L'essentiel sur... les salaires
Quelle est l’évolution des salaires dans le secteur privé et dans la fonction publique ? Les écarts entre femmes et hommes se réduisent-ils ? Quelles différences de salaires entre territoires ?...
L’essentiel sur… les salaires fournit des éléments de cadrage pour aborder ces questions, à l’aide de chiffres clés représentés de manière visuelle et d’un court commentaire.
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1. Combien les salariés gagnent-ils en moyenne en France ?
En 2024, les salariés du secteur privé gagnent en moyenne 2 730 euros net par mois en équivalent temps plein (c’est-à-dire pour un volume de travail correspondant à un temps complet). Le salaire diffère selon la catégorie socioprofessionnelle : 4 630 euros net mensuels en moyenne pour les cadres, contre 1 940 euros pour les employés et 2 050 euros pour les ouvriers.
Dans la fonction publique, les salariés – qu’ils soient fonctionnaires ou non – gagnent en moyenne 2 650 euros net par mois en équivalent temps plein en 2023. Cette moyenne recouvre des disparités selon le statut et la catégorie hiérarchique des agents. Le salaire net moyen des fonctionnaires s’élève à 2 710 euros et celui des autres agents de la fonction publique (hors personnels médicaux) à 2 210 euros.
tableauSalaires mensuels net moyens en équivalent temps plein en 2024 dans le secteur privé
| Caractéristiques | Salaire |
|---|---|
| Cadres1 | 4 630 |
| Professions intermédiaires | 2 630 |
| Employés | 1 940 |
| Ouvriers | 2 050 |
| Femmes | 2 510 |
| Hommes | 2 890 |
| Ensemble | 2 730 |
- 1. Y compris chefs d'entreprises salariés.
- Lecture : en 2024, le salaire net moyen en équivalent temps plein des salariés du privé est de 2 730 euros.
- Champ : France, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l’agriculture et salariés des particuliers employeurs.
- Source : Insee, base Tous salariés 2024.
graphiqueSalaires mensuels net moyens en équivalent temps plein en 2024 dans le secteur privé

- 1. Y compris chefs d'entreprises salariés.
- Lecture : en 2024, le salaire net moyen en équivalent temps plein des salariés du privé est de 2 730 euros.
- Champ : France, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l’agriculture et salariés des particuliers employeurs.
- Source : Insee, base Tous salariés 2024.
2. Comment ont évolué les salaires au cours des dernières décennies ?
Entre 1996 et 2024, le salaire net moyen en équivalent temps plein des salariés du secteur privé a augmenté de 13,9 %, en euros constants (c’est-à-dire corrigé de l’inflation), soit +0,5 % par an en moyenne. Le salaire des ouvriers a progressé de 17,3 % sur cette période, soit plus rapidement que celui des autres catégories socioprofessionnelles (+11,1 % pour les employés, +0,5 % pour les cadres et +0,9 % pour les professions intermédiaires). Les salaires d’une partie des employés et des ouvriers, notamment les moins qualifiés, sont proches du Smic. De ce fait, ils peuvent bénéficier de ses revalorisations, directement ou par un effet de diffusion, au travers notamment d’accords de branches. Les salaires des cadres sont quant à eux davantage sensibles aux chocs conjoncturels, car ils intègrent une part variable liée à la performance individuelle ou collective, en général plus forte que pour les autres catégories socioprofessionnelles.
Sur une période plus récente, entre la crise économique de 2008-2009 et 2024, le salaire net en équivalent temps plein a augmenté en moyenne de 4,2 % en euros constants dans le privé, soit une hausse de 0,3 % en moyenne par an. Entre 2009 et 2023, il a légèrement diminué dans l'ensemble de la fonction publique (-0,6 % sur la période, soit 0,0 % en moyenne par an), avec cependant des évolutions différentes selon les versants : -0,2 % en moyenne par an dans la fonction publique d’État, -0,1 % en moyenne par an dans la fonction publique territoriale et +0,4 % en moyenne par an dans la fonction publique hospitalière, qui a bénéficié des primes exceptionnelles versées durant la crise sanitaire puis des mesures de revalorisations prises dans le cadre des accords du Ségur de la Santé.
tableauÉvolution du salaire net moyen en équivalent temps plein dans le secteur privé
| Année | Cadres² | Professions intermédiaires |
Employés | Ouvriers | Ensemble |
|---|---|---|---|---|---|
| 1996 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| 1997 | 100,5 | 100,1 | 100,7 | 100,9 | 100,6 |
| 1998 | 100,9 | 100,2 | 101,9 | 101,4 | 101,6 |
| 1999 | 103,4 | 100,7 | 102,4 | 102,4 | 103,1 |
| 2000 | 105,2 | 100,7 | 101,8 | 102,6 | 103,6 |
| 2001 | 106,1 | 100,1 | 102,4 | 103,4 | 104,3 |
| 2002 | 106,3 | 100,0 | 102,5 | 104,1 | 104,4 |
| 2003 | 105,6 | 100,0 | 102,4 | 104,6 | 104,5 |
| 2004 | 105,1 | 99,5 | 102,0 | 105,1 | 104,6 |
| 2005 | 106,1 | 100,0 | 103,1 | 106,3 | 105,7 |
| 2006 | 106,4 | 100,5 | 103,4 | 105,8 | 105,9 |
| 2007 | 108,7 | 101,5 | 104,3 | 107,3 | 107,6 |
| 2008 | 108,0 | 101,4 | 104,4 | 108,6 | 107,9 |
| 2009 | 106,3 | 101,4 | 105,6 | 110,9 | 109,3 |
| 2010 | 107,6 | 101,6 | 105,5 | 110,7 | 109,8 |
| 2011 | 105,8 | 101,5 | 106,7 | 113,5 | 110,2 |
| 2012 | 104,8 | 100,3 | 105,9 | 112,9 | 109,7 |
| 2013 | 103,5 | 99,9 | 106,2 | 112,6 | 109,5 |
| 2014 | 104,0 | 100,6 | 107,1 | 113,1 | 110,0 |
| 2015 | 105,1 | 101,1 | 108,0 | 114,4 | 111,3 |
| 2016 | 105,4 | 101,2 | 108,0 | 114,6 | 111,7 |
| 2017 | 105,6 | 102,2 | 108,7 | 115,1 | 112,7 |
| 2018 | 105,4 | 101,7 | 108,7 | 115,3 | 113,1 |
| 2019 | 104,6 | 103,1 | 110,7 | 117,7 | 114,3 |
| 2020 | 106,6 | 104,5 | 112,9 | 118,5 | 117,8 |
| 2021 | 104,7 | 103,3 | 112,1 | 117,4 | 115,6 |
| 2022 | 103,4 | 102,4 | 111,2 | 116,2 | 114,1 |
| 2023 | 100,5 | 101,0 | 110,6 | 115,9 | 113,0 |
| 2024 | 100,5 | 100,9 | 111,1 | 117,3 | 113,9 |
- 1. Corrigées de l'inflation.
- 2. Y compris chefs d'entreprise salariés.
- Note : les apprentis et les stagiaires sont dans une catégorie socio-professionnelle à part.
- Lecture : entre 1996 et 2024, le salaire net moyen en équivalent temps plein dans le secteur privé a augmenté de 13,9 % en euros constants.
- Champ : France depuis 2000, France métropolitaine jusqu'en 1999, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l’agriculture et salariés des particuliers-employeurs.
- Source : Insee, bases Tous salariés, séries longues sur les salaires.
graphiqueÉvolution du salaire net moyen en équivalent temps plein dans le secteur privé

- 1. Y compris chefs d'entreprise salariés.
- 2. Corrigées de l'inflation.
- Note : les apprentis et les stagiaires sont dans une catégorie socio-professionnelle à part, non représentée sur ce graphique.
- Lecture : entre 1996 et 2024, le salaire net moyen en équivalent temps plein dans le secteur privé a augmenté de 13,9 % en euros constants.
- Champ : France depuis 2000, France métropolitaine jusqu'en 1999, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l’agriculture et salariés des particuliers-employeurs.
- Source : Insee, bases Tous salariés, séries longues sur les salaires.
3. Quel est l'écart entre les hauts et les bas salaires ?
En 2023, la moitié des salariés du secteur privé perçoit moins de 2 180 euros net par mois en équivalent temps plein. Ce salaire net médian est inférieur de 20 % au salaire moyen, ce qui traduit une plus forte concentration des salaires dans le bas de la distribution. Un salarié sur dix gagne moins de 1 510 euros net (1ᵉʳ décile, D1), alors que le Smic mensuel net s’établit à 1 383 euros fin 2023. À l’autre extrémité de la distribution, un salarié sur dix perçoit plus de 4 300 euros (9ᵉ décile, D9) ; le ratio interdécile (D9/D1), qui est une mesure de la dispersion des salaires, est donc de 2,8. Un salarié sur cent gagne plus de 10 220 euros net (99ᵉ centile), soit plus de sept fois le Smic.
Dans la fonction publique, le salaire net médian en équivalent temps plein s’établit à 2 380 euros par mois en 2023. L’éventail des salaires y est globalement plus resserré que dans le privé : le 9ᵉ décile (3 800 euros) est 2,3 fois plus élevé que le 1ᵉʳ décile (1 670 euros).
tableauDispersion des salaires mensuels net en équivalent temps plein en 2023
| Quantile | Secteur privé | Fonction publique |
|---|---|---|
| 1ᵉʳ décile | 1 510 | 1 670 |
| 1ᵉʳ quartile | 1 740 | 1 950 |
| Médiane | 2 180 | 2 380 |
| 3ᵉ quartile | 2 990 | 2 990 |
| 9ᵉ décile | 4 300 | 3 800 |
- Lecture : en 2023, un salarié dans le privé sur deux perçoit un salaire net mensuel inférieur à 2 180 euros en équivalent temps plein (médiane). Un sur quatre perçoit un salaire mensuel supérieur à 2 990 euros (3ᵉ quartile), un sur dix un salaire mensuel supérieur à 4 300 euros (9ᵉ décile).
- Champ : France hors Mayotte, ensemble des salariés ; hors apprentis, stagiaires, salariés de l'agriculture et des particuliers employeurs pour le privé ; hors militaires, apprentis, contrats d’engagement du service public, internes et externes médicaux, assistants maternels et familiaux et y compris contrats aidés pour la fonction publique.
- Source : Insee, base Tous salariés 2023, système d'information sur les agents des services publics (Siasp) 2023.
graphiqueDispersion des salaires mensuels net en équivalent temps plein en 2023

- Lecture : en 2023, un salarié dans le privé sur deux perçoit un salaire net mensuel inférieur à 2 180 euros en équivalent temps plein (médiane). Un sur quatre perçoit un salaire mensuel supérieur à 2 990 euros (3ᵉ quartile), un sur dix un salaire mensuel supérieur à 4 300 euros (9ᵉ décile).
- Champ : France hors Mayotte, ensemble des salariés ; hors apprentis, stagiaires, salariés de l'agriculture et des particuliers employeurs pour le privé ; hors militaires, apprentis, contrats d’engagement du service public, internes et externes médicaux, assistants maternels et familiaux et y compris contrats aidés pour la fonction publique.
- Source : Insee, base Tous salariés 2023, système d'information sur les agents des services publics (Siasp) 2023.
4. Les écarts de salaire entre les femmes et les hommes se réduisent-ils ?
Dans le secteur privé, les femmes salariées gagnent en moyenne 15,0 % de moins que les hommes en équivalent temps plein, c’est-à-dire pour un même volume de travail (chiffres de 2022). À cet écart de salaire s’ajoutent des inégalités de volume de travail, les femmes étant bien plus souvent à temps partiel et moins souvent en emploi dans l’année que les hommes. Le concept de revenu salarial, ensemble des rémunérations effectivement perçues par le salarié quel que soit son volume de travail dans l'année, tient compte de ces deux sources d’écart : dans le secteur privé, les femmes perçoivent en moyenne un revenu salarial inférieur de 23,4 % à celui des hommes, soit un écart de 10,3 points inférieur à celui observé en 1995 (33,7 %). Ces inégalités sont moins élevées dans la fonction publique : l’écart de salaire en équivalent temps plein entre les femmes et les hommes y est de 11,9 % et celui de revenu salarial de 13,5 %.
Dans le privé comme dans le public, la majeure partie de l’écart de salaire net moyen en équivalent temps plein entre les femmes et les hommes résulte des différences de positions professionnelles : les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes métiers, n’ont pas les mêmes grades et statuts, ne travaillent pas dans les mêmes entreprises ou ministères.
tableauÉcarts de rémunération nette moyenne entre les femmes et les hommes
| Année | Salaire en équivalent temps plein | Revenu salarial | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Secteur privé | Fonction publique | Secteur privé | Fonction publique | |||
| Ancienne série | Nouvelle série | Ancienne série | Nouvelle série | |||
| 1995 | 22,1 | 14,8 | nd | 33,7 | 18,7 | nd |
| 1996 | 22,6 | 15,5 | nd | 34,2 | 19,9 | nd |
| 1997 | 22,2 | 15,3 | nd | 34,0 | 19,4 | nd |
| 1998 | 21,9 | 14,8 | nd | 34,0 | 19,4 | nd |
| 1999 | 21,5 | 14,3 | nd | 34,3 | 19,1 | nd |
| 2000 | 22,2 | 14,6 | nd | 34,5 | 19,2 | nd |
| 2001 | 22,2 | 14,8 | nd | 34,1 | 18,9 | nd |
| 2002 | 22,0 | 14,6 | nd | 33,9 | 19,1 | nd |
| 2003 | 21,6 | 14,6 | nd | 33,4 | 19,3 | nd |
| 2004 | 21,4 | 14,7 | nd | 32,9 | 19,4 | nd |
| 2005 | 21,1 | 14,7 | nd | 32,5 | 19,6 | nd |
| 2006 | 20,8 | 14,8 | nd | 32,0 | 19,7 | nd |
| 2007 | 21,0 | 14,5 | nd | 31,8 | 19,2 | nd |
| 2008 | 21,0 | 15,0 | nd | 31,9 | 19,1 | nd |
| 2009 | 20,4 | 17,0 | nd | 30,4 | 21,4 | nd |
| 2010 | 20,0 | 16,4 | nd | 29,9 | 19,4 | nd |
| 2011 | 19,7 | 17,0 | nd | 29,8 | 19,5 | nd |
| 2012 | 19,7 | 16,5 | nd | 29,6 | 18,6 | nd |
| 2012¹ | 19,8 | 16,5 | nd | 29,8 | 18,6 | nd |
| 2013 | 19,4 | 16,1 | nd | 28,7 | 19,9 | nd |
| 2014 | 19,0 | 15,6 | nd | 28,3 | 19,1 | nd |
| 2015 | 19,0 | 15,2 | nd | 27,8 | 18,5 | nd |
| 2016 | 18,2 | 14,4 | nd | 27,2 | 17,6 | nd |
| 2017 | 17,9 | 14,0 | nd | 27,1 | 17,1 | nd |
| 2018 | 17,6 | 14,2 | nd | 26,6 | 17,4 | nd |
| 2019 | 16,7 | 14,4 | nd | 25,8 | 17,5 | nd |
| 2020 | 15,8 | 13,3 | nd | 24,6 | 16,7 | nd |
| 2021² | 15,6 | 12,7 | 12,1 | 24,5 | 15,6 | 14,0 |
| 2022 | 15,0 | nd | 11,9 | 23,4 | nd | 13,5 |
- nd : donnée non disponible.
- 1. Depuis le 1er janvier 2013, les cotisations patronales pour complémentaire santé obligatoire (CPCSO) ne sont plus exonérées d’impôt sur le revenu et entrent de ce fait dans le calcul du revenu salarial. Une estimation du montant de ces cotisations a été effectuée pour l’année 2012 afin de permettre la comparaison entre le revenu salarial en 2012 et le revenu salarial en 2013.
- 2. Rupture de série pour la fonction publique.
- Note : évolutions lissées entre 2002 et 2006 ; le revenu salarial et le salaire en équivalent temps plein (EQTP) sont calculés sur l'ensemble des postes occupés par un individu pendant l'année, quel que soit le secteur (privé ou public). Les salariés sont classés dans le secteur qui correspond à leur poste principal, c'est-à-dire à celui de l'entreprise dans laquelle leur nombre de jours rémunérés est le plus important (ou, en cas d'égalité, leur rémunération nette). En 2009, un changement de système d’information (Siasp) provoque une légère rupture de série sur les salaires versés par le secteur public. Les statistiques sont calculées sur un sous-échantillon avant 2007, et sur la totalité ensuite.
- Lecture : en 2022, le salaire en EQTP des femmes est inférieur à celui des hommes de 15,0 % pour les salariés travaillant principalement dans le secteur privé et de 11,9 % pour ceux travaillant principalement dans la fonction publique.
- Champ : France métropolitaine de 1995 à 2001, France hors Mayotte depuis 2002 ; ensemble des salariés hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles, élus et salariés des particuliers-employeurs.
- Source : Insee, panel Tous salariés 2022.
graphiqueÉcarts de rémunération nette moyenne entre les femmes et les hommes

- 1. Depuis le 1er janvier 2013, les cotisations patronales pour complémentaire santé obligatoire (CPCSO) ne sont plus exonérées d’impôt sur le revenu et entrent de ce fait dans le calcul du revenu salarial. Une estimation du montant de ces cotisations a été effectuée pour l’année 2012 afin de permettre la comparaison entre le revenu salarial en 2012 et le revenu salarial en 2013.
- 2. Rupture de série pour la fonction publique.
- Note : évolutions lissées entre 2002 et 2006 ; le revenu salarial et le salaire en équivalent temps plein (EQTP) sont calculés sur l'ensemble des postes occupés par un individu pendant l'année, quel que soit le secteur (privé ou public). Les salariés sont classés dans le secteur qui correspond à leur poste principal, c'est-à-dire à celui de l'entreprise dans laquelle leur nombre de jours rémunérés est le plus important (ou, en cas d'égalité, leur rémunération nette). En 2009, un changement de système d’information (Siasp) provoque une légère rupture de série sur les salaires versés par le secteur public. Les statistiques sont calculées sur un sous-échantillon avant 2007, et sur la totalité ensuite.
- Lecture : en 2022, le salaire en EQTP des femmes est inférieur à celui des hommes de 15,0 % pour les salariés travaillant principalement dans le secteur privé et de 11,9 % pour ceux travaillant principalement dans la fonction publique.
- Champ : France métropolitaine de 1995 à 2001, France hors Mayotte depuis 2002 ; ensemble des salariés hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles, élus et salariés des particuliers-employeurs.
- Source : Insee, panel Tous salariés 2022.
1. Une série vidéo pour faire le tour de la question
Épisode 1 : qu'est-ce que le salaire ?
Version texte de la vidéo (pdf, 38 Ko )
Épisode 2 : comment mesurer les écarts de salaires ?
Version texte de la vidéo (pdf, 37 Ko )
Épisode 3 : la distribution des salaires
Version texte de la vidéo (pdf, 40 Ko )
Épisode 4 : les écarts de salaire femmes-hommes
Version texte de la vidéo (pdf, 39 Ko )
2. Le suivi annuel des salaires
Le suivi annuel des salaires vise à disposer d’un système intégré entre indicateurs macroéconomiques et données individuelles sur la distribution des salaires.
Sources utilisées dans le secteur privé et le secteur public
Le suivi annuel des salaires mobilise principalement les bases Tous Salariés, sources statistiques construites à partir des déclarations sociales ou des données administratives.
Les informations relatives au secteur privé sont issues des déclarations annuelles de données sociales (DADS) et des déclarations sociales nominatives (DSN) qui s’y sont largement substituées depuis 2018. Les informations relatives à la fonction publique sont issues depuis 2009 du système d’information sur les agents des services publics (Siasp), alimenté principalement par les fichiers mensuels de paye de l’État pour les agents civils de la fonction publique de l’État (FPE) et par les DADS pour ceux de la fonction publique territoriale (FPT), de la fonction publique hospitalière (FPH) et de certains établissements publics relevant de la FPE. La déclaration sociale nominative (DSN) s’applique progressivement à la fonction publique, avec une montée en charge entre 2020 et 2022 : elle devient ainsi la source unique de suivi annuel des salaires, commune au privé et au public.
Deux enquêtes statistiques complètent ces sources administratives : l’enquête de l’Insee sur le coût de la main‑d’œuvre et la structure des salaires (Ecmoss) ainsi que l’enquête de la Dares, service statistique du ministère du Travail, sur l'activité et les conditions d’emploi de la main‑d’œuvre (Acemo).
La mesure du salaire net et du salaire brut
La mesure du salaire net est construite à partir du salaire net fiscal renseigné dans les déclarations administratives. Elle ne couvre pas les montants d’épargne salariale placés sur un plan d’épargne d’entreprise qui ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Depuis 2013, elle couvre, en tant qu’avantage en nature, les cotisations pour complémentaire santé obligatoire payées par l’employeur (année à partir de laquelle celles‑ci sont devenues imposables et ont donc été intégrées dans le salaire net fiscal).
La mesure du salaire brut est construite à partir de l'assiette de CSG déclarée dans les déclarations sociales. Elle couvre l'ensemble des composantes du salaire brut, en particulier les montants d'épargne salariale (qu'ils soient directement perçus par les salariés ou mis sur un plan d'épargne d'entreprise) et les cotisations patronales pour complémentaire santé obligatoire.
Un indicateur phare : le salaire en EQTP
L’unité statistique considérée est le poste de travail, chaque poste correspondant au cumul sur un an des périodes d’emploi d’un même salarié dans un même établissement. Si un salarié occupe plusieurs postes dans des établissements différents en cours d’année (simultanément ou successivement), chacun de ses postes est pris en considération au prorata de sa durée.
Le salaire en équivalent temps plein (EQTP) est un salaire converti à un temps plein pendant toute l’année, quel que soit le volume de travail effectif. Pour calculer le salaire moyen en EQTP ou sa distribution, tous les postes, y compris ceux à temps partiel, sont pris en compte au prorata de leur volume de travail effectif.
S’agissant des données structurelles, les publications de l’Insee sur les salaires dans le privé et dans le public reposent principalement sur l’analyse du salaire net en EQTP : niveau et évolution moyens, distribution, ventilation par sexe, catégorie socioprofessionnelle (statut dans la fonction publique), secteurs d’activité (types d’établissements dans la fonction publique). Les principales statistiques sont également diffusées pour le salaire brut en EQTP ainsi que pour les salaires horaires bruts et net.
Des décompositions éclairantes des évolutions de salaires
L’évolution du salaire moyen d'une année sur l’autre peut se décomposer entre les évolutions des salaires et celles des effectifs de groupes de salariés. Les salariés peuvent être répartis en trois groupes selon leurs évènements de carrières sur ces années :
- les salariés dits « en place », c’est-à-dire présents durant les deux années chez le même employeur, qui représentent une majorité de salariés. La rémunération moyenne des personnes en place (RMPP) augmente en général plus rapidement que le salaire moyen de l’ensemble des salariés, dans la mesure où son évolution intègre les gains liés à l’ancienneté et aux progressions de carrière au sein des entreprises ou de la fonction publique ;
- les salariés qui entrent sur le marché du travail au cours de l’une des deux années (les « entrants ») puis, réciproquement, ceux qui en sortent (les « sortants »). En général, l'écart de salaire moyen entre les « entrants » et les « sortants » contribue négativement à l'évolution du salaire moyen de l'ensemble des salariés : cela reflète le fait que les jeunes générations entrantes sont moins rémunérées que celles partant à la retraite (« effet de noria ») ;
- les salariés dits « fluctuants », qui ne sont dans aucune des deux premières catégories.
À titre d’illustration, entre 2018 et 2019, le salaire net moyen en équivalent temps plein des salariés de la fonction publique d’État s’est presque stabilisé en euros constants (-0,1 %). La rémunération des personnes en place a augmenté de 1,5 %, contribuant pour +1,0 point à l'évolution d’ensemble. Cette hausse n’a pas suffi à compenser les baisses pour les autres groupes, et notamment l’écart de salaire moyen entre salariés « entrants » et « sortants », qui contribue pour -0,7 point à l’évolution d’ensemble.
Au-delà des événements de carrière, l’évolution du salaire moyen peut aussi s’expliquer par des effets de modification de la structure des emplois par qualification et/ou secteur d’activité. Sur les dernières décennies, par exemple, l’augmentation tendancielle de la part des cadres, les mieux rémunérés, et la réduction concomitante de la part des professions peu ou pas qualifiées, les moins payées, rehausse mécaniquement le salaire moyen dans le secteur privé.
Un indicateur complémentaire intégrant le volume de travail : le revenu salarial
Le revenu salarial correspond à l’ensemble des rémunérations nettes (c’est‑à‑dire après versement des cotisations sociales, de la CSG et de la CRDS) perçues par une même personne au cours d’une année. Celles-ci ne sont pas rapportées au volume de travail correspondant : deux salariés payés au même taux horaire disposeront par exemple d’un revenu salarial variant du simple au double si l’un a réalisé deux fois plus d’heures de travail que l’autre dans l’année. Les disparités en matière de revenu salarial reflètent ainsi les inégalités de salaire mais également les inégalités de temps de travail.
L’unité considérée pour le calcul du revenu salarial est le salarié (sur une année) et non le poste de travail. Le revenu salarial est calculé à partir du panel Tous salariés, fichier longitudinal construit à partir des bases Tous salariés, qui suit pour un douzième de la population salariée leurs périodes d’emploi, les caractéristiques de leurs employeurs et leurs salaires.
3. Le suivi conjoncturel des salaires
Le suivi conjoncturel des salaires vise à produire des indicateurs macroéconomiques trimestriels retraçant l’évolution récente des salaires. Il s’appuie nécessairement sur des sources disponibles rapidement, qu’il s’agisse de données administratives agrégées trimestriellement ou d’enquêtes trimestrielles. Les principaux indicateurs conjoncturels de suivi des salaires sont le salaire moyen par tête (SMPT) et le salaire mensuel de base (SMB).
Le salaire moyen par tête
Le salaire moyen par tête (SMPT) rapporte les masses salariales brutes versées par l’ensemble des entreprises au nombre de salariés en personnes physiques. Il est calculé dans les comptes nationaux annuels à partir des sources fiscales d’entreprises au numérateur et des Estimations d’emploi au dénominateur. Il est calculé dans les comptes nationaux trimestriels à partir des assiettes de cotisations salariales fournies par la Caisse nationale de l’Urssaf (et les Estimations trimestrielles d’emploi pour les effectifs), environ 60 jours après la fin d’un trimestre. Les assiettes de cotisations salariales couvrent pratiquement l’ensemble des rémunérations, notamment les primes et les heures supplémentaires, mais pas l’épargne salariale (intéressement, participation), que les masses salariales sont censées couvrir. La méthode d’étalonnage‑calage des comptes trimestriels permet de corriger ce biais. L’évolution du SMPT reflète l’évolution des qualifications et de la quotité du travail (effets structurels) et celle de la rémunération des heures supplémentaires et des primes, de la contrepartie des arrêts maladie et du recours au chômage partiel (effets conjoncturels).
Le salaire mensuel de base
Disponible plus rapidement (environ 45 jours après la fin d’un trimestre) mais sur un concept et un champ plus réduits que le SMPT, le salaire mensuel de base est estimé à partir de l’enquête trimestrielle Acemo de la Dares (enquête sur l’activité et les conditions d’emploi de la main‑d’œuvre) qui couvre les entreprises de 10 salariés ou plus, hors agriculture et secteurs non marchands, de France métropolitaine. Dans cette enquête, chaque établissement ou entreprise déclare les salaires de base (c’est‑à‑dire hors primes et hors rémunération pour heures supplémentaires ou complémentaires et hors avantages en nature) de postes de travail considérés comme représentatifs d’au plus douze catégories professionnelles. Contrairement au SMPT, l’évolution du SMB est à structure constante et ne reflète pas l’évolution de la structure des emplois par niveau de qualification, ni ne couvre les composantes les plus conjoncturelles de la rémunération (primes, heures supplémentaires). Le SMB reflète ainsi la tendance sous-jacente des salaires.
L’indice de coût du travail
Autre indicateur conjoncturel, l’indice du coût du travail (ICT), qui a deux volets : l’ICT‑salaires et charges et l'ICT‑salaires seuls. Publié environ 70 jours après la fin du trimestre, il retrace l’évolution du coût de la main‑d’œuvre à des fins de comparaisons internationales. Il est calculé, par application des barèmes en vigueur, à partir des masses salariales (assiettes de cotisations salariales), des effectifs et des exonérations de cotisations déclarés chaque trimestre à la Caisse nationale de l'Urssaf ; au dénominateur le volume horaire de travail est issu d’une exploitation des heures rémunérées dans les déclarations sociales nominatives depuis 2020.
Pour des raisons de disponibilité des données, l’ICT ne suit pas l’évolution de l’épargne salariale ou du forfait social. L’indice intègre en revanche les autres éléments de coût du travail comme les taxes relatives à l’emploi et aux salaires payées par l’employeur (contributions employeurs à l’effort de construction, taxe sur les salaires, fonds national d’aide au logement), les contributions de l’employeur au financement de la formation professionnelle, la taxe d’apprentissage, le versement transport. Il intègre enfin les subventions perçues par l’employeur et notamment le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) entre 2013 et 2018.
Quelles statistiques sur les salaires ?
L’Insee produit les principaux indicateurs sur les salaires déclinés par caractéristiques des employeurs (secteur d’activité, taille d’entreprise...), des salariés (sexe, catégorie socioprofessionnelle...) et selon le lieu de travail.
Une datavisualisation interactive permet d’explorer en détail les salaires et de se situer dans l’échelle des salaires du privé.
Chaque année, des publications de référence sur les salaires dans le secteur privé et la fonction publique :
- Les salaires dans le secteur privé
- Les salaires dans les différents versants de la fonction publique : fonction publique de l’État, fonction publique territoriale, fonction publique hospitalière
- Les écarts de salaire entre femmes et hommes
- Des séries de salaires sur longue période, depuis 1951
- Des chiffres clés sur les salaires du privé, du public, des cadres dirigeants ...
- Des analyses sur la structure des salaires et le coût de la main d’oeuvre
- Et un panorama du marché du travail incluant des analyses sur les salaires et les revenus d’activité
Pour les experts ou utilisateurs avertis, l’explorateur de données Melodi permet de consulter l’essentiel de ces données et des données détaillées sur les emplois salariés sont mises à disposition. Pour les chercheurs habilités, un fichier plus complet est accessible sur le Ouvrir dans un nouvel ongletréseau Quételet ou via le Ouvrir dans un nouvel ongletCASD.
Un suivi conjoncturel du coût du travail et des salaires, disponible rapidement après la fin du trimestre considéré :
- Les évolutions trimestrielles des salaires et du coût du travail (ICT)
- Des estimations trimestrielles du salaire moyen par tête (SMPT) par branche d’activité
(Pour le millésime souhaité, sélectionner « Branches » puis « Salaire moyen par tête »). - Des prévisions sur la dynamique des salaires des prochains trimestres, dans les Notes de conjoncture de l’Insee
Des études thématiques plus ponctuelles régulièrement mises en ligne :
- « Très hauts salaires : les salariés les mieux rémunérés de leur génération en 2022 étaient déjà dans le haut de l’échelle salariale quinze ans auparavant »
- « À volume annuel de travail égal, le salaire net moyen de la fonction publique est inférieur de 3,7 % à celui du secteur privé »
- « Entre 2019 et 2022, une évolution des salaires moins favorable pour les métiers de la « deuxième ligne »»
- « Dans le secteur privé, la moitié des salariés qui avaient un bas revenu salarial en 2011 sont dans la même situation 8 ans plus tard »
- « Quelles sont les motivations des changements d’employeur, plus nombreux depuis la crise sanitaire ? »
Et aussi...
Des données et études territoriales, permettant d’analyser les disparités entre les territoires :
- des des études régionales et départementales sur les salaires et revenus d’activité
- des Ouvrir dans un nouvel ongletcartes interactives représentant les salaires à différents échelons géographiques
Des données sur le revenu salarial, somme de tous les salaires perçus par un individu au cours d’une année donnée, et des indicateurs d’inégalités sociales.
Des études et des données sur le revenu d’activité des non-salariés, revenu professionnel que les non‑salariés tirent de leur activité non salariée.
Retrouvez d’autres publications et d’autres données de la Statistique publique sur les salaires sur le site de la Ouvrir dans un nouvel ongletDares et sur les rémunérations dans la fonction publique sur le site de la Ouvrir dans un nouvel ongletDGAFP.







