Insee conjoncture
29 mai 2019
N° 2019-139

Le pouvoir d’achat progresse de nouveau au premier trimestre 2019 (+0,9 % après +1,1 %)Comptes nationaux trimestriels - résultats détaillés (PIB) - premier trimestre 2019

Au premier trimestre 2019, le produit intérieur brut (PIB) en volume* ralentit légèrement : +0,3 % après +0,4 % au quatrième trimestre.

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No 139
Paru le : 29/05/2019
Prochaine parution le : 29/08/2019 à 08h45 - deuxième trimestre 2019
Avertissement

La publication des comptes nationaux trimestriels est simplifiée à partir du deuxième trimestre 2019.

La publication des Résultats détaillés comprenant les comptes d’agents (pouvoir d’achat des ménages, taux de marge des entreprises, déficit public trimestriel…), est avancée de 85 à 60 jours après la fin du trimestre, à compter de la présente publication. Les informations reçues après 60 jours seront intégrées dans la Première estimation du trimestre suivant, soit fin juillet pour les comptes du deuxième trimestre 2019.

Ce nouveau calendrier fait suite aux tests menés depuis 2015, qui ont montré que l’estimation des comptes d’agents obtenue à partir des informations connues à 60 jours est robuste. Par ailleurs, il s’articule mieux avec la publication de la Note de conjoncture de l’Insee.

Au premier trimestre 2019, le produit intérieur brut (PIB) en volume* ralentit légèrement : +0,3 % après +0,4 % au quatrième trimestre.

Les dépenses de consommation des ménages accélèrent (+0,4 % après +0,3 %), tandis que la formation brute de capital fixe (FBCF) ralentit légèrement (+0,5 % après +0,6 %). Au total, la demande intérieure finale hors stocks continue de croître au même rythme : elle contribue à la croissance du PIB à hauteur de +0,4 point, comme au trimestre précédent.

Les importations accélèrent (+1,4 % après +1,1 %) sous l’effet des achats d’hydrocarbures alors que les exportations marquent le pas (+0,4 % après +2,0 %). Au total, le solde extérieur contribue négativement à la croissance du PIB : −0,3 point, après +0,3 point au trimestre précédent. À l'inverse, les variations de stocks y contribuent positivement (+0,3 point après −0,2 point).

* Les volumes sont mesurés aux prix de l’année précédente chaînés et corrigés des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO).

Graphique 1Le produit intérieur brut et ses composantes

Le produit intérieur brut et ses composantes ()
Consommation Investissement Variations de stocks Commerce extérieur PIB
2016-T1 0.66 0.21 -0.34 0.11 0.6
2016-T2 0.16 -0.02 -0.68 0.26 -0.3
2016-T3 0.1 0.09 0.45 -0.43 0.2
2016-T4 0.62 0.21 -0.44 0.22 0.6
2017-T1 0.18 0.52 0.82 -0.68 0.9
2017-T2 0.26 0.24 -0.62 0.81 0.7
2017-T3 0.46 0.26 0.15 -0.24 0.6
2017-T4 0.17 0.19 -0.07 0.45 0.7
2018-T1 0.14 -0.01 0.07 0.12 0.3
2018-T2 -0.11 0.23 0.07 -0.04 0.2
2018-T3 0.23 0.19 -0.38 0.22 0.3
2018-T4 0.24 0.13 -0.22 0.27 0.4
2019-T1 0.25 0.12 0.3 -0.32 0.3

Graphique 1Le produit intérieur brut et ses composantes

  • Source : Insee.

Le PIB et ses composantes en volumes chaînés

variations t/t-1, en %, données CVS-CJO
Le PIB et ses composantes en volumes chaînés (variations t/t-1, en %, données CVS-CJO)
2018 T2 2018 T3 2018 T4 2019 T1 2018 2019 (acquis)
PIB 0,2 0,3 0,4 0,3 1,7 0,8
Importations 0,8 -0,2 1,1 1,4 1,2 2,3
Dép. conso. ménages -0,3 0,4 0,3 0,4 0,9 0,7
Dép. conso. APU* 0,1 0,1 0,4 0,2 0,8 0,6
FBCF totale 1,0 0,8 0,6 0,5 2,8 1,6
dont ENF** 1,3 1,3 0,8 0,7 3,9 2,3
dont ménages 0,7 0,3 -0,3 0,0 2,0 0,0
dont APU* 1,4 0,2 1,0 0,7 2,4 1,9
Exportations 0,7 0,5 2,0 0,4 3,5 2,3
Contributions :
Demande intérieure finale hors stocks 0,1 0,4 0,4 0,4 1,3 0,9
Variations de stocks 0,1 -0,4 -0,2 0,3 -0,2 0,0
Commerce extérieur 0,0 0,2 0,3 -0,3 0,7 0,0
  • * APU : administrations publiques
  • ** ENF : entreprises non financières
  • Source : Insee

Production, consommation et FBCF : principales composantes

variations t/t-1, en %, données CVS-CJO
Production, consommation et FBCF : principales composantes (variations t/t-1, en %, données CVS-CJO)
2018 T2 2018 T3 2018 T4 2019 T1 2018 2019 (acquis)
Production branche 0,2 0,5 0,5 0,5 2,0 1,2
Biens -0,7 0,6 0,2 0,6 0,6 0,9
Ind. manufacturière -0,2 0,7 0,2 0,6 0,6 1,0
Construction 0,8 0,1 0,4 0,4 1,8 1,0
Services marchands 0,5 0,5 0,8 0,5 3,1 1,5
Services non marchands 0,2 0,1 0,3 0,3 0,8 0,6
Consommation des ménages -0,3 0,4 0,3 0,4 0,9 0,7
Alimentaire -2,0 0,2 0,0 -1,1 -1,4 -1,5
Énergie -3,6 0,2 -0,4 0,7 -1,0 -0,5
Biens fabriqués 1,0 0,0 -0,3 0,6 0,7 0,6
Services 0,1 0,4 0,6 0,6 1,9 1,3
FBCF 1,0 0,8 0,6 0,5 2,8 1,6
Produits manufacturés 1,4 1,4 -0,4 1,7 2,1 2,5
Construction 0,6 -0,2 0,4 0,3 1,5 0,7
Services marchands 1,3 1,8 1,3 0,0 4,9 2,2
  • Source : Insee

Le revenu disponible brut reste dynamique au premier trimestre 2019

Le revenu disponible brut (RDB) des ménages ralentit légèrement mais reste dynamique au premier trimestre (+1,0 % après +1,3 %). La masse salariale reçue par les ménages accélère nettement (+1,1 % après +0,6 %) du fait de primes exceptionnelles versées par certaines entreprises. Les prestations sociales en espèces accélèrent également (+0,9 % après +0,7 %) sous l’effet de la revalorisation du montant de la bonification individuelle de la prime d’activité. Les cotisations sociales à la charge des ménages continuent de diminuer (–0,5 % après –2,9 %), avec l’exonération de cotisations sociales à la charge des salariés sur les heures supplémentaires. En revanche, les impôts sur le revenu et le patrimoine rebondissent par contrecoup de la baisse de la taxe d’habitation fin 2018.

Les prix de la consommation des ménages progressent au même rythme qu’au trimestre précédent (+0,2 %) et le pouvoir d’achat du RDB des ménages progresse nettement mais ralentit un peu (+0,9 % après +1,1 %) dans les mêmes proportions que le RDB des ménages. Mesuré par unité de consommation pour être ramené à un niveau individuel, il progresse de 0,7 % (+après +1,0 %).

Au premier trimestre 2019, la consommation des ménages reste dynamique (+0,4 % après +0,3 %), mais moins que leur pouvoir d’achat. Par conséquent, le taux d’épargne continue d’augmenter : il s’établit à 15,3 % après 14,9 % au quatrième trimestre 2018.

Revenu disponible brut et ratios des comptes des ménages

variations t/t-1, en %, données CVS-CJO
Revenu disponible brut et ratios des comptes des ménages (variations t/t-1, en %, données CVS-CJO)
2018 T2 2018 T3 2018 T4 2019 T1 2018 2019 (acquis)
RDB 1,3 0,7 1,3 1,0 2,7 2,7
RDB (pouvoir d'achat) 0,9 0,3 1,1 0,9 1,2 2,1
RDB par uc* (pouvoir d'achat) 0,7 0,2 1,0 0,7 0,7 1,8
RDB ajusté (pouvoir d'achat) 0,7 0,3 1,0 0,7 1,2 1,8
Taux d'épargne (niveau) 14,2 14,2 14,9 15,3 14,2
Taux d'épargne financière (niveau) 4,1 4,0 4,9 5,4 4,0
  • * uc : unité de consommation
  • Source : Insee

Le taux de marge des entreprises augmente nettement au premier trimestre

Au premier trimestre 2019, le taux de marge des sociétés non-financières (SNF) progresse fortement (il s’établit à 32,6 % après 31,5 %). Le remplacement, début 2019 du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) par un dispositif d’exonération de cotisations patronales se cumule au versement du CICE au titre de 2018 : cela contribue donc positivement à l’évolution du taux de marge. Par ailleurs, la contribution négative des salaires réels, soutenus par les primes exceptionnelles, est compensée par l’effet positif sur le taux de marge de l’évolution des gains de productivité et des termes de l’échange.

Ratios des comptes des sociétés non financières

niveaux en %, données CVS-CJO
Ratios des comptes des sociétés non financières (niveaux en %, données CVS-CJO)
2018 T2 2018 T3 2018 T4 2019 T1 2017 2018
Taux de marge 30,9 31,1 31,5 32,6 31,8 31,2
Taux d'investissement 24,1 24,4 24,4 24,3 23,7 24,1
Taux d'épargne 22,4 23,1 22,4 24,1 23,2 22,6
Taux d'autofinancement 92,8 94,7 91,8 99,2 98,2 93,7
  • Source : Insee

Au premier trimestre 2019, le déficit public se dégrade fortement

Au premier trimestre 2019, le besoin de financement des administrations publiques (APU) augmente de 1 point, à 3,6 % du PIB après 2,6 % au quatrième trimestre 2018. Les dépenses ralentissent (+0,3 % après +0,7 %) malgré le dynamisme des prestations sociales, avec le retour à la normale de la contribution française au budget de l’UE après un quatrième trimestre élevé. Parallèlement les recettes se replient nettement (–1,6 % après +1,0 %) : les cotisations sociales fléchissent du fait de la transformation du CICE en baisse de charges patronales et les recettes d’impôts sur les sociétés sont en baisse après une fin d’année en forte hausse.

Dépenses, recettes et besoin de financement des administrations publiques

niveaux, données CVS-CJO
Dépenses, recettes et besoin de financement des administrations publiques (niveaux, données CVS-CJO)
2018 T2 2018 T3 2018 T4 2019 T1 2017 2018
En milliards d'euros
Dépenses totales 328,5 329,7 331,9 332,9 1294,2 1318,8
Recettes totales 314 313,2 316,4 311,4 1230,4 1259,1
Capacité (+) ou besoin (–) de financement -14,5 -16,5 -15,5 -21,6 -63,9 -59,6
En % de PIB
Capacité (+) ou besoin (–) de financement -2,5 -2,8 -2,6 -3,6 -2,8 -2,5
  • Source : Insee

Révisions

Comme chaque année à cette époque, les révisions sont plus fortes ce trimestre que lors des publications précédentes, en raison du calage des comptes trimestriels sur les comptes annuels des années 2016 à 2018, de la réestimation des modèles de CVS et de CJO et de diverses améliorations méthodologiques. La croissance du PIB au premier trimestre 2018 est ainsi révisée à la hausse de 0,1 point. Par ailleurs, le profil des ventes d’automobiles au second semestre 2018 a été revu pour mieux refléter le comportement des ménages et des entreprises, ce qui conduit à réviser la consommation et l’investissementdes troisième etquatrième trimestres, et, par suite, à rehausser de 0,1 point la croissance du dernier trimestre. Au premier trimestre 2019, les révisions des différents agrégats se compensent. L’estimation de la croissance du PIB au premier trimestre 2019 est donc confirmée à +0,3 %.

Encadré

Pour en savoir plus

Prochaine publication : le 30 juillet 2019 à 07h30

Prochaine publication : le 30 juillet 2019 à 07h30


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