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Revenus et conditions de vie des ménages en Martinique : un niveau de vie en dégradation

Auteurs : Gérard Forgeot, Armelle Catherine, Cynthia Celma, Véronique Cossou - Insee

Synthèse

Les revenus des ménages progressent moins rapidement depuis 2005. Ce ralentissement est principalement dû à la stagnation des revenus d’activité sur la période récente. Cette évolution d’ensemble diffère toutefois selon le niveau de vie des ménages. Pour les plus modestes et les classes moyennes, la part des revenus du travail s’est sensiblement réduite. En l’absence de croissance des revenus de transferts, leur pouvoir d’achat diminue. Pour les plus aisés en revanche, les revenus d’activité ont continué de progresser, accroissant ainsi les inégalités. La part des ménages vivant sous le seuil de bas revenus est passée de 17,8 % à 20,5 % au cours des cinq dernières années.

Parmi les salariés, les principaux écarts s’observent entre le public et le privé, du fait du mode de rémunération spécifique des agents de l’État et de certains personnels des collectivités locales outre-mer. Dans le secteur public, les différences de rémunération sont importantes entre les salariés de l’État, des collectivités locales, et la fonction publique hospitalière. Dans le secteur privé, les rémunérations varient avec la conjoncture économique. Les disparités salariales sont proches de celles observées au niveau national. Elles dépendent principalement de la durée du travail et de la catégorie sociale. En revanche, les écarts de salaire entre hommes et femmes sont moins prononcés en Martinique.

Contrepartie des ressources des ménages, les dépenses de consommation sont plus élevées en Martinique qu’en Guadeloupe et en Guyane. Elles varient selon la catégorie sociale du ménage, sa taille et son niveau de vie. Les ménages modestes consacrent une part plus importante de leur budget à l’alimentation et au logement. Les ménages plus aisés dépensent davantage pour leur santé et leurs loisirs.

La part des dépenses pré-engagées a sensiblement augmenté au cours des cinq dernières années. Cette progression a été nettement plus forte pour les ménages modestes, accentuant ainsi leur sentiment de baisse de pouvoir d’achat.

Par rapport au sentiment exprimé par les ménages sur leur situation financière, un ménage sur quatre n’exprime pas plus d’une difficulté de vie en Martinique. Les ménages présentant le plus grand nombre de difficultés de vie (plus de 5) sont moins nombreux que dans les départements voisins.

Un tiers des ménages martiniquais a un crédit en cours. Il s’agit dans la moitié des cas de crédits liés à l’acquisition d’un logement. Les crédits à la consommation sont également très répandus. Les ménages aisés sont davantage concernés.

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