Les investissements pour protéger l'environnement diminuent de nouveau en 2017

Johanne Aude, Hélène Genuit (division Enquêtes thématiques et études transversales, Insee)

En 2017, les établissements industriels de 20 salariés ou plus ont consacré 1,4 milliard d’euros à des investissements ou des études pour protéger l’environnement, soit 2 % de moins qu'en 2016. Quatre secteurs réalisent plus de 67 % des dépenses : l’énergie, la chimie, les industries agroalimentaires et la métallurgie-produits métalliques. 40 % des montants investis visent à protéger l'air ou le climat.

Insee Focus
No 161
Paru le : Paru le 10/07/2019
Johanne Aude, Hélène Genuit (division Enquêtes thématiques et études transversales, Insee)
Insee Focus  No 161 - juillet 2019

Les investissements reculent et les dépenses d’études augmentent

En 2017, 38 % des établissements industriels employant 20 salariés ou plus ont réalisé des investissements ou des études pour protéger l’environnement. Ils y ont consacré 1,4 milliard d’euros (– 2 % par rapport à 2016, après – 13 % ). Ces dépenses sont plus fréquentes dans les grands établissements : 84 % des établissements de 500 salariés ou plus ont engagé de telles dépenses antipollution contre 27 % des établissements de 20 à 49 salariés. Ces derniers représentent 55 % des établissements étudiés et 11 % des dépenses réalisées.

Les investissements constituent l’essentiel de la dépense (79 %, soit 1,1 milliard d'euros) (figure 1). Ils diminuent de 3 % en 2017 (après – 17 % en 2016 et – 2 % en 2015). En revanche, les montants consacrés aux études augmentent de 4 % par rapport à 2016 ; ils atteignent 289 millions d’euros, après 279 millions en 2016.

Figure 1 - Évolution des investissements et des études antipollution

en millions d'euros
Figure 1 - Évolution des investissements et des études antipollution (en millions d'euros)
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Investissements antipollution 1 422 1 285 1 232 1 351
Investissements antipollution (à partir de 2012) 1 401 1 399 1 360 1 337 1 111 1 074
Études antipollution 361 315 359 354
Études antipollution (à partir de 2012) 319 269 266 267 279 289
  • Note : rupture de série en 2012.
  • Champ :
    - à partir de 2012 : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus ;
    - avant 2012 : France, industries extractive (hors extractions de houille et d'hydrocarbures) et manufacturière (hors artisanat commercial), établissements de 20 salariés ou plus.
  • Sources : Insee, SSP, enquête sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol).

Figure 1 - Évolution des investissements et des études antipollution

  • Note : rupture de série en 2012.
  • Champ :
    - à partir de 2012 : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus ;
    - avant 2012 : France, industries extractive (hors extractions de houille et d'hydrocarbures) et manufacturière (hors artisanat commercial), établissements de 20 salariés ou plus.
  • Sources : Insee, SSP, enquête sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol).

40 % des investissements visent à protéger l’air ou le climat

En 2017, 40 % des investissements antipollution visent à éviter ou à limiter les effets de l’activité sur la qualité de l’air (307 millions d'euros) ou, via les émissions de gaz à effet de serre, sur l’équilibre du climat (119 millions d'euros)(figure 2). Pour mémoire, dans le cadre de la loi de transition énergétique de 2015, l’État français s'est fixé, avec les autres États européens, l'objectif de diminuer de 40 % ces émissions d’ici à 2030, par rapport au niveau de 1990. Les autres dépenses importantes concernent les eaux usées (208 millions d'euros), les sols (143 millions d'euros) et les déchets (108 millions d'euros).

Les « investissements spécifiques », c’est-à-dire l’achat de matériels entièrement dédiés à la protection de l’environnement, représentent 85 % des montants investis, loin devant les « investissements intégrés » (15 %). Ces derniers correspondent aux surcoûts liés à l’intégration dans l’outil de production de produits ou procédés moins polluants que ceux disponibles de manière standard sur le marché.

Figure 2 - Investissements antipollution par domaine en 2017

en millions d'euros
Figure 2 - Investissements antipollution par domaine en 2017 (en millions d'euros)
2017
Bruit et vibrations 21
Autres 68
Sites, paysages et biodiversité 100
Déchets hors radioactifs 108
Limitation des gaz à effet de serre 119
Sols, eaux souterraines et de surface 143
Eaux usées 208
Protection de l'air 307
Ensemble 1 074
  • Champ : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus.
  • Source : Insee, enquête sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol).

Figure 2 - Investissements antipollution par domaine en 2017

  • Champ : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus.
  • Source : Insee, enquête sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol).

D’abord pour traiter ou éliminer les pollutions, ensuite pour les prévenir

En 2017, 50 % des investissements spécifiques sont destinés au prétraitement, au traitement ou à l’élimination de la pollution : ils ont pour objectif de réduire l’impact négatif de l'activité des établissements sur l’environnement (figure 3). Par ailleurs, 37 % de ces investissements ont pour objet la prévention des pollutions, ce qui traduit une volonté des établissements d’agir en amont du processus de production.

Figure 3 - Investissements spécifiques* pour protéger l’environnement par nature en 2017

en millions d'euros
Figure 3 - Investissements spécifiques* pour protéger l’environnement par nature en 2017 (en millions d'euros)
2017
Prétraitement, traitement et élimination de la pollution 451
Prévention des pollutions 340
Recyclage, tri, valorisation 75
Mesure et contrôle 45
  • * Achats de matériels entièrement dédiés à la protection de l’environnement.
  • Champ : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus.
  • Source : Insee, enquête sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol).

Figure 3 - Investissements spécifiques* pour protéger l’environnement par nature en 2017

  • * Achats de matériels entièrement dédiés à la protection de l’environnement.
  • Champ : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus.
  • Source : Insee, enquête sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol).

Investissements en hausse de 10 % dans l'énergie

Quatre secteurs concentrent plus de 67 % des dépenses engagées : l’énergie (423 millions d'euros), la chimie (210 millions d'euros), les industries agroalimentaires (186 millions d'euros) et la métallurgie-produits métalliques (98 millions d'euros) (figure 4). À lui seul, le secteur de l’énergie regroupe un quart des investissements et la moitié des dépenses d’études réalisés dans les établissements industriels pour protéger l’environnement.

En un an, les investissements dans l'énergie augmentent de 10 %. Le recul des investissements intégrés (– 32 %) est plus que compensé par la hausse des investissements spécifiques (+ 19 %). Les investissements baissent le plus dans la métallurgie (– 28 %), secteur dans lequel à la fois les investissements spécifiques et intégrés reculent fortement.

La hausse des dépenses d'études n'est pas uniforme parmi les secteurs. Elle atteint 25 % dans les industries agroalimentaires, qui regroupent 10 % de ces dépenses. Pour les produits minéraux, elle est même de 28 %, soit la plus forte hausse, mais ce secteur réalise moins de 3 % des dépenses d'études. Ces dépenses sont stables dans l'énergie et progressent au même rythme que la moyenne dans l'industrie chimique.

Figure 4 - Les dépenses de l'industrie en faveur de l'environnement en 2017

en millions d'euros
Figure 4 - Les dépenses de l'industrie en faveur de l'environnement en 2017 (en millions d'euros)
Investissements pour protéger l'environnement Études Total
Spécifiques Intégrés Total En vue d'un investissement Autres études Total
Énergie (production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné) 252 31 283 21 120 140 423
Industrie chimique 147 29 175 19 16 35 210
Industries agroalimentaires 134 25 159 20 8 28 186
Métallurgie et produits métalliques 68 10 79 15 5 19 98
Industrie des produits minéraux 36 12 48 4 4 8 56
Bois et papier 37 5 42 3 2 5 48
Production de combustibles et de carburants 72 2 74 1 1 2 77
Autres industries 166 48 214 37 14 52 266
Ensemble 912 162 1 074 120 170 289 1 364
  • Champ : France, industries extractive et manufacturière (y compris artisanat commercial) et énergie, établissements de 20 salariés ou plus.
  • Source : Insee, enquête sur les investissements pour protéger l'environnement (Antipol).

Sources

Les données sont issues de l'enquête annuelle sur les investissements pour protéger l’environnement (Antipol) ; celle-ci porte sur les investissements dans des matériels entièrement dédiés à la protection de l’environnement, ainsi que dans des achats d’équipements de production plus performants en matière environnementale. Les investissements de renouvellement des équipements qui ne sont pas dédiés à lutter contre la pollution, mais qui bénéficient de technologies plus propres, réduisant les nuisances environnementales, ne font pas partie du champ de l’enquête. L'enquête couvre les établissements de 20 salariés ou plus, implantés en France, appartenant aux secteurs des industries extractive, manufacturière et de la production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné (divisions 05 à 35 de la NAF rév. 2). L’échantillon est composé de 11 010 établissements ; le taux de sondage est de 51 %.

Définitions

Investissements spécifiques : ils correspondent aux achats de matériels entièrement dédiés à la protection de l’environnement.

Investissements intégrés : ils correspondent aux surcoûts liés à l’intégration dans l’outil de production de produits ou procédés moins polluants que ceux disponibles de manière standard sur le marché.




Pour en savoir plus