Fréquentation touristique de l’été 2018 Une fréquentation record, portée par les touristes étrangers
Au cours de la saison d’été 2018, la fréquentation touristique a atteint un niveau jamais observé en Île-de-France. Elle a nettement progressé (+ 7,7 %) par rapport à 2017, année au cours de laquelle elle s’était déjà fortement redressée. Cette hausse, la plus élevée de toutes les régions métropolitaines, s’observe pour toutes les clientèles, mais plus fortement pour les touristes résidant à l’étranger. Elle profite à la quasi-totalité des départements de la région, et à tous les types d’hébergement collectifs.
La fréquentation estivale francilienne en hausse de 7,7 % en 2018
Après le net regain d’attractivité observé l’an dernier, l’Île-de-France continue d’attirer toujours plus de touristes. Au cours de la saison d’été 2018, les hôtels, campings et autres hébergements collectifs ont enregistré une fréquentation de 47 millions de nuitées, un niveau jamais observé auparavant. Cela représente environ 3,4 millions de nuitées supplémentaires par rapport à l’été 2017, soit une hausse de 7,7 %, dans la continuité de l’amélioration de 12,9 % observée en 2017 par rapport à 2016 (figure 1). La fréquentation touristique de l’été 2018 dépasse désormais nettement (+ 6,5 %) celle d’avant les attentats.
Tous les types d’hébergement - hôtels, campings ou autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) - profitent de ce regain de fréquentation, dans des proportions cependant différentes. Pour les hôtels de la région, qui reçoivent 82 % de la clientèle (84 % en 2017), la hausse de fréquentation s’élève à 5,5 %.
Tous types d’hébergements confondus, les nuitées des personnes résidant en France progressent moins que celles des non-résidents (respectivement + 4,0 % et + 10,4 %). C’est aussi le cas en province, où la clientèle résidente est même en baisse (- 0,5 % contre + 2,1 % pour la clientèle non résidente) (figure 2). En Île-de-France, l’augmentation du nombre de séjours de la clientèle non résidente a plutôt bénéficié aux AHCT (+ 14,0 %) et aux campings (+ 13,7 %), ces derniers représentant toutefois peu de nuitées dans la région.
La hausse de la fréquentation de l’été 2018 bénéficie à tous les départements de la région, sauf la Seine-Saint-Denis (- 2,7 %) qui avait connu le plus fort redressement en 2017 par rapport à 2016 (+ 17,8 %). En province, la fréquentation diminue dans près de la moitié des départements. Seules trois régions d’un grand arc Nord-Ouest (Hauts-de-France, Bretagne et Pays de la Loire) affichent une amélioration pour chacun de leurs départements. Paris, qui représente près de la moitié des nuitées de la région capitale en a enregistré 1 850 000 de plus qu’à l’été 2017 (+ 8,8 %). C’est la deuxième plus forte progression derrière les Hauts-de-Seine (+ 14,4 %). En Seine-et-Marne, le surplus du nombre de nuitées est du même ordre de grandeur avec 550 000 nuitées supplémentaires.
Le mois d’août s’est avéré particulièrement dynamique, comptabilisant 900 000 nuitées supplémentaires par rapport à 2017, dont 62 % absorbées par Paris. La capitale constitue la deuxième meilleure progression tous mois et départements de la région confondus, derrière les Hauts-de-Seine à + 21,8 %. En Seine-Saint-Denis, le déficit des quatre premiers mois de la saison n’a pas été compensé par deux derniers mois positifs. Par rapport à 2017, la clientèle non résidente est venue en plus grand nombre dans tous les départements de la région, en particulier en Seine-et-Marne (+ 12,2 %). Ce n’est pas le cas de la clientèle résidente, qui a stagné dans les Yvelines (- 0,1 %) et diminué en Seine-Saint-Denis (- 6,6 %).
tableauFigure 1 – La fréquentation touristique de l’Île-de-France progresse de 7,7 %Nombre de nuitées au cours de la saison d’été 2018 et évolution par rapport à 2017 (en %)
Nuitées saison 2018 | Évolution des nuitées saison d’été 2018/2017 | |||||
---|---|---|---|---|---|---|
Nuitées totales (en milliers) | Part des nuitées étrangères | Totales | Étrangères | dont mois d'août Totales | dont mois d'août Étrangères | |
Hôtels + Campings + AHCT* | ||||||
Paris | 22 777 | 70,0 | 8,8 | 11,2 | 16,7 | 18,6 |
Hauts-de-Seine | 4 352 | 47,0 | 14,4 | 11,8 | 21,8 | 21,4 |
Seine-Saint-Denis | 2 991 | 45,1 | -2,7 | 2,5 | 1,1 | 2,3 |
Val-de-Marne | 2 537 | 40,2 | 4,4 | 2,4 | 5,6 | 5,3 |
Seine-et-Marne | 7 709 | 63,8 | 7,7 | 12,2 | 8,4 | 12,4 |
Yvelines | 2 134 | 36,9 | 3,7 | 11,0 | 8,0 | 6,7 |
Essonne | 1 574 | 33,5 | 8,6 | 5,3 | 9,0 | -1,1 |
Val-d'Oise | 2 902 | 41,8 | 7,6 | 9,8 | 6,8 | 3,9 |
Île-de-France | 46 976 | 59,2 | 7,7 | 10,4 | 12,7 | 14,8 |
France métropolitaine | 311 191 | 32,6 | 1,3 | 4,3 | 1,7 | 3,1 |
Hôtels | 38 536 | 62,8 | 5,5 | 9,9 | 11,4 | 15,1 |
Non classés | 3 179 | 44,6 | 24,9 | 43,8 | 38,1 | 46,1 |
1 ou 2 étoiles | 6 344 | 54,1 | -10,3 | -0,6 | -8,2 | -1,4 |
3 étoiles | 14 739 | 61,5 | 8,4 | 12,9 | 13,6 | 18,8 |
4 ou 5 étoiles | 14 274 | 72,1 | 7,1 | 7,8 | 14,8 | 15,0 |
Campings | 1 870 | 65,1 | 15,6 | 13,7 | 18,4 | 15,1 |
AHCT* | 6 570 | 36,0 | 20,5 | 14,0 | 18,2 | 11,2 |
- * Autres hébergements collectifs touristiques.
- Source : Insee, en partenariat avec la DGE et les Comités Régionaux du Tourisme (CRT).
tableauFigure 2 – L’Île-de-France confirme son attractivité touristiqueÉvolution des nuitées du mois de l’année N par rapport au mois de l’année N-1 (en %)
Français en province | Étrangers en province | Français en Île-de-France | Étrangers en Île-de-France | |
---|---|---|---|---|
Avril 2016 | 2,8 | -22,1 | -3,1 | -20,4 |
Mai 2016 | -8,5 | -1,5 | -3,9 | -12,8 |
Juin 2016 | -2,0 | -0,6 | -7,0 | -13,6 |
Juillet 2016 | 2,4 | -6,2 | -5,5 | -16,9 |
Août 2016 | -1,1 | 3,2 | -10,1 | -23,4 |
Septembre 2016 | 2,7 | -4,0 | -4,8 | -11,6 |
Avril 2017 | 15,5 | 38,7 | 11,2 | 30,5 |
Mai 2017 | 3,1 | -12,9 | 11,1 | 4,2 |
Juin 2017 | 10,1 | 8,0 | 15,2 | 11,7 |
Juillet 2017 | 1,6 | 2,4 | 19,0 | 8,6 |
Août 2017 | 3,4 | 4,5 | 15,4 | 11,1 |
Septembre 2017 | 5,1 | 5,7 | 10,3 | 12,1 |
Avril 2018 | -11,4 | -12,9 | 6,8 | 2,9 |
Mai 2018 | 14,7 | 24,8 | -0,8 | 14,5 |
Juin 2018 | -1,4 | -3,8 | 2,9 | 8,8 |
Juillet 2018 | -4,2 | 4,9 | 2,9 | 11,5 |
Août 2018 | 0,8 | 0,7 | 9,0 | 14,8 |
Septembre 2018 | 2,2 | 2,0 | 4,6 | 9,6 |
- Source : Insee, en partenariat avec la DGE et les Comités Régionaux du Tourisme (CTR).
graphiqueFigure 2 – L’Île-de-France confirme son attractivité touristiqueÉvolution des nuitées du mois de l’année N par rapport au mois de l’année N-1 (en %)
La clientèle non résidente en France confirme son intérêt pour la région
La clientèle non résidente est revenue en masse l’été dernier, confirmant son attrait pour la région (figure 3). Une moindre crainte d’attentats et des conditions météorologiques favorables peuvent contribuer à expliquer ce constat. Les principaux pays d’origine des touristes non résidents confirment leur statut de leader. D’une part, les États-Unis, avec désormais plus de 4,5 millions de nuitées, affichent une progression de 18,5 %. D’autre part, le Royaume-Uni franchit la barre des 3 millions de nuitées.
Ailleurs en Europe, l’Italie connaît la meilleure progression (+ 31,7 %), dépassant désormais en volume les Pays-Bas (respectivement 1 300 000 et 1 100 000 nuitées). L’Espagne et l’Allemagne connaissent aussi des progressions à deux chiffres (+ 12,5 % et + 15,8 %), atteignant chacun un volume proche des 2 millions de nuitées au cours de la saison.
La fréquentation des touristes japonais et chinois, qui s’était nettement redressée en 2017 par rapport à 2016, progresse moins cette année (+ 13,6 % et + 1,7 %). Cela ne représente au total que 100 000 nuitées supplémentaires pour l’ensemble de ces deux pays.
tableauFigure 3 – Des touristes étrangers toujours plus nombreux en Île-de-FrancePrincipales nationalités en millions de nuitées
Saison 2016 | Saison 2017 | Saison 2018 | |
---|---|---|---|
États-Unis | 3,307 | 3,840 | 4,552 |
Royaume-Uni | 3,000 | 2,961 | 3,194 |
Espagne | 1,575 | 1,816 | 2,043 |
Allemagne | 1,420 | 1,714 | 1,985 |
Chine | 1,365 | 1,576 | 1,603 |
Italie | 0,893 | 0,962 | 1,267 |
Pays-Bas | 0,926 | 1,008 | 1,082 |
Belgique | 0,740 | 0,850 | 0,876 |
Japon | 0,450 | 0,531 | 0,603 |
Suisse | 0,427 | 0,503 | 0,521 |
- Source : Insee, en partenariat avec la DGE et les Comités Régionaux du Tourisme (CTR).
graphiqueFigure 3 – Des touristes étrangers toujours plus nombreux en Île-de-FrancePrincipales nationalités en millions de nuitées
Sources
En partenariat avec la DGE et les Comités régionaux et départementaux du tourisme, l’Insee réalise mensuellement des enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Ces derniers comprennent notamment les résidences de tourisme (dont appart’hôtel), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers.
Pour les campings, à compter de 2017, l’interrogation démarre en avril sur tout le territoire et dure jusqu’en septembre. Les données d’avril 2010 à 2016 ont été estimées pour les régions dont la collecte démarrait en mai.
Définitions
La saison d’été couvre les mois d’avril à septembre.
La clientèle peut être soit résidente (dont le lieu d’habitation habituel est localisé en France) soit non résidente (dont le lieu d’habitation habituel est localisé à l'étranger).
Les nuitées (ou fréquentation) correspondent au nombre total de nuits passées par les clients. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un hôtel compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.
Pour en savoir plus
« Au troisième trimestre 2018, la fréquentation touristique progresse plus modérément (+ 1,1 % sur un an, après + 1,7 % au trimestre précédent) », Insee, Informations Rapides n° 294, novembre 2018.
Rabadeux D., « Fréquentation touristique de l’été 2017 - Un fort rebond par rapport à 2016, un léger déficit par rapport à 2015 », Insee Flash Île-de-France n° 19, novembre 2017.