Insee Focus ·
Avril 2026 · n° 379
L’activité des fleuristes, jardineries et animaleries stagne depuis 2023, après avoir
été favorablement orientée pendant la crise sanitaire
En 2023, la vente au détail de fleurs, plantes, engrais, animaux de compagnie et aliments associés atteint 11,0 milliards d’euros, dont près de la moitié pour les produits de la jardinerie et l’autre pour ceux destinés aux animaux.
L’activité du secteur a été favorablement orientée pendant la crise sanitaire, qui s’est étendue du printemps 2020 à la mi‑2022 (hors épisodes de confinements), mais elle a souffert ensuite de la poussée inflationniste. Certes, le chiffre d’affaires s’établit encore aujourd’hui à un niveau bien supérieur à celui de la période pré‑covid du fait de l’augmentation des prix, mais le volume de vente, lui, est revenu à un niveau comparable depuis 2023. Soumis à une forte saisonnalité et à des besoins importants en fonds de roulement, le secteur présente un taux de marge faible, car les soins aux animaux et l’entretien des plantes nécessitent beaucoup de personnel.
Les grandes enseignes de jardinerie et d’animalerie relèvent de groupes aux activités diversifiées, au point pour certaines d’être classées dans d’autres secteurs d’activité, mais la majeure partie des entreprises du secteur sont des microentreprises et des petites et moyennes entreprises (PME) spécialisées.
- Une activité générant près de 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires
- Une majorité de microentreprises et de PME
- Une période plutôt faste pendant la crise sanitaire, stoppée ensuite par l’inflation
- Un pic d’activité au printemps
- Des frais de personnels plus élevés, liés aux soins aux animaux et à l’entretien des plantes
- Une rentabilité économique portée par les nombreuses microentreprises du secteur
- Encadré – Deux éclairages, en entreprises économiques et en unités légales
Une activité générant près de 11 milliards d’euros de chiffre d’affaires
Le commerce de détail de produits de jardinerie et d’animalerie (fleurs, plantes, engrais, animaux de compagnie et aliments associés) relève de la distribution spécialisée de produits issus des filières de l’agriculture (culture de plantes et élevage d’animaux), de l’industrie agroalimentaire (alimentation des animaux) et de la chimie (engrais et produits de protection des plantes). Les biens vendus ont une forte charge affective : les animaux de compagnie, les fleurs et les plantes ornementales sont vecteurs de bien‑être et de lien social.
En 2023, la vente au détail de fleurs, plantes, graines, engrais, animaux de compagnie et aliments pour animaux génère un chiffre d’affaires de près de 11,0 milliards d’euros (hors taxes) : 5,0 milliards pour les fleurs, plantes et engrais ; 5,5 milliards pour les animaux de compagnie et l’alimentation associée ; les 400 millions restants sont indifférenciés ou relèvent de commissions sur la vente à distance. Une grande diversité d’acteurs réalise les ventes de ces produits : d’une part, des établissements spécialisés dont c’est l’activité principale (fleuristes, jardineries et animaleries, à l’instar d’une enseigne comme Delbard) ; d’autre part, des points de vente plus généralistes, tels que les grandes surfaces alimentaires, les magasins de bricolage et les enseignes de décoration, qui ne sont donc pas classés dans ce secteur. Ainsi, les supermarchés et hypermarchés réalisent une part élevée des ventes relatives à l’alimentation des animaux de compagnie.
Une majorité de microentreprises et de PME
Près de 13 900 entreprises, au sens économique du terme (i.e. au sens de la loi de modernisation de l’économie), ont pour activité principale la vente au détail de fleurs, plantes, graines, engrais, animaux de compagnie et alimentation pour ces animaux (encadré). Ces entreprises réalisent un chiffre d’affaires proche de 5,3 milliards d’euros en 2023.
Le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries est très majoritairement composé de microentreprises (au nombre de 13 500) et de PME (au nombre de 350). Ces deux premières catégories génèrent 84 % de la valeur ajoutée dégagée (figure 1). En comparaison, dans l’ensemble du commerce de détail en magasin spécialisé, elles ne pèsent que pour 61 % de la valeur ajoutée. Au sein de cet ensemble, sur le champ des biens culturels et de loisirs, qui relève du bien‑être comme le secteur étudié, cette proportion n’est même que de 48 % (méthodes). Toutefois, des unités spécialisées, telles que Gamm Vert, Jardiland ou Truffaut, ne sont pas comptabilisées, car elles appartiennent à des entreprises dont l’activité principale relève d’un secteur différent, comme l’activité d’hypermarchés ou de commerce de gros.
tableauFigure 1 – Répartition de la valeur ajoutée selon la catégorie d’entreprise et le secteur en 2023
| Secteur d’activité | Microentreprises | Petites et moyennes entreprises (PME) | Entreprises de taille intermédiaire | Grandes entreprises |
|---|---|---|---|---|
| Commerces de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant, dont : | 30,9 | 30,2 | 17,9 | 21,0 |
| Fleuristes, jardineries et animaleries | 53,4 | 30,3 | 16,3 | 0,0 |
- Note : La catégorie des PME n’inclut pas les microentreprises.
- Lecture : En 2023, les microentreprises regroupent 53,4 % de la valeur ajoutée du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries.
- Champ : France, entreprises économiques ayant pour activité principale « commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant ».
- Source : Insee, Ésane 2023.
graphiqueFigure 1 – Répartition de la valeur ajoutée selon la catégorie d’entreprise et le secteur en 2023

- Note : La catégorie des PME n’inclut pas les microentreprises.
- Lecture : En 2023, les microentreprises regroupent 53,4 % de la valeur ajoutée du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries.
- Champ : France, entreprises économiques ayant pour activité principale « commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant ».
- Source : Insee, Ésane 2023.
Une autre approche, en unités légales, plus large, prend en compte ces dernières même si elles appartiennent à une entreprise dont l’activité principale est différente, en particulier les unités relevant d’enseignes citées précédemment, telles que Truffaut. Elle conduit à un décompte plus élevé de 14 500 unités spécialisées de fleuristes, jardineries et animaleries, pour un chiffre d’affaires total de 8,1 milliards d’euros.
Les deux approches, en entreprises économiques et en unités légales, apportent des éclairages complémentaires : dans cette étude, celle en entreprises économiques est utilisée pour apprécier la performance financière du secteur, celle en unités légales est retenue pour suivre le cycle de l’activité au fil du temps, y compris en infra‑annuel (encadré).
Une période plutôt faste pendant la crise sanitaire, stoppée ensuite par l’inflation
En croissance au début des années 2000, le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries, en unités légales, s’est ensuite stabilisé dans la décennie 2010. Comme d’autres activités relevant des loisirs ou du bien‑être, ce secteur a connu un regain d’activité durant la période de pandémie de Covid‑19, ces nouveaux comportements de consommation pouvant pour partie être liés à la hausse du temps passé à domicile. À l’image des commerces spécialisés dans les ventes de biens culturels et de loisirs, les fleuristes, jardineries et animaleries ont bénéficié, après les chutes de chiffres d’affaires induites par les deux premiers confinements (mars‑mai 2020 puis automne 2020) d’un effet de rattrapage de la consommation et d’un rebond de leur chiffre d’affaires. Ainsi le chiffre d’affaires a augmenté de près de 25 % entre début 2020 et l’été 2020 (figure 2). Mais au-delà de ces à‑coups infra‑annuels, les chiffres d’affaires ont progressé de 4,8 % en 2020 puis de 23,0 % en 2021, contre +1,6 % par an en moyenne sur la période 2014‑2019.
tableauFigure 2 – Indices CVS-CJO¹ de chiffre d’affaires et de volume de ventes de 2014 à 2025
| Mois et année | Indice de chiffre d’affaires | Indice de volume de ventes |
|---|---|---|
| Janv. 2014 | 75 | 82 |
| Févr. 2014 | 75 | 82 |
| Mars 2014 | 77 | 85 |
| Avr. 2014 | 75 | 83 |
| Mai 2014 | 73 | 80 |
| Juin 2014 | 74 | 82 |
| Juil. 2014 | 74 | 82 |
| Août 2014 | 74 | 81 |
| Sept. 2014 | 76 | 84 |
| Oct. 2014 | 72 | 79 |
| Nov. 2014 | 73 | 80 |
| Déc. 2014 | 74 | 81 |
| Janv. 2015 | 70 | 77 |
| Févr. 2015 | 69 | 76 |
| Mars 2015 | 70 | 77 |
| Avr. 2015 | 72 | 78 |
| Mai 2015 | 73 | 81 |
| Juin 2015 | 71 | 78 |
| Juil. 2015 | 70 | 75 |
| Août 2015 | 73 | 80 |
| Sept. 2015 | 74 | 81 |
| Oct. 2015 | 72 | 80 |
| Nov. 2015 | 73 | 81 |
| Déc. 2015 | 75 | 81 |
| Janv. 2016 | 74 | 82 |
| Févr. 2016 | 73 | 81 |
| Mars 2016 | 71 | 77 |
| Avr. 2016 | 69 | 74 |
| Mai 2016 | 75 | 82 |
| Juin 2016 | 74 | 80 |
| Juil. 2016 | 77 | 83 |
| Août 2016 | 77 | 82 |
| Sept. 2016 | 75 | 80 |
| Oct. 2016 | 76 | 81 |
| Nov. 2016 | 76 | 81 |
| Déc. 2016 | 75 | 80 |
| Janv. 2017 | 73 | 78 |
| Févr. 2017 | 78 | 83 |
| Mars 2017 | 82 | 88 |
| Avr. 2017 | 76 | 82 |
| Mai 2017 | 72 | 77 |
| Juin 2017 | 76 | 80 |
| Juil. 2017 | 75 | 80 |
| Août 2017 | 77 | 81 |
| Sept. 2017 | 77 | 81 |
| Oct. 2017 | 78 | 81 |
| Nov. 2017 | 79 | 82 |
| Déc. 2017 | 78 | 81 |
| Janv. 2018 | 79 | 81 |
| Févr. 2018 | 73 | 76 |
| Mars 2018 | 69 | 73 |
| Avr. 2018 | 81 | 87 |
| Mai 2018 | 80 | 85 |
| Juin 2018 | 81 | 84 |
| Juil. 2018 | 78 | 81 |
| Août 2018 | 79 | 82 |
| Sept. 2018 | 79 | 82 |
| Oct. 2018 | 80 | 82 |
| Nov. 2018 | 77 | 80 |
| Déc. 2018 | 80 | 82 |
| Janv. 2019 | 79 | 81 |
| Févr. 2019 | 84 | 86 |
| Mars 2019 | 82 | 85 |
| Avr. 2019 | 76 | 81 |
| Mai 2019 | 79 | 83 |
| Juin 2019 | 82 | 84 |
| Juil. 2019 | 83 | 86 |
| Août 2019 | 82 | 85 |
| Sept. 2019 | 83 | 86 |
| Oct. 2019 | 82 | 85 |
| Nov. 2019 | 84 | 86 |
| Déc. 2019 | 84 | 86 |
| Janv. 2020 | 86 | 88 |
| Févr. 2020 | 83 | 86 |
| Mars 2020 | 50 | 52 |
| Avr. 2020 | 61 | 66 |
| Mai 2020 | 88 | 89 |
| Juin 2020 | 112 | 113 |
| Juil. 2020 | 98 | 99 |
| Août 2020 | 91 | 93 |
| Sept. 2020 | 91 | 93 |
| Oct. 2020 | 96 | 97 |
| Nov. 2020 | 75 | 76 |
| Déc. 2020 | 97 | 98 |
| Janv. 2021 | 96 | 98 |
| Févr. 2021 | 100 | 101 |
| Mars 2021 | 106 | 107 |
| Avr. 2021 | 106 | 109 |
| Mai 2021 | 106 | 105 |
| Juin 2021 | 99 | 98 |
| Juil. 2021 | 99 | 100 |
| Août 2021 | 100 | 100 |
| Sept. 2021 | 97 | 96 |
| Oct. 2021 | 97 | 96 |
| Nov. 2021 | 98 | 97 |
| Déc. 2021 | 97 | 95 |
| Janv. 2022 | 95 | 94 |
| Févr. 2022 | 97 | 94 |
| Mars 2022 | 96 | 94 |
| Avr. 2022 | 93 | 91 |
| Mai 2022 | 97 | 93 |
| Juin 2022 | 97 | 92 |
| Juil. 2022 | 98 | 93 |
| Août 2022 | 98 | 93 |
| Sept. 2022 | 103 | 96 |
| Oct. 2022 | 103 | 94 |
| Nov. 2022 | 101 | 91 |
| Déc. 2022 | 101 | 91 |
| Janv. 2023 | 100 | 88 |
| Févr. 2023 | 100 | 88 |
| Mars 2023 | 97 | 85 |
| Avr. 2023 | 98 | 86 |
| Mai 2023 | 98 | 84 |
| Juin 2023 | 116 | 99 |
| Juil. 2023 | 101 | 86 |
| Août 2023 | 101 | 86 |
| Sept. 2023 | 102 | 86 |
| Oct. 2023 | 100 | 85 |
| Nov. 2023 | 99 | 84 |
| Déc. 2023 | 101 | 85 |
| Janv. 2024 | 105 | 87 |
| Févr. 2024 | 107 | 89 |
| Mars 2024 | 102 | 86 |
| Avr. 2024 | 95 | 80 |
| Mai 2024 | 100 | 85 |
| Juin 2024 | 107 | 88 |
| Juil. 2024 | 105 | 87 |
| Août 2024 | 105 | 87 |
| Sept. 2024 | 102 | 85 |
| Oct. 2024 | 100 | 84 |
| Nov. 2024 | 104 | 86 |
| Déc. 2024 | 101 | 84 |
| Janv. 2025 | 104 | 85 |
| Févr. 2025 | 104 | 86 |
| Mars 2025 | 101 | 85 |
| Avr. 2025 | 103 | 86 |
| Mai 2025 | 103 | 86 |
| Juin 2025 | 100 | 83 |
| Juil. 2025 | 101 | 85 |
| Août 2025 | 102 | 85 |
| Sept. 2025 | 104 | 87 |
| Oct. 2025 | 106 | 88 |
- 1. La correction des variations saisonnières et des effets de jours ouvrables (CVS-CJO) est un traitement statistique qui vise à éliminer les composantes cycliques (saisonnalité, nombre de jours ouvrables).
- Lecture : L’indice de chiffre d’affaires est passé de 86 en janvier 2020 à 50 en mars 2020, avant de rebondir à 112 en juin 2020.
- Champ : France, unités légales ayant pour activité principale « fleuristes, jardineries, animaleries ».
- Source : Insee, Indices de chiffre d’affaires et indices de volumes de ventes 2014 à 2025.
graphiqueFigure 2 – Indices CVS-CJO¹ de chiffre d’affaires et de volume de ventes de 2014 à 2025

- 1. La correction des variations saisonnières et des effets de jours ouvrables (CVS-CJO) est un traitement statistique qui vise à éliminer les composantes cycliques (saisonnalité, nombre de jours ouvrables).
- Lecture : L’indice de chiffre d’affaires est passé de 86 en janvier 2020 à 50 en mars 2020, avant de rebondir à 112 en juin 2020.
- Champ : France, unités légales ayant pour activité principale « fleuristes, jardineries, animaleries ».
- Source : Insee, Indices de chiffre d’affaires et indices de volumes de ventes 2014 à 2025.
Cependant, la hausse des cours des matières premières a touché les unités légales de fleuristes, jardineries et animaleries dès le début de 2022. Le chiffre d’affaires s’est alors maintenu, mais les volumes de vente ont diminué : la valeur moyenne du panier d’achat s’est ainsi stabilisée, avec une diminution des quantités achetées face à la hausse des prix unitaires. À titre de comparaison, les chiffres d’affaires dans les commerces de loisirs ont, quant à eux, continué à augmenter après la pandémie et les volumes se sont stabilisés.
Un pic d’activité au printemps
La saison du printemps concentre le pic d’activité et de création de richesse des fleuristes, jardineries et animaleries, en particulier le mois de mai, très porteur pour les ventes de fleurs du fait de la fête des mères (figure 3). Cette saisonnalité contraint les commerces à certains usages pour leur rentabilité économique : ici mesuré en fin d‘année, le besoin en fonds de roulement des unités légales dans le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries est l’un des plus élevés au sein du commerce de détail. Leur fonctionnement au quotidien nécessite à cette période l’équivalent de 34 jours de chiffre d’affaires, contre 31 jours pour le commerce de détail de biens culturels et de loisirs en magasin spécialisé et 30 jours pour l’ensemble du commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant.
tableauFigure 3 – Différence médiane mensuelle entre le chiffre d’affaires et l’indice CVS-CJO¹ associé entre 1999 et 2025
| Mois | Médiane mensuelle entre 1999 et 2025 de l’écart d’indice entre la série brute et la série désaisonnalisée |
|---|---|
| Janvier | -23,5 |
| Février | -13,0 |
| Mars | 12,5 |
| Avril | 28,5 |
| Mai | 41,0 |
| Juin | 5,0 |
| Juillet | -13,0 |
| Août | -13,5 |
| Septembre | -12,0 |
| Octobre | -4,0 |
| Novembre | -11,5 |
| Décembre | 4,0 |
- 1. La correction des variations saisonnières et des effets de jours ouvrables (CVS-CJO) est un traitement statistique qui vise à éliminer les composantes cycliques (saisonnalité, nombre de jours ouvrables).
- Lecture : Entre 1999 et 2025, l’écart médian en pourcentage entre la série du chiffre d’affaires du mois de mai avant et après la désaisonnalisation est de 41,0 %.
- Champ : France, unités légales ayant pour activité principale « fleuriste, jardinerie et animalerie ».
- Source : Insee, Indices de chiffre d’affaires 2014 à 2025.
graphiqueFigure 3 – Différence médiane mensuelle entre le chiffre d’affaires et l’indice CVS-CJO¹ associé entre 1999 et 2025

- 1. La correction des variations saisonnières et des effets de jours ouvrables (CVS-CJO) est un traitement statistique qui vise à éliminer les composantes cycliques (saisonnalité, nombre de jours ouvrables).
- Lecture : Entre 1999 et 2025, l’écart médian en pourcentage entre la série du chiffre d’affaires du mois de mai avant et après la désaisonnalisation est de 41,0 %.
- Champ : France, unités légales ayant pour activité principale « fleuriste, jardinerie et animalerie ».
- Source : Insee, Indices de chiffre d’affaires 2014 à 2025.
Des frais de personnels plus élevés, liés aux soins aux animaux et à l’entretien des plantes
Dans une approche en entreprises économiques, le taux de valeur ajoutée des entreprises du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries s’établit 2 à 3 points au-dessus de ceux des commerces de détail de biens culturels et de loisirs et des commerces de détail non alimentaire et hors carburant (figure 4). Cela traduit de plus grands écarts entre prix de vente et prix d’achat pour les fleuristes, jardineries et animaleries, générés par les améliorations réalisées sur les produits dans le processus de commercialisation : soins aux animaux, entretien des plantes, ou confection de bouquets. Ces améliorations ont un coût : la part des frais de personnels est plus élevée pour les fleuristes, jardineries et animaleries. Elle pèse sur le taux de marge, le plus faible parmi les secteurs du commerce de détail (19 %).
tableauFigure 4 – Principaux ratios d'activité économique par secteur en 2023
| Secteur d’activité | Taux de valeur ajoutée | Taux de marge commerciale | Part des frais de personnel | Taux de marge |
|---|---|---|---|---|
| Commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant, dont : | 24,1 | 38,2 | 75,2 | 24,8 |
| Fleuristes, jardineries et animaleries | 26,5 | 44,8 | 81,3 | 18,7 |
| Commerce de détail de biens culturels et de loisirs en magasin spécialisé | 24,2 | 34,9 | 76,4 | 23,6 |
- Lecture : Le taux de marge commerciale pour les entreprises du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries est de 44,8 %.
- Champ : France, entreprises économiques ayant pour activité principale « commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant ».
- Source : Insee, Ésane 2023.
graphiqueFigure 4 – Principaux ratios d'activité économique par secteur en 2023

- Lecture : Le taux de marge commerciale pour les entreprises du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries est de 44,8 %.
- Champ : France, entreprises économiques ayant pour activité principale « commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant ».
- Source : Insee, Ésane 2023.
Le taux de marge commerciale est au contraire plus élevé parmi les fleuristes, jardineries et animaleries que pour le commerce de détail de biens culturels et de loisirs en magasins spécialisés. Cela renvoie là encore au fait que l’écart relatif entre prix de vente et prix d’achat y est de fait plus élevé que dans d’autres secteurs du commerce de détail. Cela renvoie également au fait que la concurrence par les ventes en ligne s’avère moins forte, ce qui permet de conserver des marges plus élevées que dans d’autres secteurs.
Une rentabilité économique portée par les nombreuses microentreprises du secteur
La rentabilité économique dans le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries est comparable à celle de l’ensemble des commerces de détail en magasin spécialisé (respectivement 9,4 % et 9,6 %) (figure 5). En revanche, elle est supérieure à celle du commerce de détail de biens culturels et de loisirs (8,2 %). La composition du tissu d’entreprises explique l’essentiel de cette différence : la place prise par les microentreprises est bien plus importante dans le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries (un peu plus de la moitié de la valeur ajoutée) que dans celui des biens culturels et de loisirs (un peu plus du quart). Or, parmi les différentes catégories d’entreprises, les microentreprises de ces deux secteurs affichent la rentabilité la plus soutenue (respectivement 15,5 % et 12,3 %), car le bénéfice d’exploitation d’une microentreprise vient rémunérer non seulement le capital investi mais aussi le travail fourni par le microentrepreneur.
tableauFigure 5a – Rentabilité économique selon la taille de l’entreprise et le secteur en 2023
| Secteur d’activité | Microentreprises | Petites et moyennes entreprises (PME) | Entreprises de taille intermédiaire | Grandes entreprises | Ensemble |
|---|---|---|---|---|---|
| Commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant, dont : | 10,8 | 10,2 | 6,5 | 10,4 | 9,6 |
| Fleuristes, jardineries et animaleries | 15,5 | 6,6 | 4,0 | /// | 9,4 |
- /// : absence de données due à la nature des choses.
- Notes : La catégorie des PME n’inclut pas les microentreprises. Il n’y a pas de grandes entreprises parmi les fleuristes, jardineries et animaleries.
- Lecture : En 2023, la rentabilité économique des PME du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries est de 6,6 %.
- Champ : France, entreprises économiques ayant pour activité principale « commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant ».
- Source : Insee, Ésane 2023.
graphiqueFigure 5a – Rentabilité économique selon la taille de l’entreprise et le secteur en 2023

- Notes : La catégorie des PME n’inclut pas les microentreprises. Il n’y a pas de grandes entreprises parmi les fleuristes, jardineries et animaleries.
- Lecture : En 2023, la rentabilité économique des PME du secteur des fleuristes, jardineries et animaleries est de 6,6 %.
- Champ : France, entreprises économiques ayant pour activité principale « commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant ».
- Source : Insee, Ésane 2023.
Les entreprises des fleuristes, jardineries et animaleries, comme les commerces de détail de biens culturels et de loisirs, ont un taux d’investissement plus élevé que les autres secteurs du commerce de détail hors alimentaire et carburant (dont les équipements de l’information et la communication et autres équipements du foyer). Outre l’acquisition des équipements spécifiques nécessaires à leur activité (serres, engins, etc.), les acteurs du secteur investissent aussi pour maîtriser l’alimentation en eau et en énergie, d’autant plus en périodes de sécheresse et d’inflation des coûts de l’énergie.
Encadré – Deux éclairages, en entreprises économiques et en unités légales
La notion d’entreprise économique est définie selon le décret no 2008‑1354 pris en application de la loi de modernisation de l’économie, comme la plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision. Elle permet de faire abstraction de l’organisation juridique et légale des unités en prenant en compte la notion de groupe de sociétés, dont l’organisation traduit une logique plus économique, pour produire des statistiques.
Les deux approches, en entreprises économiques et en unités légales, apportent des éclairages complémentaires sur la structuration du secteur. L’approche en entreprises économiques est utilisée pour apprécier la performance économique et les indicateurs financiers de manière plus pertinente qu’au niveau des unités légales, en regroupant ces dernières lorsque la logique économique le suggère. L’approche en unités légales permet de rendre compte de l’activité de structures spécialisées qui appartiennent à des groupes dont l’activité principale relève d’un secteur différent. Elle apporte un champ économique plus large, utilisé pour suivre le cycle de l’activité. Une troisième vision, en établissements, permet de localiser sur le territoire national les effectifs et les moyens de production. Une unité légale peut compter un ou plusieurs établissements.
Ainsi, les entreprises économiques ayant pour activité principale la vente au détail de fleurs, de plantes, graines, engrais, animaux de compagnie et alimentation pour ces animaux, réalisent un chiffre d’affaires proche de 4,6 milliards d’euros en 2023 sur ces ventes, auxquels s’ajoutent 0,7 milliard sur d’autres produits que ceux des plantes et des animaux (pots, outils de jardinage, etc.). Les unités légales spécialisées dans ce domaine contribuent quant à elle à un chiffre d’affaires total de 6,1 milliards d’euros sur leur cœur d’activités, auxquels s’ajoutent 2,0 milliards issus de la vente d’autres produits.
Par ailleurs, pour cerner une activité, une approche complémentaire est possible, par produit. Cette approche comptabilise le chiffre d’affaires généré par la vente de l’ensemble des produits au sein d’une activité, indépendamment de l’activité principale de l’unité légale et de l’entreprise auxquelles le lieu de vente appartient. Ainsi, les ventes de produits de jardinerie et d’animalerie génèrent un chiffre d’affaires de 11,0 milliards d’euros en 2023.
Les décomptes des approches par entreprise et par unité légale ont en commun 13 500 unités indépendantes, mais aussi environ 600 unités légales spécialisées dans le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries regroupées au sein de 350 entreprises du même secteur (figure). Les unités indépendantes sont souvent de petite taille et représentent au total 18 100 salariés (6 300 d’entre elles n’en comptent aucun), alors que celles regroupées au sein d’une entreprise comptant plusieurs unités légales en comptent 9 200. Par ailleurs, près de 300 unités légales spécialisées dans ce secteur, employant 14 700 salariés, appartiennent à une entreprise relevant majoritairement d’un autre secteur, telles que des enseignes comme Gamm Vert, Jardiland ou Truffaut. Enfin, les entreprises spécialisées dans le secteur des fleuristes, jardineries et animaleries comprennent un peu plus de 400 unités légales hors du secteur, par exemple les sièges sociaux et holdings. Elles représentent environ 800 emplois.
tableauFigure – Dénombrement des unités légales (UL) et effectifs salariés selon le secteur d’activité de l'entreprise propriétaire en 2023
| Type d’UL | Nombre d’UL | Effectifs salariés au 31/12 |
|---|---|---|
| UL indépendantes du secteur | 13 509 | 18 108 |
| UL du secteur détenue par une entreprise du secteur | 645 | 9 195 |
| UL du secteur détenue par une entreprise d’un autre secteur | 297 | 14 690 |
| UL d’un autre secteur détenue par une entreprise du secteur | 433 | 828 |
- Lecture : 297 unités légales ont pour secteur d’activité la vente au détail de fleurs, plantes, engrais, animaux de compagnie et aliments associés, tout en appartenant à une entreprise dont l’activité principale est celle d’un autre secteur. Ces unités légales totalisent 14 690 emplois.
- Champ : France, unités légales et entreprises économiques ayant pour activité principale « fleuristes, jardineries, animaleries ».
- Source : Insee, Ésane 2023.
Sources
Le dispositif Ésane permet de produire des statistiques structurelles d’entreprises, c’est-à-dire une photographie annuelle de la population des entreprises appartenant au système productif et de leurs principales caractéristiques. Ces statistiques répondent à des besoins nombreux, divers et variés émanant des autorités politiques et administratives françaises, de la Commission européenne (Eurostat), des statisticiens français et en particulier des comptables nationaux, des professionnels et partenaires sociaux du monde de l’entreprise, des médias ou enfin du grand public. Ces statistiques sont produites en mobilisant au maximum des données administratives complétées par des enquêtes statistiques ad hoc.
Méthodes
Le champ de cette étude est déterminé par l’appartenance des unités légales au secteur marchand et dont l’activité principale exercée correspond au « Commerce de détail de fleurs, plantes, graines, engrais, animaux de compagnie et aliments pour ces animaux en magasin spécialisé » (sous-classe 47.76Z de la NAF).
Les résultats sont comparés à deux groupes. Le premier est constitué des unités statistiques dont l’activité principale exercée relève d’une catégorie plus large, le « Commerce de détail en magasin spécialisé non alimentaire et hors carburant » qui comprend l’équipement dans le domaine de l’information et la communication et les autres équipements du foyer, biens culturels et loisirs (groupes 47.4 à 47.7). Le second regroupe les unités légales du « Commerce de détail de biens culturels et de loisirs en magasin spécialisé » (groupe 47.6 de la NAF) dont l’activité revêt une certaine proximité avec le secteur étudié puisqu’elle relève également des loisirs et du bien‑être.
Définitions
L’entreprise est la plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes.
La valeur ajoutée correspond à la production globale de l’entreprise (chiffre d’affaires, production stockée et immobilisée) et aux autres produits auxquels on retranche les achats (achats de marchandises, de matières premières et autres achats et charges externes, les variations de stocks des marchandises et de matières premières) et les autres charges d’exploitation.
L’unité légale est une entité juridique de droit public ou privé.
Le besoin en fonds de roulement représente le montant qu’une entreprise doit financer afin de couvrir les décalages de flux de trésorerie entre les dépenses et les recettes liées à son activité. Il comptabilise le montant des stocks augmenté de l’encours des créances clients et diminué de l’encours des dettes fournisseurs. Il est souvent exprimé en jours de chiffres d’affaires pour faciliter les comparaisons sectorielles.
Le taux de valeur ajoutée est le rapport de la valeur ajoutée au chiffre d’affaires.
Le taux de marge est le rapport de l’excédent brut d’exploitation (EBE) à la valeur ajoutée. L’EBE est le solde du compte d’exploitation, pour les unités de production. Il est égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des autres impôts sur la production et augmentée des subventions d’exploitation.
Le taux de marge commerciale est le rapport entre la marge commerciale et la vente de marchandises. Pour un exercice comptable donné, la marge commerciale réalisée par une unité statistique (entreprise, unité légale) est définie comme la différence entre le montant hors taxes des ventes de marchandises et le coût d’achat hors taxes des marchandises vendues.
La rentabilité économique mesure la rentabilité d’exploitation (activité) de l’entreprise indépendamment de son mode de financement. Elle se mesure en rapportant l’excédent brut d’exploitation à la somme des immobilisations brutes corporelles et incorporelles et du besoin en fonds de roulement. La somme au dénominateur est appelée « actif économique » ou « capital économique » : elle représente en effet les moyens engagés par l’entreprise dans les cycles d’exploitation et d’investissement, autrement dit ce dont l’entreprise a besoin pour fonctionner.
Le taux d’investissement est le rapport des investissements corporels bruts hors apport à la valeur ajoutée. Les investissements corporels bruts hors apports correspondent à la somme des dépenses consacrées par les entreprises à l’acquisition ou à la création de moyens de production : bâtiments, terrains, ouvrages existants, matériels et outillage, matériel de transport, construction et génie civil. C’est le flux qui alimente le stock des immobilisations. Il comprend les immobilisations en cours, mais exclut les immobilisations incorporelles et financières et les équipements financés par crédit‑bail.
Un groupe de sociétés est une entité économique formée par une société contrôlante et l’ensemble des sociétés qu’elle contrôle.
Pour en savoir plus
Brousse C., Bodier M., « L’attachement aux animaux de compagnie revisité », in Économie et statistiques / Economics and statistics no 543, septembre 2024.
FranceAgriMer, « Ouvrir dans un nouvel ongletLes achats des français en végétaux en 2022 : quels enseignements et opportunités dans le contexte d’inflation ? », coll. Les études, mai 2023.
Demoly E., Schweitzer C., « En 2017, 20 % des ménages ont consommé des produits alimentaires de leur propre production ou de celle d’un autre ménage », Insee Focus no 236, mai 2021.
Blandin A., « Fleuristes, jardineries, animaleries : des commerces dynamiques », Insee Focus no 98, novembre 2017.