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Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes · Mars 2025 · n° 193
Insee Analyses Auvergne-Rhône-AlpesEn 2050, des actifs plus nombreux et plus âgés Projections d’actifs à l’horizon 2050 en Auvergne-Rhône-Alpes

Megan Courthial, Charles-Julien Giraud, Christophe Privas (Insee)

En 2018, la population d’Auvergne-Rhône-Alpes compte 3,8 millions d’actifs, soit 57 % de la population de 14 ans ou plus. Parmi eux, 89 % sont en emploi, un taux supérieur à la moyenne nationale. En dix ans, le nombre d’actifs a augmenté de 0,7 % par an en moyenne, grâce aux migrations résidentielles et à l’accroissement démographique naturel. La part des seniors est passée de 11 % à 16 %.

Le nombre d’actifs progresserait jusqu’au début des années 2040, atteignant un pic légèrement supérieur à 4 millions. Puis il baisserait lentement. En 2050, les actifs seraient ainsi 260 000 de plus qu’en 2018, soit une croissance annuelle moyenne de +0,2 %, en net ralentissement.

Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes
No 193
Paru le :Paru le06/03/2025

Cette étude fait partie d'une série de publications sur les projections à l'horizon 2050.

Insee - En 2050, des actifs plus nombreux et plus âgés, projections d’actifs.
Publication rédigée par :Megan Courthial, Charles-Julien Giraud, Christophe Privas (Insee)

Deux réformes récentes allongeant la durée de la vie active

Le fonctionnement économique d’un territoire repose en partie sur l’équilibre du marché du travail. Les caractéristiques de la , composée des actifs en emploi et de personnes qui en recherchent un, sont des éléments clefs pour la compréhension des dynamiques passées et à venir. Les évolutions du nombre d’actifs se décomposent en trois effets : l’, l’, et l’. Dans un contexte général de vieillissement de la population, bien engagé, mais toutefois moins prononcé pour Auvergne-Rhône-Alpes, l’estimation de l’évolution de la population active est un enjeu pour les pouvoirs publics en charge de la gestion sociale aussi de la région.

Différentes réformes ont augmenté la durée de la vie active, deux d’entre elles étant très récentes. D’une part, l’entrée en vigueur du report de l’âge légal de liquidation des droits à la retraite en 2023 ; d’autre part, la promotion de l’apprentissage, qui a favorisé les contrats d’alternance, plaçant ainsi les jeunes concernés plus rapidement sur le marché du travail. Les projections de population active (pour comprendre) réalisées par l’Insee proposent plusieurs scénarios ; celui retenu dans cette étude intègre ces deux réformes. Une projection n’est pas une prévision car elle part d’une situation observée et prolonge les tendances récentes à paramètres constants. Contrairement à une prévision, elle n’intègre pas l’effet d’éventuels changements externes, notamment politiques, qui pourraient survenir. Elle vise à décrire quelle serait la situation si aucun facteur exogène ne la perturbe. Enfin, en aucun cas, cette projection de population active ne peut être interprétée comme une projection d’emplois, en l’absence d’hypothèse sur la répartition de la population active entre actifs occupés et chômeurs, très dépendante de la conjoncture économique.

Une région active à l’emploi fort

En 2018, année de départ des projections, Auvergne-Rhône-Alpes compte 3 789 000 personnes actives, soit un de 57,1 % de la population de 14 ans ou plus (contre 56,2 % en France métropolitaine). Elle se situe au deuxième rang des régions de France métropolitaine derrière l’Île-de-France en termes de volume comme en termes de taux.

Les actifs y sont plus souvent en emploi qu’à l’échelle métropolitaine (88,6 % contre 87,1 %), deuxième région ex æquo avec la Bretagne, après les Pays de la Loire. Le taux d’activité des femmes en Auvergne-Rhône-Alpes est aussi au deuxième rang métropolitain, mais demeure encore nettement en deçà de celui des hommes (‑7,8 points). La différence est moindre pour le (‑1,4 point).

Entre 2008 et 2018, le nombre d’actifs a crû de 261 000 personnes, soit +0,7 % par an, un rythme presque double par rapport à la France métropolitaine (+0,4 %). Troisième plus forte hausse parmi les régions, c’est toutefois un ralentissement par rapport à la décennie précédente (+1,2 % par an). Cette progression est portée en premier lieu par les migrations résidentielles, car davantage de personnes arrivent dans la région que de personnes n’en partent, contribuant à une variation annuelle moyenne de +0,4 % (figure 1). Ces mouvements de population concernent principalement les 25‑54 ans.

Figure 1Taux d’évolution de la population active des régions entre 2008 et 2018, et contribution des trois effets

(en %)
Taux d’évolution de la population active des régions entre 2008 et 2018, et contribution des trois effets ((en %)) - Lecture : En Auvergne-Rhône-Alpes, le losange indique que la population active a augmenté en moyenne de +0,7 % par an entre 2008 et 2018. Cette hausse est la combinaison des contributions démographique (barre rouge, +0,3 %), migratoire (barre grise, +0,4 %), et du taux d’activité (barre bleue, -0,0 %), négligeable dans la région.
Effet démographique Effet du taux d'activité Effet migratoire Taux de croissance annuel moyen
Corse -0,1 0,3 1,2 1,4
Occitanie 0,1 0,0 0,8 0,9
Auvergne-Rhône-Alpes 0,3 0,0 0,4 0,7
Pays de la Loire 0,4 -0,1 0,5 0,7
Nouvelle-Aquitaine -0,1 0,0 0,6 0,5
Bretagne 0,1 -0,2 0,6 0,5
France Métropolitaine 0,3 -0,1 0,2 0,4
Provence-Alpes-Côte d'Azur 0,1 0,0 0,3 0,4
Île-de-France 0,7 -0,1 -0,2 0,4
Hauts-de-France 0,4 0,0 -0,2 0,2
Centre-Val de Loire 0,1 -0,2 0,1 0,0
Normandie 0,2 -0,2 0,0 0,0
Grand Est 0,2 -0,2 -0,1 0,0
Bourgogne-Franche-Comté 0,1 -0,2 0,0 -0,1
  • Lecture : En Auvergne-Rhône-Alpes, le losange indique que la population active a augmenté en moyenne de +0,7 % par an entre 2008 et 2018. Cette hausse est la combinaison des contributions démographique (barre rouge, +0,3 %), migratoire (barre grise, +0,4 %), et du taux d’activité (barre bleue, -0,0 %), négligeable dans la région.
  • Champ : Population active de 14 ans ou plus en France métropolitaine.
  • Source : Insee, Recensement de la population.

Figure 1Taux d’évolution de la population active des régions entre 2008 et 2018, et contribution des trois effets

  • Lecture : En Auvergne-Rhône-Alpes, le losange indique que la population active a augmenté en moyenne de +0,7 % par an entre 2008 et 2018. Cette hausse est la combinaison des contributions démographique (barre rouge, +0,3 %), migratoire (barre grise, +0,4 %), et du taux d’activité (barre bleue, -0,0 %), négligeable dans la région.
  • Champ : Population active de 14 ans ou plus en France métropolitaine.
  • Source : Insee, Recensement de la population.

La hausse de la population active provient en deuxième lieu de l’effet démographique, c’est-à-dire l’augmentation naturelle de la population d’âge actif, à l’image de l’ensemble de la population. Elle contribue à +0,3 % de croissance par an.

Enfin, le taux d’activité, troisième effet pouvant jouer un rôle dans l’évolution de la population active, n’est pas significatif dans la région sur la période passée (‑0,0 %). En effet, il s’est maintenu sur la période, alors que la moyenne métropolitaine est en recul (‑0,1 % par an). Ce reflux est surtout lié aux jeunes (les femmes comme les hommes), dont la part en études longues augmente. La progression du taux d’activité des femmes sur la décennie (+1,0 %) ne compense pas le recul de celui des hommes (‑1,2 %).

Sous l’effet conjugué des facteurs démographique, migratoire et de taux d’activité, la structure par âge de la population active évolue. Du fait des reports successifs de l’âge de départ en retraite (réformes Fillon en 2003 et Woerth en 2010), les actifs de 55 ans et plus sont plus nombreux et compensent la baisse du nombre d’actifs de 25 à 54 ans. Ainsi, la part de ces seniors dans la population active est passée de 11 % (après 7 % en 1999) à 16 %. Cette forte augmentation s’inscrit dans la tendance nationale de vieillissement de la population, même si elle est moins rapide en Auvergne-Rhône-Alpes que dans la plupart des autres régions. Ce phénomène concerne davantage les hommes que les femmes : les seniors participent à hauteur de 89 % à la hausse de la population active masculine, et de 66 % à celle de la population féminine.

Les seniors et les jeunes dans des situations opposées à l’égard de l’emploi

Près de trois actifs sur quatre de la région ont entre 25 et 54 ans. Avec 16 % de personnes de 55 ans et plus dans la population active, Auvergne-Rhône-Alpes a des actifs plutôt jeunes (seules deux autres régions sont plus jeunes). Les seniors ont plus souvent un emploi (91 % d’entre eux) que la moyenne nationale, un taux surpassé uniquement par la Corse.

À l’inverse, les jeunes de moins de 25 ans, représentant 10 % des actifs, évitent plus difficilement le chômage ; seulement 77 % ont un emploi. Ces difficultés sont toutefois moindres que dans les autres régions, sauf dans les Pays de la Loire.

Un nombre d’actifs potentiellement supérieur en 2050, en particulier des seniors

Si les tendances prévalant depuis 2008, incluant les réformes récentes de l’apprentissage et des retraites, se poursuivaient jusqu’en 2050, Auvergne-Rhône-Alpes compterait 4 049 000 actifs, soit 260 000 actifs de plus qu’en 2018. L’augmentation serait de +0,2 % par an en moyenne, environ trois fois moins rapide que sur la décennie passée. Ce ralentissement serait généralisé en France, et la région resterait tout de même la troisième plus dynamique de France, après l’Occitanie et les Pays de la Loire (figure 2).

Figure 2Évolution de la population active par région métropolitaine de 2008 à 2050

Évolution de la population active par région métropolitaine de 2008 à 2050 - Lecture : La population active de la région Auvergne-Rhône-Alpes est représentée par la courbe rouge. Comme les autres régions, sa valeur observée en 2018 est rapportée à 100 ; elle valait alors 93 en 2008 (données observées, partie à fond bleu du graphique). Sa population active projetée (partie à fond clair) montre une augmentation jusqu’en 2042, puis une baisse jusqu’en 2050, vers la valeur de 107, soit une hausse de 7 % sur la période 2018-2050.
Région 2008 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050
Auvergne-Rhône-Alpes 93,4 100,0 100,3 100,4 101,1 101,4 101,8 102,3 102,8 103,3 103,9 104,4 104,9 105,4 105,8 106,1 106,4 106,7 106,9 107,2 107,3 107,4 107,5 107,6 107,6 107,7 107,6 107,6 107,6 107,4 107,3 107,1 107,1 106,9
Bourgogne-Franche-Comté 101,7 100,0 99,5 98,8 98,8 98,4 98,1 98,0 97,8 97,7 97,6 97,5 97,4 97,3 97,1 96,8 96,5 96,2 95,8 95,5 95,2 94,8 94,3 93,9 93,5 93,1 92,6 92,2 91,8 91,3 90,8 90,3 89,9 89,5
Bretagne 95,1 100,0 100,2 100,3 101,0 101,3 101,6 102,1 102,6 103,1 103,6 104,1 104,6 105,0 105,3 105,4 105,6 105,7 105,8 105,9 105,9 105,8 105,7 105,7 105,6 105,5 105,4 105,3 105,2 104,9 104,7 104,6 104,5 104,4
Centre-Val de Loire 100,3 100,0 99,6 99,2 99,4 99,3 99,2 99,3 99,3 99,4 99,5 99,7 99,8 99,8 99,7 99,6 99,4 99,2 99,0 98,9 98,6 98,4 98,1 97,8 97,5 97,2 96,9 96,6 96,4 96,0 95,7 95,4 95,2 94,9
Corse 87,5 100,0 100,4 100,5 101,2 101,5 102,0 102,7 103,3 103,8 104,4 105,0 105,5 106,0 106,4 106,6 106,9 107,1 107,2 107,3 107,3 107,2 107,0 106,9 106,8 106,6 106,4 106,2 106,0 105,7 105,4 105,0 104,8 104,5
Grand Est 100,6 100,0 99,6 99,0 99,0 98,7 98,3 98,3 98,1 98,0 97,9 97,9 97,8 97,6 97,5 97,2 97,0 96,7 96,5 96,2 95,9 95,5 95,1 94,8 94,4 94,0 93,5 93,1 92,7 92,1 91,6 91,1 90,6 90,1
Hauts-de-France 98,4 100,0 99,8 99,4 99,7 99,6 99,5 99,7 99,7 99,8 100,0 100,1 100,2 100,2 100,2 100,1 99,9 99,8 99,6 99,4 99,2 98,9 98,5 98,2 97,8 97,4 97,0 96,7 96,3 95,8 95,4 94,9 94,6 94,2
Île-de-France 96,6 100,0 100,1 100,0 100,4 100,5 100,6 100,9 101,1 101,3 101,6 101,9 102,1 102,3 102,5 102,7 102,9 103,0 103,1 103,2 103,3 103,2 103,2 103,1 103,0 102,9 102,7 102,5 102,4 102,1 101,8 101,5 101,3 101,1
Normandie 100,3 100,0 99,5 98,8 98,8 98,5 98,2 98,0 97,8 97,7 97,6 97,6 97,5 97,3 97,1 96,8 96,5 96,2 95,8 95,5 95,1 94,7 94,2 93,8 93,3 92,8 92,3 91,9 91,4 90,8 90,3 89,8 89,3 88,9
Nouvelle-Aquitaine 95,1 100,0 100,1 100,2 100,8 101,0 101,3 101,9 102,3 102,8 103,3 103,8 104,3 104,7 105,0 105,3 105,5 105,6 105,8 105,9 106,0 106,0 105,9 105,9 105,9 105,8 105,7 105,7 105,6 105,4 105,2 105,0 104,9 104,8
Occitanie 91,9 100,0 100,4 100,7 101,6 102,1 102,6 103,3 103,9 104,6 105,3 106,0 106,6 107,1 107,6 108,0 108,4 108,7 109,0 109,3 109,6 109,7 109,8 110,0 110,1 110,2 110,3 110,4 110,4 110,4 110,3 110,2 110,3 110,3
Pays de la Loire 93,4 100,0 100,3 100,5 101,4 101,9 102,3 103,0 103,6 104,2 104,9 105,5 106,1 106,6 107,1 107,4 107,7 108,0 108,2 108,4 108,6 108,7 108,7 108,8 108,8 108,8 108,7 108,7 108,7 108,5 108,4 108,3 108,3 108,2
Provence-Alpes-Côte d'Azur 96,7 100,0 100,1 100,0 100,5 100,6 100,8 101,2 101,5 101,8 102,2 102,5 102,8 103,1 103,3 103,4 103,5 103,6 103,6 103,6 103,6 103,5 103,4 103,3 103,2 103,1 103,0 102,9 102,8 102,5 102,3 102,0 101,9 101,8
France métropolitaine 100,0 100,0 99,9 100,4 100,5 100,6 100,9 101,2 101,5 101,8 102,1 102,4 102,6 102,8 102,8 102,9 103,0 103,0 103,0 103,0 102,9 102,7 102,6 102,4 102,3 102,1 101,9 101,7 101,4 101,1 100,9 100,7 100,5
  • Lecture : La population active de la région Auvergne-Rhône-Alpes est représentée par la courbe rouge. Comme les autres régions, sa valeur observée en 2018 est rapportée à 100 ; elle valait alors 93 en 2008 (données observées, partie à fond bleu du graphique). Sa population active projetée (partie à fond clair) montre une augmentation jusqu’en 2042, puis une baisse jusqu’en 2050, vers la valeur de 107, soit une hausse de 7 % sur la période 2018-2050.
  • Champ : Population active de 14 ans ou plus de France métropolitaine.
  • Source : Insee, Recensement de la population, Omphale 2022 – projections de population active.

Figure 2Évolution de la population active par région métropolitaine de 2008 à 2050

  • Lecture : La population active de la région Auvergne-Rhône-Alpes est représentée par la courbe rouge. Comme les autres régions, sa valeur observée en 2018 est rapportée à 100 ; elle valait alors 93 en 2008 (données observées, partie à fond bleu du graphique). Sa population active projetée (partie à fond clair) montre une augmentation jusqu’en 2042, puis une baisse jusqu’en 2050, vers la valeur de 107, soit une hausse de 7 % sur la période 2018-2050.
  • Champ : Population active de 14 ans ou plus de France métropolitaine.
  • Source : Insee, Recensement de la population, Omphale 2022 – projections de population active.

La croissance de la population active en Auvergne-Rhône-Alpes s’expliquerait par la conjugaison des trois effets migratoire, du taux d’activité et démographique. D’une part, l’attractivité migratoire toujours importante de la région contribuerait pour +0,3 % par an en moyenne, dans le même sens que l’effet du taux d’activité (+0,2 %). À l’inverse, le nombre de départs en retraite serait plus important que les entrées sur le marché du travail. L’effet démographique serait donc négatif (‑0,3 % par an). Ce déficit lié au vieillissement de la population serait moindre qu’au niveau national, où il toucherait toutes les régions métropolitaines (jusqu’à ‑0,6 % par an en Nouvelle-Aquitaine).

Les contributions des échanges migratoires seraient différentes selon les régions : Auvergne-Rhône-Alpes ferait partie d’un groupe de régions assez attractives, derrière la Corse (+0,6 %) ou l’Occitanie (+0,5 %), et nettement plus que la moyenne nationale (+0,1 %).

L’effet du taux d’activité serait au contraire très homogène entre régions, avec des contributions négatives très comparables (toujours moins de 0,1 point de pourcentage d’écart entre régions). Une seule région fait figure d’exception, la Corse, avec un taux d’activité en hausse.

L’évolution de la population active selon l’âge est très contrastée (figure 3). Celle des moins de 25 ans serait conforme à la moyenne métropolitaine, et ses composantes aussi. Une situation qui ne serait partagée ni par les âges intermédiaires, ni par les seniors. Les actifs d’âge intermédiaire perdraient légèrement en effectif, car leur taux d’activité stable (non concernés par l’apprentissage ou le départ en retraite) ne compenserait pas une légère baisse démographique (le vieillissement contribuant un peu plus que le solde positif des migrations résidentielles).

Les seniors, au contraire, resteraient plus massivement sur le marché du travail (+1,1 % par an) du fait de la hausse de leur taux d’activité. Dans le même temps, la contribution de l’attractivité de la région sur cette tranche d’âge (+0,4 % par an) serait compensée par la déprise démographique (‑0,4 % par an). En 2018, sur 100 actifs, 26 ont plus de 50 ans, ils seraient 30 en 2050.

Plus en détail, le taux d’activité des 55‑59 ans progresserait de +3,7 points, (81,3 % en 2050) ; de +35 points pour les 60-64 ans (tranche d’âge la plus concernée par la réforme des retraites), pour atteindre 66,9 % en 2050 ; +7,7 points pour les 65‑69 ans (13,8 % en 2050). Ainsi, il ferait plus que doubler pour les 60‑69 ans. Dans le même temps, il serait stable pour les 20‑54 ans.

Le vieillissement de la population active pourrait renforcer le besoin de modification de l’organisation du travail dans les entreprises, comme l’adaptation des postes de travail ou de la formation, le développement des reconversions en fin de carrière, en particulier pour les métiers les plus pénibles.

La différence d’évolution entre les femmes et les hommes est notable (presque 0,1 point de pourcentage annuel). Pendant que 100 000 femmes supplémentaires intégreraient le marché du travail d’ici 2050, 160 000 hommes en feraient autant. La différence est liée à plusieurs effets : par exemple, l’allongement de la durée des études, plus manifeste chez les femmes, induit transitoirement moins d’actifs ; ou encore la montée de l’apprentissage, plus souvent masculin, agit de même. Au final, la part des femmes passeraient de 48,5 % à 47,2 % dans la population active.

Figure 3Évolution de la population active sur la période 2018-2050 par sexe et par âge en Auvergne-Rhône-Alpes

(en %)
Évolution de la population active sur la période 2018-2050 par sexe et par âge en Auvergne-Rhône-Alpes ((en %)) - Lecture : Pour les femmes, le losange indique l’évolution de la population active d’Auvergne-Rhône-Alpes entre 2018 et 2050 à +0,2 %. Elle se compose d’une évolution négative due à l’effet démographique de -0,3 % (barre rouge), d’un effet attribuable au taux d’activité qui contribuerait à +0,2 % (barre bleue), et un effet migratoire participant à +0,3 % de l’évolution (barre grise).
Classe Effet démographique Effet du taux d'activité Effet migratoire Taux de croissance annuel moyen
Femmes -0,3 0,2 0,3 0,2
Hommes -0,2 0,2 0,3 0,3
Auvergne-Rhône-Alpes -0,3 0,2 0,3 0,2
14-24 ans -0,3 0,2 0,3 0,2
25-54 ans -0,3 0,0 0,3 0,0
55 ans et plus -0,4 1,2 0,4 1,3
  • Lecture : Pour les femmes, le losange indique l’évolution de la population active d’Auvergne-Rhône-Alpes entre 2018 et 2050 à +0,2 %. Elle se compose d’une évolution négative due à l’effet démographique de -0,3 % (barre rouge), d’un effet attribuable au taux d’activité qui contribuerait à +0,2 % (barre bleue), et un effet migratoire participant à +0,3 % de l’évolution (barre grise).
  • Champ : Population active de 14 ans ou plus en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Source : Insee, Recensement de la population, Omphale 2022 – projections de population active.

Figure 3Évolution de la population active sur la période 2018-2050 par sexe et par âge en Auvergne-Rhône-Alpes

  • Lecture : Pour les femmes, le losange indique l’évolution de la population active d’Auvergne-Rhône-Alpes entre 2018 et 2050 à +0,2 %. Elle se compose d’une évolution négative due à l’effet démographique de -0,3 % (barre rouge), d’un effet attribuable au taux d’activité qui contribuerait à +0,2 % (barre bleue), et un effet migratoire participant à +0,3 % de l’évolution (barre grise).
  • Champ : Population active de 14 ans ou plus en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Source : Insee, Recensement de la population, Omphale 2022 – projections de population active.

Hausse de la population active jusqu’en 2042 avant une légère baisse

Dans un premier temps, la population active de la région augmenterait jusqu’en 2030, à un rythme soutenu entre 0,3 % et 0,4 % par an. Puis, de 2030 à 2042, elle augmenterait encore mais à un rythme plus modéré de +0,1 % par an, pour atteindre 4 076 000 actifs. À partir de cette date, la tendance s’inverserait et la population active diminuerait légèrement de 0,1 % par an jusqu’en 2050.

Toutes les régions métropolitaines suivraient cette trajectoire, mais avec un décalage dans le temps : les plus âgées atteindraient un plateau, voire l’ont déjà dépassé pour certaines (c’est le cas pour quatre régions métropolitaines et les régions antillaises). Le pic national interviendrait sensiblement plus tôt qu’en Auvergne-Rhône-Alpes, en 2036. La dernière région métropolitaine à entrer en phase de recul serait l’Occitanie, en 2045. En comparaison, la Guyane, dont la population active aurait augmenté de 58 % en 2050, serait toujours sur une pente ascendante.

Encadré – Le profil des arrivants en Auvergne-Rhône-Alpes améliore le niveau de qualification de la population active

La récente hausse de population active est principalement due aux migrations résidentielles. Les actifs qui arrivent dans la région sont plus nombreux que ceux qui la quittent. Le profil des entrants et des sortants diffère en partie. Ainsi, le renouvellement dû à la migration modifie la structure de la population d’Auvergne-Rhône-Alpes, notamment son âge, son niveau de diplôme et de qualification, et sa répartition socioprofessionnelle.

En effet en 2021, le profil de l’ensemble des nouveaux résidents en Auvergne-Rhône-Alpes se démarque de celui des résidents de plus longue date.

Le plus gros contingent des nouveaux arrivants de 20‑64 ans est composé d’inactifs (22,5 %). Cela s’explique notamment par les migrations des 20‑24 ans, venus principalement pour étudier, mais aussi pour revenir après leurs études pour occuper un premier emploi.

Les cadres représentent 22,4 % des nouveaux arrivants. Ils ont un poids supérieur à celui observé dans la population déjà résidente (+8,0 points).

À l’inverse, les autres catégories socioprofessionnelles sont sous-représentées, en particulier les moins qualifiés : ‑1,8 point pour les professions intermédiaires, ‑3,4 points pour les employés, ‑5,9 points pour les ouvriers.

Les plus jeunes et les plus diplômés et qualifiés sont les plus mobiles depuis et vers la région. Ce constat se vérifie pour les nouveaux arrivants, mais aussi pour les partants, le solde étant toutefois positif pour la région (figure 4).

Figure 4Migrations résidentielles par catégorie socioprofessionnelle en Auvergne-Rhône-Alpes en 2021

Migrations résidentielles par catégorie socioprofessionnelle en Auvergne-Rhône-Alpes en 2021 - Lecture : En 2021, près de 15 000 employés de la région sont partis ailleurs (barre rouge), et un peu plus de 20 000 sont venus s’y installer (barre bleue).
Catégorie socioprofessionnelle Personnes entrant en Auvergne-Rhône-Alpes Personnes quittant Auvergne-Rhône-Alpes
Cadres, professions intellectuelles sup 25 353 15 850
Autres sans activité professionnelle 25 549 14 068
Professions Intermédiaires 23 335 16 056
Employés 20 388 14 726
Ouvriers 12 247 7 942
Retraités 2 988 3 073
Artisans, commerçants, chefs entreprise 2 928 2 327
Agriculteurs exploitants 157 147
  • Lecture : En 2021, près de 15 000 employés de la région sont partis ailleurs (barre rouge), et un peu plus de 20 000 sont venus s’y installer (barre bleue).
  • Champ : Population active de 20-64 ans en 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2021.

Figure 4Migrations résidentielles par catégorie socioprofessionnelle en Auvergne-Rhône-Alpes en 2021

  • Lecture : En 2021, près de 15 000 employés de la région sont partis ailleurs (barre rouge), et un peu plus de 20 000 sont venus s’y installer (barre bleue).
  • Champ : Population active de 20-64 ans en 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2021.
Publication rédigée par :Megan Courthial, Charles-Julien Giraud, Christophe Privas (Insee)

Pour comprendre

Développé par l’Insee, le modèle Omphale permet de réaliser des projections de population, notamment des projections de population active, à partir du solde naturel, du solde migratoire, du nombre d’actifs et d’autres indicateurs… La baisse de la fécondité par rapport aux décennies passées entraînerait une diminution des entrées sur le marché du travail des jeunes générations à terme. Le solde migratoire a un impact à la fois immédiat sur le nombre des actifs, mais aussi différé, via le vieillissement des personnes qui s’installent durablement sur le territoire et la future activité de leur descendance. Ces projections ne sont pas des prévisions.

Publication rédigée par :Megan Courthial, Charles-Julien Giraud, Christophe Privas (Insee)

Définitions

La population active regroupe les actifs ayant un emploi et les chômeurs, et exclut les inactifs. Il s’agit de la ressource en main-d’œuvre de 14 ans ou plus.

Le taux d’activité au sens du recensement de la population est le rapport entre le nombre d’actifs et l’ensemble de la population correspondante.

Le taux d’emploi rapporte le nombre de personnes en emploi à la population totale. Il peut être calculé pour une sous-catégorie de la population donnée (par exemple une tranche d’âge).

L’effet démographique se définit comme la variation de la population active liée au renouvellement naturel des générations, c’est-à-dire le vieillissement de la population initialement présente et résidant dans la zone, qui se traduit par des entrées de jeunes et des sorties de seniors de la vie active.

Dans cette étude, il est en fait « hors migrations résidentielles ». Il s’agit donc d’un effet uniquement lié à l’avancement en âge de la population.

L’effet des migrations résidentielles évalue l’impact des mouvements de population entre les territoires : ceux qui viennent résider sur le territoire versus ceux qui partent résider ailleurs.

L’effet du taux d’activité mesure la variation de la population active due aux seuls changements de comportement d’activité, tel un allongement de la vie active.

Pour en savoir plus

(1) Courthial M., Giraud CJ., Privas C., « Plus d’actifs en 2050 en Auvergne-Rhône-Alpes, mais la majorité des territoires en perdrait », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes no 194, mars 2025.

(2) Bianco E., Labosse A., Thouilleux C., « Une population plus âgée vivant dans les territoires urbains et périurbains », Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes no 161, mai 2023.

(3) Léger M., Sztrakoniczky T. (Insee), Durand L., Vivas É. (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), « D’ici 2050, la région pourrait compter 145 000 actifs de moins », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté no 123, décembre 2024.

(4) Fabre M., Olivia T., Rubin J., « Une actualisation des projections de population active tenant compte de la réforme des retraites de 2023 », Emploi, chômage, revenus du travail, Insee références, édition 2023.