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Insee Première · Juillet 2026 · n° 2121
Insee PremièreBaisse des naissances depuis 2010 : les périphéries des grandes villes résistent mieux

Sophie Éblé, Luigi Muzzolin (Insee)

Entre 2010 et 2022, le nombre de naissances a chuté de 14 % en France hors Mayotte et recule encore de 11 % entre 2022 et 2025, sous l’effet d’une fécondité à son plus bas niveau depuis un siècle. L’ampleur de cette baisse varie fortement selon les territoires.

Dans près de quatre départements sur dix, situés principalement dans la moitié nord et le centre de la France, la natalité diminue sous un triple effet : recul de la fécondité et baisse du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants liée d’une part à l’évolution de la structure démographique et d’autre part aux déménagements. À l’inverse, dans les départements plus attractifs, notamment sur une partie du littoral atlantique et en régions francilienne et lyonnaise, l’arrivée d’habitants en âge d’avoir des enfants permet d’amortir ce déclin.

À l’échelle des aires d’attraction des villes, un même contraste se retrouve : les naissances diminuent fortement dans les petites aires (moins de 200 000 habitants) faute de renouvellement démographique, tandis que l’attractivité des plus grandes (plus de 700 000 habitants) compense en partie la baisse de la fécondité. Enfin, au sein même des plus grandes aires, les naissances se redistribuent des communes‑centres vers les périphéries, du fait des trajectoires résidentielles des familles.

Les données de l'infographie sont présentes dans l'onglet suivant : Étude
Publication rédigée par :Sophie Éblé, Luigi Muzzolin (Insee)

Une baisse des naissances d’ampleur historique, portée par le recul de la fécondité

Entre 2010 et 2022, les naissances enregistrées à l’état civil diminuent de 14 % en France hors Mayotte, passant de 833 000 à 715 000 (sources). Cette évolution tient avant tout au recul de la fécondité : l’ passe de 2,03 enfants par femme en 2010 à 1,76 en 2022. Sur la période récente (2022‑2025), le nombre de naissances recule encore de 11 %, sous l’effet d’un ICF qui diminue à 1,55 enfant par femme en 2025 en France hors Mayotte [Thélot, 2026]. L’indicateur atteint ainsi son plus bas niveau depuis 1918.

La baisse touche surtout les femmes de moins de 35 ans, et s’accompagne d’un décalage des naissances vers des âges plus tardifs. À l’échelle nationale, l’évolution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, de 15 à 50 ans, joue un rôle secondaire : après un recul entre 2010 et 2020, leur nombre augmente légèrement sur la fin de la période. La baisse des naissances reflète donc principalement les changements des comportements de fécondité.

Des contrastes territoriaux persistants

Entre 2010 et 2022, la baisse des naissances concerne l’ensemble des départements français à l’exception de Mayotte, de la Guyane et de la Haute‑Savoie (figure 1). Entre 2022 et 2025, le recul s’accélère et se généralise : même les départements où les naissances avaient relativement mieux résisté jusqu’en 2022, comme l’Essonne et la Gironde, enregistrent désormais une baisse sensible, tandis que la Guyane, Mayotte et la Haute‑Savoie basculent aussi dans le recul.

Figure 1 – Évolution des naissances entre 2010 et 2022, par département

en %
Figure 1 – Évolution des naissances entre 2010 et 2022, par département (en %) - Lecture : Entre 2010 et 2022, dans le département du Nord, les naissances ont baissé de 21,4 %.
Numéro de département Département Évolution des naissances entre 2010 et 2022
01 Ain -6,8
02 Aisne -24,6
03 Allier -20,5
04 Alpes-de-Haute-Provence -11,6
05 Hautes-Alpes -17,5
06 Alpes-Maritimes -8,9
07 Ardèche -18,3
08 Ardennes -28,1
09 Ariège -19,3
10 Aube -19,9
11 Aude -16,7
12 Aveyron -21,4
13 Bouches-du-Rhône -7,6
14 Calvados -21,3
15 Cantal -23,4
16 Charente -15,3
17 Charente-Maritime -19,2
18 Cher -21,2
19 Corrèze -18,6
21 Côte-d'Or -18,9
22 Côtes-d'Armor -21,9
23 Creuse -20,9
24 Dordogne -19,1
25 Doubs -22,8
26 Drôme -13,3
27 Eure -21,8
28 Eure-et-Loir -21,0
29 Finistère -19,8
2A Corse-du-Sud -9,9
2B Haute-Corse -14,3
30 Gard -14,7
31 Haute-Garonne -2,9
32 Gers -14,9
33 Gironde -2,4
34 Hérault -5,3
35 Ille-et-Vilaine -12,5
36 Indre -22,3
37 Indre-et-Loire -13,7
38 Isère -16,9
39 Jura -23,6
40 Landes -12,9
41 Loir-et-Cher -22,0
42 Loire -16,8
43 Haute-Loire -21,1
44 Loire-Atlantique -5,6
45 Loiret -14,9
46 Lot -18,7
47 Lot-et-Garonne -16,7
48 Lozère -21,5
49 Maine-et-Loire -18,3
50 Manche -18,9
51 Marne -20,2
52 Haute-Marne -27,3
53 Mayenne -23,3
54 Meurthe-et-Moselle -24,6
55 Meuse -31,3
56 Morbihan -17,4
57 Moselle -21,1
58 Nièvre -25,1
59 Nord -21,4
60 Oise -18,1
61 Orne -27,3
62 Pas-de-Calais -24,6
63 Puy-de-Dôme -13,6
64 Pyrénées-Atlantiques -11,9
65 Hautes-Pyrénées -15,0
66 Pyrénées-Orientales -10,8
67 Bas-Rhin -15,0
68 Haut-Rhin -21,1
69 Rhône -11,5
70 Haute-Saône -30,6
71 Saône-et-Loire -21,7
72 Sarthe -19,7
73 Savoie -16,2
74 Haute-Savoie 0,5
75 Paris -23,0
76 Seine-Maritime -18,4
77 Seine-et-Marne -8,2
78 Yvelines -10,4
79 Deux-Sèvres -23,4
80 Somme -23,0
81 Tarn -18,3
82 Tarn-et-Garonne -14,5
83 Var -6,7
84 Vaucluse -15,6
85 Vendée -23,7
86 Vienne -21,8
87 Haute-Vienne -18,3
88 Vosges -29,2
89 Yonne -24,2
90 Territoire de Belfort -28,2
91 Essonne -2,0
92 Hauts-de-Seine -18,7
93 Seine-Saint-Denis -9,0
94 Val-de-Marne -12,3
95 Val-d'Oise -2,8
971 Guadeloupe -22,4
972 Martinique -28,1
973 Guyane 27,3
974 La Réunion -7,0
976 Mayotte 47,5
FR France hors Mayotte -14,1
  • Note : Pour Mayotte, l'évolution du nombre de naissances est calculée sur la période 2014-2022, en raison de l'indisponibilité des données d'état civil antérieures à 2014.
  • Lecture : Entre 2010 et 2022, dans le département du Nord, les naissances ont baissé de 21,4 %.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, État civil (naissances) 2009-2011, 2014 et 2021-2023.

Figure 1 – Évolution des naissances entre 2010 et 2022, par département

  • Notes : En France hors Mayotte, les naissances ont baissé de 14,1 %. Pour Mayotte, l'évolution du nombre de naissances est calculée sur la période 2014-2022, en raison de l'indisponibilité des données d'état civil antérieures à 2014.
  • Lecture : Entre 2010 et 2022, dans le département du Nord, les naissances ont baissé de 21,4 %.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, État civil (naissances) 2009-2011, 2014 et 2021-2023.

L’ICF baisse également dans la quasi‑totalité des départements entre 2010 et 2022 (figure 2), puis dans l’ensemble d’entre eux entre 2022 et 2025. Les écarts territoriaux persistent : plusieurs départements parmi les moins féconds en 2010 le restent en 2022 et en 2025, comme Paris ou les départements corses, tandis que les zones historiquement plus fécondes conservent des niveaux relativement élevés. C’est le cas du Val‑d’Oise et de la Seine‑Saint‑Denis (ICF supérieur à 1,9 enfant par femme en 2025). De même, la fécondité reste nettement supérieure à la moyenne nationale à Mayotte, en Guyane et à La Réunion.

Figure 2 – Indice conjoncturel de fécondité (ICF) en 2022 et évolution entre 2010 et 2022, par département

en nombre d’enfants par femme
Figure 2 – Indice conjoncturel de fécondité (ICF) en 2022 et évolution entre 2010 et 2022, par département (en nombre d’enfants par femme) - Lecture : En 2022, l’ICF dans le Val-d’Oise est de 2,21 enfants par femme. Il a baissé de 0,13 enfant par femme entre 2010 et 2022.
Numéro de département Département ICF en 2022 Évolution de l'ICF entre 2010 et 2022
01 Ain 1,76 -0,26
02 Aisne 1,94 -0,29
03 Allier 1,72 -0,29
04 Alpes-de-Haute-Provence 1,76 -0,16
05 Hautes-Alpes 1,78 -0,27
06 Alpes-Maritimes 1,77 -0,16
07 Ardèche 1,77 -0,32
08 Ardennes 1,78 -0,24
09 Ariège 1,66 -0,28
10 Aube 1,80 -0,32
11 Aude 1,78 -0,23
12 Aveyron 1,67 -0,32
13 Bouches-du-Rhône 1,90 -0,19
14 Calvados 1,61 -0,33
15 Cantal 1,67 -0,10
16 Charente 1,76 -0,20
17 Charente-Maritime 1,64 -0,29
18 Cher 1,87 -0,24
19 Corrèze 1,70 -0,19
21 Côte-d'Or 1,52 -0,29
22 Côtes-d'Armor 1,81 -0,35
23 Creuse 1,63 -0,12
24 Dordogne 1,71 -0,17
25 Doubs 1,65 -0,44
26 Drôme 1,89 -0,25
27 Eure 1,96 -0,23
28 Eure-et-Loir 2,03 -0,19
29 Finistère 1,68 -0,30
2A Corse-du-Sud 1,39 -0,25
2B Haute-Corse 1,35 -0,26
30 Gard 1,90 -0,22
31 Haute-Garonne 1,51 -0,27
32 Gers 1,77 -0,13
33 Gironde 1,56 -0,25
34 Hérault 1,65 -0,24
35 Ille-et-Vilaine 1,62 -0,36
36 Indre 1,72 -0,27
37 Indre-et-Loire 1,63 -0,29
38 Isère 1,77 -0,33
39 Jura 1,72 -0,32
40 Landes 1,76 -0,24
41 Loir-et-Cher 1,90 -0,32
42 Loire 1,90 -0,27
43 Haute-Loire 1,73 -0,34
44 Loire-Atlantique 1,74 -0,34
45 Loiret 1,95 -0,21
46 Lot 1,62 -0,30
47 Lot-et-Garonne 1,79 -0,18
48 Lozère 1,64 -0,21
49 Maine-et-Loire 1,80 -0,33
50 Manche 1,82 -0,22
51 Marne 1,70 -0,27
52 Haute-Marne 1,69 -0,29
53 Mayenne 2,01 -0,34
54 Meurthe-et-Moselle 1,46 -0,33
55 Meuse 1,72 -0,34
56 Morbihan 1,85 -0,24
57 Moselle 1,52 -0,28
58 Nièvre 1,71 -0,18
59 Nord 1,73 -0,35
60 Oise 1,90 -0,24
61 Orne 1,91 -0,23
62 Pas-de-Calais 1,84 -0,33
63 Puy-de-Dôme 1,59 -0,28
64 Pyrénées-Atlantiques 1,56 -0,23
65 Hautes-Pyrénées 1,68 -0,23
66 Pyrénées-Orientales 1,76 -0,22
67 Bas-Rhin 1,52 -0,30
68 Haut-Rhin 1,69 -0,29
69 Rhône 1,70 -0,38
70 Haute-Saône 1,74 -0,43
71 Saône-et-Loire 1,80 -0,28
72 Sarthe 1,89 -0,28
73 Savoie 1,71 -0,34
74 Haute-Savoie 1,71 -0,24
75 Paris 1,37 -0,24
76 Seine-Maritime 1,82 -0,24
77 Seine-et-Marne 1,91 -0,23
78 Yvelines 1,98 -0,21
79 Deux-Sèvres 1,73 -0,32
80 Somme 1,69 -0,27
81 Tarn 1,78 -0,24
82 Tarn-et-Garonne 1,99 -0,19
83 Var 1,88 -0,20
84 Vaucluse 1,98 -0,23
85 Vendée 1,79 -0,38
86 Vienne 1,63 -0,25
87 Haute-Vienne 1,68 -0,09
88 Vosges 1,70 -0,28
89 Yonne 1,89 -0,18
90 Territoire de Belfort 1,74 -0,31
91 Essonne 2,10 -0,13
92 Hauts-de-Seine 1,65 -0,35
93 Seine-Saint-Denis 2,13 -0,31
94 Val-de-Marne 1,80 -0,33
95 Val-d'Oise 2,21 -0,13
971 Guadeloupe 2,08 -0,04
972 Martinique 1,85 -0,17
973 Guyane 3,61 0,24
974 La Réunion 2,37 0,01
FR France hors Mayotte 1,76 -0,27
  • Lecture : En 2022, l’ICF dans le Val-d’Oise est de 2,21 enfants par femme. Il a baissé de 0,13 enfant par femme entre 2010 et 2022.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Estimations localisées de population, Recensements de la population 2010 et 2022.

Figure 2 – Indice conjoncturel de fécondité (ICF) en 2022 et évolution entre 2010 et 2022, par département

Bouches-du-Rhône Charente-Maritime Doubs Corse-du-Sud Haute-Corse Haute-Garonne Gers Gironde Ille-et-Vilaine Mayenne Meurthe-et-Moselle Hautes-Pyrénées Haute-Savoie Paris Haute-Vienne Essonne Seine-Saint-Denis Val-d'Oise Guadeloupe Martinique La Réunion France (hors Mayotte) France (hors Mayotte) -0,5 -0,4 -0,3 -0,2 -0,1 0,0 1,25 1,50 1,75 2,00 2,25 2,50 évolution de l'ICF entre 2010 et 2022 (en nombre d'enfants par femme) valeur de l'ICF en 2022 (en nombre d'enfants par femme)
  • Lecture : En 2022, l’ICF dans le Val-d’Oise est de 2,21 enfants par femme. Il a baissé de 0,13 enfant par femme entre 2010 et 2022.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Estimations localisées de population, Recensements de la population 2010 et 2022.

L’analyse des mécanismes à l’origine des évolutions territoriales des naissances est réalisée sur la période 2010‑2022, à partir des dernières données du recensement de la population disponibles. Elle permet de décomposer l’évolution des naissances en trois effets : l’effet , l’effet d’évolution spontanée (c’est‑à‑dire hors mobilités résidentielles) de la structure démographique des femmes en âge d’avoir des enfants, et l’effet des mobilités résidentielles au sein du territoire français ou avec l’étranger (méthodes).

Un cumul d’effets défavorables dans près de quatre départements sur dix

Dans près de quatre départements métropolitains sur dix, la baisse des naissances entre 2010 et 2022 est due à un cumul de facteurs défavorables : fécondité en repli, déficit migratoire et vieillissement structurel de la population féminine (figure 3). Sont concernés une large partie des départements de la moitié nord et du centre de la France. Les baisses de naissances y sont parmi les plus fortes, dépassant souvent 25 %. Ces territoires ont en commun une attractivité résidentielle limitée : les départs de femmes en âge d’avoir des enfants ne sont pas compensés par de nouvelles arrivées. Dans certains départements comme la Mayenne ou le Pas‑de‑Calais, le recul des naissances est accentué par la chute d’une fécondité qui était particulièrement élevée en 2010, et qui recule désormais plus fortement qu’en moyenne nationale.

Figure 3 – Typologie des départements selon l’effet contribuant le plus à l’évolution des naissances entre 2010 et 2022

Figure 3 – Typologie des départements selon l’effet contribuant le plus à l’évolution des naissances entre 2010 et 2022 - Lecture : Dans le Pas-de-Calais, la baisse des naissances résulte du cumul de trois effets défavorables : recul de la fécondité, évolution de la structure démographique de la population féminine et départs de femmes en âge d’avoir des enfants.
Numéro de département Département Typologie
01 Ain Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
02 Aisne Cumul d’effets défavorables
03 Allier Cumul d’effets défavorables
04 Alpes-de-Haute-Provence Effet démographique prédominant
05 Hautes-Alpes Effet taux de fécondité prédominant
06 Alpes-Maritimes Effet démographique prédominant
07 Ardèche Effet taux de fécondité prédominant
08 Ardennes Cumul d’effets défavorables
09 Ariège Effet taux de fécondité prédominant
10 Aube Effet taux de fécondité prédominant
11 Aude Effet taux de fécondité prédominant
12 Aveyron Effet taux de fécondité prédominant
13 Bouches-du-Rhône Effet démographique prédominant
14 Calvados Cumul d’effets défavorables
15 Cantal Cumul d’effets défavorables
16 Charente Cumul d’effets défavorables
17 Charente-Maritime Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
18 Cher Cumul d’effets défavorables
19 Corrèze Effet démographique prédominant
21 Côte-d'Or Effet taux de fécondité prédominant
22 Côtes-d'Armor Cumul d’effets défavorables
23 Creuse Cumul d’effets défavorables
24 Dordogne Effet démographique prédominant
25 Doubs Effet taux de fécondité prédominant
26 Drôme Effet taux de fécondité prédominant
27 Eure Cumul d’effets défavorables
28 Eure-et-Loir Cumul d’effets défavorables
29 Finistère Effet taux de fécondité prédominant
2A Corse-du-Sud Effet mobilités résidentielles prédominant
2B Haute-Corse Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
30 Gard Effet taux de fécondité prédominant
31 Haute-Garonne Effet mobilités résidentielles prédominant
32 Gers Effet démographique prédominant
33 Gironde Effet mobilités résidentielles prédominant
34 Hérault Effet mobilités résidentielles prédominant
35 Ille-et-Vilaine Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
36 Indre Cumul d’effets défavorables
37 Indre-et-Loire Effet taux de fécondité prédominant
38 Isère Effet taux de fécondité prédominant
39 Jura Cumul d’effets défavorables
40 Landes Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
41 Loir-et-Cher Cumul d’effets défavorables
42 Loire Effet taux de fécondité prédominant
43 Haute-Loire Cumul d’effets défavorables
44 Loire-Atlantique Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
45 Loiret Effet taux de fécondité prédominant
46 Lot Cumul d’effets défavorables
47 Lot-et-Garonne Effet démographique prédominant
48 Lozère Effet taux de fécondité prédominant
49 Maine-et-Loire Effet taux de fécondité prédominant
50 Manche Cumul d’effets défavorables
51 Marne Cumul d’effets défavorables
52 Haute-Marne Cumul d’effets défavorables
53 Mayenne Cumul d’effets défavorables
54 Meurthe-et-Moselle Cumul d’effets défavorables
55 Meuse Cumul d’effets défavorables
56 Morbihan Effet taux de fécondité prédominant
57 Moselle Effet taux de fécondité prédominant
58 Nièvre Cumul d’effets défavorables
59 Nord Cumul d’effets défavorables
60 Oise Cumul d’effets défavorables
61 Orne Cumul d’effets défavorables
62 Pas-de-Calais Cumul d’effets défavorables
63 Puy-de-Dôme Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
64 Pyrénées-Atlantiques Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
65 Hautes-Pyrénées Effet démographique prédominant
66 Pyrénées-Orientales Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
67 Bas-Rhin Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
68 Haut-Rhin Cumul d’effets défavorables
69 Rhône Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
70 Haute-Saône Cumul d’effets défavorables
71 Saône-et-Loire Cumul d’effets défavorables
72 Sarthe Cumul d’effets défavorables
73 Savoie Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
74 Haute-Savoie Effet mobilités résidentielles prédominant
75 Paris Effet taux de fécondité prédominant
76 Seine-Maritime Cumul d’effets défavorables
77 Seine-et-Marne Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
78 Yvelines Effet taux de fécondité prédominant
79 Deux-Sèvres Cumul d’effets défavorables
80 Somme Cumul d’effets défavorables
81 Tarn Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
82 Tarn-et-Garonne Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
83 Var Effet démographique prédominant
84 Vaucluse Effet taux de fécondité prédominant
85 Vendée Effet taux de fécondité prédominant
86 Vienne Effet taux de fécondité prédominant
87 Haute-Vienne Effet taux de fécondité prédominant
88 Vosges Cumul d’effets défavorables
89 Yonne Cumul d’effets défavorables
90 Territoire de Belfort Cumul d’effets défavorables
91 Essonne Effet mobilités résidentielles prédominant
92 Hauts-de-Seine Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
93 Seine-Saint-Denis Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
94 Val-de-Marne Effet taux de fécondité prédominant avec amortissement migratoire
95 Val-d'Oise Effet taux de fécondité prédominant
971 Guadeloupe Cumul d’effets défavorables
972 Martinique Cumul d’effets défavorables
973 Guyane Effet démographique prédominant
974 La Réunion Effet mobilités résidentielles prédominant
976 Mayotte nd
  • nd : non disponible.
  • Lecture : Dans le Pas-de-Calais, la baisse des naissances résulte du cumul de trois effets défavorables : recul de la fécondité, évolution de la structure démographique de la population féminine et départs de femmes en âge d’avoir des enfants.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, État civil (naissances) 2009-2011 et 2021-2023, Recensements de la population 2010 et 2022.

Figure 3 – Typologie des départements selon l’effet contribuant le plus à l’évolution des naissances entre 2010 et 2022

  • Lecture : Dans le Pas-de-Calais, la baisse des naissances résulte du cumul de trois effets défavorables : recul de la fécondité, évolution de la structure démographique de la population féminine et départs de femmes en âge d’avoir des enfants.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, État civil (naissances) 2009-2011 et 2021-2023, Recensements de la population 2010 et 2022.

Dans 26 départements, localisés notamment dans le Sud‑Est et dans plusieurs départements de l’Ouest, la baisse des naissances est principalement portée par celle de la fécondité. Les apports migratoires, bien que positifs, restent insuffisants pour amortir la tendance, car ils ne compensent pas, ou à peine, l’évolution spontanée de la population des femmes en âge d’avoir des enfants.

L’arrivée de nouveaux habitants atténue la baisse des naissances dans les départements attractifs

Dans 18 départements majoritairement urbains ou situés sur le littoral atlantique (petite couronne francilienne, région lyonnaise, Charente‑Maritime, Ille‑et‑Vilaine, etc.), l’arrivée de ménages en âge d’avoir des enfants limite l’ampleur de la baisse des naissances, sans toutefois en inverser la tendance [Khamallah et al., 2025]. Dans 6 départements particulièrement attractifs, l’effet des mobilités résidentielles est même prédominant. La baisse plus contenue des naissances repose ainsi sur l’apport de nouveaux habitants. Par exemple, en Gironde et en Haute‑Garonne, cet apport compense largement les effets du recul de la fécondité, ce qui permet de maintenir les naissances à un niveau proche de 2010 (respectivement ‑2,4 % et ‑2,9 %). En Haute‑Savoie, l’évolution est même légèrement positive (+0,5 %).

Des territoires où la structure démographique pèse fortement sur la natalité

Dans 9 départements, l’évolution spontanée (hors mobilités territoriales) du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants est le principal facteur du déclin des naissances. Ce groupe se compose de territoires ruraux ou montagneux (comme le Gers ou les Hautes‑Pyrénées), mais aussi de départements littoraux urbanisés de la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur. Le recul de la natalité s’explique principalement par la diminution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants plutôt que par une chute de la fécondité, celle‑ci étant moins marquée qu’en moyenne nationale. Les arrivées de nouveaux habitants atténuent en partie la baisse des naissances, mais ne suffisent pas à l’annuler.

Ce groupe présente néanmoins des niveaux de fécondité contrastés. En particulier, l’ICF se maintient à un niveau plus élevé qu’en moyenne dans les Bouches‑du‑Rhône, tandis qu’il reste à un niveau bas dans le Gers et les Hautes‑Pyrénées.

Des évolutions contrastées dans l’outre‑mer

Les DROM présentent des évolutions très différenciées. La Guyane se distingue par une croissance des naissances très soutenue (+27 %), portée par une population jeune et une fécondité encore plus élevée qu’en 2010 (3,61 enfants par femme en 2022). Mayotte est dans une position similaire (croissance des naissances de 2014 à 2022 de +47 %). La Martinique et la Guadeloupe enregistrent quant à elles une chute des naissances nettement plus marquée qu’en moyenne nationale (respectivement ‑28 % et ‑22 % entre 2010 et 2022). Dans ces deux territoires, la baisse du nombre de mères potentielles explique la chute de la natalité. Elle résulte d’un double effet : les nombreux départs de jeunes adultes vers l’Hexagone et le vieillissement des femmes en âge d’avoir des enfants. Enfin, La Réunion occupe une position intermédiaire : la baisse des naissances, plus modérée (‑7 %), s’explique principalement par les départs d’habitants, la fécondité restant élevée (2,37 enfants par femme en 2022).

Un recul des naissances plus fort dans les petites aires d’attraction des villes

L’ampleur de la baisse des naissances varie fortement selon la taille des  : moins l’aire est peuplée, plus le recul est fort (figure 4). Si le repli de la fécondité est partout le principal moteur de la baisse, son impact varie selon les évolutions démographiques et migratoires locales.

Figure 4 – Évolution des naissances et de l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) entre 2010 et 2022, selon la taille des AAV¹ et la catégorie de commune

en nombre d’enfants par femme
Figure 4 – Évolution des naissances et de l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) entre 2010 et 2022, selon la taille des AAV¹ et la catégorie de commune (en nombre d’enfants par femme) - Lecture : Entre 2010 et 2022, dans les communes-centres des AAV de 700 000 habitants ou plus, les naissances ont reculé de 9,5 % et l’ICF a baissé de 0,26 enfant par femme.
Taille de l’AAV¹ et catégorie de commune Évolution des naissances entre 2010 et 2022
(en %)
ICF 2010 ICF 2022 Évolution de l'ICF entre 2010 et 2022
Aire de Paris -12,1 2,04 1,77 -0,26
Commune-centre -23,0 1,56 1,38 -0,18
Autre commune du pôle principal -10,4 2,20 1,90 -0,30
Commune d'un pôle secondaire -10,3 2,50 2,22 -0,28
Commune de la couronne -8,5 2,13 1,90 -0,22
AAV¹ de 700 000 habitants ou plus -9,0 1,95 1,65 -0,30
Commune-centre -9,5 1,75 1,49 -0,26
Autre commune du pôle principal -9,4 2,12 1,73 -0,39
Commune d'un pôle secondaire -14,2 1,75 1,52 -0,23
Commune de la couronne -8,2 2,17 1,86 -0,30
AAV¹ de 200 000 à 700 000 habitants -14,3 1,98 1,72 -0,26
Commune-centre -16,4 1,85 1,63 -0,22
Autre commune du pôle principal -13,1 2,01 1,76 -0,25
Commune de la couronne -13,2 2,12 1,83 -0,29
AAV¹ de 50 000 à 200 000 habitants -18,2 2,10 1,83 -0,27
Commune-centre -18,3 2,07 1,85 -0,22
Commune de la couronne -18,2 2,14 1,84 -0,30
AAV¹ de moins de 50 000 habitants -24,0 2,11 1,81 -0,30
Communes hors attraction des villes -20,7 2,14 1,87 -0,26
France (hors Mayotte) -14,1 2,03 1,76 -0,27
  • 1. Aire d’attraction des villes.
  • Lecture : Entre 2010 et 2022, dans les communes-centres des AAV de 700 000 habitants ou plus, les naissances ont reculé de 9,5 % et l’ICF a baissé de 0,26 enfant par femme.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, État civil (naissances) 2009-2011 et 2021-2023, Recensements de la population 2010 et 2022.

Entre 2010 et 2022, dans les petites AAV de moins de 50 000 habitants et les communes situées hors de l’attraction d’une ville, la chute des naissances dépasse 20 %. D’une part, le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants diminue (‑11 %), sous l’effet combiné de l’évolution de la structure démographique et des départs vers des zones plus peuplées. Aux âges de forte fécondité, ce recul est particulièrement net chez les 20‑29 ans (‑16 %), mais concerne aussi les 30‑34 ans (‑8 %). D’autre part, la hausse de la fécondité après 35 ans, liée au report des naissances, ne suffit pas à compenser son fort recul aux âges plus jeunes.

Dans les AAV de taille intermédiaire (50 000 à 200 000 habitants), l’effet des mobilités résidentielles est quasi nul. La baisse des naissances (‑18 %) est donc essentiellement due au recul de la fécondité et à un effet démographique défavorable.

L’attractivité des grandes AAV amortit la baisse de la natalité

Dans les grandes AAV, la baisse des naissances est plus limitée : ‑14 % dans celles de 200 000 à 700 000 habitants et ‑9 % dans celles de 700 000 habitants ou plus (hors Paris). L’importance relative de l’offre d’emploi et d’études dans les grandes AAV favorise l’arrivée de populations en âge d’avoir des enfants.

Parmi les AAV de 700 000 habitants ou plus, trois configurations se distinguent. Dans les aires de Bordeaux, Nantes, Toulouse et Montpellier, l’apport de nouveaux habitants est suffisamment élevé pour compenser presque intégralement le déclin de la fécondité et l’effet démographique (figure 5). À Bordeaux par exemple, la contribution de l’effet des mobilités résidentielles (+21,1 points) se traduit par une quasi‑stabilité du nombre de naissances.

Figure 5 – Décomposition de l’évolution des naissances entre 2010 et 2022 dans les aires d’attraction des villes (AAV) de 700 000 habitants ou plus

en points de %
Figure 5 – Décomposition de l’évolution des naissances entre 2010 et 2022 dans les aires d’attraction des villes (AAV) de 700 000 habitants ou plus (en points de %) - Lecture : Dans l’AAV de Bordeaux, l’apport migratoire de femmes en âge d’avoir des enfants a contribué positivement à hauteur de +21,1 points, compensant la baisse de la fécondité (-12,9 points) et l’évolution de la structure démographique locale (-7,6 points), ce qui aboutit à une quasi-stabilité des naissances (+0,6 %).
AAV Évolution des naissances entre 2010 et 2022
(en %)
Effet taux de fécondité Effet démographique Effet mobilités résidentielles
Bordeaux 0,6 -12,9 -7,6 21,1
Nantes -0,4 -14,0 -3,6 17,1
Montpellier -4,0 -17,2 -6,5 19,7
Toulouse -4,1 -16,7 -6,7 19,3
Marseille – Aix-en-Provence -6,9 -5,7 -7,2 5,9
Rennes -8,9 -19,7 -2,8 13,5
Lyon -10,2 -16,7 -3,3 9,8
Paris -12,1 -12,6 -4,5 4,9
Strasbourg (partie française) -12,5 -13,9 -6,7 8,1
Rouen -14,3 -12,7 -4,4 2,8
Lille (partie française) -18,2 -19,2 -1,3 2,3
Grenoble -20,5 -18,6 -5,0 3,1
  • Lecture : Dans l’AAV de Bordeaux, l’apport migratoire de femmes en âge d’avoir des enfants a contribué positivement à hauteur de +21,1 points, compensant la baisse de la fécondité (-12,9 points) et l’évolution de la structure démographique locale (-7,6 points), ce qui aboutit à une quasi-stabilité des naissances (+0,6 %).
  • Champ : Aire d’attractions des villes de 700 000 habitants ou plus de France hors Mayotte.
  • Source : Insee, État civil (naissances) 2009-2011 et 2021-2023, Recensements de la population 2010 et 2022.

Figure 5 – Décomposition de l’évolution des naissances entre 2010 et 2022 dans les aires d’attraction des villes (AAV) de 700 000 habitants ou plus

  • Lecture : Dans l’AAV de Bordeaux, l’apport migratoire de femmes en âge d’avoir des enfants a contribué positivement à hauteur de +21,1 points, compensant la baisse de la fécondité (-12,9 points) et l’évolution de la structure démographique locale (-7,6 points), ce qui aboutit à une quasi-stabilité des naissances (+0,6 %).
  • Champ : Aire d’attractions des villes de 700 000 habitants ou plus de France hors Mayotte.
  • Source : Insee, État civil (naissances) 2009-2011 et 2021-2023, Recensements de la population 2010 et 2022.

L’atténuation n’est toutefois que partielle dans les aires de Lyon, Rennes et Strasbourg où le recul des naissances avoisine les 10 %. Bien que l’attractivité reste forte, elle ne suffit pas à compenser une baisse marquée de la fécondité, comme à Rennes où sa contribution négative atteint ‑19,7 points. Enfin, les aires de Lille, Grenoble et Rouen enregistrent les baisses les plus élevées (jusqu’à ‑20,5 % à Grenoble), l’apport migratoire étant trop limité (contribution de +2,3 à +3,1 points) pour freiner la chute des naissances.

Les AAV de Paris et de Marseille – Aix‑en‑Provence présentent des profils spécifiques. Dans l’aire de Paris, la baisse (‑12,1 %) reflète presque exclusivement le recul de la fécondité, le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants étant resté quasi stable entre 2010 et 2022. À l’inverse, l’aire de Marseille – Aix‑en‑Provence affiche la plus forte résistance de la fécondité : l’effet défavorable lié à l’évolution des comportements de fécondité ne contribue qu’à hauteur de ‑5,7 points à la baisse des naissances, soit l’impact négatif le moins fort des grandes AAV. Cette spécificité permet de limiter le recul des naissances (‑6,9 %) malgré un apport migratoire peu soutenu.

Dans les grandes AAV, une baisse des naissances plus forte dans les communes‑centres

Au sein des grandes aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris), les perdent un peu plus de naissances que leurs (‑9,5 % contre ‑8,2 %). Pourtant, le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants y augmente plus fortement (+8,7 % contre +3,8 %), en particulier chez les moins de 30 ans. Ce décalage entre attractivité et natalité s’explique par une fécondité structurellement plus faible (ICF de 1,49 contre 1,86 dans les couronnes). Elle reflète les trajectoires résidentielles : les jeunes couples s’installent souvent dans les centres puis déménagent en périphérie au moment de l’agrandissement de la famille pour accéder à des logements plus grands et plus abordables [Audenaert et al., 2020]. Ce phénomène est accentué par une chute de la fécondité particulièrement marquée chez les 25‑29 ans. Dans les communes‑centres, cette tranche d’âge contribue à la quasi‑totalité de la baisse des naissances, alors qu’elle n’en explique que la moitié au niveau national.

Publication rédigée par :Sophie Éblé, Luigi Muzzolin (Insee)
Publication rédigée par :Sophie Éblé, Luigi Muzzolin (Insee)

Sources

Le recensement de la population (RP) est la seule source permettant de disposer des populations à un niveau géographique fin, tel que celui des aires d’attraction des villes (AAV). Le dernier millésime disponible au moment de la réalisation de l’étude (2022) est issu des enquêtes annuelles de recensement réalisées entre 2020 et 2024 et porte sur la France hors Mayotte.

La décomposition de l’évolution des naissances entre 2010 et 2022 (méthodes) s’appuie sur les données du recensement pour le dénombrement des populations locales, et sur l’état civil pour le suivi annuel des naissances domiciliées au lieu de résidence de la mère. Les données de l’état civil ont été mobilisées sur la même période que le RP (2010‑2022) afin de comparer des évolutions cohérentes temporellement. Pour réduire la volatilité annuelle des naissances au niveau local, les données sont lissées à partir d’une moyenne triennale centrée : pour une année N, les naissances correspondent à la moyenne des années N‑1, N et N+1. Ainsi l’évolution entre 2010 et 2022 compare les populations du RP 2010 et 2022 et le nombre moyen de naissances des périodes 2009‑2011 et 2021‑2023 de l’état civil.

Méthodes

Décomposition de la variation des naissances :

L’évolution du nombre de naissances dans un territoire résulte de la combinaison de trois facteurs distincts, décomposés selon la méthode suivante :

L’effet taux de fécondité traduit l’impact de l’évolution des comportements reproductifs. Il mesure la variation des naissances due au seul changement des comportements de fécondité.

L’effet démographique mesure la variation des naissances liée au renouvellement naturel des générations : l’évolution de la population des femmes en âge d’avoir des enfants, de 15 à 50 ans, initialement présente et résidant dans la zone se traduit par des entrées et des sorties de la vie féconde, en s’appuyant sur l’hypothèse d’une « population fermée » (sans flux migratoires).
Par exemple, la population attendue en 2022 des femmes de 30 ans est égale à la population des femmes de 18 ans en 2010 qui ont survécu entre 2010 et 2022.

L’effet mobilités résidentielles évalue l’impact sur le volume des naissances des flux migratoires de femmes en âge d’avoir des enfants, qu’il s’agisse de mouvements entre territoires français ou avec l’étranger (solde entre entrées et départs). Il s’agit d’un solde migratoire apparent, calculé par l’écart entre la population des femmes de 15 à 50 ans réellement observée et la population théorique « attendue » pour ces femmes si le territoire était resté fermé.

Une typologie départementale est construite à partir de la contribution relative de chacun des trois effets à l’évolution des naissances entre 2010 et 2022. Pour chaque département, l’effet principal est identifié comme celui dont la contribution, en valeur absolue, est la plus élevée. Si les trois contributions sont négatives, le département est classé dans le profil « cumul d’effets défavorables ». Parmi les territoires pour lesquels l’effet taux de fécondité est prédominant, on distingue les territoires pour lesquels la contribution de l’effet des mobilités résidentielles est supérieure à 5 points, afin de mettre en évidence les territoires avec des flux migratoires élevés qui atténuent la baisse des naissances.

Définitions

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

Le taux de fécondité à un âge donné est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.

Une aire d’attraction d’une ville (AAV) est un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué d’un pôle de population et d’emploi, et d’une couronne qui regroupe les communes dont au moins 15 % des actifs occupés travaillent dans le pôle.

Le pôle est un ensemble de communes contiguës déterminé principalement à partir de critères de densité, de population totale et de nombre d’emplois. La commune la plus peuplée du pôle est appelée commune‑centre.