L'essentiel sur... l'inflation

Cette publication se compose de données clés, d'un jeu de questions-réponses apportant des éclairages plus spécifiques, des précisions méthodologiques et des liens vers des publications de l'Insee ou d'autres organismes pour aller plus loin. Sur le même modèle, retrouvez les panoramas des données relatives à l'immigration ou à la mondialisation.

Chiffres-clés
Paru le : Paru le 23/07/2020
- juillet 2020

Comment les prix ont-ils évolué depuis le début des années 2000 ?

Alors que les rythmes d’inflation fluctuaient beaucoup lors des Trente glorieuses, au gré des mesures de contrôle et de régulation des prix, les fluctuations de l’indice des prix à la consommation, principale mesure de l'inflation, sont désormais faibles d’une année sur l’autre.

De 2002 à 2019, l’inflation n’a dépassé le seuil de 2,0 %, en moyenne sur une année, qu’à cinq reprises (2003, 2004, 2008 et 2011), avec des causes extérieures en général bien identifiées, telles que les variations des conditions climatiques (produits alimentaires frais, en 2003, 2004 et 2008), l’environnement géopolitique (produits pétroliers, en 2008 et 2011) ou des décisions de santé publique (tabac). Par ailleurs, l’inflation a quasiment stagné en 2009, 2015 et 2016, avec à chaque fois un effet prépondérant du repli des cours internationaux de matières premières, notamment du pétrole.

Évolution annuelle moyenne de l'indice des prix à la consommation

  • Lecture : en 2019, les prix à la consommation ont en moyenne augmenté de 1,1 %.
  • Source : Insee, Indice des prix à la consommation.

Le prix de certains produits a-t-il fortement changé ?

Certains produits ont des prix très volatils qui fluctuent selon les conditions climatiques (comme les produits alimentaires frais), les cours internationaux (les produits pétroliers par exemple) ou compte tenu d'une demande très saisonnière (les produits touristiques ou les services de transport).

Indépendamment de ces fluctuations de court terme, le prix de certains produits baisse tendanciellement : c’est le cas par exemple des services de communication, des produits de santé ou des produits numériques. Les innovations et la qualité de ces produits ont progressé plus rapidement que leur prix. L’indice des prix qui mesure les évolutions de prix à qualité constante a donc enregistré une baisse.

À l’inverse, l’indice du tabac a particulièrement augmenté, du fait des taxes.

Indices des prix à la consommation par grands secteurs de consommation

  • Lecture : en janvier 2019, l’indice des prix du tabac valait 120,8, ce qui signifie que le prix du tabac a augmenté en moyenne de 20,8 % depuis 2015.
  • Source : Insee, Indice des prix à la consommation.

Comment a évolué le prix du logement ?

Depuis 20 ans, les loyers et charges évoluent en général un peu plus vite (+ 1,9 % en moyenne par an de 1998 à 2018, soit + 45 % sur 20 ans) que l’inflation d’ensemble (+ 1,4 % en moyenne par an, + 32 % sur 20 ans). Parmi les dépenses de logement, seules les dépenses de consommation sont prises en compte dans l’indice des prix à la consommation. Les dépenses d’acquisition sont considérées comme des dépenses d’investissement.

Sur la même période, les prix d’acquisition des logements anciens ont été multipliés par 2,3 entre début 2000 et fin 2018 (2,6 en Île-de-France), et ceux des logements neufs par 2,1.

Comment ont évolué les prix dans la grande distribution ?

L’indice des prix à la consommation mesure l’évolution des prix de l’ensemble des produits consommés et quelle que soit la forme de vente (supermarché, hypermarché, magasin traditionnel, marché, internet…) dans laquelle ils sont achetés. L’Insee mesure également un indice des prix des produits de grande consommation dans la grande distribution : il s’agit essentiellement des produits alimentaires, hors produits frais, et des produits d’hygiène-beauté vendus en super et hypermarché.

Les évolutions récentes des prix dans la grande distribution sont marquées par des baisses en 2010 puis de 2014 à 2016. Par ailleurs, de 1996 à 2018, ils sont moins dynamiques dans la grande distribution que hors grande distribution.

Évolution de l'indice des prix en et hors grande distribution

  • Lecture : en janvier 2019, les prix des produits de grande consommation vendus en grande distribution ont progressé de 1,3 % par rapport à janvier 2018.
  • Source : Insee, Indice des prix à la consommation.
Le passage à l'euro a-t-il fait grimper les prix ?

Entre le passage à l’euro fiduciaire en 2002 et 2018, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an. C’est nettement inférieur au rythme moyen de l’après-guerre au milieu des années 80 (+ 10,1 % par an en moyenne). C’est aussi un peu moins qu’au cours des quinze années précédentes (+ 2,1 % entre 1986 et 2001), période au cours de laquelle le contre-choc pétrolier, les baisses de TVA, les politiques de convergence et de stabilité des prix, à la suite du traité de Maastricht, avaient permis d’entrer dans une phase d’inflation modérée qui dure encore.

Dans cette perspective historique, l’inflation des années qui ont suivi le choc du passage à l’euro au 1er janvier 2002 n’a pas été atypique. La conversion en euros des prix en francs a certes entraîné, au moment du passage à l’euro, une hausse des prix, via notamment le basculement vers de nouvelles grilles tarifaires psychologiques en euros. Mais les évaluations menées à partir des données microéconomiques de prix ont conclu à un impact modéré du passage à l’euro, de l’ordre de + 0,1 % à + 0,2 % sur les prix.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cette publication.

Évolution annuelle moyenne de l'indice des prix à la consommation

  • Lecture : en 2019, les prix à la consommation ont en moyenne augmenté de 1,1 %.
  • Source : Insee, coefficient de transformation de la monnaie.
Quel indice pour des millions de consommateurs différents ?

L’indice des prix à la consommation (IPC) mesure l’évolution des prix pour un panier de consommation moyen. Un consommateur dont la consommation diffère de ce panier moyen subit une hausse de prix différente de ce que mesure l’IPC.

Pour cette raison, l’Insee mesure des indices de prix à la consommation pour différentes catégories de ménages selon leur niveau de vie, leur âge, leur situation familiale, leur catégorie socio-professionnelle ou encore leur situation par rapport au logement. Selon la catégorie de ménages, le panier habituel consommé diffère : le poids du carburant est ainsi plus important dans le budget des ménages les plus modestes et l’inflation qu’ils subissent sera plus sensible aux évolutions de prix de ces carburants.

L’Insee propose un simulateur d’indice des prix à la consommation personnalisé : définissez votre panier habituel de consommation et vous obtiendrez votre indice personnalisé depuis 2000, en comparaison de l’inflation moyenne.

Pourquoi l'inflation ressentie peut-elle être supérieure à celle mesurée par l'Insee ?

Le ressenti des ménages sur l’évolution des prix peut être différent de ce que mesure l’Insee à travers l’indice des prix à la consommation (IPC). Cette divergence s’est accrue avec le passage à l’euro. Différents éléments expliquent ce sentiment de sous-estimation de l’inflation par l’IPC.

Tout d’abord, l’indice des prix à la consommation se réfère à un panier de consommation moyen alors que les consommateurs retiennent probablement leur propre structure budgétaire. L’évolution des prix calculée avec des paniers différents de consommation (ceux d’un ouvrier ou employé urbain, par exemple) diffère cependant peu de l’inflation moyenne au cours des quinze dernières années.

Ensuite, les ménages accorderaient plus d’importance aux prix en hausse qu’aux prix en baisse ou stables car ce sont les premiers qui peuvent constituer une menace pour l’équilibre de leur budget.

Autre élément d'explication, le consommateur observe d’autant mieux les variations de prix que les produits sont achetés plus fréquemment : il est par exemple plus particulièrement sensible aux hausses du prix du pain qu’aux baisses du prix des appareils électroménagers. Or, le prix de ces biens durables a tendance à baisser.

Enfin, l’indice des prix à la consommation mesure une évolution de prix à qualité constante des produits consommés. Or, de nombreux biens durables ont connu une amélioration de leur qualité : les smartphones achetés aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec les premiers téléphones mobiles.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cette publication, ou simuler votre indice des prix à la consommation personnalisé.

À quoi sert l'indice des prix à la consommation ?

L’indice des prix à la consommation est la principale mesure de l’inflation ; il sert à l’analyse économique. En particulier, l’indice des prix à la consommation harmonisé est utilisé pour définir la politique monétaire et permet d’apprécier le respect des critères de Maastricht en matière d’inflation.

Mais l’indice, publié au journal officiel, est également utilisé pour l’indexation de nombreux contrats, la revalorisation de minima ou encore pour déterminer certains rendements obligataires.

L’IPC hors tabac sert ainsi à indexer de nombreux contrats privés, des pensions alimentaires ou encore des rentes viagères.

L'indice des « ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie » sert à revaloriser le Smic (décret n°2013-123 du 7 février 2013). Cet indice est une déclinaison de l'IPC dans laquelle on prend en compte, non plus la structure moyenne de consommation d’un ménage français, mais la structure de consommation des 20 % de ces ménages dont le niveau de vie est le plus faible.

L’indice de référence des loyers (IRL) est utilisé pour réviser les loyers : il est calculé à partir de l’indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers.

Le logement est-il pris en compte dans l'inflation ?

En matière de logement, l’indice des prix à la consommation (IPC) prend en compte les dépenses qui constituent de la consommation : les loyers et les charges (alimentation en eau, reprise des eaux usées, etc.), les dépenses en énergie (électricité, gaz, etc.) et les petits travaux d’entretien et de réparation. Comme c’est le cas au niveau européen, il exclut en revanche l’investissement en logement (achat ou gros travaux).

En effet, les achats en logement ne constituent pas de la consommation, car ils accroissent le patrimoine des ménages ; contrairement à un bien consommé, le logement ne disparaît pas avec son utilisation et peut se revendre. Les remboursements de prêts immobiliers, ou d'ailleurs ceux relatifs aux crédits à la consommation, sont également exclus du panier de l’IPC du fait qu'ils relèvent d'opérations financières et qu'ils ne constituent pas des dépenses de consommation.

Ainsi, en 2018, les dépenses de consommation en logement pèsent 14,0 % dans l’IPC, les seuls loyers et charges 7,6 %, et les seuls loyers 6,1 %.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cette publication.

Part des dépenses de logement dans l'IPC

Comment prend-on en compte les produits nouveaux ?

Afin de rester représentatif de la consommation des ménages, chaque année, le panier de l’indice des prix à la consommation (IPC) est mis à jour : de nouvelles variétés de produits sont suivies ; des variétés qui ne sont plus consommées sont exclues du panier. Ainsi, la cassette-vidéo a été remplacée par le DVD et le streaming a été ajouté au panier de l’IPC. Par ailleurs, en cours d’année, quand un modèle d’une variété de produits disparaît, il est remplacé par le nouveau modèle en veillant toujours à procéder à des ajustements de qualité de manière à ce que les montées de gamme ou les innovations des produits ne se traduisent pas par des hausses de prix. Ainsi, l’arrivée d’un nouveau modèle de smartphone vendu au même prix que le précédent peut se traduire par une baisse de prix si le nouveau modèle incorpore des innovations et améliorations.

En effet, l’IPC cherche à mesurer une évolution « pure » de prix : une augmentation de prix due à une évolution de la qualité des produits n’est pas considérée comme de l’inflation ; de la même manière, une modification de la structure de la consommation (de l’alimentation vers des services de communication, par exemple) doit être sans impact sur l’inflation. Afin de mesurer cette évolution pure de prix, l’IPC est fondé sur un panier fixe de biens et services : mois après mois, ce sont les mêmes produits qui sont suivis.

À quoi sert l'indice des prix à la consommation ?

L'indice des prix à la consommation (IPC) est le principal instrument de mesure de l'inflation. Il est l’indicateur disponible le plus rapidement et le plus fréquemment : il est produit mensuellement et une estimation provisoire est diffusée dès le dernier jour du mois auquel il se réfère. À noter qu'il existe d’autres mesures de l’inflation (le déflateur de la consommation, le déflateur du PIB).

L’IPC hors tabac sert également à indexer de nombreux contrats privés, des pensions alimentaires, des rentes viagères. L'indice des « ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie » sert à revaloriser le Smic (décret n°2013-123 du 7 février 2013). L’IPC est publié au journal officiel.

L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) permet d'apprécier le respect du critère de convergence portant sur la stabilité des prix, dans le cadre du traité de l'Union européenne (Maastricht). Il est conçu à des fins de comparaison internationale.

Comment mesure-t-on l'inflation ?

Pour mesurer la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages, l’indice des prix à la consommation (IPC) est basé sur l'observation d'un panier fixe de biens et services, actualisé chaque année : mois après mois, ce sont les mêmes produits dont les prix sont relevés afin de s’assurer que les évolutions de prix ne mesurent pas des différences de qualité du produit qui justifieraient la différence de prix. Cependant, certains produits disparaissent en cours d’année (par exemple : une nouvelle génération de téléphone remplace la précédente), alors l’Insee remplace ces produits et effectue des ajustements pour neutraliser la différence de qualité. Ces ajustements reposent sur l'idée qu'à un moment du temps, si deux produits coexistent, leurs différences de prix reflètent une différence de qualité.

L’IPC mesure donc l'évolution des prix à qualité constante : une amélioration de la qualité procure une utilité plus importante au consommateur qui justifierait un prix plus élevé.

La neutralisation de la qualité se fait dans les deux sens : on neutralise tout autant une augmentation de prix d'un produit liée à une amélioration de la qualité du produit qu'une baisse de prix liée à la détérioration de la qualité.

Pour produire un indice d’ensemble à partir de tous ces relevés de prix, chaque produit est pondéré, proportionnellement à son poids dans la dépense de consommation des ménages. Ce poids est tiré notamment de la répartition des dépenses de consommation par poste évaluée dans le cadre des comptes nationaux : par exemple, les carburants représentent 3,5 % de la consommation des ménages en 2019. Cette dernière comprend à la fois des dépenses fréquentes, récurrentes (comme les carburants ou les dépenses alimentaires) mais également des dépenses peu fréquentes mais onéreuses et dont le poids peut être de ce fait conséquent (l’achat de voiture représente ainsi 3,6 % de la consommation des ménages en 2019). Cette répartition est mise à jour chaque année : le poids du poste communication dans le panier de l’IPC a ainsi augmenté de près de 40 % en 30 ans.

Comment collecte-t-on l'information sur les prix ?

L’Insee mobilise différentes sources de données pour collecter l’information sur les prix :

• 160 000 prix sont collectés chaque mois par les enquêteurs de l’Insee qui se déplacent dans 30 000 points de ventes.

• 500 000 prix sont collectés sur internet manuellement ou à l’aide de robots. Pour les prix très volatils de certains services (en particulier de transport), les prix sont ainsi collectés quotidiennement avec plus ou moins d’anticipation par rapport à la date du service et selon des profils de consommateurs différents.

• Certains prix sont également collectés à partir de bases de données administratives (par exemple, données de l’assurance maladie, ou déclaration administrative du prix des carburants).

• 80 millions de prix sont enfin suivis grâce aux données de caisses (depuis janvier 2020). Elles sont utilisées pour suivre les prix des produits vendus dans les supermarchés, les hypermarchés ainsi que des magasins multi-commerces pour les produits alimentaires industriels, de l’entretien et de l’hygiène beauté. Par ailleurs, les données de caisses des pharmacies sont également utilisées pour le calcul de l’indice. Ces données sont recueillies quand les consommateurs passent aux caisses de leurs magasins ; sont alors enregistrés les quantités des produits et les prix auxquels ils sont achetés. Le produit acheté est connu précisément.

Depuis avril 2017, la transmission de ces données à l’Insee est obligatoire pour les enseignes de la grande distribution. L’apport des données de caisses pour la mesure de statistiques de prix est sans conteste car ces données sont exhaustives sur leur champ et apportent une information très détaillée sur la consommation des ménages.

Quels sont les produits suivis ?

L’indice des prix à la consommation est construit de manière à couvrir l’ensemble de la consommation des ménages : celle-ci est décrite par une nomenclature, la Coicop (Classification of individual consumption by purpose) qui classifie les produits selon leur fonction : l’alimentation, les boissons alcoolisées et tabacs, les habits, le logement, les meubles, articles de ménage et d’entretien courant du foyer, la santé, les transports, la communication, les loisirs et la culture, l’éducation, les restaurants et les hôtels, les biens et services divers.

L’IPC est diffusé ainsi à un niveau de détails très fin : 250 postes environ chaque mois et 350 postes annuellement. Pour produire ces indices, 1700 variétés de produits sont suivies chaque mois. D’après les règlements européens, tout produit représentant plus d’1/1000e de la consommation des ménages doit être introduit dans le panier de l’IPC. Pour ce faire, les variétés incluses dans ce panier sont revues chaque année pour rester représentatives de la consommation des ménages et prendre en compte l’apparition de nouveaux produits.

Règlements européens et normes internationales

La première génération d'indices des prix à la consommation date de 1914. Au cours du temps, la couverture de l'IPC s'est élargie tant au plan géographique qu'en matière de population représentée (au départ les ménages ouvriers urbains puis l’ensemble des ménages) ou de consommation couverte.

L'IPC base 2015, publié actuellement, constitue la 8e génération d'indices. Il est entré en service en janvier 2016.

La méthodologie de l’IPC résulte des travaux et des arbitrages des experts nationaux et des organisations internationales (Eurostat, FMI, ONU, BIT). Un règlement européen définit très précisément la manière de calculer l'IPC et est partagé avec les autres pays européens.

Grille tarifaire psychologique : la fixation des prix obéit pour certains produits à des critères d'ordre psychologique. Par exemple, avant le passage à l'euro : 199 francs ; après le passage à l'euro : 29,90 euros, soit une baisse de 1,4 % par rapport au prix qui résulterait de l’application du taux de change officiel (30,34 euros). Les prix « ronds » peuvent aussi donner lieu à des conversions en euros qui s’écartent de l’application directe du taux de change officiel : un prix de 50 francs pourra ainsi être converti à 7 euros ou à 8 euros pour maintenir un chiffre rond, soit une baisse de 8 % ou une hausse de 5 %.