France, portrait socialÉdition 2018

France, portrait social s’adresse à tous ceux qui souhaitent mieux connaître la société française. Cet ouvrage transversal de la collection « Insee Références » propose d’abord un éclairage sur les personnes de 65 ans ou plus. Deux dossiers analysent ensuite de manière approfondie les effets des réformes sociales et fiscales sur le revenu des ménages et les inégalités. Enfin, une quarantaine de fiches synthétiques, présentant les données essentielles et des comparaisons européennes, complètent ce panorama social.

Insee Références
Paru le : Paru le 20/11/2018
Amélie Carrère et Claire-Lise Dubost
France, portrait social
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État de santé et dépendance des seniors

Amélie Carrère et Claire-Lise Dubost

La majorité des personnes âgées de 65 ans ou plus vivent jusqu’à un âge avancé à leur domicile. En 2015, moins de 2 % des 65-74 ans résident en institution, cette part augmentant avec l’âge pour atteindre 21 % parmi les 85 ans ou plus. Près des deux tiers des personnes résidant en institution sont ainsi âgées de 85 ans ou plus.

L’entrée en institution s’explique en grande partie par la perte d’autonomie et la dégradation de l’état de santé, ne permettant plus le maintien à domicile. Ainsi, en 2015, 14 % des personnes âgées de 65 ans ou plus résidant à domicile se sentent en mauvaise ou très mauvaise santé. C’est le cas de 35 % des personnes résidant en institution. À domicile, l’état de santé se dégrade nettement avec l’âge. En particulier, la déclaration de restrictions d’activité sévères concerne 9 % des personnes de 65-74 ans et 39 % des 85 ans ou plus. En institution, quelle que soit la tranche d’âge, la part de la population déclarant des restrictions d’activité sévères est plus élevée et atteint en moyenne 63 %.

Les femmes se disent plus souvent concernées par des maladies ou problèmes des os et articulations ou par une dépression, tandis que les hommes déclarent davantage de maladies cardiovasculaires et de diabète. Des limitations physiques sont également déclarées plus fréquemment par les femmes que par les hommes. Le bien-être psychologique est moindre pour les femmes, mais aussi pour les personnes ayant des relations sociales moins fréquentes et pour celles déclarant des limitations sévères.

Entre 2008 et 2015, la santé perçue des seniors résidant à domicile s’est améliorée, la part de la population déclarant un mauvais état de santé passant de 22 % à 14 % et la prévalence déclarée de restrictions d’activité sévères de 24 % à 17 %. Parallèlement, la fréquence des affections de longue durée (ALD) prises en charge par la Sécurité sociale a augmenté : 43 % des 65 ans ou plus vivant à domicile ont au moins une ALD en 2015 contre 36 % en 2008. Cela peut résulter en partie d’une évolution du dispositif administratif et des pratiques des professionnels de santé, ainsi que d’une amélioration de la prise en charge des maladies chroniques. Par ailleurs, 75 % des seniors vivant en institution sont en ALD en 2015.

Insee Références

Paru le : 20/11/2018