Le secteur du nettoyage

Catherine Souquet, Maxime Geay, division Services, Insee

Le nettoyage est une activité de main-d’œuvre globalement peu qualifiée. Ce secteur emploie une proportion élevée de femmes, de salariés à temps partiel et de travailleurs âgés. Il est dynamique : son chiffre d’affaires, 15 milliards d’euros en 2015, a progressé de 65 % en dix ans, sous l’effet de l’externalisation massive des fonctions support des entreprises. Cette croissance est nettement plus élevée que celle de l’ensemble des services aux entreprises. En raison de la part importante des salaires dans la valeur ajoutée, le taux de marge est faible dans ce secteur (10 %). Toutefois, il se redresse depuis 2013, grâce à la montée en charge du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et à la mise en place du pacte de responsabilité et de solidarité. De même, tout en restant modeste, l’intensité capitalistique s’accroît, du fait de l’essor du nettoyage spécialisé, davantage utilisateur d’équipements technologiques. Les grandes entreprises concentrent un tiers de l’activité du secteur ; elles laissent une part de marché importante aux autres entreprises, surtout aux petites et moyennes entreprises.

Le secteur du nettoyage emploie 404 000 personnes en 2015

En 2015, le secteur du nettoyage génère un chiffre d'affaires de 15 milliards d'euros, soit 4 % de celui des services aux entreprises. Il compte 38 000 unités légales (entreprises individuelles ou sociétés) et emploie 404 000 personnes, soit 294 000 salariés en équivalent temps plein.

Les opérateurs des services de nettoyage proposent des prestations classiques dites « nettoyage courant » (nettoyage courant de tout type de bâtiments et activités combinées) et des prestations spécialisées dites « nettoyage spécialisé » (nettoyage industriel, ultra-propreté, etc. Le « nettoyage courant » occupe une place prépondérante puisqu’il représente les trois quarts du chiffre d'affaires du secteur. Il s’agit, pour l’essentiel, de « nettoyage courant de bâtiments » (10 milliards d’euros) ; les « activités combinées » n’ont qu’un poids marginal (0,9 milliard). Le « nettoyage spécialisé » recouvre principalement le nettoyage industriel au sens large (de locaux et machines industriels ; 2,3 milliards), mais aussi le nettoyage dit 3D (désinfection, désinsectisation et dératisation) et d’autres activités de nettoyage (figure 1).

Figure 1 - Répartition du chiffre d'affaires du secteur du nettoyage en 2015

Figure 1 - Répartition du chiffre d'affaires du secteur du nettoyage en 2015
Sous-secteurs Chiffre d'affaires (en milliers d'euros) Part du chiffre d'affaires dans l'ensemble du secteur (en %)
8110Z Activités combinées 903 6,2
8121Z Nettoyage courant des bâtiments 10 229 69,8
8122Z Nettoyage industriel 2 261 15,4
8129A Nettoyage 3D 555 3,8
8129B Autres activités de nettoyage 710 4,8
Total 14 658 100,0
  • Lecture : le sous-secteur du nettoyage courant des bâtiments (81.21Z) réalise 70 % du chiffre d'affaires du nettoyage.
  • Champ : secteur du nettoyage, y compris activités combinées (groupes 81.1 et 81.2 de la NAF rév.2).
  • Source : Insee, Ésane 2015.

Figure 1 - Répartition du chiffre d'affaires du secteur du nettoyage en 2015

Une croissance plus rapide que dans les autres services aux entreprises

Entre 2005 et 2015, le chiffre d'affaires en valeur du secteur du nettoyage a progressé plus rapidement que celui des services aux entreprises hors intérim (+ 5,1 % contre + 2,2 % en rythme annuel). Peu affectée par la crise de 2009, sa croissance est continue. Elle est supérieure à celle de la sécurité, autre activité de soutien aux entreprises et également à fort contenu en main-d’œuvre (+ 3,5 %).

En effet, le secteur a bénéficié depuis les années 1970 de l'externalisation massive des fonctions support des entreprises. Celles-ci sous-traitent de plus en plus souvent leurs services généraux afin de réduire leurs coûts et de se recentrer sur leur cœur de métier.

Le secteur concentre les trois quarts des nettoyeurs

L’externalisation des activités de nettoyage a renforcé le secteur du nettoyage. Celui-ci emploie 76 % des nettoyeurs en 2015, contre 68 % en 2009, soit une création nette de 4 000 emplois sur cette période (figure 2). Cette hausse ne compense pas la baisse constatée dans les autres secteurs marchands, hors activité des ménages (– 54 000 emplois nets).

Figure 2 - L'emploi dans les métiers de la propreté par secteur

Figure 2 - L'emploi dans les métiers de la propreté par secteur
Secteur d'activité Emplois dans les métiers de la propreté (milliers de salariés au 31 décembre) Répartition sectorielle hors non-marchand et ménages (en %)
2009 2015 variation 2009 2015
Ensemble dont nettoyeurs Ensemble dont nettoyeurs Ensemble dont nettoyeurs Ensemble dont nettoyeurs Ensemble dont nettoyeurs
Nettoyage 351 351 358 355 7 4 60,1 67,5 66,5 76,2
Agriculture 2 2 1 1 -1 -1 0,4 0,4 0,2 0,2
Industrie 26 24 13 12 -13 -13 4,5 4,6 2,5 2,5
Construction 7 6 3 3 -3 -3 1,1 1,2 0,6 0,6
Commerce 26 24 17 15 -9 -10 4,4 4,7 3,1 3,2
Transports 6 5 3 2 -3 -3 1,0 1,0 0,5 0,5
Services principalement marchands hors nettoyage et services financiers 153 101 130 75 -23 -27 26,2 19,5 24,2 16,0
Activités financières et d'assurance 14 6 13 4 -1 -2 2,4 1,2 2,4 0,8
Secteurs principalement marchands hors ménages 585 519 539 466 -46 -54 100,0 100,0 100,0 100,0
Services principalement non marchands 951 34 1 001 23 51 -12
Activités des ménages 765 . 986 . 221
Ensemble 2 300 554 2 526 488 226 -66
  • Note : les professions d'agents de service, d'aides à domicile et aides ménagères, de travailleuses familiales, d'employés de maison ne sont pas exclusivement liées au ménage et à la propreté.
  • Lecture : entre 2009 et 2015, l'emploi lié aux métiers de la propreté dans l'économie marchande hors ménages recule de 46 000 postes.
  • Champ : emploi salarié (hors intérim et hors postes annexes) des professions de nettoyeurs, agents de service, aides à domicile et aides ménagères, travailleuses familiales, employés de maison.
  • Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales (DADS).

La professionnalisation du secteur se renforce

Les normes techniques de qualité du nettoyage se sont durcies. Les besoins de la clientèle se sont donc accrus, notamment en matière de nettoyage spécialisé. Les professionnels du nettoyage ont alors développé leurs stratégies de spécialisation ou de diversification des activités. Ainsi, depuis 2005, le chiffre d’affaires du nettoyage spécialisé dans les bâtiments et du nettoyage industriel a augmenté plus vite que celui du nettoyage courant des bâtiments (+ 8,1 % contre + 5,3 %).

Des grands groupes, mais aussi un important tissu de petites entreprises

Les deux tiers du chiffre d’affaires du secteur du nettoyage proviennent de 22 grandes entreprises (GE) et de 2 600 petites et moyennes entreprises (PME hors micro-entreprises dans cette étude) (figure 3). Le dernier tiers est assuré par 170 entreprises de taille intermédiaire (ETI) et plus de 34 000 micro-entreprises (dont auto-entrepreneurs).

Figure 3 - Répartition du chiffre d'affaires par catégorie d'entreprise en 2015

en %
Figure 3 - Répartition du chiffre d'affaires par catégorie d'entreprise en 2015
Micro-entreprises Petites et moyennes entreprises Entreprises de taille intermédiaire Grandes entreprises Total
Nettoyage courant 13,1 26,4 24,1 36,4 100,0
Nettoyage spécialisé 23,4 34,1 16,0 26,5 100,0
Nettoyage 15,6 28,3 22,1 34,0 100,0
  • Lecture : les petites et moyennes entreprises réalisent 26,4 % du chiffre d'affaires du sous-secteur du nettoyage courant, 34,1 % du chiffre d'affaires du nettoyage spécialisé, soit 28,3 % du chiffre d'affaires du secteur du nettoyage.
  • Champ : secteur du nettoyage, y compris activités combinées (groupes 81.1 et 81.2 de la NAF rév.2).
  • Source : Insee, Ésane.

Figure 3 - Répartition du chiffre d'affaires par catégorie d'entreprise en 2015

Les 22 GE sont présentes sur l’ensemble du territoire national. Elles disposent d’une gamme élargie de prestations de propreté et sont capables de répondre aux appels d’offres des clients « grands comptes », quel que soit leur secteur d’activité (tertiaire, transport, industrie, secteur public, etc.). Elles peuvent être assistées par de petites structures indépendantes (hors groupe) du secteur de la propreté, qui collaborent en tant que sous-traitantes. Six de ces GE sont spécialisées dans le nettoyage, cette activité concourant pour plus des trois cinquièmes à leur valeur ajoutée. Elles sont actives à l’international, puisque 15 % de leurs ventes sont réalisées à l’étranger. Pour les 16 autres GE, le nettoyage est une activité secondaire, leur activité principale étant notamment le traitement des déchets, la restauration collective ou la construction. Ces grandes structures sont moins spécialisées dans le nettoyage que les ETI et les unités de plus petite taille (encadré).

Les petites structures (PME et micro-entreprises) interviennent plutôt au niveau local. Leur petite taille semble plus adaptée sur le segment du nettoyage spécialisé, marché de niche en expansion où elles représentent plus de la moitié du chiffre d’affaires.

Le nombre de micro-entrepreneurs a fortement progressé ces dernières années : 10 000 en 2015, contre 5 500 en 2010, mais leur poids reste limité à 0,6 % du chiffre d’affaires du secteur en 2015 (comme en 2010).

Le recours à la sous-traitance s’accroît

Les entreprises du secteur du nettoyage ont davantage recours à la sous-traitance : de 6,0 % du chiffre d’affaires en 2005 à 8,2 % en 2015. Cela explique la moitié de l’accroissement des consommations intermédiaires (+ 6,6 %), qui progressent plus rapidement que les ventes. Ainsi, la valeur ajoutée du secteur n’augmente que de 4,4 % sur la période.

Un secteur de main-d’œuvre, dont l’intensité capitalistique augmente

En 2015, l'intensité capitalistique du secteur du nettoyage est faible (11 000 euros contre 76 000 euros dans les services aux entreprises) ; elle est par ailleurs moins élevée dans le nettoyage courant de bâtiments (environ 5 000 euros) que dans le nettoyage spécialisé (17 000 euros) (figure 4). En effet, peu d’équipements sont nécessaires pour effectuer les prestations courantes de nettoyage de bureaux ou d’immeubles. À l’inverse, le nettoyage spécialisé des bâtiments appelle des investissements croissants (+ 6 % en moyenne annuelle depuis 2005) pour répondre à la demande de plus en plus complexe de la clientèle : acquisition d’équipements automatiques dans les aéroports, utilisation de solutions techniques adaptées aux milieux sensibles…

Figure 4 - Intensité capitalistique dans les secteurs du nettoyage et des services aux entreprises

en milliers d'euros
Figure 4 - Intensité capitalistique dans les secteurs du nettoyage et des services aux entreprises
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Nettoyage (échelle de gauche) 7,9 6,6 7,5 7,8 9,9 11,1 11,2
Services aux entreprises (échelle de droite) 80,0 71,3 78,2 79,3 83,5 82,8 76,0
  • Lecture : l'intensité capitalistique du secteur du nettoyage passe de 7 900 euros par salarié en 2009 à 11 160 euros en 2015.
  • Champ : secteur du nettoyage, y compris activités combinées (groupes 81.1 et 81.2 de la NAF rév.2).
  • Source : Insee, Ésane.

Figure 4 - Intensité capitalistique dans les secteurs du nettoyage et des services aux entreprises

Pour l’ensemble du secteur, les investissements sont stables sur dix ans. En 2015, le taux d’investissement reste faible (3,6 %), dans le nettoyage courant (3,3 %) comme spécialisé (4,5 %) ; il est très inférieur à celui des services aux entreprises (15,2 %).

Le taux de marge se redresse depuis 2013

Au sein des services aux entreprises, le nettoyage se caractérise, comme toutes les activités de main-d’œuvre, par de moindres consommations intermédiaires (31 % du chiffre d’affaires en 2015 contre 49 % dans les services aux entreprises) et un taux de marge modeste (10 % contre 19 % ; figure 5). Ce niveau peu élevé du taux de marge est lié à la faiblesse de l’intensité capitalistique du secteur. Par conséquent, les frais de personnel représentent une part importante de la valeur ajoutée, en dépit de rémunérations peu élevées (24 000 euros par an en moyenne par salarié en équivalent temps plein au lieu de 44 000 euros dans les services aux entreprises hors intérim).

Figure 5 - Évolution du taux de marge depuis 2005

en %
Figure 5 - Évolution du taux de marge depuis 2005
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Services aux entreprises 20,5 20,5 24,3 22,7 20,0 21,3 19,5 17,6 18,1 18,6 20,3
Services marchands non financiers 31,0 30,9 33,0 30,0 28,8 29,7 28,3 26,8 26,6 26,0 30,2
Nettoyage 10,1 10,1 10,0 8,8 8,9 8,6 8,3 7,3 8,8 8,7 10,0
  • Lecture : le taux de marge du secteur du nettoyage est de 10,1 % en 2005 et de 10 % en 2015.
  • Champ : secteur du nettoyage, y compris activités combinées (groupes 81.1 et 81.2 de la NAF rév.2).
  • Source : Insee, Suse puis Ésane.

Figure 5 - Évolution du taux de marge depuis 2005

Sur la période 2005-2015, le taux de marge baisse de 10,1 % en 2005 à 7,3 % en 2012, puis se redresse : 8,7 % en 2014 et 10,0 % en 2015.

Sur cette période, les frais de personnel (+ 4,5 % en moyenne annuelle) sont aussi dynamiques que la valeur ajoutée. Cette forte croissance des frais de personnel est davantage tirée par les rémunérations (+ 4,9 %) que par les cotisations patronales (+ 3,2 %), du fait du renforcement des dispositifs d’exonération de cotisations sur les bas salaires.

Le taux de marge est soutenu durant les dernières années par les mesures gouvernementales visant à réduire le poids des dépenses de personnel : le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en 2014 et le pacte de responsabilité et de solidarité en 2015.

Malgré la baisse des marges, la rentabilité économique de ce secteur reste très supérieure à celle des services aux entreprises (22 % contre 12 %), en raison du faible montant des immobilisations.

Des caractéristiques d’emploi atypiques

Dans le secteur du nettoyage, la main-d’œuvre est globalement peu qualifiée. En 2015, les salariés y travaillent deux fois plus souvent à temps partiel (44 %) que dans l’ensemble des services aux entreprises. En dépit d’une moindre proportion de contrats courts (16 % des salariés présents au 31 décembre, contre 19 % dans les services aux entreprises), le taux de rotation du personnel (26 %) est plus élevé que celui de la moyenne des services aux entreprises (21 %).

La main-d’œuvre est majoritairement féminine (58 %), plus âgée (38 % de plus de 50 ans, contre 25 % dans les services aux entreprises) et comporte une forte proportion d’étrangers (35 %).

La moitié des salariés cumulent plusieurs emplois. En plus de leur emploi principal dans ce secteur, ils peuvent avoir un second emploi dans une autre entreprise de nettoyage (27 %), mais plus souvent dans la santé humaine et l’action sociale, l’hébergement et la restauration, le commerce, l’administration ou chez des particuliers.

Compte tenu des moindres qualifications et durées du travail, les salariés du secteur du nettoyage perçoivent un salaire annuel brut médian de 19 600 euros (en équivalent temps plein), nettement en deçà du salaire médian des services aux entreprises (27 700 euros).

Encadré

Les principaux opérateurs intervenant dans le nettoyage

On distingue trois grands modèles de groupes :

- les groupes très spécialisés dans le nettoyage, comme Opale Défense, Cofigor ou encore OMS Synergie. Ils réalisent plus de 90 % de leur chiffre d’affaires total dans le secteur du nettoyage. En 2015, ils contribuent pour 23 % au chiffre d’affaires que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire réalisent dans l’activité de nettoyage. Ce sont uniquement des entreprises de taille intermédiaire.

- les groupes du nettoyage diversifiés. Le nettoyage représente entre 50 % et 90 % de leur chiffre d’affaires. Ils s’inscrivent dans une logique de facility management , comme Atalian, ISS ou Onet. Ce segment représente 45 % du chiffre d’affaires du champ des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire.

- les groupes d’autres secteurs ayant une activité minoritaire dans le nettoyage, comme Sodexo ou Elior, davantage présents dans la restauration collective.

Sources

Les sources utilisées dans cette étude sont :

- le dispositif d’élaboration des statistiques annuelles d’entreprises (Ésane) pour les années 2008 à 2015, qui fait suite au système unifié de statistiques d’entreprises (Suse) pour les années 2005 à 2007 ;

- les déclarations annuelles de données sociales (DADS) ;

- le système d’information sur les liaisons financières (Lifi) géré par l’Insee ;

- l’enquête européenne sur l'activité des filiales étrangères des groupes français (Outward Foreign AffiliaTes Statistics - OFATS).

Définitions

Dans cette étude, le secteur du nettoyage se subdivise en deux activités, le nettoyage courant et le nettoyage spécialisé.

Le nettoyage courant comprend le nettoyage courant des bâtiments (secteur « 8121Z » dans la nomenclature NACE rév. 2) dans les entreprises comme chez les particuliers, et les activités combinées de soutien (« 8110Z ») lié aux bâtiments. Ces dernières désignent la prestation d’une combinaison de services comprenant notamment l’ensemble des fonctions support et des services nécessaires au fonctionnement de l’entreprise : l’accueil et le standard, la gestion du courrier, la reproduction, la restauration, la propreté, les achats de matériels et de fournitures, la gestion du mobilier et de l’immobilier, la gestion des locaux techniques et des fluides, l’entretien des bâtiments et les travaux divers… On emploie le plus souvent l'expression « services généraux » quand elles sont internalisées et «  facility management » lorsqu’elles sont externalisées chez un prestataire.

Le nettoyage spécialisé (secteurs « 8122Z », « 8129A » et « 8129B ») comprend en particulier le nettoyage spécialisé de bâtiments (nettoyage extérieur comme intérieur : ramonage des cheminées, des chaudières, des gaines de ventilation…) et le nettoyage de machines industrielles. Il inclut également la propreté en milieu sensible dans les établissements industriels (agroalimentaires, pharmaceutiques, électroniques, etc.), les établissements de soins (hôpitaux, cliniques, maisons de retraite, etc.), les salles propres et les salles blanches, etc. Il intègre enfin le nettoyage spécialisé (hors bâtiments) des piscines, des trains, des avions ou encore le balayage des chaussées et le déblaiement de la neige et de la glace ; la désinfection de locaux et de véhicules et la destruction de parasites (nettoyage dit 3D) en font également partie.

Les services aux entreprises regroupent les activités spécialisées, scientifiques et techniques (section M de la NAF) et celles de services administratifs et de soutien (section N). Ces derniers regroupent les codes NAF suivants : 77 « Activités de location et location-bail », 78 « Activités liées à l'emploi », 79 « Activités des agences de voyage, voyagistes, services de réservation et activités connexes », 80 « Enquêtes et sécurité », 81 « Services relatifs aux bâtiments et aménagement paysager » et 82 « Activités administratives et autres activités de soutien aux entreprises ».

Les métiers de la propreté (tous secteurs d’entreprises confondus) sont définis à partir des déclarations annuelles de données sociales (DADS). Ils sont identifiés à partir des catégories socioprofessionnelles suivantes : les nettoyeurs  (684A), les agents de service (525A à 525D), les aides à domicile, les aides ménagères et les travailleuses familiales (563B), les employés de maison et les personnels de ménage chez des particuliers (563C). Hors nettoyeurs, ces professions ne sont pas exclusivement liées au ménage et à la propreté.

La définition économique de l’entreprise au sens de la loi de modernisation de l’économie de 2008 tient compte de l’organisation en groupes. Elle se décline en catégories d’entreprises selon l’effectif, le chiffre d’affaires et le total de bilan : les micro-entreprises (Micro), les petites et moyennes entreprises (PME, hors micro-entreprises dans cette étude), les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises (GE).

Le taux d'investissement est le rapport des investissements corporels bruts (hors apports) à la valeur ajoutée.

L'intensité capitalistique est le rapport des immobilisations corporelles brutes à l'effectif salarié en équivalent temps plein (EQTP).

La rentabilité économique rapporte l’excédent brut d’exploitation à la somme des immobilisations brutes corporelles et incorporelles et du besoin de fonds de roulement.

Les principales normes et standards pour le nettoyage courant sont la norme ISO 9001, relative au management de la qualité (en 1987) et la marque Qualipropre (certification de qualité). Dans le nettoyage spécialisé, des normes sont notamment présentes dans les hôpitaux (bio-nettoyage en 1991), la haute technologie (salles blanches ou salles propres ; norme ISO 14 644, révisée en 2015) et les locaux alimentaires (principes HACCP en 2006 et norme ISO 22 000 pour la sécurité alimentaire).

Pour la norme ISO 14 644 (salles propres) : https://www.iso.org/obp/ui/#iso:std:iso:14644:-1:ed-2:v1.fr