Le compte de l’agriculture pour 2019 Forte baisse de la production viticole

Sabine Aufrant, Claire Géry, Xavier Guillet, Philippe Lauraire (division Industrie et agriculture)

En 2019, la production agricole en valeur diminue de 1,6 %. Cette baisse provient de la production végétale, pénalisée par le fort recul de celle de vin (– 15,8 %). Dans le même temps, la hausse des volumes de céréales compense à peine la baisse de leurs prix. En revanche, la valeur de la production animale croît, sous l’effet de la très forte hausse des prix mondiaux du porc.

En parallèle, les charges des agriculteurs augmentent (+ 1,2 %), du fait d’une hausse des prix des intrants, malgré une légère baisse de leurs volumes. Dès lors, sous l’effet conjugué du recul de la production et de cet accroissement des charges, la valeur ajoutée de la branche agricole se replie. L’emploi agricole continue par ailleurs à décroître. Au total, d’après les estimations du compte provisoire de l’agriculture, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif diminuerait de 4,3 % en 2019 en termes réels, après une hausse de 10,6 % en 2018.

Sabine Aufrant, Claire Géry, Xavier Guillet, Philippe Lauraire (division Industrie et agriculture)
Insee Première  No 1805 - juillet 2020

Le compte de l’agriculture présenté ici décrit les performances de l’agriculture en tant qu’activité économique. Est estimée notamment la valeur ajoutée, soit la richesse créée par cette activité. Augmenté des subventions et net des impôts au titre de son exercice, ce résultat est qualifié de valeur ajoutée brute au coût des facteurs.

Il ne constitue pas une mesure du revenu disponible des ménages dont la personne de référence est agriculteur.

La production viticole se replie fortement, après une hausse en 2018

En 2019, la production de la branche agricole hors subventions sur les produits baisserait en valeur (– 1,6 % ; figures 1, 2 et 3). La production végétale décroît nettement (– 4,3 %), alors que la production animale augmente (+ 2,5 %). Comme en 2018, l’évolution de la production viticole est l’effet dominant, mais cette fois à la baisse. Du fait de conditions climatiques défavorables, la production de vin recule fortement en volume (– 14,1 % ; figure 4) et les prix se replient aussi mais de façon plus modérée (– 2,0 %). La récolte de céréales s’accroît vivement, mais cette hausse est contrebalancée par la baisse des prix (figure 5).

La production animale progresse en valeur. Les volumes sont stables ou en baisse. Les prix augmentent, tirés par ceux des porcins qui ont fortement rebondi (+ 21,5 %) du fait de la demande chinoise. Le prix du lait croît également (+ 3,6 %) dans un contexte de demande mondiale dynamique.

Figure 1 – Évolution de la production agricole hors subventions entre 2017 et 2019

en %
Figure 1 – Évolution de la production agricole hors subventions entre 2017 et 2019 (en %) - Lecture : en 2019, la valeur de la production agricole hors subventions baisse de 1,6 % par rapport à 2018.
2019 2018
Valeur -1,6 7,1
Volume -1,2 1,7
Prix -0,5 5,4
  • Lecture : en 2019, la valeur de la production agricole hors subventions baisse de 1,6 % par rapport à 2018.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 1 – Évolution de la production agricole hors subventions entre 2017 et 2019

  • Lecture : en 2019, la valeur de la production agricole hors subventions baisse de 1,6 % par rapport à 2018.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2019 et 2018

en points de %
Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2019 et 2018 (en points de %) - Lecture : la valeur de a production agricole totale hors subventions diminue de 1,6 % en 2019. La production de vin contribue négativement à cette variation à hauteur de - 2,9 points. Les fourrages contribuent, quand à eux, positivement à hauteur de 0,3 point.
2019 2018
Produits végétaux
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 0,6 1,7
Fourrages 0,3 0,0
Céréales 0,0 1,3
Fruits 0,0 0,1
Autres plantes industrielles*, y c. betteraves -0,1 -0,2
Oléagineux et protéagineux -0,6 -0,2
Vin -2,9 4,4
Produits animaux
Lait et autres produits de l'élevage 0,5 0,3
Bétail 0,4 -0,4
Volailles et œufs -0,1 0,0
Services 0,1 0,2
Ensemble -1,6 7,1
  • * Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • Note : les produits sont classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution de 2019/2018.
  • Lecture : la valeur de a production agricole totale hors subventions diminue de 1,6 % en 2019. La production de vin contribue négativement à cette variation à hauteur de - 2,9 points. Les fourrages contribuent, quand à eux, positivement à hauteur de 0,3 point.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 2 - Contributions à la variation en valeur de la production hors subventions en 2019 et 2018

  • * Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • Note : les produits sont classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution de 2019/2018.
  • Lecture : la valeur de a production agricole totale hors subventions diminue de 1,6 % en 2019. La production de vin contribue négativement à cette variation à hauteur de - 2,9 points. Les fourrages contribuent, quand à eux, positivement à hauteur de 0,3 point.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 3 - De la production à la valeur ajoutée

Figure 3 - De la production à la valeur ajoutée
Valeur 2019 (en milliards d'euros) Évolution 2019/2018 (en %)
Volume Prix Valeur
Production hors subventions (a) 76,2 -1,2 -0,5 -1,6
Produits végétaux 44,7 -1,3 -3,0 -4,3
Céréales 10,8 14,2 -12,2 0,3
Oléagineux, protéagineux 2,1 -18,8 0,3 -18,6
Autres plantes industrielles¹ 1,5 1,3 -6,9 -5,7
Fourrages 5,5 -2,6 8,0 5,2
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 9,9 3,5 1,6 5,1
Fruits 3,1 4,5 -3,5 0,9
Vins 12,0 -14,1 -2,0 -15,8
Produits animaux 26,5 -1,3 3,8 2,5
Bétail (bovins, porcins, ovins, caprins, équidés) 11,1 -2,1 5,4 3,1
Volailles, œufs 4,7 -2,1 0,8 -1,3
Lait et autres produits de l'élevage 10,6 0,0 3,5 3,5
Services² 5,0 1,0 1,3 2,3
Subventions sur les produits (b) 1,1 0,0 -0,8 -0,8
Production au prix de base (c) = (a) + (b) 77,3 -1,1 -0,5 -1,6
Consommations intermédiaires, dont : (d) 45,4 -0,9 2,2 1,2
achats 38,4 -1,4 1,7 0,3
Valeur ajoutée brute (e) = (c) - (d) 31,9 -1,4 -4,0 -5,4
Subventions d'exploitation 8,3 -0,1
Autres impôts sur la production, dont : 1,6 1,2
impôts fonciers 1,0 1,9
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs 38,5 -4,6
Emploi agricole³ -1,5
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif -3,1
Prix du produit intérieur brut 1,2
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels -4,3
  • 1. Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • 2. Production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d’utilisation de matériel agricoles, services entre agriculteurs, agritourisme, etc.
  • 3. Mesuré en unités de travail annuel (équivalent temps plein de l’agriculture).
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2018 et 2019

en points de %
Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2018 et 2019 (en points de %)
2019 2018
Produits végétaux
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 0,4 -0,5
Fourrages -0,2 -0,8
Céréales 2,0 -1,1
Fruits 0,2 -0,2
Autres plantes industrielles*, y c. betteraves 0,0 -0,1
Oléagineux et protéagineux -0,6 -0,4
Vin -2,6 4,3
Produits animaux
Lait et autres produits de l'élevage 0,0 0,1
Bétail -0,3 0,1
Volailles et œufs -0,1 0,1
Services 0,1 0,1
Ensemble -1,2 1,7
  • * Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution 2019/2018) est identique à celui de la figure 2.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 4 - Contributions à la variation en volume de la production hors subventions en 2018 et 2019

  • * Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution 2019/2018) est identique à celui de la figure 2.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2018 et 2019

en points de %
Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2018 et 2019 (en points de %)
2019 2018
Produits végétaux
Légumes, pommes de terre, plantes et fleurs 0,2 2,1
Fourrages 0,5 0,8
Céréales -2,0 2,3
Fruits -0,1 0,3
Autres plantes industrielles (1), y c. betteraves -0,1 -0,1
Oléagineux et protéagineux 0,0 0,2
Vin -0,3 0,1
Produits animaux
Lait et autres produits de l'élevage 0,5 0,2
Bétail 0,7 -0,5
Volailles et œufs 0,1 -0,1
Services 0,1 0,1
Ensemble -0,5 5,4
  • * Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution 2019/2018) est identique à celui de la figure 2.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 5 - Contributions à la variation du prix de la production hors subventions en 2018 et 2019

  • * Betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, cannes à sucre, etc.
  • Note : l’ordre des produits (classés par ordre décroissant de leur contribution à l’évolution 2019/2018) est identique à celui de la figure 2.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Production végétale : forte baisse du volume de vin et des prix des céréales

La production végétale diminue en volume (– 1,3 %), du fait du fort recul de celle de vin (figure 4), après une année 2018 exceptionnelle (– 14,1 % après + 28,4 %). Les prix du vin baissent modérément (– 2,0 %). Dans son ensemble, la production de céréales augmente vivement en volume (+ 14,2 %), tirée par le dynamisme de celle de blé tendre (+ 16,1 %). En effet, les rendements progressent par rapport à l’année précédente, excepté pour le maïs. Toutefois, la récolte de blé dur diminue fortement (– 15,2 %), sous l’effet d’une baisse des surfaces cultivées. Les récoltes d’oléagineux et de betteraves se replient également (– 20,6 % et – 6,3 %), pénalisées par des conditions climatiques défavorables. La production en volume de légumes est relativement stable (+ 0,7 %), celle de pommes de terre se redresse (+ 8,9 %) ainsi que celle de fruits (+ 4,5 %), bénéficiant d’une floraison abondante grâce à un printemps doux.

Le prix de la production végétale recule de nouveau (– 3,0 %), du fait essentiellement des prix des céréales et en particulier de celui du blé tendre (– 13,9 %). Les forts volumes céréaliers au niveau mondial et français pèsent en effet sur le niveau des prix.

Production animale : repli modéré des volumes, forte hausse du prix du porc

La production animale décroît légèrement en volume (– 1,3 %). Concernant le bétail, elle baisse pour les gros bovins (– 1,7 %), les veaux (– 5,3 %) et de façon très modérée pour les porcs (– 0,8 %). La production de volailles se replie également (– 1,5 %). Celle d’œufs recule de nouveau (– 3,3 %).

Le prix de la production animale (hors subventions) augmente (+ 3,8 %), du fait essentiellement du fort redressement de celui du porc (+ 21,5 %). Le marché est dynamisé par la forte demande chinoise, leur cheptel ayant été décimé par la peste porcine africaine. Le prix de production des gros bovins fléchit légèrement (– 0,3 %) et celui des veaux baisse franchement (– 5,5 %). Le prix des volailles repart à la hausse (+ 2,9 %).

Le prix du lait croît de nouveau (+ 3,6 %) : la demande mondiale reste dynamique et l’Europe profite des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

La production croît sur deux ans

Entre 2017 et 2019, l’ensemble de la production augmente en valeur de 5,4 % (figure 6). La production végétale est très dynamique sur la période (+ 7,3 %), tandis que la production animale croît à un rythme plus modéré (+ 2,2 %). Les volumes de la production végétale s’élèvent un peu (+ 0,8 %) alors que les prix s’accroissent nettement (+ 6,5 %).

La production animale décroît légèrement en volume (– 0,4 %), les prix augmentent modérément (+ 2,6 %).

Figure 6 - Évolution de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur entre 2017 et 2019

en %
Figure 6 - Évolution de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur entre 2017 et 2019 (en %)
Valeur Volume Prix
Production végétale 7,3 0,8 6,5
Production animale 2,2 -0,4 2,6
Production agricole* 5,4 0,5 4,9
  • * Y compris production de services.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 6 - Évolution de la production hors subventions, en volume, en prix et en valeur entre 2017 et 2019

  • * Y compris production de services.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Hausse modérée de la valeur des intrants

En 2019, les consommations intermédiaires de la branche agricole augmenteraient en valeur (+ 1,2 % par rapport à 2018), sous l’effet d’une hausse modérée des prix (+ 2,2 %) et d’une légère baisse des volumes (– 0,9 %).

Après une forte hausse en 2018, la consommation en énergies et lubrifiants recule en valeur (– 0,9 %). Le prix du gazole non routier diminue de 2,2 %, ceux des lubrifiants de 1,0 %. En revanche, le prix de l’électricité augmente de 3,9 %.

Malgré une nette hausse des prix (+ 9,4 %), les dépenses en engrais et amendements diminuent en valeur de 8,4 % du fait d’une forte baisse en volume (– 16,3 %). La mauvaise récolte de l’année précédente a moins sollicité les sols et aurait ainsi nécessité un moindre recours en apports. Dans le détail, les volumes reculent pour les engrais simples azotés et les engrais composés (– 18,0 % à – 16,0 % chacun environ).

La valeur des pesticides et produits phytosanitaires se replie (– 2,6 %) sous l’effet des prix.

En 2019, les achats d’aliments pour animaux auprès des industries agroalimentaires sont quasi stables en volume (+ 0,1 %). En revanche, le recours aux aliments intraconsommés, produits directement dans les exploitations agricoles, s’accroît (+ 1,5 % en volume). Les aliments pour animaux s’achètent dans l’ensemble plus cher qu’en 2018 (+ 3,0 %).

Concernant les dépenses vétérinaires, les prix augmentent de 2,5 %.

La valeur ajoutée au coût des facteurs se replie après deux années de hausse dynamique

En 2019, la valeur ajoutée brute de la branche agricole diminuerait (– 5,4 %), sous l’effet de la baisse de la production au prix de base (– 1,6 %) - c’est-à-dire y compris les subventions sur les produits - et de l’augmentation des consommations intermédiaires.

En 2019, les subventions d’exploitation s’élèveraient à 8,2 milliards d’euros, quasiment au même niveau qu’en 2018. La baisse du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), du fait de la réduction de son taux entre 2017 et 2018, et celle des indemnités au titre des calamités agricoles sont en partie compensées par la hausse des indemnités compensatrices pour handicap naturel.

Après prise en compte des subventions d’exploitation et des impôts, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs diminuerait de 4,6 % en 2019. L’emploi agricole décroît tendanciellement avec même une accélération du recul de l’emploi non salarié. Ainsi, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif baisserait de 3,1 %. En termes réels, elle se réduirait de 4,3 %, après une hausse de 10,6 % en 2018 (figures 3 et 7).

Figure 7 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*

indice 100 en 2000
Figure 7 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels* (indice 100 en 2000)
Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels Moyenne mobile sur 3 ans
2000 100 100,4
2001 100,7 100,6
2002 101,1 100,8
2003 100,7 101,5
2004 102,7 100,9
2005 99,3 103,2
2006 107,6 108,2
2007 117,7 111,3
2008 108,7 107,4
2009 95,8 108,6
2010 121,2 114,5
2011 126,4 125,3
2012 128,3 123,4
2013 115,5 122,6
2014 124,1 122,6
2015 128,2 122,9
2016 116,6 125
2017 130,2 130,2
2018 143,9 137,3
2019 137,8
  • * Déflatée par l’indice de prix du produit intérieur brut.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Figure 7 - Valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif de la branche agricole en termes réels*

  • * Déflatée par l’indice de prix du produit intérieur brut.
  • Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture arrêté en juin 2020.

Encadré 1 - En 2019, le redressement du solde des échanges extérieurs se poursuit

Après l’amélioration notable de 2018, le solde des échanges extérieurs agricoles gagne 415 millions d’euros en 2019 et atteint 2,2 milliards d’euros. La hausse des exportations (+ 792 millions d’euros, soit + 5,7 %) est plus forte que celle des importations (+ 376 millions d’euros, soit + 3,1 %). Elle s’explique essentiellement par la progression des ventes de céréales (+ 443 millions d’euros ; figure), soutenues au second trimestre par la très bonne récolte de 2019, et de celles de légumes (+ 297 millions d’euros). L’accroissement des achats d’oléagineux (+ 149 millions d’euros) et de légumes (+ 175 millions d’euros) contribue à la hausse des importations.

Figure de l’encadré 1 - Échanges extérieurs de céréales

en milliards d’euros
Figure de l’encadré 1 - Échanges extérieurs de céréales (en milliards d’euros)
Solde Exportations Importations
2007 4,2 4,6 0,4
2008 6,1 6,5 0,4
2009 4,5 4,9 0,4
2010 5,4 5,8 0,4
2011 7,4 7,8 0,4
2012 6,6 6,9 0,4
2013 7,8 8,1 0,4
2014 6,3 6,7 0,5
2015 6,7 7,2 0,4
2016 5,1 5,6 0,5
2017 4,4 4,9 0,5
2018 5,8 6,2 0,4
2019 6,2 6,6 0,4
  • Source : Douanes.

Figure de l’encadré 1 - Échanges extérieurs de céréales

  • Source : Douanes.

Encadré 2 - Rappel sur le compte 2019

Les données présentées ici concernent le compte 2019 provisoire de l’agriculture.

Par rapport au compte prévisionnel publié en décembre 2019, l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels a été révisée de + 1,6 point (– 4,3 % au lieu de – 5,9 %). Cette révision résulte principalement de la révision de l’emploi (– 1,5 % contre – 0,4 %).

Les données 2019 seront mises à jour en juillet 2021 (version semi-définitive). Elles seront publiées simultanément avec les comptes 2018 définitif et 2020 provisoire.

Sources

Le compte français de l’agriculture est établi selon la méthode et les concepts du Système européen des comptes (SEC). Le compte provisoire 2019 repose sur des informations disponibles en juin 2020.

Définitions

La branche agricole est le regroupement de toutes les unités d’activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture), élevage d’animaux, activités de travaux agricoles à façon, chasse et activités annexes. Outre les exploitations agricoles, les unités caractéristiques de la branche comprennent les groupements de producteurs (coopératives) produisant du vin et de l’huile d’olive et les unités spécialisées qui fournissent des machines, du matériel et du personnel pour l’exécution de travaux agricoles à façon.

La production au prix de base est égale à la production valorisée au prix auquel vend le producteur, augmentée des subventions sur les produits qu’il perçoit et diminuée des impôts spécifiques sur les produits qu’il reverse.

Les subventions à l’agriculture comprennent les subventions sur les produits (aides associées à certains types de production), qui ont pour la plupart disparu en 2010, et les subventions d’exploitation, entièrement restructurées dans le cadre de la PAC 2015, telles que le paiement de base (DPB), le paiement vert (aide agro-environnementale) et les aides pour calamités agricoles.

Les consommations intermédiaires correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production.

La valeur ajoutée brute est égale à la production valorisée au prix de base diminuée des consommations intermédiaires.

La valeur ajoutée brute au coût des facteurs est obtenue par ajout des subventions d’exploitation et déduction des impôts sur la production. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel total (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l’évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par actif.

Les indicateurs de résultats sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive si elle est supérieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles.

Pour en savoir plus

« L’agriculture en 2019 - Les comptes nationaux provisoires de l’agriculture en 2019 », Documents de travail n° E2020/01, Insee, juillet 2020.

Aufrant S., Guillet X., Lauraire P., « Le compte prévisionnel de l’agriculture pour 2019 Forte baisse de la production viticole », Insee Première n° 1786, décembre 2019.

Aufrant S., Guillet X., Lauraire P., « L’agriculture en 2019 - Les comptes nationaux prévisionnels de l’agriculture en 2019 », Documents de travail n° E2019/04, Insee, décembre 2019.

Aeberhardt L., Laurent T., Montornès J., « Les comptes de la Nation en 2019 : le PIB ralentit mais le pouvoir d’achat des ménages accélère », Insee Première n° 1802, mai 2020.

« Résultats économiques des exploitations pour 2018 », Agreste Primeur n° 360, SSP, décembre 2019.

« Bilan conjoncturel 2019 », Agreste Panorama n° 5, SSP, décembre 2019

Reynaud D., « L’agriculture française en Europe de 2000 à 2015 », Insee Première n° 1704, juillet 2018.

Eurostat, indicateur « A » pour l’ensemble des pays de l’Union européenne.