6 pages n° 122-65 - novembre 2009
Au 1er janvier 2006, les Hautes-Pyrénées comptent 227 700 habitants, soit 5 100 habitants de plus qu’en 1999. Après un déclin démographique d’une vingtaine d’années, la population des Hautes-Pyrénées augmente depuis 1999. Cependant, son taux de croissance (0,3 % par an) est le plus faible d’une région très dynamique en matière de démographie.
Le renouveau démographique résulte de mouvements migratoires favorables. Depuis 1999, les nouveaux arrivants sont plus nombreux que les personnes qui quittent le département : l’excédent migratoire contribue ainsi à augmenter la population de 0,5 % par an. Mais l’apport migratoire est proportionnellement plus faible dans les Hautes-Pyrénées que dans les autres départements de la région, notamment la Haute-Garonne et les départements bénéficiant du dynamisme de Toulouse : Ariège, Gers, Tarn et Tarn-et-Garonne. Néanmoins, la contribution de l’apport migratoire à la croissance a progressé depuis les années 90 et permet ainsi à la population de croître de nouveau.
Le solde naturel reste négatif pour l’ensemble du département : depuis le milieu des années 70, les décès sont plus nombreux que les naissances. Mais depuis 1999, dans certaines communes, comme Tarbes et, dans sa périphérie, Bordères-sur-l’Échez, ou encore dans d’autres communes autour de Lourdes ou au sud du département, le solde naturel est positif.
La croissance de population dans les Hautes-Pyrénées se concentre sur toute la façade ouest du département, de Maubourguet au nord jusqu’à Arrens-Marsous au sud, en partie le long de la nationale 21. Le fort dynamisme de l’agglomération de Pau (194 000 habitants en 2006, + 1 % de croissance annuelle depuis 1999), dans les Pyrénées-Atlantiques, rejaillit sur le département et un couloir d’urbanisation se dessine entre Tarbes et Pau, le long de l’autoroute A64.
La population de l’aire urbaine de Tarbes croît de 0,3 % par an. Elle demeure ainsi la deuxième aire urbaine de la région, loin derrière Toulouse. Alors que la ville de Tarbes continue de perdre des habitants entre 1999 et 2006, la croissance de sa banlieue et de sa couronne périurbaine accélère depuis 1999. La croissance est particulièrement forte à Laloubère, Juillan, Séméac et Bordères-sur-l’Échez.
Après dix ans de stabilité, la population de l’aire urbaine de Lourdes progresse de 0,4 % par an depuis 1999. Dans le même temps, la population de la commune de Lourdes se stabilise, après une période de net recul entre 1990 et 1999. L’espace périurbain est en revanche très dynamique, avec une hausse de population de 1 % par an.
| Population | Evolution annuelle 1999-2006 (en %) | Evolution annuelle 1990-1999 (en %) | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2006 | 1999 | 1990 | Total | due au solde naturel | due au solde migratoire apparent | Total | due au solde naturel | due au solde migratoire apparent | |
| * dont 2 000 personnes appartenant à l'aire urbaine de Tarbes et vivant dans les Pyrénées-Atlantiques | |||||||||
| Source : Insee, Recensements de la population | |||||||||
| France métropolitaine | 61 399 541 | 58 520 688 | 56 615 155 | 0,7 | 0,4 | 0,3 | 0,4 | 0,4 | 0,0 |
| Midi-Pyrénées | 2 776 822 | 2 552 696 | 2 430 663 | 1,2 | 0,1 | 1,1 | 0,5 | 0,0 | 0,5 |
| Hautes-Pyrénées | 227 736 | 222 673 | 224 759 | 0,3 | - 0,2 | 0,5 | - 0,1 | - 0,2 | 0,1 |
| Aires urbaines | |||||||||
| Tarbes * | 112 360 | 110 084 | 109 681 | 0,3 | 0,1 | 0,2 | 0,0 | 0,1 | - 0,1 |
| dont agglomération | 77 492 | 77 597 | 78 389 | 0,0 | 0,1 | - 0,1 | - 0,1 | 0,2 | - 0,3 |
| Lourdes | 22 192 | 21 597 | 22 373 | 0,4 | - 0,3 | 0,7 | - 0,4 | - 0,2 | - 0,2 |
| dont agglomération | 15 713 | 15 592 | 16 649 | 0,1 | - 0,4 | 0,5 | - 0,7 | - 0,2 | - 0,5 |
| Principales communes | |||||||||
| Tarbes | 45 433 | 46 433 | 47 566 | - 0,3 | 0,2 | - 0,5 | - 0,3 | 0,2 | - 0,5 |
| Lourdes | 15 265 | 15 242 | 16 300 | 0,0 | - 0,4 | 0,4 | - 0,7 | - 0,2 | - 0,5 |
| Bagnères-de-Bigorre | 8 030 | 8 052 | 8 424 | 0,0 | - 0,5 | 0,5 | - 0,5 | - 0,7 | 0,2 |
| Aureilhan | 7 469 | 7 453 | 7 454 | 0,0 | - 0,2 | 0,2 | 0,0 | 0,0 | 0,0 |
| Lannemezan | 5 824 | 6 138 | 6 704 | - 0,7 | - 0,3 | - 0,4 | - 1,0 | - 0,1 | - 0,9 |
| Vic-en-Bigorre | 5 092 | 4 803 | 4 893 | 0,8 | - 0,5 | 1,3 | - 0,2 | - 0,2 | 0,0 |
| Séméac | 5 031 | 4 760 | 4 428 | 0,8 | 0,0 | 0,8 | 0,8 | - 0,3 | 1,1 |
De 1999 à 2006, la population de l’espace rural augmente de nouveau (+ 0,4 % par an contre une baisse de 0,2 % par an dans les années 90). Cependant, certaines communes, considérées jusque-là comme rurales, sont en phase de périurbanisation : une partie de leur population, ayant un emploi dans un pôle urbain proche, a des caractéristiques urbaines.
Dans la partie nord du département, la population, en baisse au cours de la décennie précédente, progresse depuis 1999. Ainsi, la population de Vic-en-Bigorre augmente de 0,8 % par an, celle de Tournay de 1,2 %. Plus à l’est, la population de Lannemezan diminue mais celle des communes voisines augmente, notamment celle de Capvern (+ 2 % par an).
Au sud, dans les Pyrénées, la population de certains bourgs touristiques progresse nettement, notamment au sud-est, comme à Saint-Lary-Soulan (+ 0,7 % par an) ou à Loudenvielle (+ 1 %). Plus à l’ouest, Bagnères-de-Bigorre et Argelès-Gazost ne perdent plus d’habitants.
Les Hautes-Pyrénées, département excentré au sud-ouest de Midi-Pyrénées, sont relativement urbanisées. L’espace urbain concentre 61 % de la population départementale sur seulement 20 % du territoire : c’est le département le plus urbanisé de la région après la Haute-Garonne.
La population est inégalement répartie. Au nord d’une ligne Lourdes-Mauléon-Barousse, la densité est proche de la densité moyenne de province (95 habitants au km2) mais le sud du département, occupé par le massif pyrénéen, accueille seulement 15 habitants au km2. Du fait de la petite superficie de la zone de plaine, le département des Hautes-Pyrénées est l’un des moins peuplés de France métropolitaine (80e sur 96).
Entre 2001 et 2006, 21 900 personnes (âgées de 5 ans et plus) sont venues d’autres départements s’installer dans les Hautes-Pyrénées. Dans le même temps, 19 200 sont parties. Ainsi, le département gagne chaque année 25 habitants supplémentaires pour 10 000 résidants (contre 68 pour 10 000 dans l’ensemble de la région). Les Hautes-Pyrénées sont le département de la région où ce taux est le plus faible, dans une région qui bénéficie il est vrai d’un apport migratoire exceptionnel. Néanmoins, les Hautes-Pyrénées sont plus attractives que la moitié des départements français. Comme c’est souvent le cas ailleurs, la périphérie des aires urbaines attire davantage les nouveaux venus que les villes-centres.
Au jeu des migrations entre l’aire urbaine de Tarbes et celle de Pau, c’est cette dernière qui l’emporte. Entre 2001 et 2006, l’aire urbaine de Tarbes accueille 900 personnes venues de celle de Pau alors que 1 200 personnes ont fait le chemin inverse.
Le département est le seul de la région à perdre des cadres dans les échanges migratoires : 58 cadres de moins chaque année pour 10 000 cadres résidants, particulièrement dans l’aire urbaine de Tarbes.
Les arrivées de population dans les Hautes-Pyrénées sont plus nombreuses que les départs pour toutes les classes d’âge à l’exception des 18-24 ans. Dans les échanges migratoires, le département perd chaque année 170 jeunes de 18 à 24 ans pour 10 000 résidants du même âge : de nombreux jeunes quittent le département pour poursuivre leurs études, ou pour chercher un emploi, notamment à Toulouse ou à Pau. Le phénomène est cependant moins prononcé que dans la plupart des autres départements de la région, Tarbes étant dotée d’établissements d’enseignement supérieur, comme l’IUT, l’École supérieure d’art et céramique (Esac) ou l’École nationale d’ingénieurs (Eni de Tarbes). Les échanges migratoires de jeunes étudiants entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques en direction des aires urbaines de Tarbes et de Pau sont équilibrés : entre 2001 et 2006, 700 jeunes ont quitté les Pyrénées-Atlantiques pour faire leurs études à Tarbes, tandis que 800 des Hautes-Pyrénées s’installaient à Pau pour les mêmes raisons.
En lien avec ces nombreux départs de jeunes, les échanges migratoires sont aussi déficitaires pour les personnes seules : elles sont plus nombreuses à quitter les Hautes-Pyrénées que celles qui y arrivent, contrairement aux personnes vivant en famille.
Ces flux migratoires sont toutefois trop faibles par rapport à la population résidante pour avoir des effets sur la structure sociodémographique du département.
L’âge moyen de la population haut-pyrénéenne passe de 42,4 ans en 1999 à 43,8 ans en 2006. La population est plus âgée que dans l'ensemble de la région (41,1 ans) et qu’en France (39,3 ans). Elle reste cependant plus jeune que dans trois départements ruraux de la région : l’Aveyron, le Gers et le Lot.
Mais l’âge moyen augmente ici plus qu’ailleurs. Ce vieillissement prononcé de la population est lié à l’arrivée à l’âge de la retraite des baby-boomers. En 2006, les retraités représentent 32,6 % de la population de 15 ans ou plus. Cette part est plus élevée dans certains départements, comme le Lot, le Gers ou l’Aveyron, mais c’est dans les Hautes-Pyrénées qu’elle a le plus augmenté dans la région depuis 1999 (+ 4,6 points).
En 2006, les 100 000 actifs vivant dans les Hautes-Pyrénées, ayant ou non un emploi, représentent 52,1 % de la population de 15 ans ou plus. La part des agriculteurs est plus faible que dans les autres départements de la région, hormis la Haute-Garonne. Celle des employés est la plus forte. Néanmoins, depuis 1999, la part des professions intermédiaires et des cadres augmente, malgré le déficit migratoire qui caractérise ces derniers.
La part des personnes vivant dans des familles avec enfants est plus faible que dans l’ensemble de la région. Cette part diminue au profit des couples sans enfants, des personnes seules et des familles monoparentales, sous le double effet du vieillissement de la population et de l’évolution des comportements (unions plus tardives, séparations plus fréquentes…).
| 2006 | 1999 | |
|---|---|---|
| Source : Insee, Recensements de la population | ||
| Population selon l'âge (en %) | ||
| moins de 18 ans | 18,7 | 19,1 |
| 18 à 24 ans | 6,9 | 7,2 |
| 25 à 39 ans | 16,8 | 19,7 |
| 40 à 54 ans | 21,8 | 21,5 |
| 55 à 64 ans | 13,1 | 11,0 |
| 65 à 79 ans | 15,8 | 16,2 |
| 80 ans ou plus | 6,9 | 5,3 |
| Population active par catégorie socioprofessionnelle (en %) | ||
| Agriculteurs exploitants | 3,8 | 4,4 |
| Artisans, commerçants, chefs entreprise | 7,8 | 8,3 |
| Cadres, professions intellectuelles sup. | 8,9 | 8,3 |
| Professions intermédiaires | 22,6 | 20,1 |
| Employés | 33,6 | 34,4 |
| Ouvriers | 23,3 | 24,5 |
| Population des ménages par type de ménage (en %) | ||
| Couples avec enfants | 42,2 | 49,4 |
| Familles monoparentales | 9,5 | 9,1 |
| Couples sans enfant | 28,1 | 25,9 |
| Personnes seules | 15,6 | 13,4 |
| Autres ménages sans famille | 4,5 | 2,2 |
Le dynamisme démographique récent permet au département de renouer avec la croissance du milieu de XXe siècle. Après un fort dépeuplement jusqu’à la Première guerre mondiale, dû en grande partie à l’exode rural comme partout ailleurs, la population des Hautes-Pyrénées croît pendant 60 ans. La hausse est même forte entre 1936 et 1968, grâce à l’industrialisation, notamment à l’implantation d’usines d’armements. Avec le déclin de l’industrie, accompagné d’un déficit naturel à partir de 1975, les années 80 et 90 se caractérisent par une légère baisse de la population. Depuis 1999, la croissance repart.