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Insee Conjoncture Corse · Janvier 2026 · n° 57
Insee Conjoncture CorseUne activité économique encore dynamique dans un marché du travail en berne Note de conjoncture régionale - 3e trimestre 2025

Marie-Pierre Nicolaï, Déborah Caruso (Insee)

Au troisième trimestre 2025, en Corse, l’activité régionale progresse, portée par la hausse de la fréquentation touristique. Cette fréquentation augmente surtout dans les campings insulaires, et plus encore dans les transports, en particulier maritimes. Toutefois, le marché du travail insulaire se tend. L’emploi stagne tandis que le taux de chômage régional augmente.

Insee Conjoncture Corse
No 57
Paru le :Paru le12/01/2026
 trimestre 2025
Publication rédigée par :Marie-Pierre Nicolaï, Déborah Caruso (Insee)

L’activité économique progresse dans les services liés au tourisme

Au troisième trimestre 2025, l’activité économique régionale progresse de 0,5 % par rapport au troisième trimestre 2024 (figure 1). Cette évolution contraste avec le recul observé au niveau national (-0,3 %). En Corse, la hausse des heures rémunérées est portée par les services marchands hors intérim, où le volume progresse de 1,1 %. L’activité s’intensifie particulièrement dans les secteurs touristiques.

Figure 1Contributions sectorielles mensuelles à l'évolution des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année précédente - Corse

(évolution en %, contribution en points)
Contributions sectorielles mensuelles à l'évolution des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année précédente - Corse ((évolution en %, contribution en points))
Période Industrie Construction Services principalement marchands Services principalement non marchands Évolution totale
janv. 2024 0,2 -0,5 1,0 0,3 1,0
févr. 2024 0,1 -0,5 0,9 0,3 0,8
mars 2024 0,0 -0,8 0,5 0,1 -0,2
avril 2024 0,1 -0,3 0,9 0,2 0,9
mai 2024 0,1 -0,6 1,2 0,0 0,8
juin 2024 -0,1 -0,6 0,4 0,0 -0,2
juil. 2024 0,1 -0,4 0,5 0,2 0,5
août 2024 0,0 -0,4 0,4 0,2 0,2
sept. 2024 0,0 -0,5 0,7 0,2 0,4
oct. 2024 0,2 -0,7 0,7 0,2 0,4
nov. 2024 0,0 -0,7 0,2 0,0 -0,5
déc. 2024 0,1 -1,1 0,6 0,2 -0,2
janv. 2025 -0,1 -0,7 0,5 0,0 -0,3
févr. 2025 -0,1 -0,2 0,2 -0,1 -0,2
mars 2025 -0,1 -0,8 0,2 0,1 -0,5
avril 2025 0,0 -0,9 0,3 0,3 -0,3
mai 2025 -0,1 -0,8 0,1 0,1 -0,7
juin 2025 0,0 -0,8 1,1 0,2 0,5
juil. 2025 -0,1 -0,6 1,1 0,2 0,6
août 2025 -0,2 -0,1 0,7 0,1 0,6
sept. 2025 0,0 -0,6 0,7 0,2 0,3
oct. 2025 -0,1 -0,6 0,1 0,1 -0,4
  • Notes : Ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré. Le dernier mois est provisoire.
  • Champ : Secteur privé hors secteur agricole.
  • Source : DSN, traitement Insee.

Figure 1Contributions sectorielles mensuelles à l'évolution des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année précédente - Corse

  • Notes : Ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré. Le dernier mois est provisoire.
  • Champ : Secteur privé hors secteur agricole.
  • Source : DSN, traitement Insee.

Ainsi, par rapport au même trimestre de 2024, l’activité augmente nettement dans l’hébergement-restauration (+2,6 %), et les transports (+2,1 %). La hausse est plus modérée dans le commerce ainsi que dans l’industrie agro-alimentaire (+0,3 % chacun).

En parallèle, la valeur ajoutée régionale augmenterait de 0,5 % sur le trimestre, au-delà de la prévision initiale (+0,3 %). Le tertiaire marchand apporterait une contribution de +0,2 point. Ce nouvel indicateur est estimé sous l’hypothèse que les valeurs ajoutées par secteurs d’activité évoluent de façon uniforme sur le territoire national (pour comprendre).

La fréquentation touristique dope les campings et surtout le trafic maritime

Au troisième trimestre 2025, le nombre de nuitées passées dans les hébergements marchands insulaires augmente de 0,6 % par rapport au troisième trimestre 2024. Cette hausse provient principalement des campings (+1,5 %), où la clientèle française (+7,0 %) privilégie les emplacements équipés de bungalows, chalets ou mobil-homes (figure 2). Leur afflux compense le repli de la clientèle internationale (-5,6 %). Dans les hôtels, la fréquentation se stabilise par rapport à l’année précédente. La clientèle étrangère s’accroît (+4,5 %), tandis que celle en provenance de France diminue (-2,3 %). Dans les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT), la fréquentation baisse légèrement (-0,4 %), en lien avec le repli de la clientèle originaire de France (-1,9 %), majoritaire dans ce type d’établissement.

Figure 2Évolution du nombre de nuitées totales dans les hôtels par rapport au même mois de l'année précédente

(en %)
Évolution du nombre de nuitées totales dans les hôtels par rapport au même mois de l'année précédente ((en %))
Période Corse France
janv. 2024 -2,1 -2,5
févr. 2024 -0,5 -1,7
mars 2024 22,9 6,9
avril 2024 9,2 -8,9
mai 2024 14,5 -0,5
juin 2024 8,9 -4,7
juil. 2024 9,4 -6,1
août 2024 11,5 0,7
sept. 2024 9,9 -2,8
oct. 2024 13,9 1,3
nov. 2024 8,4 4,1
déc. 2024 7,7 2,1
janv. 2025 0,0 1,9
févr. 2025 -0,5 -0,4
mars 2025 -2,2 -6,9
avril 2025 2,5 9,5
mai 2025 -2,9 0,5
juin 2025 3,6 5,9
juil. 2025 1,5 7,5
août 2025 -2,0 3,5
sept. 2025 0,9 1,4
oct. 2025 6,4 3,4
  • Notes : Le dernier mois est provisoire. Données mensuelles brutes.
  • Source : Insee, enquête de fréquentation dans les hébergements touristiques.

Figure 2Évolution du nombre de nuitées totales dans les hôtels par rapport au même mois de l'année précédente

  • Notes : Le dernier mois est provisoire. Données mensuelles brutes.
  • Source : Insee, enquête de fréquentation dans les hébergements touristiques.

La progression du trafic de passagers est deux fois supérieure à celle du nombre de nuitées dans l’hébergement marchand insulaire. Pour cause, depuis plusieurs années, les formes d’hébergement touristique se diversifient. D’une part, les locations saisonnières via les plateformes se sont développées et atteindraient, à présent, un palier. D’autre part, le tourisme affinitaire (séjour chez des amis ou la famille) progresserait parallèlement à la croissance de population. Or, ces deux modes d’hébergement ne relèvent pas du champ de l’hébergement collectif marchand.

Au troisième trimestre 2025, 4,2 millions de passagers transitent par les ports et aéroports insulaires. Avec 52 700 passagers supplémentaires, le transport de voyageurs dépasse ainsi de 1,3 % le niveau du troisième trimestre 2024. Entre juillet et septembre, la hausse est nettement plus élevée dans le maritime (+2,1 %), que dans l’aérien (+0,2 %).

Le dynamisme économique est sans effet sur l’emploi régional

Au troisième trimestre 2025, l’emploi salarié se stabilise en Corse comme au niveau national. Fin septembre, la région totalise 129 200 emplois. Par rapport au trimestre précédent, le secteur privé est stable.

Le tertiaire marchand hors intérim maintient ses effectifs (figure 3). Le commerce crée 160 emplois nouveaux (+0,8 %). Les activités scientifiques-techniques-administratives et de soutien progressent de 1,2 % avec plus de 100 emplois supplémentaires. En revanche, le dynamisme de la saison touristique est sans effet sur l’emploi dans l’hébergement−restauration (-0,2 %) et dans les transports et entreposage (-0,7 %).

Figure 3Évolution de l'emploi salarié par secteur - Corse

(indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2018)
Évolution de l'emploi salarié par secteur - Corse ((indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2018))
Période Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
4ᵉ trim. 2018 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2019 103,9 101,1 102,7 99,9
2ᵉ trim. 2019 104,3 101,2 103,1 100,9
3ᵉ trim. 2019 105,0 100,3 103,1 101,2
4ᵉ trim. 2019 106,2 100,8 103,4 101,1
1ᵉ trim. 2020 106,3 100,0 102,8 101,6
2ᵉ trim. 2020 108,2 94,9 91,5 100,5
3ᵉ trim. 2020 109,9 98,1 99,5 102,3
4ᵉ trim. 2020 111,3 100,1 103,5 102,8
1ᵉ trim. 2021 113,4 100,9 103,8 103,4
2ᵉ trim. 2021 114,0 101,4 104,2 103,4
3ᵉ trim. 2021 114,0 101,6 106,2 103,9
4ᵉ trim. 2021 114,4 103,7 108,7 104,6
1ᵉ trim. 2022 114,9 103,7 110,1 105,1
2ᵉ trim. 2022 115,0 104,9 110,5 105,3
3ᵉ trim. 2022 115,1 103,7 110,1 105,1
4ᵉ trim. 2022 115,3 103,8 111,1 105,4
1ᵉ trim. 2023 114,6 104,8 112,0 105,7
2ᵉ trim. 2023 114,7 104,8 111,6 106,4
3ᵉ trim. 2023 114,1 104,8 111,5 106,6
4ᵉ trim. 2023 113,1 106,1 110,7 107,2
1ᵉ trim. 2024 111,9 106,6 111,2 107,8
2ᵉ trim. 2024 110,8 106,4 110,6 108,2
3ᵉ trim. 2024 110,3 106,5 111,0 108,3
4ᵉ trim. 2024 108,1 106,7 111,2 108,4
1ᵉ trim. 2025 106,2 106,2 111,3 108,7
2ᵉ trim. 2025 104,0 105,0 111,4 109,3
3ᵉ trim. 2025 103,2 105,1 111,5 109,0
  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : Emploi salarié total hors intérim.
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3Évolution de l'emploi salarié par secteur - Corse

  • Notes : Données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS, en fin de trimestre.
  • Champ : Emploi salarié total hors intérim.
  • Sources : Insee, Estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Les effectifs salariés de la construction reculent de 0,8 %, soit une baisse importante mais moins marquée qu’au trimestre précédent. Porté par la vigueur du secteur agroalimentaire (+1,5 %), l’emploi industriel se maintient après deux trimestres de repli.

Après une croissance continue depuis le second semestre 2022, les effectifs du secteur public diminuent (-0,4 %). Pour cause, le tertiaire non marchand réduit ses effectifs pour la première fois en trois ans (-0,2 %). La baisse concerne principalement l’enseignement (-1,9 %). En revanche, l’emploi progresse dans les activités de santé (+0,8 %).

Fin septembre, la région dénombre par ailleurs 800 emplois intérimaires.

Au troisième trimestre 2025, le taux de chômage localisé s’établit à 6,6 % de la population active en Corse, en hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Il reste inférieur de 1,1 point au taux de chômage national. En France hors Mayotte, le taux de chômage atteint 7,7 % de la population active, soit 0,1 point de plus qu’au deuxième trimestre 2025. Il augmente de 0,3 point sur un an.

Encadré 1 Contexte national - Consolidation modérée, croissance ravivée

La France est montée à bord de la reprise européenne, avec une croissance de +0,5 % cet été, permise par la soudaine levée des contraintes d’offre dans l’aéronautique. L’activité ralentirait un peu en fin d’année (+0,2 %), puis la croissance se stabiliserait au premier semestre 2026 à +0,3 % par trimestre. La croissance française atteindrait ainsi +0,9 % en 2025 et +1,0 % d’acquis à mi-année pour 2026.

Toutefois, cette légère embellie conjoncturelle ne se transmettrait guère à l’emploi. Le nombre d’alternants poursuivrait sa baisse entamée cet été. L’emploi salarié serait stable sur un an mi-2026 et l’emploi total augmenterait uniquement du fait des non-salariés. Le chômage s’élèverait un peu, à 7,8 % mi-2026.

Encadré 2 Contexte international - Cet été, l’économie globale reprend son cours normal

Dans un contexte de tensions commerciales, l’économie mondiale retrouve un rythme plus ordinaire cet été. Aux États-Unis, la croissance demeure soutenue au troisième trimestre (+1,0 %). Elle s’est un peu élevée dans la zone euro (+0,3 % après 0,1 %) avec des performances nationales contrastées : l’Espagne et la France conservent une dynamique solide, tandis que les économies allemande et italienne stagnent. Au Royaume-Uni, l’activité ralentit. Portée par des exportations vers de nouveaux marchés, l’activité chinoise maintient une hausse soutenue (+1,1 %).

Publication rédigée par :Marie-Pierre Nicolaï, Déborah Caruso (Insee)
Avertissement méthodologique

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Pour comprendre

Les analyses conjoncturelles régionales s’enrichissent depuis le troisième trimestre 2025 de l’évolution trimestrielle de la valeur ajoutée d’un territoire. Cette évolution est la moyenne des évolutions sectorielles nationales pondérée par les poids sectoriels du territoire considéré.

Emploi salarié :

Nomenclature :

Publication rédigée par :Marie-Pierre Nicolaï, Déborah Caruso (Insee)

Pour en savoir plus

(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.

(2) Insee, « Au troisième trimestre 2025, l’emploi salarié est stable dans la majorité des régions », Informations Rapides no 3, janvier 2026.

(3) Tableau de bord de la conjoncture corse.

(4) Insee, « Consolidation modérée, croissance ravivée  », Note de conjoncture, décembre 2025.