Immigrés, étrangers 

Cette publication se compose de données clés, d'un jeu de questions-réponses apportant des éclairages plus spécifiques, des précisions méthodologiques et des liens vers des publications de l'Insee ou d'autres organismes pour aller plus loin. Sur le même modèle, retrouvez un panorama des données relatives à la mondialisation.

Chiffres-clés
Paru le : 03/12/2018

1. Combien y a-t-il d'immigrés ou d'étrangers en France ?

En 2015, 6,2 millions d' immigrés vivent en France, soit 9,3 % de la population totale. 2,4 millions d'immigrés, soit 39 % d'entre eux, ont acquis la nationalité française.

La population étrangère vivant en France s'élève à 4,4 millions de personnes, soit 6,7 % de la population totale. Elle se compose de 3,8 millions d'immigrés n'ayant pas acquis la nationalité française et de 0,6 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.

1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l'étranger. Avec les personnes immigrées (6,2 millions), au total, 7,9 millions de personnes vivant en France sont nées à l'étranger, soit 11,9 % de la population.

 

  • Champ : France, 2015
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015

2. Où sont nés les immigrés vivant en France ?

En 2015, 44,6 % des immigrés vivant en France sont nés en Afrique. 35,4 % sont nés en Europe. Les pays de naissance les plus fréquents des immigrés sont l'Algérie (12,8 %), le Maroc (12,0 %), le Portugal (10,1 %), l'Italie (4,6 %), la Tunisie (4,4 %), l'Espagne (4,0 %) et la Turquie (4,0 %). Un peu plus de la moitié des immigrés sont originaires d'un de ces sept pays (52 %).

 

Immigrés vivant en France en 2015 selon leur continent de naissance

Immigrés vivant en France en 2015 selon leur continent de naissance
Part (en %)
Afrique 44,6
Europe 35,4
Asie 14,3
Amérique, Océanie 5,6
  • Source : Insee, Recensement de la population 2015.

Immigrés vivant en France en 2015 selon leur continent de naissance

3. Où sont nés les immigrés arrivés en France en 2016 ?

37,0 % des immigrés arrivés en France en 2016 sont nés en Europe et 35,7 % sont nés en Afrique. Les immigrés arrivés en France en 2016 sont plus souvent nés au Maroc (8,2 %), en Algérie (7,0 %), en Italie (4,5 %), au Portugal (4,3 %), au Royaume-Uni (4,3 %), en Espagne (3,6 %), en Tunisie (3,3 %), en Roumanie (3,2 %) ou en Chine (3,1 %).

 

Immigrés arrivés en France en 2016 selon leur continent de naissance

Immigrés arrivés en France en 2016 selon leur continent de naissance
Part (en %)
Afrique 35,7
Europe 37,0
Asie 16,2
Amérique, Océanie 11,1
  • Source : Insee, Enquête annuelle de recensement 2017.

Immigrés arrivés en France en 2016 selon leur continent de naissance

4. Comment évolue la population étrangère et immigrée en France ?

La population immigrée en France progresse en effectif et en pourcentage de la population totale depuis 1946. Elle correspond à 9,3 % de la population vivant en France en 2015, contre 7,4 % en 1975 et 5 % en 1946.

La population étrangère vivant en France représente 6,7 % de la population totale en 2015, contre 6,5 % en 1975 et 4,4 % en 1946.

Jusqu’au milieu des années 1970, les flux d’immigration étaient majoritairement masculins, comblant les besoins de main-d’œuvre nés de la reconstruction d’après-guerre, puis de la période des Trente Glorieuses. En 1974, dans un contexte économique dégradé, un frein est mis à l'immigration de travail et l’immigration familiale se développe. Depuis cette date, la part des femmes dans les flux d'immigration est croissante, qu'il s'agisse de regroupement familial ou non. En 2015, 51 % des immigrés sont des femmes, contre 44 % en 1968.

 

Évolution de la population immigrée en France de 1921 à 2015

Évolution de la population immigrée en France de 1921 à 2015
Population immigrée Part de la population immigrée dans la population totale
1921 1 429 3,7
1926 2 288 5,7
1931 2 729 6,6
1936 2 326 5,6
1946 1 986 5,0
1954 2 293 5,4
1962 2 861 6,2
1968 3 281 6,6
1975 3 887 7,4
1982 4 037 7,4
1990 4 166 7,4
1999 4 387 7,3
2010 5 514 8,5
2015 6 170 9,3
  • Champ : France métropolitaine de 1921 à 1990, France hors Mayotte de 1999 à 2013, France, y.c. Mayotte, depuis 2014.
  • Source : Insee, recensements de la population.

Évolution de la population immigrée en France de 1921 à 2015


Quelle est la situation des immigrés face à l'emploi ?

En 2017, parmi les personnes de 15 à 64 ans, 78 % des hommes immigrés sont actifs, c'est-à-dire qu'ils occupent un emploi ou en cherchent un. Cette proportion est très proche de celle observée parmi les hommes non immigrés (75 %). Chez les femmes, les écarts sont plus marqués : le taux d'activité des femmes immigrées est de 58 % contre 69 % pour les non immigrées.

De la même manière, 66 % des hommes immigrés occupent un emploi contre 69 % de leurs homologues non immigrés. Pour les femmes, le taux d'emploi est de 48 % parmi les immigrées contre 63 % parmi les non immigrées. La répartition des postes occupés par les immigrés et non immigrés est globalement semblable, cependant les immigrés occupent plus souvent que les non immigrés des postes d’ouvriers et moins souvent ceux de professions intermédiaires.

Lorsqu'ils sont actifs, les immigrés rencontrent davantage de difficultés à trouver un emploi que les non immigrés. Le taux de chômage des immigrés est de 16 % parmi les hommes et 17 % parmi les femmes, alors qu'il s'élève à 9 % parmi les non immigrés, hommes comme femmes.

Pour plus de détails, consulter les chiffres essentiels sur l'activité, l'emploi et le chômage des immigrés.

Taux d'activité, d'emploi et de chômage selon le sexe et le statut migratoire en 2017


Quel est le niveau de diplôme des immigrés arrivés récemment en France ?

Parmi les immigrés âgés de 15 ans ou plus arrivés en France en 2016, 31 % sont titulaires au plus d’un diplôme de niveau brevet des collèges ; 28 % d’un diplôme du secondaire et 41 % d’un diplôme du supérieur, dont 36 % au-delà d’un Bac + 2 (supérieur long).

Les femmes immigrées sont plus diplômées que les hommes immigrés : 44 % des femmes immigrées sont diplômées du supérieur, contre 38 % des hommes immigrés.

Parmi les immigrés arrivés en France en 2016, 49 % de ceux originaires d’Asie sont titulaires d’un diplôme du supérieur, contre 42 % de ceux originaires d’Europe et 36 % d’Afrique. Le profil des immigrés récents est relativement stable depuis 2012.

Pour plus de détails, consulter la publication.

Niveau de diplôme des immigrés arrivés en 2016


Qui sont les descendants d'immigrés ?

Nés en France, les descendants d’immigrés n’ont pas connu eux-mêmes la migration. En 2017, 7,5 millions de descendants d’immigrés vivent en France hors Mayotte, soit 11,2 % de la population. La moitié des descendants d’immigrés sont nés en France de deux parents immigrés. Dans 8 cas sur 10, les deux parents immigrés ont le même pays d’origine. En 2017, 54 % des descendants d’immigrés ont moins de trente ans.

L’origine des descendants d’immigrés, ainsi que leur âge, est liée à l’ancienneté des différentes vagues de migration en France. 43 % des descendants d’immigrés ont une origine européenne. Les descendants d’un parent venu d’Espagne ou d’Italie représentent 19 % de l’ensemble des descendants et sont nettement plus âgés compte tenu de l’ancienneté de l’immigration en provenance de ces deux pays. 31 % des descendants d’immigrés ont au moins un parent originaire du Maghreb ; parmi ceux-ci, deux sur trois ont moins de trente ans. 10 % des descendants d’immigrés ont au moins un parent originaire d'Asie; ce sont les plus jeunes.

En 2010, il n’y a pas d’écart de fécondité entre les femmes descendantes d’immigrés et les femmes ni immigrées ni descendantes d’immigrés, avec un indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) respectivement de 1,85 et 1,86 enfant par femme. L’ICF des immigrées est de 2,73 enfants par femme, mais cette valeur est liée à l'effet de l'immigration, qui décale souvent les naissances après l'arrivée dans le pays d'accueil. Les femmes ayant immigré avant l'âge de 15 ans ont une fécondité très proche des femmes nées en France.

Les descendantes d’immigrés originaires du Maghreb ont davantage d'enfants que les descendantes d'immigrés d'Espagne, d'Italie ou du Portugal (ICF respectivement de 2,06 et 1,77), mais l'écart est moins important que celui observé entre la fécondité des immigrées des mêmes origines (ICF respectivement de 3,53 et 2,07).

Pour plus de détails, consulter la publication.


Où vivent les immigrés ?

La population immigrée est davantage concentrée sur le territoire que celle des non-immigrés. Les immigrés sont essentiellement citadins, résidant majoritairement dans les grands pôles urbains (8 immigrés sur 10, contre 6 non-immigrés sur 10). 38 % des immigrés habitent dans l’aire urbaine de Paris, contre 17 % des non-immigrés. La concentration géographique des populations immigrées évolue peu au fil des années.

La répartition territoriale de la population immigrée est le résultat de plusieurs vagues d’immigration, notamment vers le sud-ouest de la France et les zones urbanisées et industrialisées des années 1960.

Les immigrés arrivés en France depuis moins de cinq ans s'installent dans les lieux où résident déjà les immigrés des vagues plus anciennes.

Pour plus de détails, consulter la publication.


Comment se situe la France par rapport aux autres pays de l'Union européenne ?

En 2017, sur les 512 millions d’habitants de l’Union européenne (UE 28), près de 39 millions sont étrangers, soit 8 % de la population.

L'Allemagne et le Royaume-Uni sont les pays avec le plus grand nombre d'étrangers, avec respectivement 9,2 et 6,1 millions d'étrangers, soit 11 % et 9 % de leur population. La France et l'Italie comptent 4,6 et 5 millions d'étrangers, soit 7 % et 8 % de leur population, ce qui les situe autour de la moyenne européenne.

En 2017, l’Union européenne a enregistré 706 000 demandes d’asile, un chiffre en baisse comparé aux années 2015 et 2016 durant lesquelles les demandes ont culminé à respectivement 1,3 million et 1,2 million. Avec 223 000 demandes en 2017, soit près d’un tiers du total européen, l’Allemagne reste le pays où les demandes de protection internationale sont les plus nombreuses. En 2016, l’Allemagne comptabilisait même à elle seule 60% des demandes (745 000 sur 1,2 millions).

En 2017, malgré un contexte européen de baisse, les demandes ont augmenté en France (99 000), en Italie (129 000) et en Grèce (58 000) par rapport à 2015 et 2016. Pour l'Italie et la Grèce, cette hausse s’explique en partie par une application plus stricte de la réglementation de Dublin, qui prescrit aux demandeurs d'asile de déposer leur requête dans le pays d'arrivée D'autres pays ont au contraire fortement restreint l'accueil des demandeurs d'asile. Entre 2015 et 2017, le nombre de demandes a ainsi chuté de 163 000 à 26 000 en Suède et de 177 000 à 3 400 en Hongrie. Au Royaume-Uni, les demandes sont restées relativement stables, avec 40 000 demandes déposées en 2015 et 34 000 en 2017.

Pour plus de détails, consulter la publication.

Répartition des demandes d'asile depuis 2008


Qu'est-ce que le solde migratoire ?

En 2014, le solde migratoire s’élève à + 32 000 personnes : 340 000 sont arrivées en France et 308 000 en sont parties. Le solde migratoire des immigrés est positif (+ 197 000) : 234 000 immigrés sont arrivés en France et 37 000 en sont partis.

Pour les non-immigrés, c'est-à-dire les personnes nées en France ou nées françaises à l'étranger, le solde migratoire est au contraire négatif (-165 000) : 271 000 ont quitté la France alors que 106 000 y sont entrés.

Pour plus de détails, consulter la publication.

1. Comment l'Insee mesure-t-il le nombre d'immigrés et d'étrangers ?

Le nombre d’immigrés et le nombre d’étrangers sont connus par le recensement de la population. Tous les types d'habitation sont recensés (ménages ordinaires, foyers, résidences collectives, lieux de privation de liberté, habitations mobiles, sans-abri, etc.). Le bulletin indivuel de recensement interroge les personnes sur leur pays de naissance et leur nationalité actuelle. Pour les personnes ayant acquis la nationalité française, il leur est demandé leur nationalité de naissance.

Les immigrés sont les personnes recensées qui ont indiqué un pays de naissance étranger et une nationalité étrangère ou qui ont acquis la nationalité française. Les étrangers sont les personnes recensées qui ont indiqué une nationalité étrangère.

Pour savoir combien de personnes sont entrées en France une année N, l'Insee utilise l’enquête annuelle de recensement qui se déroule au début de l'année N+1. Les personnes nées à l’étranger sont interrogées sur la date de leur arrivée en France. Si une personne déclare être arrivée en l'année N, ou si elle déclare qu’elle résidait à l’étranger au 1er janvier de l'année N, elle est comptabilisée dans les entrées de l’année N.

Sont également comptabilisées dans les entrées de l’année N les personnes nées en France qui reviennent cette année après un séjour à l’étranger. C’est leur lieu de résidence à l’étranger au 1er janvier de l'année N qui permet de les repérer.

2. Les immigrés clandestins sont-ils pris en compte ?

Le recensement de la population comptabilise tous les habitants. Il comptabilise donc les clandestins comme toute autre personne résidant en France, mais ne les identifie pas en tant que tels. L'agent recenseur ne demande jamais de pièce d'identité à la personne recensée.

3. Quelles sont les limites de ces mesures ?

Le recensement est une source déclarative et des informations, comme la date d'arrivée en France ou le pays de résidence antérieure, peuvent être soumises à des biais de déclaration ou de mémoire.