26 % de décès supplémentaires entre début mars et mi-avril 2020 : les communes denses sont les plus touchées

Noël Gascard, Bertrand Kauffmann, Aline Labosse (Insee)

La crise sanitaire liée à la propagation du Covid-19 a un impact sur le nombre total de décès. Du 2 mars au 19 avril 2020, 22 140 décès supplémentaires, soit 26 % de plus toutes causes confondues, ont eu lieu par rapport à la moyenne des décès survenus durant la même période entre 2015 et 2019. L’excédent des décès augmente nettement à partir de la semaine du 16 mars puis a tendance à se réduire à partir de la semaine du 6 avril. Il touche autant les hommes que les femmes et est d’autant plus fort pour les personnes les plus âgées.

L’Île-de-France et le Grand Est sont les régions les plus touchées par cet excédent de mortalité. La hausse des décès est plus forte dans les territoires densément peuplés bien que la population y est en moyenne plus jeune.

Insee Focus
No 191
Paru le : Paru le 11/05/2020
Noël Gascard, Bertrand Kauffmann, Aline Labosse (Insee)
Insee Focus  No 191 - mai 2020

Une hausse progressive du nombre de décès par rapport aux cinq dernières années avant un repli

Depuis le mois de mars 2020, la France connaît une crise sanitaire liée à la propagation du Covid-19. Cette crise se traduit par un excédent de décès enregistrés par l’Insee dans l’état civil, qui couvre tous les décès quel que soit le lieu de sa survenue et quelle qu’en soit la cause (sources). Ainsi, entre le 2 mars et le 19 avril 2020, la France dénombre 22 140 décès supplémentaires par rapport à la même période évaluée sur les cinq dernières années (figure 1). Alors qu’au cours d’une semaine moyenne de cette période de comparaison, la France compte 11 950 décès, la moyenne se situe à 15 100 décès hebdomadaires en 2020. Cela correspond à une moyenne de 2 160 décès chaque jour, contre 1 710 au cours de la période de comparaison. Ces derniers sont donc plus nombreux et progressent au fil des semaines jusqu’au 5 avril avant d’amorcer une baisse la semaine suivante. Ainsi, du 30 mars au 5 avril 2020, le surcroît de mortalité a atteint le pic de + 6 730 décès hebdomadaires, soit une hausse de 56 %, avant d’amorcer une décrue (+ 5 390 décès hebdomadaires soit + 45 % du 6 au 12 avril, puis + 3 020 décès hebdomadaires soit + 25 % du 13 au 19 avril, figure 2a).

Ce surcroît de décès ne doit pas être interprété comme le nombre de décès liés au Covid-19, l’Insee n’étant pas destinataire des causes de décès des défunts. De plus, les décès liés à d’autres causes peuvent avoir également évolué par rapport à la période de comparaison. Un effet évident, bien que limité, de la mise en place du confinement de la population depuis le 17 mars 2020 est la réduction du nombre de décès dus aux accidents de la route. D’après le bilan provisoire de la Sécurité routière, 154 personnes sont mortes sur la route en mars 2020, soit une centaine de personnes de moins qu’en moyenne au mois de mars ces cinq dernières années. Pour ce qui est du nombre de décès liés à la grippe saisonnière, les pics épidémiques ont été atteints entre janvier et février en 2020 comme pour les cinq hivers précédents. Toutefois, la durée des épidémies comme le nombre de décès imputables selon Santé publique France varient selon les années. Si la grippe 2019-2020 n’a pas entraîné un surnombre de décès jusqu’à la fin de sa surveillance épidémique mi-mars (comme celle de 2015-2016), la grippe 2018-2019 a été moins forte que les années précédentes (8 100 décès au total contre respectivement 13 000 et 14 400 les deux épisodes précédents). La grippe en 2017-2018 avait en outre été remarquable par sa longueur (16 semaines d’épidémie jusque fin mars 2018) tandis que pendant celle de 2014-2015, le plus grand nombre de décès toutes causes confondues depuis l’hiver 2006-2007 avait été atteint avec 18 300 morts.

En métropole, les régions Île-de-France et Grand Est présentent les excédents de décès les plus élevés (respectivement + 96 % et + 59 % du 2 mars au 19 avril), devant la Bourgogne-Franche-Comté (+ 28 %), les Hauts-de-France (+ 22 %) et Auvergne-Rhône-Alpes (+ 21 %). Durant la période de comparaison, 1 470 et 1 060 habitants d’Île-de-France et de Grand Est sont décédés en moyenne par semaine, quel que soit le lieu et la région de survenue. En Île-de-France, le nombre hebdomadaire de décès enregistrés au lieu de résidence bondit de 37 % la semaine du 16 mars (figure 2b). Il a plus que doublé à partir de celle du 23 mars puis triplé durant celle du 30 mars (soit + 121 % et + 213 %), avant de diminuer à + 187 % la semaine du 6 avril ; entre le 13 et le 19 avril, il était toutefois encore en hausse de 113 %, par rapport à une semaine moyenne de la période de comparaison. Dans le Grand Est, le surcroît de mortalité démarre dès la semaine du 9 mars (+ 20 %) et atteint + 56 % la semaine du 16 mars. Le nombre de décès augmente ensuite moins fortement qu’en Île-de-France. Il double pour chacune des semaines du 23 et du 30 mars (soit respectivement + 105 % et + 111 %), avant de redescendre également à + 78 % la semaine du 6 avril ; entre le 13 et le 19 avril, le nombre de décès reste en hausse de 48 %. Dans les DOM, Mayotte est le seul département concerné par un très fort excédent de décès en 2020 (+ 54 % sur l’ensemble de la période), mais sur des effectifs plus réduits. À l’inverse, la Nouvelle-Aquitaine ou la Guyane ne présentent pas ou très peu d’excédent de décès en 2020 par rapport à la période de comparaison.

Figure 1 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison

Figure 1 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison - Lecture : du 2 mars au 19 avril 2020, les décès ont plus que doublé par rapport à la période de comparaison dans le Haut-Rhin.
Excédent de décès
01 Ain 1,23
02 Aisne 1,38
03 Allier 0,98
04 Alpes-de-Haute-Provence 0,98
05 Hautes-Alpes 0,95
06 Alpes-Maritimes 1,12
07 Ardèche 1,25
08 Ardennes 1,08
09 Ariège 0,89
10 Aube 1,15
11 Aude 1,08
12 Aveyron 1,11
13 Bouches-du-Rhône 1,03
14 Calvados 1,06
15 Cantal 0,85
16 Charente 1,03
17 Charente-Maritime 1,00
18 Cher 1,12
19 Corrèze 0,96
21 Côte-d'Or 1,39
22 Côtes-d'Armor 1,02
23 Creuse 1,02
24 Dordogne 0,94
25 Doubs 1,54
26 Drôme 1,20
27 Eure 1,16
28 Eure-et-Loir 1,28
29 Finistère 0,98
2A Corse-du-Sud 1,33
2B Haute-Corse 0,92
30 Gard 1,07
31 Haute-Garonne 1,05
32 Gers 1,03
33 Gironde 1,00
34 Hérault 1,17
35 Ille-et-Vilaine 1,02
36 Indre 1,23
37 Indre-et-Loire 1,08
38 Isère 1,15
39 Jura 1,12
40 Landes 1,03
41 Loir-et-Cher 1,16
42 Loire 1,25
43 Haute-Loire 0,95
44 Loire-Atlantique 1,14
45 Loiret 1,11
46 Lot 1,04
47 Lot-et-Garonne 1,14
48 Lozère 0,84
49 Maine-et-Loire 1,13
50 Manche 1,09
51 Marne 1,34
52 Haute-Marne 1,29
53 Mayenne 1,08
54 Meurthe-et-Moselle 1,31
55 Meuse 1,36
56 Morbihan 1,08
57 Moselle 1,61
58 Nièvre 1,09
59 Nord 1,16
60 Oise 1,57
61 Orne 1,10
62 Pas-de-Calais 1,07
63 Puy-de-Dôme 1,01
64 Pyrénées-Atlantiques 1,01
65 Hautes-Pyrénées 1,03
66 Pyrénées-Orientales 1,07
67 Bas-Rhin 1,70
68 Haut-Rhin 2,48
69 Rhône 1,48
70 Haute-Saône 1,44
71 Saône-et-Loire 1,16
72 Sarthe 1,14
73 Savoie 1,12
74 Haute-Savoie 1,37
75 Paris 1,98
76 Seine-Maritime 1,12
77 Seine-et-Marne 1,61
78 Yvelines 1,74
79 Deux-Sèvres 1,08
80 Somme 1,23
81 Tarn 0,93
82 Tarn-et-Garonne 0,83
83 Var 1,12
84 Vaucluse 1,12
85 Vendée 1,03
86 Vienne 1,04
87 Haute-Vienne 0,99
88 Vosges 1,72
89 Yonne 1,08
90 Territoire de Belfort 1,65
91 Essonne 1,82
92 Hauts-de-Seine 2,04
93 Seine-Saint-Denis 2,34
94 Val-de-Marne 2,05
95 Val-d'Oise 2,10
971 Guadeloupe 1,14
972 Martinique 1,09
973 Guyane 0,83
974 Réunion 1,05
976 Mayotte 1,54
  • Lecture : du 2 mars au 19 avril 2020, les décès ont plus que doublé par rapport à la période de comparaison dans le Haut-Rhin.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Figure 1 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison

  • Lecture : du 2 mars au 19 avril 2020, les décès ont plus que doublé par rapport à la période de comparaison dans le Haut-Rhin.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Figure 2a – Nombre de décès par semaine en France en 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison

Figure 2a – Nombre de décès par semaine en France en 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison - Lecture : en France, la semaine du 30 mars 2020, les décès ont été 1,56 fois plus nombreux par rapport à une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison.
Excédent de décès
Semaine du 2 mars 1,03
Semaine du 9 mars 1,05
Semaine du 16 mars 1,16
Semaine du 23 mars 1,34
Semaine du 30 mars 1,56
Semaine du 6 avril 1,45
Semaine du 13 avril 1,25
  • Lecture : en France, la semaine du 30 mars 2020, les décès ont été 1,56 fois plus nombreux par rapport à une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Figure 2a – Nombre de décès par semaine en France en 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison

  • Lecture : en France, la semaine du 30 mars 2020, les décès ont été 1,56 fois plus nombreux par rapport à une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Les plus âgés sont davantage touchés

Les deux sexes sont touchés de manière similaire par l’excédent de mortalité. Pour les hommes, 11 210 décès supplémentaires sont enregistrés par rapport à la période de comparaison. Pour les femmes, cet excédent est de 10 930 décès supplémentaires. Pour les hommes comme pour les femmes, l’écart de mortalité avec la période de comparaison est très net dès 65 ans (figure 3). L’excédent des décès varie de 21 % à 39 % selon le sexe et la tranche d’âge. Globalement, 21 900 personnes de plus sont décédées en 2020 parmi les 65 ans ou plus (11 200 hommes et 10 700 femmes) par rapport à la période de comparaison. Plus de 84 % de ces décès supplémentaires concernent des personnes de 75 ans ou plus, et 62 % les seules personnes de 85 ans ou plus.

Les hommes connaissent dès 75 ans un excédent de mortalité plus élevé que celui des femmes. Il est de 35 % pour les hommes et de 28 % pour les femmes. Les différences d’état de santé général entre les sexes, et notamment la proportion plus élevée d’hommes présentant des facteurs de risque (surpoids par exemple), pourraient être une explication de cet excédent de mortalité.

L’excédent des décès pour les hommes est identique entre les 65-74 ans et les 75-84 ans. Concernant les femmes, il est plus faible sur la tranche d’âge 75-84 ans par rapport à la tranche d’âge 65-74 ans. Ce dernier phénomène est lié à la mortalité plus faible enregistrée durant deux années (2017 et 2019) pour les femmes appartenant à cette tranche d’âge, très probablement en lien avec l’épisode de grippe saisonnière.

Avant 65 ans, l’évolution du nombre de décès par rapport à la période de comparaison varie fortement selon l’âge. Ceci doit être mis en regard du faible nombre de morts avant 65 ans quel que soit le sexe (environ 15 % de l’ensemble des décès). Ainsi, l’excédent des décès pour les femmes de 25 à 44 ans correspond seulement à une trentaine de décès supplémentaires rapportés à 560 décès sur cette tranche d’âge.

L’excédent des décès enregistrés pour les hommes est le plus élevé en Île-de-France (+ 101 %), dans le Grand Est (+ 64 %) et à Mayotte (+ 58 %). L’Île-de-France est une région particulièrement touchée : les décès y ont plus que doublé pour les hommes dès la tranche d’âge de 65 ans ou plus (8 300 décès en 2020 par rapport aux 3 800 décès sur la période de comparaison). Pour les femmes, ces trois régions affichent également les plus forts excédents, avec des taux similaires à ceux des hommes.

Six départements (le Haut-Rhin, la Seine-Saint-Denis, le Val-d’Oise, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Paris) ont enregistré a minima un doublement des décès pour les hommes entre les deux périodes. Pour le Haut-Rhin, le nombre de décès a même triplé pour les hommes sur la tranche d’âge des 75-84 ans. Concernant les femmes, ces mêmes départements se démarquent, avec des excédents à peine plus faibles que pour les hommes : de + 140 % pour le Haut-Rhin à + 97 % pour le Val-de-Marne ou Paris.

Figure 3 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison par sexe et âge

Figure 3 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison par sexe et âge - Lecture : entre le 2 mars et le 19 avril 2020 par rapport à la période de comparaison, il y a 1,39 fois plus de décès d’hommes de 85 ans ou plus et 1,31 fois plus de décès de femmes du même âge.
Excédent de décès
Femmes Hommes
0-24 ans 0,86 0,74
25-44 ans 1,06 0,95
45-64 ans 1,06 1,03
65-74 ans 1,29 1,30
75-84 ans 1,21 1,30
85 ans ou plus 1,31 1,39
  • Lecture : entre le 2 mars et le 19 avril 2020 par rapport à la période de comparaison, il y a 1,39 fois plus de décès d’hommes de 85 ans ou plus et 1,31 fois plus de décès de femmes du même âge.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Figure 3 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison par sexe et âge

  • Lecture : entre le 2 mars et le 19 avril 2020 par rapport à la période de comparaison, il y a 1,39 fois plus de décès d’hommes de 85 ans ou plus et 1,31 fois plus de décès de femmes du même âge.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Une épidémie qui démarre dans le Grand Est et s’étend à l’Île-de-France 

Entre le 2 mars et le 19 avril, les décès au lieu de résidence (quel que soit celui de survenue) ont augmenté d’au moins 50 % pendant au moins une semaine pour les habitants de trois départements sur dix (figure 4). Il s’agit principalement de l’intégralité des départements de l’Île-de-France, de la majorité de la région Grand Est (hormis les Ardennes et l’Aube), ainsi que du sud des Hauts-de-France, de l’est de la Bourgogne-Franche-Comté, d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Mayotte.

L’évolution de l’excédent de mortalité par semaine fait ressortir deux territoires. Tout d’abord, un surcroît de décès important apparaît pour les habitants du Haut-Rhin lors de la semaine du 9 mars (+ 75 % de décès hebdomadaires). La semaine suivante, date à laquelle le confinement démarre en France, la mortalité dans ce département est trois fois plus élevée que durant la période de comparaison (+ 204 %). Le surcroît de mortalité progresse dans cinq autres départements proches géographiquement (Vosges, Doubs, Territoire de Belfort, Moselle et Bas-Rhin avec des décès en hausse de 52 % à 75 % la semaine du 16 mars), puis au reste de la région Grand Est ainsi qu’à une partie de la Bourgogne-Franche-Comté. Fin mars, la mortalité est toujours fortement excédentaire dans le Haut-Rhin (+ 270 % de décès hebdomadaires après un pic à + 283 % la semaine du 23 mars). Malgré une forte décélération début avril, le département compte encore des décès en hausse de 135 % la semaine du 6 avril et de 68 % celle du 13 avril par rapport à une semaine moyenne de la période de comparaison. Dans le Territoire de Belfort, limitrophe, la situation se dégrade jusqu’à la semaine du 6 avril pour atteindre un nombre de décès en hausse de 148 % avant aussi de redescendre à + 22 % d’excédent de décès celle du 13 avril.

Le deuxième territoire avec un fort excédent de décès est composé de l’Île-de-France et du sud des Hauts-de France. L’excédent de mortalité apparaît tout d’abord pour les habitants de l’Oise, dans la semaine du 16 mars, avec des décès 63 % plus nombreux, ainsi qu’à Paris et en Seine-Saint-Denis (+ 51 %). Le surcroît de mortalité s’étend ensuite à tous les départements d’Île-de-France ainsi qu’à l’Aisne, la Somme et l’Eure. La situation s’aggrave en Île-de-France jusqu’à fin mars. Dans les départements de Paris et sa petite couronne ainsi que dans le Val-d’Oise, les décès sont au moins trois fois plus élevés qu’en moyenne (supérieurs à + 211 %) et jusqu’à + 290 % en Seine-Saint-Denis la semaine du 30 mars, département à l’excédent de mortalité le plus fort de France toute semaine confondue. Le reste des départements franciliens atteint un surcroît de 158 %. La semaine du 6 avril, l’excédent de décès en Île-de-France commence à se réduire, mais la mortalité reste fortement excédentaire en Seine-Saint-Denis, dans le Val-d’Oise, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne où les décès hebdomadaires sont au moins trois fois plus élevés qu’en moyenne (respectivement + 256 %, + 211 %, + 211 % et + 208 %). La semaine du 13 avril, ces quatre départements ainsi que Paris et l’Essonne ont encore un excédent de décès qui s’échelonne de + 102 % à + 162 % tandis que celui de la Seine-et-Marne et des Yvelines sont de respectivement + 99 % et + 65 %.

Figure 4a – Évolution hebdomadaire du nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne de la période de comparaison

Figure 4a – Évolution hebdomadaire du nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne de la période de comparaison - Lecture : du 16 mars au 12 avril 2020, les décès hebdomadaires ont plus que doublé par rapport à la période de comparaison dans le Haut-Rhin.
Excédent de décès
Semaine du 2 mars Semaine du 9 mars Semaine du 16 mars Semaine du 23 mars Semaine du 30 mars Semaine du
6 avril
Semaine du 13 avril
01 Ain 1,02 1,07 1,21 1,21 1,47 1,41 1,20
02 Aisne 1,05 1,15 1,45 1,44 1,62 1,62 1,33
03 Allier 1,03 0,99 0,88 0,93 0,99 1,09 0,95
04 Alpes-de-Haute-Provence 0,89 1,26 0,97 0,95 0,87 1,05 0,87
05 Hautes-Alpes 0,96 0,81 0,93 1,00 1,26 0,74 0,93
06 Alpes-Maritimes 1,04 1,14 1,13 1,16 1,25 1,09 1,07
07 Ardèche 0,95 1,00 1,21 1,49 1,43 1,49 1,18
08 Ardennes 0,97 1,10 1,02 0,85 1,15 1,22 1,23
09 Ariège 0,97 0,76 0,74 0,97 1,11 0,68 1,03
10 Aube 0,95 0,98 1,02 1,35 1,17 1,39 1,20
11 Aude 1,00 1,10 1,22 1,08 1,03 1,25 0,86
12 Aveyron 1,08 0,97 1,01 1,04 1,25 1,34 1,06
13 Bouches-du-Rhône 1,04 1,01 0,73 0,73 1,21 1,34 1,17
14 Calvados 1,09 1,16 1,10 0,99 1,10 1,07 0,95
15 Cantal 0,70 0,89 1,18 0,59 0,84 0,89 0,89
16 Charente 1,09 0,98 1,13 1,02 1,03 0,95 0,98
17 Charente-Maritime 1,22 0,97 0,94 1,03 1,01 1,04 0,80
18 Cher 0,95 1,04 0,92 1,04 1,35 1,32 1,23
19 Corrèze 0,88 0,80 0,92 1,17 1,08 1,02 0,89
21 Côte-d'Or 1,00 1,04 1,36 1,47 1,80 1,56 1,53
22 Côtes-d'Armor 1,08 0,93 0,99 1,11 1,09 1,17 0,80
23 Creuse 0,98 1,05 1,02 1,00 1,15 0,88 1,07
24 Dordogne 0,93 1,10 1,04 0,88 1,03 0,88 0,70
25 Doubs 1,13 1,17 1,66 1,69 1,97 1,62 1,52
26 Drôme 1,08 1,18 1,08 1,49 1,34 1,13 1,08
27 Eure 0,87 1,01 0,87 1,01 1,52 1,58 1,29
28 Eure-et-Loir 1,25 1,08 1,19 1,23 1,39 1,42 1,37
29 Finistère 0,97 0,98 1,13 0,91 1,00 0,97 0,90
2A Corse-du-Sud 1,55 1,34 1,45 0,93 1,34 1,48 1,21
2B Haute-Corse 1,27 1,03 0,76 1,03 0,85 0,85 0,67
30 Gard 1,05 0,94 1,16 1,26 1,08 1,00 0,97
31 Haute-Garonne 1,20 0,99 1,01 1,01 1,04 1,08 1,01
32 Gers 0,90 1,04 1,08 1,14 1,22 0,80 1,00
33 Gironde 0,91 1,07 1,06 1,01 1,09 0,95 0,92
34 Hérault 1,13 1,14 1,22 1,36 1,26 1,14 0,95
35 Ille-et-Vilaine 0,97 1,01 0,86 1,03 1,06 1,14 1,03
36 Indre 0,94 0,83 0,98 1,32 1,37 1,57 1,60
37 Indre-et-Loire 1,00 1,04 1,13 1,07 1,20 1,15 0,95
38 Isère 1,07 1,13 0,94 1,19 1,15 1,30 1,26
39 Jura 0,85 1,16 0,89 1,29 1,42 0,98 1,24
40 Landes 1,11 1,01 1,05 0,89 1,14 1,18 0,82
41 Loir-et-Cher 1,05 0,99 1,22 1,30 1,17 1,21 1,21
42 Loire 0,99 1,02 1,07 1,36 1,72 1,37 1,22
43 Haute-Loire 1,00 1,02 0,96 0,98 1,09 0,73 0,87
44 Loire-Atlantique 1,09 0,95 1,20 1,18 1,13 1,25 1,16
45 Loiret 1,03 0,96 0,97 1,11 1,26 1,25 1,16
46 Lot 1,00 0,87 1,02 0,89 1,53 1,02 0,94
47 Lot-et-Garonne 1,30 1,19 1,13 1,18 0,88 1,10 1,16
48 Lozère 0,55 0,65 0,85 1,30 1,05 0,85 0,60
49 Maine-et-Loire 1,06 1,07 1,09 0,99 1,44 1,13 1,11
50 Manche 1,09 1,09 1,10 1,03 1,11 1,20 1,03
51 Marne 0,86 0,82 1,03 1,57 1,69 1,76 1,62
52 Haute-Marne 0,63 1,07 1,44 1,72 1,42 1,26 1,49
53 Mayenne 0,97 1,14 1,13 1,06 1,13 1,21 0,94
54 Meurthe-et-Moselle 1,00 1,07 1,02 1,45 1,61 1,55 1,44
55 Meuse 1,02 0,79 1,44 1,79 1,84 1,49 1,16
56 Morbihan 1,02 1,17 1,10 1,04 1,29 1,07 0,90
57 Moselle 0,88 1,15 1,58 2,12 2,26 1,87 1,43
58 Nièvre 0,98 1,16 0,90 1,23 1,10 0,93 1,34
59 Nord 1,08 1,04 1,09 1,14 1,36 1,32 1,10
60 Oise 1,17 1,41 1,63 1,79 1,87 1,59 1,52
61 Orne 0,97 1,15 0,96 1,04 1,29 1,18 1,10
62 Pas-de-Calais 1,01 0,94 1,18 0,99 1,16 1,25 0,96
63 Puy-de-Dôme 0,88 1,06 1,02 0,88 1,08 1,09 1,03
64 Pyrénées-Atlantiques 1,11 0,94 1,04 1,04 0,99 0,91 1,02
65 Hautes-Pyrénées 1,12 0,67 1,05 0,91 1,37 0,86 1,21
66 Pyrénées-Orientales 1,09 1,06 1,04 1,17 1,13 1,00 1,02
67 Bas-Rhin 1,16 1,31 1,52 2,13 2,26 1,96 1,54
68 Haut-Rhin 1,02 1,75 3,04 3,83 3,70 2,35 1,68
69 Rhône 1,09 0,98 1,24 1,68 1,95 1,74 1,70
70 Haute-Saône 1,30 1,06 1,12 1,54 2,10 1,48 1,46
71 Saône-et-Loire 1,02 1,02 1,08 1,22 1,20 1,44 1,14
72 Sarthe 0,99 1,12 1,12 1,09 1,26 1,08 1,29
73 Savoie 1,15 1,09 1,01 1,25 1,24 1,13 0,99
74 Haute-Savoie 1,28 1,09 1,18 1,35 1,82 1,47 1,37
75 Paris 1,03 0,99 1,51 2,40 3,11 2,82 2,02
76 Seine-Maritime 0,93 1,07 1,09 1,11 1,29 1,21 1,15
77 Seine-et-Marne 1,03 0,88 1,18 1,58 2,36 2,26 1,99
78 Yvelines 0,94 1,16 1,46 1,95 2,64 2,39 1,65
79 Deux-Sèvres 1,20 1,13 1,20 0,98 1,10 0,98 0,96
80 Somme 0,97 1,20 1,21 1,47 1,58 1,28 0,90
81 Tarn 0,73 0,84 0,95 1,05 0,92 1,01 1,01
82 Tarn-et-Garonne 0,88 0,79 1,00 0,64 0,77 0,88 0,86
83 Var 0,89 1,22 1,09 1,07 1,27 1,20 1,08
84 Vaucluse 1,33 1,09 1,03 0,93 1,24 1,03 1,21
85 Vendée 0,98 0,96 1,08 1,06 1,16 1,01 0,93
86 Vienne 1,00 1,07 1,11 1,09 1,09 0,96 0,93
87 Haute-Vienne 1,02 0,88 0,90 1,08 0,93 1,16 1,00
88 Vosges 1,09 1,40 1,75 2,17 2,17 1,80 1,64
89 Yonne 0,95 0,90 1,13 1,07 1,14 1,30 1,09
90 Territoire de Belfort 0,85 1,07 1,59 2,07 2,22 2,48 1,22
91 Essonne 0,91 1,05 1,34 1,87 2,76 2,72 2,06
92 Hauts-de-Seine 1,06 0,96 1,27 2,24 3,47 3,11 2,17
93 Seine-Saint-Denis 1,05 0,98 1,51 2,76 3,90 3,56 2,62
94 Val-de-Marne 0,97 0,91 1,22 2,39 3,52 3,08 2,23
95 Val-d'Oise 0,90 1,16 1,41 2,46 3,28 3,11 2,37
971 Guadeloupe 1,08 1,10 1,23 1,05 1,27 1,03 1,18
972 Martinique 1,19 0,87 1,10 1,06 1,21 1,11 1,08
973 Guyane 1,00 1,17 0,61 1,11 0,83 0,67 0,44
974 Réunion 1,10 1,14 1,10 0,97 1,03 0,86 1,14
976 Mayotte 1,13 1,53 1,40 1,27 2,07 1,33 2,07
  • Lecture : du 16 mars au 12 avril 2020, les décès hebdomadaires ont plus que doublé par rapport à la période de comparaison dans le Haut-Rhin.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Figure 4 – Évolution hebdomadaire du nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne de la période de comparaison

  • Lecture : du 16 mars au 12 avril 2020, les décès hebdomadaires ont plus que doublé par rapport à la période de comparaison dans le Haut-Rhin.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Des lieux de décès et de domicile souvent différents en Île-de-France 

Les personnes ne décèdent pas forcément dans leur département de résidence. En 2020, pour un tiers des départements, plus de 10 % des décès ont lieu hors du département de domicile. Pour deux départements, cet écart dépasse 20 % : la Seine-Saint-Denis et l’Eure. Dans ces derniers, plus d’un décès sur dix a lieu dans un département limitrophe, respectivement Paris et la Seine-Maritime.

Dans l’autre sens, certains départements accueillant des malades d’autres départements connaissent un nombre de décès sur leur territoire supérieur au nombre de décès de leurs résidents. C’est le cas notamment du Territoire de Belfort, où plus de 60 % des décédés n’habitent pas ce département en 2020. Les hôpitaux terrifortains accueillent traditionnellement des malades des départements voisins du Doubs et de la Haute-Saône. Dans une moindre mesure, c’est également le cas de Paris, des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, où plus de 30 % des décès enregistrés le sont pour des personnes domiciliées hors du département. Paris possède la particularité d’accueillir des patients de presque tous les départements, avec une spécificité pour les résidents des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis.

Un lien entre densité de population et excédent des décès

Plus le nombre de personnes est important dans un territoire restreint, plus le risque de contacts est grand. Le surcroît de mortalité entre le 2 mars et le 19 avril progresse avec la densité communale (figure 5). C’est dans les communes les plus denses que le surcroît de mortalité est le plus important (+ 49 % contre + 26 % en France). À l’inverse, dans les territoires les moins denses, les décès en 2020 sont plutôt stables par rapport aux années précédentes.

Même en excluant l’Île-de-France qui concentre 40 % de la population française habitant en territoire dense, l’excédent des décès reste élevé dans les communes denses (+ 22 % contre + 17 % sur l’ensemble du territoire hors Île-de-France). Par ailleurs, bien que globalement concernées par un surcroît de mortalité, toutes les communes denses de France ne sont pas touchées. Parmi celles de plus de 100 000 habitants, Saint-Denis et Mulhouse se distinguent par les plus forts excédents sur la période (+ 172 % et + 165 %), suivies par Strasbourg (+ 111 %) et Argenteuil (+ 109 %) puis Paris (+ 98 %) et Montreuil (+ 90 %). À l’autre extrémité, Clermont-Ferrand, Brest ou Caen ne connaissent pas d’excédent de mortalité.

Figure 5 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison selon la densité communale

Figure 5 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison selon la densité communale - Lecture : du 2 mars au 19 avril 2020, dans les communes denses, les décès ont été 1,49 fois plus nombreux par rapport à la période de comparaison.
Excédent de décès
Communes très peu denses 1,02
Communes peu denses 1,13
Communes de densité intermédiaire 1,21
Communes denses 1,49
Ensemble 1,26
  • Lecture : du 2 mars au 19 avril 2020, dans les communes denses, les décès ont été 1,49 fois plus nombreux par rapport à la période de comparaison.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Figure 5 – Nombre de décès entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à la moyenne de celui de la période de comparaison selon la densité communale

  • Lecture : du 2 mars au 19 avril 2020, dans les communes denses, les décès ont été 1,49 fois plus nombreux par rapport à la période de comparaison.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

L’excédent de mortalité est plus faible dans les territoires les moins denses bien que la population y est en moyenne plus âgée, et donc a priori plus fragile face au Covid-19. Les 75 ans ou plus représentent 8 % de la population dans les territoires denses, mais 11 % dans les territoires très peu denses. La principale explication que l’on peut avancer est que, dans les territoires peu denses, les interactions entre individus sont moins fréquentes et donc le risque de contamination plus faible.

À partir de la semaine du 16 mars, des différences importantes de mortalité apparaissent selon la densité des territoires. Le nombre de décès hebdomadaire des communes denses est alors supérieur de 22 % par rapport à la période de comparaison (figure 6). Ces différences s’amplifient la semaine suivante et l’excédent des communes denses progresse (+ 62 %) jusqu’à doubler par rapport à la période de comparaison la semaine du 30 mars (+ 106 %) puis se réduit (+ 92 %) la semaine du 6 avril et du 13 avril (+ 54 %). Les évolutions par semaine sont plus modérées dans les communes de densité intermédiaire (jusqu’à + 43 % la semaine du 30 mars avant de retomber à + 19 % la dernière semaine). Elles progressent jusqu’à un excédent de + 28 % dans les communes peu denses avant de fléchir à + 8 %, tandis que dans les territoires les moins denses, le surcroît de mortalité atteint son maximum la semaine du 30 mars (+ 14 %).

Figure 6 – Évolution selon la densité communale du nombre de décès par semaine entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne de la période de comparaison

Figure 6 – Évolution selon la densité communale du nombre de décès par semaine entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne de la période de comparaison - Lecture : la semaine du 30 mars, les décès dans les communes denses ont été 2,06 fois plus nombreux par rapport à une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison.
Communes denses Communes de densité intermédiaire Communes peu denses Communes très peu denses Ensemble
Semaine du 2 mars 1,04 1,06 1,00 0,96 1,03
Semaine du 9 mars 1,04 1,08 1,05 0,98 1,05
Semaine du 16 mars 1,22 1,17 1,14 0,95 1,16
Semaine du 23 mars 1,62 1,26 1,19 1,05 1,34
Semaine du 30 mars 2,06 1,43 1,28 1,14 1,56
Semaine du 6 avril 1,92 1,30 1,20 1,10 1,45
Semaine du 13 avril 1,54 1,19 1,08 0,96 1,25
  • Lecture : la semaine du 30 mars, les décès dans les communes denses ont été 2,06 fois plus nombreux par rapport à une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Figure 6 – Évolution selon la densité communale du nombre de décès par semaine entre le 2 mars et le 19 avril 2020 rapporté à celui d’une semaine moyenne de la période de comparaison

  • Lecture : la semaine du 30 mars, les décès dans les communes denses ont été 2,06 fois plus nombreux par rapport à une semaine moyenne entre le 2 mars et le 19 avril de la période de comparaison.
  • Champ : France, décès répertoriés à la commune de résidence.
  • Source : Insee, statistiques de l’état civil, fichier du 5 mai 2020.

Sources

Cette étude utilise les données de décès enregistrés dans les statistiques d’état civil entre 2015 et 2020. Les statistiques diffusées sont provisoires pour l’année 2020. Elles sont issues du fichier en date du 5 mai 2020 et l’analyse s’arrête au 19 avril de manière à assurer une remontée quasi exhaustive des décès survenus durant la période. Entre mi-mars et fin mars, la mairie de Marseille a fait face à des problèmes techniques ayant affecté ses transmissions à l’Insee. Les décès survenus à Marseille pendant cette période, estimés au total à environ 450, ne sont pas pris en compte dans cette étude, faute de disposer du lieu de résidence du défunt. Les données concernant les Bouches-du-Rhône sont donc plus fragiles que celles des autres départements et seront davantage révisées.

Dans cette étude, les décès sont comptabilisés dans la commune de résidence du défunt et non au lieu de décès, contrairement aux données mises en ligne chaque semaine. Seuls les décès des personnes résidant en France sont donc comptabilisés. Tous les décès sont comptabilisés, quel que soit le lieu où ils surviennent (hôpitaux et cliniques privées, maisons de retraite, domicile, voie publique, etc.). L’Insee est destinataire de l’identité du défunt mais ne connaît pas les causes médicales du décès. Afin d’en garantir la confidentialité, ces dernières sont transmises à l’Inserm sans mention de l’identité de la personne décédée.

Définitions

Les décès hebdomadaires enregistrés en 2020 sont rapportés à une période de comparaison établie entre 2015 et 2019 correspondant au nombre moyen de décès par semaine calculé sur l’ensemble de la période allant du 2 mars au 19 avril de chaque année.

La grille communale de densité permet de comparer le degré d’urbanisation des pays européens, avec une méthodologie homogène et relativement indépendante des découpages administratifs de chaque pays. Elle s’appuie sur une grille de carreaux de 1 km², dans lesquels la population est calculée à partir des données géolocalisées issues, en France, des fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fideli 2018), base de données issue principalement des fichiers fiscaux liés à la taxe d’habitation.

Pour en savoir plus

Nombre de décès quotidien par département.

Bayet A., Le Minez S., Roux V., « Mourir de la grippe ou du coronavirus : faire parler les chiffres de décès publiés par l’Insee... avec discernement » sur blog.insee.fr.

De Bellefon M.-P., Eusebio P., Forest J., Warnod R., « 38 % de la population française vit dans une commune densément peuplée », Insee Focus n° 169, novembre 2019.