Immigrés, étrangers 

Cette publication se compose de données clés, d'un jeu de questions-réponses apportant des éclairages plus spécifiques, des précisions méthodologiques et des liens vers des publications de l'Insee ou d'autres organismes pour aller plus loin. Sur le même modèle, retrouvez les panoramas des données relatives à la mondialisation ou à l'inflation.

Chiffres-clés
Paru le : Paru le 24/07/2020
- juillet 2020

1. Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ?

En 2019, 6,7 millions d' immigrés vivent en France, soit 9,9 % de la population totale. 2,5 millions d'immigrés, soit 37 % d'entre eux, ont acquis la nationalité française.

La population étrangère vivant en France s'élève à 4,9 millions de personnes, soit 7,4 % de la population totale. Elle se compose de 4,2 millions d'immigrés n'ayant pas acquis la nationalité française et de 0,7 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.

1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l'étranger. Avec les personnes immigrées (6,7 millions), au total, 8,4 millions de personnes vivant en France sont nées à l'étranger, soit 12,6 % de la population.

 

2. Où sont nés les immigrés vivant en France ?

En 2019, 46,5 % des immigrés vivant en France sont nés en Afrique. 33,3 % sont nés en Europe. Les pays de naissance les plus fréquents des immigrés sont l'Algérie (12,6 %), le Maroc (12 %), le Portugal (9 %), la Tunisie (4,5 %), l'Italie (4,3 %), la Turquie (3,7 %) et l'Espagne (3,6 %). La moitié des immigrés sont originaires d'un de ces sept pays (49,7 %).

 

Immigrés vivant en France en 2019 selon leur continent de naissance

Immigrés vivant en France en 2019 selon leur continent de naissance () -
Part (en %)
Afrique 46,5
Europe 33,3
Asie 14,7
Amérique, Océanie 5,4

Immigrés vivant en France en 2019 selon leur continent de naissance

3. Où sont nés les immigrés arrivés en France en 2018 ?

38,9 % des immigrés arrivés en France en 2018 sont nés en Afrique et 34,1 % sont nés en Europe. Les immigrés arrivés en France en 2018 sont plus souvent nés au Maroc (9,4 %), en Algérie (7 %), en Italie (4,4 %), en Tunisie (4,2 %), en Espagne (3,7 %), au Royaume-Uni (3,3 %), en Chine (2,5 %), en Roumanie (3 %) ou au Portugal (2,7 %).

 

Immigrés arrivés en France en 2018 selon leur continent de naissance

Immigrés arrivés en France en 2018 selon leur continent de naissance () -
Part (en %)
Afrique 38,9
Europe 34,1
Asie 17,2
Amérique, Océanie 9,9
  • Source : Insee, Enquête annuelle de recensement 2019.

Immigrés arrivés en France en 2018 selon leur continent de naissance

  • Source : Insee, Enquête annuelle de recensement 2019.

Entre 2006 et 2018, le nombre d'immigrés arrivés en France est passé de 193 400 à 273 000. Les sorties d’immigrés sont relativement modestes au regard de leurs entrées. En moyenne, quatre immigrés entrent sur le territoire lorsqu’un en sort. Il s’agit essentiellement d’étudiants étrangers quittant la France à la fin de leurs études, de départs à l’issue d’une période d’emploi de quelques années ou encore de retours au pays au moment de la retraite. Au total, le solde migratoire des immigrés a baissé légèrement entre 2006 (+ 164 000) et 2009 (+ 133 000) avant de croître pour atteindre + 225 000 personnes en 2016.

Flux migratoires des immigrés

en milliers
Flux migratoires des immigrés (en milliers)
Immigrés 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 (p) 2018 (p)
Entrées d'immigrés (1) 193 192 195 195 211 217 229 236 234 253 260 262 273
Sorties d'immigrés (2) 29 52 54 62 71 56 53 49 37 66 69 71 70
Solde migratoire des immigrés = (1) - (2) 164 140 141 133 140 161 176 187 197 188 191 191 203
  • Note : données provisoires pour le solde migratoire et les sorties en 2016, 2017 et 2018.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population, des flux d'entrées et de sorties.

Flux migratoires des immigrés

  • Note : données provisoires pour le solde migratoire et les sorties en 2016, 2017 et 2018.
  • Champ : France hors Mayotte jusqu'en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014.
  • Source : Insee, estimations de population, des flux d'entrées et de sorties.

4. Comment évolue la population étrangère et immigrée en France ?

La population immigrée en France progresse en effectif et en pourcentage de la population totale depuis 1946. Elle correspond à 9,9 % de la population vivant en France en 2019, contre 7,4 % en 1975 et 5 % en 1946.

La population étrangère vivant en France représente 7,4 % de la population totale en 2019, contre 6,5 % en 1975 et 4,4 % en 1946.

Jusqu’au milieu des années 1970, les flux d’immigration étaient majoritairement masculins, comblant les besoins de main-d’œuvre nés de la reconstruction d’après-guerre, puis de la période des Trente Glorieuses. En 1974, dans un contexte économique dégradé, un frein est mis à l'immigration de travail et l’immigration familiale se développe. Depuis cette date, la part des femmes dans les flux d'immigration est croissante, qu'il s'agisse de regroupement familial ou non. En 2019, 51 % des immigrés sont des femmes, contre 44 % en 1975 et 45 % en 1946. .

 

Évolution de la population immigrée en France de 1921 à 2019

Évolution de la population immigrée en France de 1921 à 2019 () -
Population immigrée (en milliers) Part de la population immigrée dans la population totale (en %)
1921 1 429 3,7
1926 2 288 5,7
1931 2 729 6,6
1936 2 326 5,6
1946 1 986 5,0
1954 2 293 5,4
1962 2 861 6,2
1968 3 281 6,6
1975 3 887 7,4
1982 4 037 7,4
1990 4 166 7,4
1999 4 387 7,3
2010 5 514 8,5
2015 6 170 9,3
2016 6 291 9,4
2017 6 449 9,7
2018 (p) 6 510 9,7
2019 (p) 6 707 10,0
  • Champ : France métropolitaine de 1921 à 1990, France hors Mayotte de 1999 à 2013, France, y.c. Mayotte, depuis 2014.
  • Source : Insee, recensements de la population et estimations de population.

Évolution de la population immigrée en France de 1921 à 2019

  • Champ : France métropolitaine de 1921 à 1990, France hors Mayotte de 1999 à 2013, France, y.c. Mayotte, depuis 2014.
  • Source : Insee, recensements de la population et estimations de population.

Définitions


Immigré :

selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l'Intégration, un immigré est une personne née étrangère à l'étranger et résidant en France. Les personnes nées françaises à l'étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. À l'inverse, certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se confondent pas totalement : un immigré n'est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs). La qualité d'immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s'il devient français par acquisition. C'est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l'origine géographique d'un immigré.


Étranger :

un étranger est une personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française, soit qu'elle possède une autre nationalité (à titre exclusif), soit qu'elle n'en ait aucune (c'est le cas des personnes apatrides). Les personnes de nationalité française possédant une autre nationalité (ou plusieurs) sont considérées en France comme françaises. Un étranger n'est pas forcément immigré, il peut être né en France (les mineurs notamment).

Remarque :

A la différence de celle d'immigré, la qualité d'étranger ne perdure pas toujours tout au long de la vie : on peut, sous réserve que la législation en vigueur le permette, devenir français par acquisition.


Taux d'activité :

le taux d'activité est le rapport entre le nombre d'actifs (actifs occupés et chômeurs) et l'ensemble de la population correspondante.


Taux d'emploi :

le taux d'emploi d'une classe d'individus est calculé en rapportant le nombre d'individus de la classe ayant un emploi au nombre total d'individus dans la classe. Il peut être calculé sur l'ensemble de la population d'un pays, mais on se limite le plus souvent à la population en âge de travailler (généralement définie, en comparaison internationale, comme les personnes âgées de 15 à 64 ans), ou à une sous-catégorie de la population en âge de travailler (femmes de 25 à 29 ans par exemple).


Taux de chômage :

le taux de chômage est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés + chômeurs).

On peut calculer un taux de chômage par âge en mettant en rapport les chômeurs d'une classe d'âge avec les actifs de cette classe d'âge. De la même manière se calculent des taux de chômage par sexe, par PCS, par région, par nationalité, par niveau de diplôme...

Remarque :

Le taux de chômage diffère de la part du chômage qui, elle, mesure la proportion de chômeurs dans l'ensemble de la population.


Indicateur conjoncturel de fécondité / Somme des naissances réduites :

l'indicateur conjoncturel de fécondité, ou somme des naissances réduites, mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

Remarque :

Il ne faut pas perdre de vue que les taux utilisés dans le calcul sont ceux observés au cours d'une année donnée dans l'ensemble de la population féminine (composée de plusieurs générations) et ne représentent donc pas les taux d'une génération réelle de femmes. Il est probable qu'aucune génération réelle n'aura à chaque âge les taux observés. L'indicateur conjoncturel de fécondité sert donc uniquement à caractériser d'une façon synthétique la situation démographique au cours d'une année donnée, sans qu'on puisse en tirer des conclusions certaines sur l'avenir de la population.

Quelle est la situation des immigrés face à l'emploi ?

En 2019, parmi les personnes de 15 à 64 ans, 79 % des hommes immigrés sont actifs, c'est-à-dire qu'ils occupent un emploi ou en cherchent un. Cette proportion est très proche de celle observée parmi les hommes non immigrés (75 %). Chez les femmes, les écarts sont plus marqués : le taux d'activité des femmes immigrées est de 58 % contre 70 % pour les non immigrées.

La proportion d'hommes occupant un emploi est la même parmi les immigrés et les non immigrés (69%). Pour les femmes, le taux d'emploi est de 50 % parmi les immigrées contre 64 % parmi les non immigrées. La répartition des postes occupés par les immigrés et non immigrés est globalement semblable, cependant les immigrés occupent plus souvent que les non immigrés des postes d’ouvriers et moins souvent ceux de professions intermédiaires.

Lorsqu'ils sont actifs, les immigrés rencontrent davantage de difficultés à trouver un emploi que les non immigrés. Le taux de chômage des immigrés est de 13 % parmi les hommes et 15 % parmi les femmes, alors qu'il s'élève à 8 % parmi les non immigrés, hommes comme femmes.

Pour plus de détails, consulter les chiffres clés sur l'activité, l'emploi et le chômage des immigrés par origine géographique en 2019.

Taux d'activité, d'emploi et de chômage selon le sexe et le statut migratoire en 2019

  • Note: les personnes non immigrées sont celles nées en France ou nées Françaises à l'étranger.
  • Champ : personnes de 15 à 64 ans, France hors Mayotte.
  • Source : Enquête emploi 2019.
Quel est le profil des immigrés arrivés récemment en France ?

Parmi les immigrés arrivés en 2018, les femmes sont majoritaires (51 %), en particulier parmi ceux originaires de Chine (67 %), des pays d’Asie du Sud‑Est (56%), du Maroc (56 %), d’Algérie (55 %), et des pays d’Europe hors Union européenne (55 %). La migration concerne principalement les immigrés d'âges actifs. Parmi ceux arrivés en France en 2018, 18% avaient moins de 15 ans, 27% entre 15 et 24 ans, 48% entre 25 et 54 ans et 7% plus de 55 ans.

Les immigrés récents s'intallent généralement à proximité des immigrés déja présents en France. Trois quarts (74 %) des immigrés arrivés en 2018 résident dans une ville de plus de 10 000 habitants. 28 % s'installent en Ile-de-France, 14 % en Auvergne-Rhône-Alpes, 10 % en Occitanie et 9 % dans le Grand-Est.

Les immigrés arrivés récemment ont des niveaux de diplômes plus polarisés que la population générale, c'est-à-dire avec des proportions plus fortes de peu diplômés et de diplômés du supérieur. Parmi les immigrés âgés de 15 ans ou plus arrivés en France en 2018, 30 % sont titulaires au plus d’un diplôme de niveau brevet des collèges ; 27 % d’un diplôme du secondaire et 43 % d’un diplôme du supérieur, dont 37 % au-delà d’un Bac + 2 (supérieur long). Les femmes immigrées sont plus diplômées que les hommes immigrés : 46 % des femmes immigrées sont diplômées du supérieur, contre 39 % des hommes immigrés. 45 % des immigrés originaires d’Asie sont titulaires d’un diplôme du supérieur, contre 43 % de ceux originaires d’Europe et 39 % d’Afrique.

Pour plus de détails, consulter la publication.

Niveau de diplôme des immigrés arrivés en 2018

  • Champ : France, immigrés âgés de 15 ans ou plus et arrivés en 2018 (y compris les personnes encore en études).
  • Source : Insee, Enquête annuelle de recensement 2019.
Qui sont les descendants d'immigrés ?

Nés en France, les descendants d’immigrés n’ont pas connu eux-mêmes la migration. En 2019, 7,6 millions de descendants d’immigrés vivent en France (hors Mayotte), soit 11,5 % de la population. La moitié des descendants d’immigrés sont nés en France de deux parents immigrés. Dans 8 cas sur 10, les deux parents immigrés ont le même pays d’origine. En 2019, 53 % des descendants d’immigrés ont moins de trente ans.

L’origine des descendants d’immigrés, ainsi que leur âge, est liée à l’ancienneté des différentes vagues de migration en France. 41 % des descendants d’immigrés ont une origine européenne. Les descendants d’un parent venu d’Espagne ou d’Italie représentent 19 % de l’ensemble des descendants et sont nettement plus âgés compte tenu de l’ancienneté de l’immigration en provenance de ces deux pays. Un tiers des descendants d’immigrés sont originaires du Maghreb ; parmi ceux-ci, deux sur trois ont moins de trente ans. Entre 2009 et 2019, le nombre de descendants d’immigrés originaires d’Afrique a progressé de 4,2 % en rythme annuel (4,6 % pour l’Afrique hors Maghreb) pour atteindre, en 2019, 45 % de l’ensemble des descendants. Les flux d’immigration plus récents en provenance d’Afrique expliquent que 70 % de leurs descendants soient âgés de moins de trente ans.

En 2010, il n’y a pas d’écart de fécondité entre les femmes descendantes d’immigrés et les femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés, avec un indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) respectivement de 1,85 et 1,86 enfant par femme.

À caractéristiques égales, la situation sur le marché du travail des descendants d'immigrés s'améliore sensiblement par rapport aux immigrés, malgré la persistance de difficultés pour certaines origines.

Pour plus de détails, consulter la publication.

Où vivent les immigrés ?

La population immigrée est davantage concentrée sur le territoire que celle des non-immigrés. Les immigrés sont essentiellement citadins, résidant majoritairement dans les grands pôles urbains (8 immigrés sur 10, contre 6 non-immigrés sur 10). 38 % des immigrés habitent dans l’aire urbaine de Paris, contre 17 % des non-immigrés. La concentration géographique des populations immigrées évolue peu au fil des années.

La répartition territoriale de la population immigrée est le résultat de plusieurs vagues d’immigration, notamment vers le sud-ouest de la France et les zones urbanisées et industrialisées des années 1960.

Les immigrés arrivés en France depuis moins de cinq ans s'installent dans les lieux où résident déjà les immigrés des vagues plus anciennes.

Pour plus de détails, consulter la publication.

Comment se situe la France par rapport aux autres pays de l'Union européenne ?

En 2019, sur les 513 millions d’habitants de l’Union européenne (UE 28), environ 41 millions sont étrangers, soit 8 % de la population.

L'Allemagne et le Royaume-Uni sont les pays avec le plus grand nombre d'étrangers, avec respectivement 10,1 et 6,2 millions d'étrangers, soit 12 % et 9 % de leur population. La France et l'Italie comptent 4,9 et 5,3 millions d'étrangers, soit 7 % et 9 % de leur population, ce qui les situe autour de la moyenne européenne.

En 2019, l’Union européenne a enregistré 721 000 demandes d’asile, un chiffre en hausse par rapport à 2018 (647 000), mais bien moins élevé comparé aux années 2015 et 2016 durant lesquelles les demandes ont culminé à respectivement 1,3 million et 1,2 million. Avec 166 000 demandes en 2019, soit 23 % du total européen, l’Allemagne reste le pays où les demandes de protection internationale sont les plus nombreuses. Cette part était presque trois fois plus élevée en 2016 : l’Allemagne comptabilisait à elle seule 60 % des demandes (745 000 sur 1,2 millions).

En 2019, par rapport à 2018, les demandes ont augmenté en France (129 000, + 12 %), en Grèce (77 000, + 14 %) et surtout en Espagne (118 000, + 86 %). Pour l'Espagne et la Grèce, cette hausse s’explique en partie par une application plus stricte de la réglementation de Dublin, qui prescrit aux demandeurs d'asile de déposer leur requête dans le pays d'arrivée. D'autres pays ont au contraire fortement restreint l'accueil des demandeurs d'asile. Entre 2016 et 2019, le nombre de demandes a ainsi chuté de 123 000 à 44 000 en Italie et de 29 000 à 500 en Hongrie. Au Royaume-Uni, les demandes sont restées relativement stables, avec 40 000 demandes déposées en 2016 et 45 000 en 2019.

Pour plus de détails, consulter la publication.

Répartition des demandes d'asile depuis 2009

  • Lecture : l'Allemagne a instruit 166 000 demandes en 2019.
  • Source : Eurostat, extraction juin 2020.
Quelle est la fécondité des femmes immigrées ?

En 2017, près d’une naissance sur cinq (19 %) est de mère immigrée. Cette proportion est plus élevée que la part des femmes immigrées parmi la population féminine de 15 à 50 ans (12 %, cette proportion variant de 4 % à 16 % selon les âges).

En 2016, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) des immigrées est de 2,72 enfants par femme et celui des non immigrées de 1,79 enfant par femme, soit un écart de 0,93 enfant par femme. L’ICF total des femmes, immigrées ou non, est de 1,91 enfant par femme. Sans les immigrées, le niveau de la fécondité en France en 2016 serait donc inférieur de 0,12 enfant par femme (1,91 moins 1,79).

La fécondité des immigrées varie selon le pays de naissance. Avec environ 3,5 enfants par femme en 2014, les immigrées originaires du Maghreb ont la fécondité la plus élevée. Celle des immigrées nées en Afrique subsaharienne ou en Turquie avoisine trois enfants. La fécondité des immigrées nées en Europe ou dans les autres régions du monde se rapproche de la moyenne nationale, environ 2 enfants par femme.

Pour plus de détails, consulter la publication.

Fécondité des immigrées selon leur pays de naissance (2014)

  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015.

1. Comment l'Insee mesure-t-il le nombre d'immigrés et d'étrangers ?

Le nombre d’immigrés et le nombre d’étrangers sont connus par le recensement de la population. Tous les types d'habitation sont recensés (ménages ordinaires, foyers, résidences collectives, lieux de privation de liberté, habitations mobiles, sans-abri, etc.). Le bulletin indivuel de recensement interroge les personnes sur leur pays de naissance et leur nationalité actuelle. Pour les personnes ayant acquis la nationalité française, il leur est demandé leur nationalité de naissance.

Les immigrés sont les personnes recensées qui ont indiqué un pays de naissance étranger et une nationalité étrangère ou qui ont acquis la nationalité française. Les étrangers sont les personnes recensées qui ont indiqué une nationalité étrangère.

Les résultats définitifs du recensement ne sont connus que 42 mois après la date de référence. Pour fournir des informations plus récentes, des estimations de populations sont effectuées. La population totale et sa répartition par sexe et âge sont tout d'abord estimées selon la méthode du bilan démographique. Les effectifs de chaque sous-groupe sont ensuite déduits de la structure des enquêtes annuelles de recensement. Ces estimations sont provisoires et ne permettent pas de calculer des évolutions d'une année sur l'autre.

2. Comment l'Insee mesure-t-il les entrées en France ?

Pour savoir combien de personnes sont entrées en France une année N, l'Insee utilise l’enquête annuelle de recensement qui se déroule au début de l'année N+1. Les personnes nées à l’étranger sont interrogées sur la date de leur arrivée en France. Si une personne déclare être arrivée en l'année N, ou si elle déclare qu’elle résidait à l’étranger au 1er janvier de l'année N, elle est comptabilisée dans les entrées de l’année N.

Sont également comptabilisées dans les entrées de l’année N les personnes nées en France qui reviennent cette année après un séjour à l’étranger. C’est leur lieu de résidence à l’étranger au 1er janvier de l'année N qui permet de les repérer.

3. Les immigrés clandestins sont-ils pris en compte ?

Le recensement de la population comptabilise tous les habitants. Il comptabilise donc les clandestins comme toute autre personne résidant en France, mais ne les identifie pas en tant que tels. L'agent recenseur ne demande jamais de pièce d'identité à la personne recensée.

4. Quelles sont les limites de ces mesures ?

Le recensement est une source déclarative et des informations, comme la date d'arrivée en France ou le pays de résidence antérieure, peuvent être soumises à des biais de déclaration ou de mémoire.

Les résultats définitifs du recensement ne sont connus que 42 mois après la date de référence. Pour fournir des informations plus récentes, des estimations de populations sont effectuées. La population totale et sa répartition par sexe et âge sont tout d'abord estimées selon la méthode du bilan démographique. Les effectifs de chaque sous-groupe sont ensuite déduits de la structure des enquêtes annuelles de recensement. Ces estimations sont provisoires et ne permettent pas de calculer des évolutions d'une année sur l'autre.