La population néo-aquitaine augmente moins rapidement sur la période récente

Gaëlle Génin, Boris Simon, Insee

Entre 2011 et 2016, la Nouvelle-Aquitaine gagne 160 000 habitants. Par rapport aux cinq années précédentes, la croissance de sa population est freinée dans tous les départements, sauf en Gironde. Si la région bénéficie toujours d’un excédent apparent des entrées dans le territoire sur les sorties à destination d’autres régions ou de l’étranger, son déficit naturel s’aggrave : les décès dépassent désormais les naissances notamment dans l’est de la région, au vieillissement plus marqué.

Gaëlle Génin, Boris Simon, Insee
Insee Flash Nouvelle-Aquitaine  No 43 - décembre 2018

La Nouvelle-Aquitaine toujours attractive

Au 1er janvier 2016, 5 935 603 habitants résident en Nouvelle-Aquitaine, soit 8,9 % de la population française. La région reste la 4ᵉ la plus peuplée, derrière l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France. La population régionale augmente de 0,6 % par an entre 2011 et 2016, un peu moins vite qu’entre 2006 et 2011 (+ 0,7 %). En France (hors Mayotte), la croissance annuelle diminue également (de 0,5 % à 0,4 %) ; le ralentissement concerne toutes les régions sauf Auvergne-Rhône-Alpes.

Les 160 000 Néo-aquitains supplémentaires résultent uniquement d’arrivées supérieures aux départs (solde migratoire apparent), puisque le solde naturel devient quasi nul entre 2011 et 2016 (les décès étant légèrement supérieurs aux naissances). La Nouvelle-Aquitaine apparaît comme une des régions les plus attractives, derrière la Corse et l’Occitanie, mais aussi la plus pénalisée par la faiblesse de son solde naturel après la Corse.

La Gironde en tête

Le département de la Gironde qui concentre plus du quart de la population régionale, bénéficie de la croissance la plus forte (+ 1,4 % par an) (figure 1). À l’image d’autres départements qui accueillent une métropole (Loire Atlantique, Haute-Garonne), la Gironde cumule solde migratoire et solde naturel positifs.

Figure 1 Une croissance supérieure autour des métropolesÉvolution annuelle moyenne de la population départementale entre 2011 et 2016

Une croissance supérieure autour des métropoles
Code du département Département Taux d’évolution annuel moyen 2011-2016 (en %)
3 Allier – 0,2
9 Ariège 0,1
11 Aude 0,4
12 Aveyron 0,2
15 Cantal – 0,2
16 Charente 0,0
17 Charente-Maritime 0,5
18 Cher – 0,3
19 Corrèze – 0,1
23 Creuse – 0,5
24 Dordogne 0,0
31 Haute-Garonne 1,4
32 Gers 0,2
33 Gironde 1,4
34 Hérault 1,3
36 Indre – 0,6
37 Indre-et-Loire 0,4
40 Landes 0,9
41 Loir-et-Cher 0,1
43 Haute-Loire 0,2
44 Loire-Atlantique 1,3
46 Lot – 0,2
47 Lot-et-Garonne 0,1
48 Lozère – 0,2
49 Maine-et-Loire 0,5
58 Nièvre – 0,9
63 Puy-de-Dôme 0,5
64 Pyrénées-Atlantiques 0,5
65 Hautes-Pyrénées – 0,1
66 Pyrénées-Orientales 0,9
79 Deux-Sèvres 0,2
81 Tarn 0,5
82 Tarn-et-Garonne 1,0
85 Vendée 0,9
86 Vienne 0,4
87 Haute-Vienne – 0,1
  • Source : Insee, recensement de la population

Figure 1 Une croissance supérieure autour des métropolesÉvolution annuelle moyenne de la population départementale entre 2011 et 2016

  • Source : Insee, Recensements de la population

Alors que sur la période quinquennale précédente, les départements des Landes, de la Charente-Maritime et de la Dordogne attiraient en proportion plus de nouveaux habitants que la Gironde, la tendance s’inverse aujourd’hui. En effet, si les soldes migratoires de tous les départements néo-aquitains restent positifs, confirmant la permanence de l’attractivité de la région, tous, sauf celui de la Gironde, ralentissent. Au-delà de l’attrait du cadre de vie, la polarisation des emplois dans certains départements accélère les évolutions différenciées des départements.

Ainsi, la Dordogne et le Lot-et-Garonne restent excédentaires en matière de flux migratoires apparents même si l’apport diminue de moitié en cinq ans ; dans le même temps, la Haute-Vienne devient légèrement déficitaire.

Un vieillissement généralisé, plus sensible à l’intérieur des terres

En Nouvelle-Aquitaine, le nombre de décès dépasse désormais légèrement celui des naissances survenues au cours des cinq dernières années. Au sein de la région, seules la Gironde et la Vienne bénéficient d’un excédent naturel tandis que l’équilibre est fragile dans les Deux-Sèvres. La baisse est, en revanche, avérée dans les autres départements et marquée à l’Est (figure 2).

Figure 2 Une croissance moins forte dans tous les départements sauf en GirondeÉvolution de la population entre 2006-2011 et 2011-2016

Une croissance moins forte dans tous les départements sauf en Gironde
Département Population 2016 (en nombre) Évolution annuelle moyenne 2011-2016 (en %) Évolution annuelle moyenne 2006-2011 (en %)
Totale Due au solde naturel Due au solde migratoire Totale Due au solde naturel Due au solde migratoire
Gironde 1 566 679 1,4 0,3 1,1 1,0 0,4 0,6
Pyrénées-Atlantiques 673 986 0,5 – 0,1 0,6 0,6 0,0 0,6
Charente-Maritime 642 191 0,5 – 0,2 0,7 0,9 – 0,1 1,0
Vienne 436 069 0,4 0,1 0,2 0,5 0,2 0,2
Dordogne 414 789 0,0 – 0,4 0,4 0,5 – 0,3 0,9
Landes 405 010 0,9 – 0,1 0,9 1,3 0,0 1,3
Haute-Vienne 374 978 – 0,1 – 0,1 0,0 0,5 0,0 0,5
Deux-Sèvres 374 743 0,2 0,0 0,2 0,6 0,2 0,5
Charente 353 288 0,0 – 0,1 0,2 0,3 0,0 0,4
Lot-et-Garonne 332 833 0,1 – 0,1 0,2 0,5 0,0 0,5
Corrèze 241 535 – 0,1 – 0,4 0,3 0,2 – 0,3 0,5
Creuse 119 502 – 0,5 – 0,8 0,3 – 0,1 – 0,7 0,6
Nouvelle-Aquitaine 5 935 603 0,6 0,0 0,6 0,7 0,1 0,6
  • Source : Insee, recensements de la population, état civil

En dépit d’un excédent migratoire, le vieillissement de la population influe nettement en défaveur de la Creuse, de la Corrèze et de la Dordogne : dans ces trois départements, le déficit naturel annule voire dépasse le solde entrées-sorties.

En Creuse notamment, entre 2011 et 2016, la population diminue de 0,5 % par an, à cause d’un solde naturel négatif (– 0,8 %) non compensé par un solde migratoire positif (+ 0,3 %).

La détérioration du solde naturel résulte à la fois d’une baisse des naissances et d’une augmentation des décès. Le nombre de femmes en âge de procréer diminue, en même temps que leur fécondité. De plus, le nombre de décès augmente suite au vieillissement de la population et de l’arrivée de générations nombreuses à des âges de forte mortalité (Pour en savoir plus).

Un renforcement de l’attrait métropolitain qui bénéficie surtout à la banlieue bordelaise

Comme dans le reste de la France, la croissance démographique se concentre dans les grandes villes, leurs banlieues et leurs couronnes périurbaines. Ces dernières, toujours dynamiques, engrangent toutefois un gain moins fort que durant la période quinquennale précédente. À l’inverse, l’évolution plus modeste des villes centres et de leurs banlieues accélère depuis 2011 (figure 3).

Figure 3 Une évolution favorable aux grands pôlesÉvolution annuelle moyenne de la population, par catégorie d’aire urbaine (en %)

Une évolution favorable aux grands pôles
Catégories d’aire urbaine 2010 Entre 2006 et 2011 Entre 2011 et 2016
Communes isolées 0,2 -0,2
Autres communes multi polarisées 1,1 0,4
Couronnes petits pôles 0,7 0,2
Petits pôles 0,4 0,1
Couronnes moyens pôles 1,0 0,3
Moyens pôles 0,1 -0,2
Couronnes multipolarisées 1,2 0,6
Couronnes 1,6 1,1
Grands pôles 0,4 0,7
  • Source : Insee, recensements de la population

Figure 3 Une évolution favorable aux grands pôlesÉvolution annuelle moyenne de la population, par catégorie d’aire urbaine (en %)

  • Source : Insee, recensements de la population.

Les aires urbaines de Bordeaux, Bayonne, Parentis-en-Born, Biscarrosse, La Teste de Buch-Arcachon évoluent le plus favorablement. Les gains de population sont parfois encore plus marqués en banlieue, comme dans les communes de Bruges, Ambarès-et-Lagrave ou Le Haillan. Parfois, comme à Limoges, la ville centre perd des habitants tandis que les communes voisines (Panazol, Couzeix, Aixe-sur-Vienne, Condat-sur-Vienne) en gagnent. À l’opposé des grandes villes, les petits et moyens pôles ainsi que leur couronne, et les communes isolées, connaissent dans l’ensemble un net ralentissement démographique.

Graphique interactif : évolutions au sein des départements de la région

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Population au 1ᵉʳ janvier 2016

Population au 1ᵉʳ janvier 2016 () -
Population en 2016 Population en 2011 Évolution annuelle moyenne (en %)
2011-2016 2006-2011
Nouvelle-Aquitaine 5 935 603 5 773 078 + 0.6 + 0.7
France Métropolitaine 64 468 792 63 070 344 + 0.4 + 0.5
Départements
Charente 353 288 352 705 + 0.0 + 0.3
Charente-Maritime 642 191 625 682 + 0.5 + 0.9
Corrèze 241 535 242 454 - 0.1 + 0.2
Creuse 119 502 122 560 - 0.5 - 0.1
Dordogne 414 789 415 168 - 0.0 + 0.5
Gironde 1 566 679 1 463 662 + 1.4 + 1.0
Landes 405 010 387 929 + 0.9 + 1.3
Lot-et-Garonne 332 833 330 866 + 0.1 + 0.5
Pyrénées-Atlantiques 673 986 656 608 + 0.5 + 0.6
Deux-Sèvres 374 743 370 939 + 0.2 + 0.6
Vienne 436 069 428 447 + 0.4 + 0.5
Haute-Vienne 374 978 376 058 - 0.1 + 0.5
Principales unités urbaines de la région
Bordeaux 916 569 851 071 + 1.5 + 0.6
Bayonne (partie française) 239 605 226 811 + 1.1 + 0.8
Pau 198 223 197 157 + 0.1 + 0.0
Limoges 182 690 185 555 - 0.3 + 0.5
Poitiers 130 853 129 348 + 0.2 + 0.1
La Rochelle 128 876 126 882 + 0.3 + 0.0
Angoulême 109 208 108 304 + 0.2 + 0.1
Agen 80 999 79 764 + 0.3 + 0.5
Brive-la-Gaillarde 75 110 75 925 - 0.2 + 0.1
Niort 73 105 71 046 + 0.6 + 0.4
Principales communes
Bordeaux 252 040 239 399 + 1.0 + 0.6
Limoges 132 660 137 758 - 0.8 + 0.2
Poitiers 87 961 87 906 + 0.0 - 0.2
Pau 77 251 79 798 - 0.6 - 1.0
La Rochelle 75 736 74 880 + 0.2 - 0.6
Mérignac 70 317 65 882 + 1.3 + 0.1
Pessac 61 859 58 743 + 1.0 + 0.5
Niort 59 005 57 813 + 0.4 - 0.1
Bayonne 50 589 44 331 + 2.7 + 0.0
Brive-la-Gaillarde 47 004 48 267 - 0.5 - 0.7
  • Champ : limites territoriales communales en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2018
  • Source : Insee, recensements de la population de 2006, 2011 et 2016

Population au 1ᵉʳ janvier 2016

Évolution du questionnaire de recensement

Afin d'améliorer la prise en compte de la multi résidence, notamment pour les enfants en résidence partagée, le questionnaire du recensement de la population a évolué en 2018. La croissance de population mesurée entre 2011 et 2016 est ainsi affectée d’un très léger effet questionnaire. Une estimation au niveau national en sera publiée le 15 janvier 2019.

Définitions

Les populations municipales légales entrent en vigueur au 1er janvier 2019. Elles sont issues des recensements de la population réalisés par l’Insee en partenariat avec les communes, en date de référence au 1er janvier 2016.

Les statistiques de l’état civil sur les naissances et les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies. Elles permettent de calculer le solde naturel qui est égal à la différence entre les naissances domiciliées et les décès.

Le solde apparent des entrées-sorties est calculé par la différence entre la variation de la population entre deux recensements et le solde naturel au cours de la même période. Pour un territoire, ce solde intègre le solde des migrations à l’intérieur de la France et le solde des migrations avec l’étranger.

Pour en savoir plus

Vallès V., « Entre 2011 et 2016, les grandes aires urbaines portent la croissance démographique française », Insee Focus n° 138, décembre 2018.

Dumartin S., Wojciechowski N., «  Les mouvements d’actifs impactent diversement le marché local du travail en Nouvelle-Aquitaine  », Insee Analyses Nouvelle-Aquitaine n° 67, novembre 2018.

Dalla-Longa M., «  Une forte détérioration du solde naturel en Nouvelle- Aquitaine  », Insee Flash Nouvelle-Aquitaine n° 33, février 2018.