Insee PremièreUn premier enfant à 28,5 ans en 2015 : 4,5 ans plus tard qu’en 1974

Sabrina Volant, division Enquêtes et études démographiques, Insee

En 2015, en France, les femmes donnent naissance à leur premier enfant à 28,5 ans en moyenne, soit quatre ans et demi plus tard qu'en 1974. L’âge à la première maternité ne cesse d’augmenter depuis cette date. Sa hausse est toutefois moins rapide depuis une quinzaine d’années. Les femmes sont aussi plus âgées qu’auparavant à la naissance de leur deuxième ou troisième enfant, qu’elles ont en moyenne à 31,0 ans et 32,6 ans. Au total, tous rangs de naissance confondus, les femmes accouchent en moyenne à 30,4 ans.

En 2012, les femmes les moins diplômées ont leur premier enfant quatre ans plus tôt que les plus diplômées. L’écart selon le niveau de diplôme s’est resserré de deux mois entre 2006 et 2012 du fait de l’augmentation plus rapide de l’âge au premier accouchement des mères les moins diplômées.

En 2012, les femmes immigrées deviennent mères six mois plus tôt que l’ensemble des femmes à leur première maternité, avec de fortes disparités selon leur pays de naissance. Les femmes nées en Turquie accouchent de leur premier enfant à 24,3 ans et celles nées en Espagne ou en Italie deviennent mères à 31,4 ans en moyenne. Ces écarts reflètent en partie des différences de niveau de diplôme. Ils peuvent s’expliquer aussi par des facteurs culturels comme la fécondité des pays d’origine.

Dans l’Union européenne, en 2014, l’âge au premier enfant est le plus faible en Bulgarie (25,8 ans) et le plus élevé en Italie (30,7 ans). Entre 2010 et 2014, il augmente dans presque tous les pays.

Sabrina Volant, division Enquêtes et études démographiques, Insee
Insee Première No 1642- Mars 2017

En 2015, les mères donnent naissance à leur premier enfant en moyenne à 28,5 ans

En France, l’ (sources) atteint 28,5 ans en 2015 (figure 1). En 1974, les femmes devenaient mères à 24,0 ans en moyenne, soit 4,5 ans plus tôt. Entre 1910 et 1974, l’âge moyen à la première maternité était passé de 25,0 ans à 24,0 ans. À cette lente diminution a succédé un accroissement rapide : l’âge moyen au premier accouchement a atteint 27,3 ans en 1998. En un quart de siècle (entre 1974 et 1998), les femmes ont donc reporté leur première maternité de 3,3 ans, soit une hausse de deux mois en moyenne chaque année. Différents facteurs peuvent expliquer ce report, notamment la diffusion des moyens de contraception, la généralisation des études et la place croissante des femmes sur le marché du travail. Le décalage du calendrier des premières naissances se poursuit depuis, mais à un rythme un peu moins soutenu. Entre 1998 et 2015, l’arrivée du premier bébé a été repoussée de 1,2 an, soit, en moyenne, une hausse de moins d’un mois chaque année.

Tous rangs de naissance confondus, les femmes accouchent en moyenne à 30,4 ans en 2015. Cet âge suit globalement les mêmes tendances que l’âge à la première maternité : il a baissé jusqu'au milieu des années 1970 avant d’augmenter, d’abord fortement, puis à un rythme plus modéré. La diminution du début du XXe siècle jusqu’au milieu des années 1970 s’explique principalement par la raréfaction des familles nombreuses, qui rend les naissances aux âges maternels avancés moins fréquentes. Elle est aussi due à la baisse de l’âge moyen à la maternité à chaque rang de naissance. Ainsi, l'âge moyen à l'accouchement passe de 29,2 ans en 1910 à 26,8 ans en 1974 (– 2,4 ans). Cette diminution est donc bien plus forte que celle observée pour l’âge au premier enfant sur la même période (– 1 an). L’âge moyen à l’accouchement augmente ensuite très légèrement entre 1974 et 1981 : le premier enfant commence à arriver plus tard, mais l'impact sur la hausse générale de l’âge à l’accouchement est encore limité. Puis, du fait du décalage du calendrier des naissances à chaque rang, l’âge moyen à l’accouchement tous rangs confondus augmente rapidement, retrouvant en 1998 son niveau de 1910. Depuis, le report des maternités se poursuit, mais à un rythme moins soutenu.

Figure 1 - Évolution de l’âge moyen à l’accouchement, par rang de naissance de l’enfant

en années
Figure 1 - Évolution de l’âge moyen à l’accouchement, par rang de naissance de l’enfant (en années)
Année Rang 1 Rang 2 Rang 3 Tous rangs
1967 24,2 26,8 28,9 27,3
1974 24,0 26,9 29,3 26,8
1981 24,6 27,3 29,4 27,0
1989 25,9 28,5 30,6 28,2
1998 27,3 29,9 31,8 29,3
2006 27,7 30,4 32,3 29,7
2008 27,9 30,5 32,3 29,8
2010 28,0 30,6 32,4 29,9
2012 28,1 30,7 32,5 30,1
2015 28,5 31,0 32,6 30,4
  • Note : calculs d’après les taux de fécondité. Données provisoires pour 2015.
  • Champ : France métropolitaine jusqu’en 1998, France hors Mayotte ensuite.
  • Source : Insee, statistiques d’état civil et estimations de population. Rangs de naissance redressés à partir des recensements de la population 1968 à 2013 et de l’enquête annuelle de recensement 2016.

Figure 1 - Évolution de l’âge moyen à l’accouchement, par rang de naissance de l’enfant

  • Note : calculs d’après les taux de fécondité. Données provisoires pour 2015.
  • Champ : France métropolitaine jusqu’en 1998, France hors Mayotte ensuite.
  • Source : Insee, statistiques d’état civil et estimations de population. Rangs de naissance redressés à partir des recensements de la population 1968 à 2013 et de l’enquête annuelle de recensement 2016.

Les femmes accouchent aussi plus tard de leur deuxième ou troisième enfant

Les mères qui accouchent de leur deuxième enfant en 2015 sont âgées de 31,0 ans en moyenne. Comme pour le premier enfant, l’arrivée du deuxième a été retardée dès le milieu des années 1970, d’abord plus modérément, puis au même rythme. En 1998, les femmes donnent naissance à leur second enfant à 29,9 ans en moyenne, soit trois ans plus tard qu’en 1974. Après 1998, le report de la seconde maternité se poursuit, mais plus lentement.

En 2015, les femmes mettent au monde leur troisième bébé en moyenne à 32,6 ans. Alors que les femmes reportaient la naissance de leur premier et deuxième enfant dès le milieu des années 1970, l’âge moyen au troisième enfant a commencé à augmenter plus tardivement, à partir du début des années 1980. Depuis 2006, il augmente moins rapidement que les âges moyens aux premier et deuxième enfants (+ 4 mois en 9 ans pour les troisièmes naissances, contre respectivement + 7 mois et + 10 mois pour les secondes et premières naissances).

Des âges à la première maternité plus dispersés qu'auparavant

Le report de l’arrivée du premier enfant a déplacé l’âge auquel le nombre de premières naissances est le plus élevé. En 1967, les femmes avaient leur premier enfant le plus souvent à 22 ans, contre 28 ans en 2015 (figure 2).

Ce report s’est accompagné d’une plus grande diversité des âges à l’accouchement : la répartition des premières naissances autour de ce pic d’âge est nettement moins resserrée aujourd’hui que par le passé. Pour la moitié des premières naissances de 2015, les mères ont entre 25 ans et 31 ans, soit une amplitude de 7 années d’âges contre 5 années en 1967 (entre 20 ans et 24 ans). Avec la plus grande dispersion des âges à la première maternité, le pic des premières naissances est devenu moins marqué. Les mères de 22 ans contribuaient à hauteur de 11 % aux premières naissances en France en 1967, quand celles de 28 ans donnent naissance à 8 % des premiers nés en 2015.

Figure 2 - Répartition des premières naissances selon l’âge de la mère

en %
Figure 2 - Répartition des premières naissances selon l’âge de la mère (en %)
Âge de la mère 1967 1989 2006 2010 2015 (p)
15 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1
16 0,5 0,2 0,3 0,3 0,2
17 1,5 0,7 0,6 0,6 0,5
18 3,2 1,4 1,2 1,1 0,9
19 5,9 2,9 2,1 2,0 1,7
20 8,8 4,4 3,0 2,7 2,5
21 10,9 5,9 3,7 3,5 3,0
22 11,4 7,3 4,4 4,2 3,9
23 10,6 8,6 5,1 5,0 4,4
24 9,2 9,6 6,1 5,9 5,3
25 7,8 9,9 7,0 6,8 6,5
26 6,4 9,4 8,0 7,7 7,3
27 5,0 8,4 8,4 8,1 7,8
28 4,1 6,9 8,5 8,1 7,9
29 3,1 5,3 8,0 7,8 7,8
30 2,4 4,2 6,8 7,0 7,3
31 2,0 3,3 5,8 6,2 6,4
32 1,5 2,5 4,7 5,0 5,8
33 1,2 2,0 3,7 4,1 4,4
34 0,9 1,6 2,9 3,1 3,5
35 0,8 1,2 2,3 2,5 3,1
36 0,7 1,0 1,9 2,1 2,5
37 0,6 0,8 1,4 1,6 1,9
38 0,4 0,6 1,1 1,2 1,4
39 0,3 0,5 0,9 1,0 1,2
40 0,3 0,4 0,7 0,8 0,9
41 0,2 0,3 0,5 0,5 0,6
42 0,2 0,2 0,3 0,4 0,5
43 0,1 0,1 0,2 0,3 0,4
44 0,1 0,1 0,1 0,2 0,2
45 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1
46 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
47 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
48 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
49 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
50 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
  • Note : calculs d’après les taux de fécondité. Données provisoires (p) pour 2015.
  • Lecture : en 2015, 8 % des premiers bébés ont une mère âgée de 28 ans. En 1967, ils étaient 4 %.
  • Champ : France métropolitaine en 1967 et 1989, France hors Mayotte ensuite.
  • Source : Insee, statistiques d’état civil et estimations de population. Rangs de naissance redressés à partir des recensements de la population 1968, 1990, 2007 et 2011 et de l’enquête annuelle de recensement 2016.

Figure 2 - Répartition des premières naissances selon l’âge de la mère

  • Note : calculs d’après les taux de fécondité. Données provisoires (p) pour 2015.
  • Lecture : en 2015, 8 % des premiers bébés ont une mère âgée de 28 ans. En 1967, ils étaient 4 %.
  • Champ : France métropolitaine en 1967 et 1989, France hors Mayotte ensuite.
  • Source : Insee, statistiques d’état civil et estimations de population. Rangs de naissance redressés à partir des recensements de la population 1968, 1990, 2007 et 2011 et de l’enquête annuelle de recensement 2016.

Les femmes les moins diplômées ont leur premier enfant quatre ans plus tôt que les plus diplômées

Le calendrier des naissances varie avec le niveau d’études : plus les femmes sont diplômées, plus elles retardent l’arrivée de leur premier enfant.

En 2012, les femmes mettent au monde leur premier enfant à 28,1 ans en moyenne (figure 1). Les diplômées du supérieur sont celles qui ont leur premier bébé le plus tard, à 29,6 ans en moyenne (figure 3). Elles s’installent avec leur conjoint plus tardivement et vivent plus longtemps à deux avant d’avoir un enfant. À l’inverse, les femmes peu ou non diplômées (sans diplôme ou titulaires d’un CEP, brevet ou BEPC) ont leur premier enfant plus tôt, à 25,6 ans en moyenne. Elles deviennent ainsi mères quatre ans plus tôt que les plus diplômées.

L’écart entre les âges à la première maternité selon le niveau de diplôme s’est un peu atténué au cours du temps. En 2006, 4,2 ans en moyenne séparaient le premier enfant des femmes peu ou non diplômées de celui des diplômées du supérieur (4,0 ans en 2012). L’âge au premier accouchement a en effet augmenté le plus fortement pour les mères peu ou non diplômées (+ 4 mois entre 2006 et 2012, contre + 1 mois pour les diplômées du supérieur).

Figure 3 - Âge moyen à la première maternité selon le diplôme de la mère, en 2006 et en 2012

en années
Figure 3 - Âge moyen à la première maternité selon le diplôme de la mère, en 2006 et en 2012 (en années) - Lecture : en 2012, les diplômées du supérieur mettent au monde leur premier enfant à 29,6 ans en moyenne.
Diplôme 2006 2012
Sans diplôme, CEP, Brevet, BEPC 25,3 25,6
CAP, BEP 25,8 25,8
Baccalauréat 27,8 27,9
Diplôme du supérieur 29,5 29,6
  • Lecture : en 2012, les diplômées du supérieur mettent au monde leur premier enfant à 29,6 ans en moyenne.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, statistiques d’état civil et recensements de la population 2007 et 2013.

Figure 3 - Âge moyen à la première maternité selon le diplôme de la mère, en 2006 et en 2012

  • Lecture : en 2012, les diplômées du supérieur mettent au monde leur premier enfant à 29,6 ans en moyenne.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, statistiques d’état civil et recensements de la population 2007 et 2013.

Les immigrées deviennent mères six mois plus tôt que l’ensemble des femmes

En 2012, les femmes donnent naissance à leur premier enfant à 27,6 ans en moyenne, soit six mois plus tôt que l’ensemble des femmes à leur première maternité (28,1 ans en 2012 ; figure 4). Des disparités existent selon leur pays de naissance.

Les femmes nées en Turquie sont celles qui accouchent de leur premier enfant le plus tôt, à 24,3 ans en moyenne, soit quatre ans de moins que l’ensemble des femmes, toutes origines confondues. Les femmes nées au Portugal ont leur premier enfant deux ans plus tôt que l’ensemble des femmes, à 26,3 ans, et celles nées au Maghreb – et plus généralement en Afrique – un an plus tôt, à 27,2 ans.

À l’inverse, les femmes nées en Espagne ou en Italie sont celles qui deviennent mères le plus tard, à 31,4 ans en moyenne, soit trois ans de plus que l’ensemble des femmes à leur première maternité. Les mères originaires d’Asie (hors Turquie) ont leur premier enfant à 29,0 ans, celles nées en Amérique ou en Océanie à 29,1 ans. Les immigrées européennes hors Espagne, Italie et Portugal ont leur premier enfant à 28,4 ans, soit quasiment au même âge que l’ensemble des femmes à leur première maternité.

Ces écarts reflètent en partie des différences de diplômes. Les femmes nées en Turquie ou au Portugal sont plus souvent sans diplôme que celles nées en Europe hors Portugal. Les facteurs culturels, comme la fécondité dans le pays d’origine, peuvent aussi expliquer les comportements différenciés de fécondité parmi les immigrées. Les conditions d’arrivée en France (âge, présence ou non d’enfant, motif de migration) peuvent aussi influencer le calendrier des naissances.

En 2006, les femmes immigrées donnaient aussi naissance à leur premier enfant six mois plus tôt que l’ensemble des femmes, comme en 2012. Les disparités selon le pays d’origine des mères ont peu évolué en six ans, à quelques exceptions près. Les immigrées européennes hors Espagne, Italie et Portugal sont les seules qui deviennent mères plus tôt en 2012 (28,4 ans) qu’en 2006 (28,6 ans). Les femmes immigrées nées en Espagne ou en Italie ont reporté leur première maternité d’une année entre 2006 et 2012, alors que l’ensemble des femmes ne l’a reportée que de 5 mois sur la même période. Ainsi, l'écart d'âge à la première maternité entre les femmes nées dans ces deux pays et l'ensemble des femmes, déjà le plus important en 2006, s’est accru, passant de 2,7 à 3,3 ans.

Figure 4 - Âge moyen à la première maternité selon le pays de naissance des mères immigrées, en 2006 et en 2012

en années
Figure 4 - Âge moyen à la première maternité selon le pays de naissance des mères immigrées, en 2006 et en 2012 (en années)
Pays de naissance 2006 2012
Turquie 23,8 24,3
Portugal 25,8 26,3
Afrique hors Maghreb 26,8 27,2
Maghreb 27,0 27,2
Europe hors Espagne, Italie, Portugal 28,6 28,4
Asie hors Turquie 28,6 29,0
Amérique, Océanie 28,5 29,1
Espagne, Italie 30,4 31,4
Ensemble des immigrées 27,2 27,6
Non immigrées 27,7 28,1
Ensemble 27,7 28,1
  • Note : les enfants nés avant l’arrivée en France sont également inclus dans l’analyse.
  • Lecture : en 2012, les mères immigrées nées en Turquie donnent naissance à leur premier enfant en moyenne à 24,3 ans.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, statistiques d’état civil et recensements de la population 2007 et 2013.

Figure 4 - Âge moyen à la première maternité selon le pays de naissance des mères immigrées, en 2006 et en 2012

  • Note : les enfants nés avant l’arrivée en France sont également inclus dans l’analyse.
  • Lecture : en 2012, les mères immigrées nées en Turquie donnent naissance à leur premier enfant en moyenne à 24,3 ans.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, statistiques d’état civil et recensements de la population 2007 et 2013.

Dans l’Union européenne, l’âge au premier enfant est le plus faible en Bulgarie

Dans l’Union européenne, l’âge moyen à la première maternité est de 28,8 ans en 2014 (figure 5). Il varie fortement d’un pays à l’autre. C’est en Bulgarie que les femmes deviennent mères le plus tôt, à 25,8 ans en moyenne. À l’inverse, l’âge moyen à la première maternité atteint ou dépasse les 30 ans en Grèce, au Luxembourg, en Espagne et en Italie. C’est en Italie que les femmes mettent au monde leur premier enfant le plus tard, en moyenne à 30,7 ans, soit cinq ans plus tard qu’en Bulgarie.

Entre 2010 et 2014, les femmes retardent l’arrivée de leur premier enfant dans tous les pays de l’Union européenne (exception faite de la Hongrie et de la Slovaquie où l’âge au premier enfant est stable). L’âge à la première maternité augmente plus rapidement qu’auparavant dans les pays du sud de l’Europe et au Royaume-Uni. En quatre ans, les femmes vivant au Portugal ont reporté leur première maternité de 13 mois, celles vivant en Grèce de 11 mois, et celles vivant en Espagne ou au Royaume-Uni de 10 mois. Cette augmentation rapide de l’âge au premier enfant est probablement à mettre en regard de la crise économique qui a débuté en 2008, et qui a pu entraîner un report plus marqué des projets de parentalité dans ces pays. En France, l’augmentation de l’âge à la première maternité est légère (+ 4 mois entre 2010 et 2014), sans accélération particulière après la crise.

Figure 5 - Âge moyen à la première maternité dans l’Union européenne, en 2010 et 2014

en années
Figure 5 - Âge moyen à la première maternité dans l’Union européenne, en 2010 et 2014 (en années)
Pays 2010 2014
Italie** 30,7
Espagne 29,8 30,6
Luxembourg 29,5 30,2
Grèce 29,1 30,0
Irlande 29,2 29,6
Pays-Bas 29,2 29,5
Allemagne 28,9 29,4
Suède 28,9 29,2
Portugal 28,1 29,2
Chypre 28,5 29,2
Danemark** 29,2
Autriche 28,2 28,9
Union européenne** 28,8
Royaume-Uni* 27,8 28,6
Finlande 28,3 28,6
Slovénie 28,4 28,6
Malte 27,4 28,6
Belgique 28,0 28,6
France 28,0 28,3
Croatie 27,5 28,1
République tchèque 27,6 28,1
Hongrie 27,7 27,7
Slovaquie 27,0 27,0
Lituanie 26,4 27,0
Pologne 26,5 26,9
Estonie 26,3 26,6
Lettonie 26,0 26,3
Roumanie 25,5 26,1
Bulgarie 25,6 25,8
  • * Les données du Royaume-Uni sont calculées sur le champ de l’Angleterre et du Pays de Galles.
  • ** Non disponibles en 2010.
  • Champ : Union européenne à 28.
  • Sources : Eurostat (extraction du 25 novembre 2016) et instituts nationaux de statistiques.

Figure 5 - Âge moyen à la première maternité dans l’Union européenne, en 2010 et 2014

  • * Les données du Royaume-Uni sont calculées sur le champ de l’Angleterre et du Pays de Galles.
  • ** Non disponibles en 2010.
  • Champ : Union européenne à 28.
  • Sources : Eurostat (extraction du 25 novembre 2016) et instituts nationaux de statistiques.

Un deuxième enfant 4 ans après le premier

En 2012, 43 % des nouveau-nés sont des premiers bébés et 35 % des seconds.

Pour les femmes qui ont eu un deuxième enfant en 2012, 4,0 ans en moyenne séparent cette naissance de la première. Cette durée varie selon le niveau d’études de la mère. Les diplômées du supérieur attendent moins longtemps pour avoir un deuxième bébé : il arrive en moyenne 3,7 ans après l’aîné. À l’inverse, les mères peu ou pas diplômées retardent davantage la naissance du deuxième enfant. En moyenne, le premier né a 4,3 ans de plus que son frère ou sa sœur.

Cette même année, les troisièmes bébés représentent 15 % des naissances. Pour les mères concernées, cette naissance intervient en moyenne 4,4 ans après la précédente. Là encore, les mères qui ont fait des études longues ont leur troisième enfant plus rapidement que les mères peu ou non diplômées (4,1 ans pour les premières, contre 4,4 ans pour les secondes). L'écart selon le diplôme est plus resserré que pour les premières et deuxièmes naissances.

Globalement, les plus diplômées commencent donc à constituer leur famille plus tard que les moins diplômées, mais lorsqu’elles ont plusieurs enfants, les naissances sont plus rapprochées.

L’écart d’âge moyen entre le premier et le deuxième enfant n’est pas la différence entre les âges moyens des mères au deuxième et au premier enfant. En effet, toutes les mères qui ont eu un premier enfant n’en auront pas nécessairement un second.

Sources

L'étude mobilise les statistiques d'état civil. Chaque naissance intervenant sur le territoire français doit faire l’objet d’un acte dressé par l’officier d’état civil de la commune. Les mairies transmettent ensuite ces bulletins de naissance à l’Insee, qui les exploite pour étudier la fécondité du pays.

Les bulletins de naissance ne permettent pas de calculer un rang de naissance fiable. Pour pouvoir étudier la fécondité par rang de naissance, l’Insee applique aux naissances de l’état civil la répartition des naissances par rang observée dans le recensement de la population. Cette méthode produit des âges à la maternité par rang cohérents avec les indicateurs globaux publiés par ailleurs.

Pour étudier la fécondité de l’année N, on utilise le recensement de l’année N+1 ou l’enquête annuelle de recensement (EAR) de l’année N+1. Le dernier recensement disponible est celui de 2013. Il compile les EAR de 2011 à 2015 et permet d’étudier la fécondité de l’année 2012. Les résultats jusqu’en 2012 sont définitifs. Pour les estimations provisoires de 2015, on mobilise l’EAR de 2016. Du fait d’effectifs moindres, elle n’autorise pas de décompositions fines. C’est pourquoi l’étude de l’âge moyen au premier enfant par diplôme ou par pays de naissance est obtenue à partir du recensement de 2013, et porte donc sur l’année 2012. On calcule, par diplôme ou par pays de naissance, des écarts d’âge à la première maternité par rapport à l’ensemble des femmes. Ces écarts sont ensuite appliqués à l’âge moyen à la première maternité calculé à partir des données d’état civil redressées.

Les estimations de population fournissent les populations moyennes des femmes par âge, utilisées pour établir les taux de fécondité nécessaires au calcul de l’.

Les données antérieures à 1960 portent sur les naissances légitimes uniquement. Pour les départements d’outre-mer, les statistiques d’état civil sur les naissances par âge de la mère ne sont disponibles que depuis 1998.

Les données portant sur l’Union européenne sont collectées par Eurostat auprès des instituts nationaux de statistiques des États membres. La dernière année disponible est 2014.

Définitions

L’âge de la mère à la naissance de l’enfant est l’âge atteint dans l’année, i. e. la différence entre l’année de naissance de l’enfant et celle de la mère.

Un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. Cette population se compose d’étrangers, mais aussi de personnes qui ont acquis la nationalité française. Tout étranger n’est pas nécessairement un immigré, et tout immigré n’est pas forcément un étranger.

L’âge moyen à la maternité est ici « calculé par les taux » : il est égal à la moyenne des âges des mères à la naissance de leur enfant pondérée par les taux de fécondité relatifs à chaque âge (i. e. le nombre de naissances pour 10 000 femmes à chaque âge). Il peut être interprété comme l’âge moyen auquel une génération fictive de mères donnerait naissance à leurs enfants si leurs taux de fécondité par âge étaient ceux observés l’année considérée. Il faut le distinguer de la moyenne arithmétique des âges à l’accouchement, où chaque âge est pondéré par les effectifs de mères de cet âge.

Calculé par les taux, l’âge moyen à la maternité neutralise les effets de structure de la population par âge. Cela permet de comparer des âges moyens entre pays ou dans le temps, quand bien même les proportions de femmes plus ou moins fécondes sont différentes. Si ces changements de structure influencent la moyenne arithmétique, ce n’est pas le cas de l’âge moyen calculé par les taux, qui reflète ainsi uniquement les comportements différenciés de fécondité.

Pour en savoir plus

Bellamy V., « En 2015, un nouveau-né sur vingt a une mère de 40 ans ou plus, comme en 1948 », Insee Focus n° 64, septembre 2016.

Davie E., « Un premier enfant à 28 ans », Insee Première n° 1419, octobre 2012.

Davie E., Niel X., « Mesurer et étudier la fécondité selon le rang de naissance : élaborer une statistique de nombre de naissances et d’âge à l’accouchement par rang », Documents de travail n° F1205, Insee, 2012.

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Recensement de la population 

Naissances 

Estimations de population