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L'emploi départemental et sectoriel (1989-2010) - Le chômage départemental (1982-2011)

Sommaire

Publication

Reprise de l'emploi en 2010

Après deux années de baisse, en 2008 et 2009, le nombre d'emplois salariés augmente en 2010 en France métropolitaine (+ 0,5 %), et s'établit à 23,9 millions au 31 décembre 2010. Cela représente presque 115 000 emplois gagnés dans l'année. Cette hausse est toutefois loin de compenser la perte cumulée de 385 000 emplois au cours des deux années précédentes. Avec un recul de - 0,7 % puis de - 0,9 % de l'emploi salarié, ces deux années enregistrent les plus fortes destructions d'emplois salariés des deux dernières décennies.

La légère hausse en 2010 s'explique principalement par la reprise dans le tertiaire marchand qui crée 174 000 emplois sur l'ensemble de l'année. Avec 11,3 millions d'emplois salariés au 31 décembre 2010, il retrouve son niveau d'avant-crise. Les évolutions de l'emploi salarié dans les autres secteurs pour l'année 2010 sont contrastées : le tertiaire non marchand continue à se développer, mais au ralenti ; le déclin de l'industrie et de l'agriculture se poursuit ; la construction est encore en repli.

L'emploi non salarié se maintient en 2010, les créations d'emplois non salariés du tertiaire étant compensées par les destructions dans l'agriculture. Au total, fin 2010, la France métropolitaine compte 26,2 millions d'emplois, soit un gain net de 120 000 emplois salariés et non salariés au cours de l'année.

Graphique 1 - Évolution de l'emploi salarié (base 100 au 31/12/2000)

Graphique 1 - Évolution de l'emploi salarié (base 100 au 31/12/2000)

Champ : France métropolitaine.

Source : Insee, estimations annuelles d'emploi localisées.

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L'intérim, locomotive de l'emploi

Un secteur du tertiaire marchand se démarque : l'intérim. Avec près de 100 000 emplois supplémentaires en 2010, c'est le principal vecteur du retournement conjoncturel dans le tertiaire marchand. Il ne retrouve toutefois pas son niveau d'avant-crise.
Après avoir été assez fortement touché par la crise, le secteur des activités immobilières crée à nouveau de l'emploi (+ 2,2 %) en 2010. La tendance à la hausse est nette également pour l'information et communication ainsi que l'hébergement et restauration. Elle est plus modeste pour les activités financières et d'assurance (+ 0,9 %), pour lesquelles la tendance s'inverse en 2010, après deux années de baisse. L'emploi continue de croître, quoiqu'un peu moins fortement, dans le secteur des «  autres activités de services » (activités récréatives, sportives, associatives, services domestiques, etc.), qui contribue significativement à la hausse de l'emploi dans le tertiaire marchand. Le commerce conserve ses emplois en 2010 après en avoir perdu plus de 50 000 entre 2007 et 2009. Le secteur du transport et de l'entreposage détruit quant à lui encore des emplois en 2010.

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L'emploi recule encore dans l'industrie

En 2010, le repli de l'industrie se poursuit (- 62 000 emplois). Au total, les secteurs industriels ont perdu environ 300 000 emplois depuis le début de la crise. Avec 167 000 emplois détruits en 2009, l'emploi industriel a été presque autant affecté qu'en 1992 et 1993.

La fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac connaît des pertes limitées (- 0,1 % en 2010) et l'emploi augmente en revanche dans les secteurs de la production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné ainsi que de la production et distribution d'eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution (+ 1 %).
En revanche, la situation de l'emploi se dégrade encore pour les autres secteurs industriels, déjà très touchés ces dernières années, et particulièrement en 2009. La plupart ont perdu plus de 10 % de leurs effectifs depuis 2007. Par exemple, la fabrication de matériels de transport a détruit 43 000 emplois depuis 2007 (dont 12 000 en 2010).

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Des pertes d'emplois dans la construction

Après une progression de 1998 à 2008, l'emploi dans la construction se replie en 2010 pour la deuxième année consécutive (- 14 000 emplois), mais moins qu'en 2009 (- 40 000 emplois).

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Le tertiaire non marchand subit aussi les contrecoups de la crise

Moins sensible à la situation économique que les autres secteurs, le tertiaire non marchand (administration publique, enseignement et santé humaine) reste sur une tendance de croissance lente. Mais celle-ci est beaucoup plus faible que les années précédentes. Ainsi le tertiaire non marchand n'a créé que 19 000 emplois en 2010 contre 100 000 en 2006, 32 000 en 2008, 44 000 en 2009. Il s'agit en fait de la plus faible hausse enregistrée au cours des vingt dernières années.

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L'emploi non salarié progresse toujours

Avec près de 6 000 emplois gagnés en 2010 (+ 0,2 %), l'emploi non salarié progresse toujours, mais faiblement. Le tertiaire non marchand est le secteur le plus dynamique en 2010 (+ 3,1 %) malgré un essoufflement par rapport à 2009. Depuis 2008, ce secteur a gagné 42 000 emplois. Après une diminution en 2009, l'emploi dans le tertiaire marchand repart à la hausse en 2010 (+ 18 000 emplois). Dans l'agriculture, le rythme des pertes d'emplois non salariés s'est accentué en 2010 (- 5,1 %) par rapport aux années précédentes (- 2,6 % par an en moyenne depuis 2000).

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Une reprise quasi-générale en région

En 2010, toutes les régions de France métropolitaine ont créé des emplois salariés, excepté cinq régions situées au nord de la Seine : Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Champagne-Ardenne, Picardie et Lorraine. L'évolution est particulièrement dynamique pour la Corse, Rhône-Alpes et les Pays de la Loire. Ainsi, l'emploi salarié en Corse croît de 1,8 % en un an. Les régions Rhône-Alpes et Pays de la Loire gagnent respectivement 35 000 et 15 000 emplois salariés grâce à l'essor du tertiaire marchand. L'emploi salarié augmente de 0,4 % à 1,1 % en 2010 pour les régions de la façade atlantique. Le développement de l'emploi est modéré dans les régions de l'extrême est : Alsace et Franche-Comté. En Île-de-France, l'emploi salarié évolue au même rythme que le niveau métropolitain (+ 0,5 %). Pour leur part, les régions du centre de la France gagnent peu d'emplois (de + 0,1 % à + 0,2 %).

Carte 1 - Évolutions régionales de l'emploi salarié entre le 31/12/2009 et le 31/12/2010

Évolutions régionales de l'emploi salarié entre le 31/12/2009 et le 31/12/2010

Source : Insee, estimations annuelles d'emploi localisées.

Avertissement : le déplacement du curseur de la souris au dessus d'une région déclenche l'affichage d'une bulle d'aide indiquant le code et le nom de la région, ainsi que la valeur locale de l'indicateur représenté sur la carte.

11 - +le-de-France, évolution : 0.5 % 25 - Basse-Normandie, évolution : 0.3 % 31 - Nord-Pas-de-Calais, évolution : 0 % 41 - Lorraine, évolution : -0.2 % 54 - Poitou-Charentes, évolution : 0.4 % 73 - Midi-Pyrénées, évolution : 0.6 % 82 - Rhône-Alpes, évolution : 1.5 % 94 - Corse, évolution : 1.8 % 21 - Champagne-Ardenne, évolution : 0 % 23 - Haute-Normandie, évolution : 0 % 42 - Alsace, évolution : 0.7 % 52 - Pays de la Loire, évolution : 1.1 % 72 - Aquitaine, évolution : 0.9 % 83 - Auvergne, évolution : 0.2 % 22 - Picardie, évolution : -1 % 26 - Bourgogne, évolution : 0.1 % 53 - Bretagne, évolution : 0.5 % 74 - Limousin, évolution : 0.1 % 93 - Provence-Alpes-Côte d'Azur, évolution : 0.2 % 24 - Centre, évolution : 0.2 % 43 - Franche-Comté, évolution : 0.6 % 91 - Languedoc-Roussillon, évolution : 0.5 %

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Le chômage en repli modéré en 2010

Alors que les années 2008 et 2009 avaient été marquées par des hausses très rapides du taux de chômage en France métropolitaine (de 7,1 % de la population active en début 2008 à 9,6 % fin 2009), le taux de chômage au cours de l'année 2010 se replie légèrement pour atteindre 9,3 % au quatrième trimestre.

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Emploi et chômage en 2011 : dégradation en milieu d'année

Au milieu de l'année 2011, un changement de tendance s'est opéré à la fois pour l'emploi et pour le chômage. La progression de l'emploi salarié marchand non agricole a été relativement dynamique de la fin 2010 jusqu'au deuxième trimestre 2011 (affichant des taux de croissance trimestriels de + 0,3 % à + 0,4 %). Avec l'aggravation de la crise des dettes souveraines, il a reculé durant les deux derniers trimestres de 2011 (- 0,2 % et -0 ,1 % successivement), affecté par la forte baisse de l'intérim. En contrepartie, le chômage a connu un retournement suivant la même chronologie. En légère baisse durant le premier semestre 2011, le taux de chômage est passé de 9,1 % au deuxième trimestre à 9,4 % au quatrième trimestre 2011.

Graphique 2 - Évolution du taux de chômage

Graphique 2 - Évolution du taux de chômage

Champ : France métropolitaine.

Source : Insee, estimations annuelles d'emploi localisées.

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Des régions résistent mieux au chômage

En 2011, les taux de chômage restent hétérogènes selon les régions. Les régions du nord et du pourtour méditerranéen sont fortement touchées : 12,9 % et 12,7 % de la population active sont sans emploi en Languedoc-Roussillon et dans le Nord-Pas-de-Calais. La situation de la région Provence-Alpes-Côte D'azur, de la Picardie et de la Haute-Normandie est proche. A l'opposé, la Bretagne et les Pays de la Loire ont les taux de chômage les plus bas (7,9 % de la population active chacune). L'Île-de-France et Rhône-Alpes, régions les plus peuplées, comptent 8,2 % de chômeurs.

Carte 2 - Taux de chômage régional en moyenne annuelle pour l'année 2011

Taux de chômage régional en moyenne annuelle pour l'année 2011

Source : Insee, taux de chômage localisés, lieu de résidence.

Avertissement : le déplacement du curseur de la souris au dessus d'une région déclenche l'affichage d'une bulle d'aide indiquant le code et le nom de la région, ainsi que la valeur locale de l'indicateur représenté sur la carte.

11 - +le-de-France, taux : 8.2 % 25 - Basse-Normandie, taux : 8.8 % 31 - Nord-Pas-de-Calais, taux : 12.7 % 41 - Lorraine, taux : 9.6 % 54 - Poitou-Charentes, taux : 8.9 % 73 - Midi-Pyrénées, taux : 9.3 % 82 - Rhône-Alpes, taux : 8.2 % 94 - Corse, taux : 9.5 % 21 - Champagne-Ardenne, taux : 9.6 % 23 - Haute-Normandie, taux : 10.4 % 42 - Alsace, taux : 8.4 % 52 - Pays de la Loire, taux : 7.9 % 72 - Aquitaine, taux : 9.2 % 83 - Auvergne, taux : 8.4 % 22 - Picardie, taux : 10.9 % 26 - Bourgogne, taux : 8.6 % 53 - Bretagne, taux : 7.9 % 74 - Limousin, taux : 8.4 % 93 - Provence-Alpes-Côte d'Azur, taux : 11 % 24 - Centre, taux : 8.5 % 43 - Franche-Comté, taux : 8.5 % 91 - Languedoc-Roussillon, taux : 12.9 %

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N° 132 Société - juillet 2012