre et le financement du projet constituent autant de freins identifiés à la reprise et à sa pérennité. Cependant, la poursuite d’une activité constitue un enjeu essentiel pour préserver les savoir-faire, les emplois et l’activité économique du territoire.

Ainsi un accompagnement adapté du repreneur et du cédant s’avère un levier de développement. Dans cette optique, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Martinique propose des dispositifs dédiés afin de faciliter la rencontre entre repreneurs et cédants. Ils permettent d'anticiper les étapes clés de la transmission, de sécuriser les projets de reprise et de favoriser la continuité des entreprises sur le territoire. Ces dispositifs s’articulent autour de réunions d’information, de diagnostics, d’un suivi personnalisé, d’outils pratiques et de mises en relation.

Publication rédigée par :Romain Deng-Gueret, Clémence Mocquet, Fernando Zavala (Insee)
Publication rédigée par :Romain Deng-Gueret, Clémence Mocquet, Fernando Zavala (Insee)

Sources

Le système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) est un dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises tous les quatre ans. Le champ de l’enquête Sine couvre l’ensemble des créations d’entreprises du premier semestre d’une année donnée, hors micro-entrepreneurs, dans l’ensemble des activités marchandes non agricoles. Certaines unités sont classées hors champ de l’enquête, en particulier les entreprises qui ont vécu moins d’un mois, les activités de holding, les loueurs de logements et les sociétés civiles immobilières. Les entreprises créées sous le régime du micro-entrepreneur font l’objet d’une enquête spécifique. Bien que l’échantillon de l’enquête compte 40 000 entreprises, les résultats pour la cohorte Sine 2018 sont obtenus à partir de seulement 24 000 d’entre elles, considérées réellement comme des entreprises individuelles ou sociétés, les 16 000 autres étant des micro-entrepreneurs repérés après l’enquête. Cette cohorte a été enquêtée successivement fin 2018, fin 2021 et fin 2023.

La nomenclature utilisée pour les enquêtes relatives à la génération 2018 est la NAF rév. 2 au niveau A21. Les intitulés des postes « Commerce, réparation d’automobiles et de motocycles », « Activités financières, d’assurance et immobilières » « Industries, production et distribution d’énergies, d’eau, gestion des déchets » ont été remplacés par « Commerce », « Activités financières » et « Industrie » plus explicites. Par ailleurs les postes « Activités de services administratifs et de soutien » et « Autres activités de services » ont été regroupés sous l’intitulé « activités de services » dans cette étude.

Définitions

Une création d’entreprise correspond à la mise en œuvre d’une nouvelle combinaison de facteurs de production avec pour restriction qu’aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement. Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales.

Les chiffres sur les créations d’entreprises sont issus du dispositif rénové de calcul des créations d’entreprises, en vigueur depuis janvier 2022. Il en résulte un relèvement, en niveau, de l’historique des créations d’entreprises.

Le taux de pérennité à N ans est, pour une année donnée (2018 ou 2014), le rapport entre le nombre d’entreprises créées au cours du premier semestre ayant atteint leur Ne anniversaire, et l’ensemble des entreprises créées au cours du premier semestre. Les entreprises sont considérées comme actives à une date donnée si, jusqu’à cette date, elles n’ont pas effectué de formalité de cessation d’activité enregistrée dans le répertoire Sirene ou détectée lors de la collecte de l’enquête Sine.

La catégorie juridique correspond au cadre légal dans lequel une entreprise est créée et exercée. Elle détermine notamment son mode de fonctionnement, son régime fiscal et social, ainsi que le niveau de responsabilité du dirigeant. Les principales formes sont l’entreprise individuelle, où l’entrepreneur exerce en son nom propre, et les sociétés (comme les SARL, SAS ou EURL), qui disposent d’une personnalité juridique distincte de celle de leur dirigeant.

Un micro-entrepreneur bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur jusqu’en 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions.

Le 1er janvier 2018, les plafonds de chiffre d’affaires permettant l’accès au régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social ont doublé. En 2018, année de création des entreprises de cette cohorte, le régime de micro-entrepreneur pouvait concerner des entreprises dont le chiffre d’affaires de l’année civile précédente ou de l’avant-dernière année n’excédait pas :

  • 170 000 euros pour une activité de vente de marchandises, d'objets, d'aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement ;
  • 70 000 euros pour une activité de services.

Ces seuils ont été revalorisés de 4 % au 1er janvier 2020 puis de 7 % au 1er janvier 2023.

Dans l’encadré 2, une reprise ou transmission correspond à une création d’entreprise ayant pour origine une donation, un rachat ou une prise de location gérance.

Pour en savoir plus

(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.

(2) Dorolle A., « En 2019, 61 % des entreprises classiques créées cinq ans plus tôt sont toujours actives », Insee Première no 1852, avril 2021.

(3) Baillot A., « Entreprises créées en 2018 : huit sur dix sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première no 1962, juillet 2023.

(4) Clarenc P., « En 2020, les entreprises martiniquaises sont résilientes à la crise sanitaire », Insee Analyses Martinique no 59, février 2023.

(5) Duc C., Souquet C., « L’impact de la crise sanitaire sur l’activité des sociétés », Insee Première no 1830, décembre 2020.